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Paris, le 20 mars 2009
Intersyndicale
de l’Enseignement Professionnel
Appel
à la grève le 24 mars
Pour
la défense de l’enseignement professionnel

La réforme de
l’enseignement professionnel imposée par le Ministre Xavier Darcos devrait
rentrer en application dès la rentrée 2009. Cette réforme, qui généralise
le Baccalauréat en 3 ans et entérine la
mort du BEP aura de graves conséquences sur la qualité des formations
professionnelles et risque d’exclure un grand nombre de jeunes des formations
professionnelles initiales sous statut scolaire.

De jour en jour, les personnels prennent
conscience de la réalité de cette réforme qui n’a pour finalité que de
récupérer des postes d’enseignants.
Dans les lycées professionnels, la colère
monte et dans de nombreuses académies, des établissements se sont mis en grèves
pour demander que les moyens soient maintenus afin d’accueillir dans de bonnes
conditions les jeunes à la rentrée prochaine.
Les personnels n’acceptent pas les
conditions dans lesquelles se prépare la rentrée 2009 avec :
- des grilles horaires annualisées sans
référence hebdomadaire
- des seuils de dédoublement très
insuffisants et mal définis.
Ils refusent :
- des DHG (dotation horaire globale)
qui se traduisent dans de très nombreux endroits par des suppressions de
postes, l’aggravation des conditions de travail des personnels et d’accueil
pour les élèves.
- la suppression de milliers
d’emplois dans les deux années à venir (rentrée 2010 et 2011) en raison de la
disparition des cursus de formation en 4 ans.
- le recours massif aux heures
supplémentaires.
C’est parce qu’elles font du développement et de la qualité de
l’enseignement professionnel un enjeu fondamental pour l’avenir du pays et des
jeunes que l’intersyndicale de l’enseignement professionnel appelle à la grève
dans tous les établissements dispensant une formation professionnelle initiale,
le mardi 24 mars pour :
● Un budget 2009 à la hauteur des exigences, ce qui
nécessite notamment de revenir sur les suppressions de postes prévues ;
● Une rénovation de l’enseignement professionnel avec
comme axe principal la réussite et l’élévation de la qualification de tous les
jeunes, ce qui va de pair avec l’amélioration des conditions de travail des
élèves et des personnels ;
● Un maintien de la diversité des diplômes et des
parcours de l’enseignement professionnel qui fait la spécificité et la richesse
de cette voie de formation notamment avec le maintien des sections de BEP et
des parcours BEP+BAC en 4 ans ;
● L’arrêt de la généralisation du baccalauréat en 3
ans ;
● La revalorisation de l’ensemble des personnels.

Journée
d’action du 19 mars
Trois
millions dans la rue

Quelques chiffres par académie
En Rhône-Alpes
- La manifestation à Lyon (Rhône) a rassemblé
jusqu'à 24.000 personnes selon la police, 45.000 selon les syndicats (25.000 à
30.000 le 29 janvier). Signe de l'affluence, une
heure après le départ de la tête du cortège, vers 10H30, plus d'un millier de
manifestants n'avait toujours pas quitté le point de ralliement.

