mercredi
6 février 2008
Fondé sur des a priori gestionnaires
et raisonnant dans un cadre budgétaire contraint, le rapport présenté par la commission
Pochard ne répond en rien aux attentes des personnels en matière d’amélioration
de leurs conditions de travail et de revalorisation ; au
contraire, par bien des aspects, il constitue une véritable provocation en
allant au rebours des besoins des métiers de l’éducation, des revendications
des personnels et des exigences d’un service public d’éducation pour la
réussite de tous les jeunes.
Il fait
l’impasse sur l’ensemble des enseignants du premier degré et se concentre quasi
exclusivement sur ceux de second degré. Il ignore également l’existence des
autres personnels de l’équipe pluri-professionnelle. Il fait en outre l’impasse
sur les personnels précaires.
C’est ainsi
qu’il propose un redécoupage des activités en ignorant à la fois ce qui fait
l’unité et la complexité du métier et la nécessité de libérer du temps pour
mieux travailler ; Pour les enseignants de collège, il remet en cause la
nécessaire maîtrise des disciplines enseignées en proposant de développer une
bivalence que refusent massivement les personnels ; caricaturant la
réalité en matière de rémunération et de carrière, il prône une
individualisation et une concurrence accrues qui non seulement risquent de
développer l’arbitraire mais vont à l’encontre des besoins d’un travail plus
collectif et plus solidaire ; cela va de pair avec l’accroissement de
l’autonomie des établissements qui, dans un contexte de concurrence entre
établissements et de réduction des moyens, fait courir le risque d’un système
éducatif encore plus inégalitaire. En dehors de quelques pistes circonscrites
(comme celle de pré-recrutements), la commission semble avoir été sourde à ce
que lui ont dit les représentants des personnels ; par exemple, le rapport
ne prend pas en compte les transformations du métier d’enseignant et ne formule
aucune proposition notamment en matière de développement du travail en équipe.
Ce rapport ne
peut servir de base à une négociation sur la revalorisation du métier tant il
est hors sujet. La FSU souhaite que le ministre de l’Education Nationale en
prenne conscience et ouvre enfin de vraies négociations prenant en compte les
attentes des personnels et les propositions de leurs représentants dans
l’intérêt du service public et donc des jeunes.
Communiqué FSU du 4 février 2008