Le SNUEP-FSU en Ile-de-France étrenne la nouvelle
banderole
Dans
l’académie de Grenoble - Après un 29/01 historique, le 19 mars 2009, l'histoire se répète :
- Manifestation à Grenoble (10h - 13h30) 60
000 manifestants annoncés, mobilisation comparable à celle du 29 janvier, de nombreuses entreprises
privées ;
- Manifestation à Bourgoin-Jallieu (10h) :
8 000 manifestants (la police annonce 6 000, ce qui est déjà énorme pour cette
ville), c'est plus que le 29 janvier (6000) ;
- Manifestation à Roussillon
(10h) : 3000 manifestants ;
- Manifestation à Vienne
(14h) : 6000 manifestants.
À Orléans-Tours le
nombre de manifestants progresse par rapport au 19 janvier.
En Auvergne, quelques
chiffres des effectifs des manifs d'hier : une
légère progression des manifestants par rapport au 29 janvier.
- Allier - 8000 à
Montluçon, - 5000 à Moulins, - 4000 à Vichy ;
- Puy de Dôme - 70
000 à Clermont.
EN BRETAGNE, PLUS DE 190 000 MANIFESTANTS LE 19
MARS - Plus fort que le 29 janvier : la
lutte continue !
- Département 22 Côtes
d’Armor : Saint-Brieuc
-Lannion -Guingamp -Dinan : 35 000 tout confondu
- Département 29 Finistère :
Quimper - 20 000 ; Brest -
25 000 ; Morlaix - 6 500 ; Quimperlé - 5 500
- Département 35
Ille-et-Vilaine : Rennes
- 60 000 ; Redon – 5000 ;
- Département 56 Morbihan :
Lorient - 35 000 ; Pontivy -
3 000 ; Vannes - 7 000 ;
Soit
un total de plus 192 500 manifestants
dans les rues bretonnes (rappel, le 29 janvier nous étions 160 000)
Académie de Montpellier
HERAULT – Béziers : 5 000
manifestants – Montpellier : 40 000 à
50 000 manifestants
PYRENEES ORIENTALES – Perpignan :
30 000 manifestants
AUDE – Narbonne : plus
de 9 000 manifestants, la mobilisation s'accentue – Carcassonne :
de 7000 à 10 000 manifestants, la mobilisation monte d'un
cran
GARD – Nîmes : 35 000
manifestants – Bagnols sur Cèze : 500 manifestants – Alès :
5 000 manifessants
LOZERE – Mende : 2 500
manifestants
Ile-de-France :
350 000 manifestant-es à Paris
Deux cortèges
extrêmement fournis en parallèle (la CGT d 'un côté et la FSU de l’autre avec Sud...)
sont partis de la place de la République et se sont rejoint place de la nation.
Le SNUEP-FSU avait sorti le ballon et la nouvelle banderole (qui a eu beaucoup
de succès, du coup les gens posaient des questions), les drapeaux, les
autocollants et bien sûr le tract d’appel à la manif du 24 mars.

Banderole
de tête de la FSU Ile-de-France
Communiqué de la FSU et de ses syndicats SNES, SNUIPP, SNESUP, SNEP,
SNUEP, SNETAP
Formation et recrutement des
enseignants :
Des évolutions qui prennent en compte
les mobilisations
Paris, le 20 mars
2009
La détermination
des personnels des universités, de la recherche, du primaire et du secondaire,
réaffichée par la participation massive aux grèves et manifestations du 19 mars, les prises de position fermes de la FSU « d’abandon
du dispositif actuel et d’ouverture de négociations pour une autre
réforme », de ses syndicats nationaux et d’autres organisations,
semblent avoir des retombées sur les positions du gouvernement.
Le ministre de
l'Éducation Nationale, dans une adresse aux organisations syndicales, précise
un certain nombre de points qui infléchissent sensiblement les projets connus
jusqu'ici en matière de « mastérisation ».
Pour l'année
universitaire 2009-2010, le maintien des concours dans leur forme actuelle, va
permettre aux étudiants d'y voir plus clair et donne du temps pour construire
un nouveau dispositif. Les propositions nouvelles apportées sur les
conditions d'inscription en formation et aux concours, la formation, les
concours et les droits ouverts par la réussite ou la présence à ceux-ci,
constituent des pistes de travail à approfondir. Des éléments auront à être
précisés (quid des candidats ayant déjà présenté un concours mais ne s’étant
pas présenté en 2009 ? retombées sur le nombre de stagiaires enseignant à
la rentée 2010 ? …).
Pour l'horizon
2011, le ministre semble travailler maintenant sur un dispositif beaucoup plus
ouvert tant dans la conception de la formation des enseignants que dans
l'articulation de celle-ci avec les concours, dont les modalités et la
temporalité restent pour partie à construire. Le ministre reconnaît notamment
qu'une formation est nécessaire après l'admission au concours, qu'elle ne peut
se limiter à un simple compagnonnage et que les étudiants en master ne
peuvent être utilisés comme des moyens de remplacement ou de compensation des
décharges de directeur d’école. Il réaffirme que le recrutement des enseignants
et CPE se fera par concours et annonce l'ouverture d'une réflexion sur les
emplois réservés d'assistants d’éducation. Par ailleurs, le ministre précise
pour la première fois que la revalorisation devra concerner l'ensemble des
personnels.
Toutefois, ces
annonces restent insuffisantes sur d'autres points : décharge de service pour
les stagiaires trop faible, absence de réels pré-recrutements, flou sur le
contenu de la formation de l’année de stagiaire, absence de référence aux
IUFM...
La FSU et ses
syndicats entendent poursuivre la mobilisation notamment dans l’action du 24 mars et ils continueront à intervenir auprès des ministères
pour faire prendre en compte leurs demandes pour la formation des maîtres,
notamment :
●Une
année de stage, après le recrutement, qui soit une véritable année de formation
en alternance et d’entrée progressive dans le métier, avec mi-temps en
responsabilité et mi-temps en formation.
●Des
pré-recrutements qui permettent de prendre en compte l’allongement du nombre
d’années d’études.
●L’articulation
master/concours.
●Une
conception des masters à venir inscrivant ceux-ci dans les objectifs
scientifiques et professionnels de ce niveau de formation.
●Des
stages avant le recrutement centrés sur la formation des candidats.
●La
préservation du potentiel de formation des enseignants avec maintien d’IUFM rénovés adossés à la recherche en éducation.
●Une
programmation pluriannuelle des recrutements avec un nombre de postes
correspondant aux besoins.
●La
mise en place de dispositifs particuliers pour permettre aux enseignements
professionnels de bénéficier d’une augmentation du niveau de formation et d’un
recrutement par concours national.
Les nouvelles
propositions apparaissent comme un infléchissement réel du dossier. Elles
devraient permettre d’engager des discussions sur une nouvelle formation des
enseignants, ce qui nécessite l’ouverture de réelles négociations, associant
les différents ministères concernés.
La
FSU et ses syndicats informeront les personnels et mèneront le débat avec eux
pour prendre en compte leurs appréciations et propositions. Il est
indispensable qu'au delà du dossier formation des maîtres, le gouvernement
réponde à l'ensemble des revendications des personnels de l'Université et de la
Recherche largement portées par les syndicats de la FSU concernés. Ceux-ci
poursuivront les mobilisations pour ce faire et en particulier le 24 mars.
Communiqué commun des organisations syndicales
CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU,
Solidaires, UNSA

La mobilisation du
19 mars 2009 a connu une ampleur incontestable, tant
par le nombre de grévistes, du privé comme du public, que par le nombre de
manifestants qui se sont retrouvés pour redire haut et fort qu’ils n’ont pas à
payer une crise dont ils ne sont pas responsables. Le gouvernement et le
patronat doivent entendre ce que disent les salariés et répondre aux
propositions de l’intersyndicale. Les revendications en matière d’emploi dans
le privé comme dans le public, de pouvoir d’achat et de relance économique, de
garanties collectives, de services publics et de réglementation de la
sphère financière qui s’étaient déjà exprimées le 29 janvier
sont encore plus d’actualité aujourd’hui face à l’aggravation de la crise et de
ses conséquences.
Le gouvernement
s’entête à justifier des mesures comme le bouclier fiscal ou la défiscalisation
des heures supplémentaires, alors même qu’elles aggravent les injustices et
sont contre-productives face au développement du chômage. Il persiste dans sa
politique de suppression d’emplois publics.
Des entreprises
continuent à privilégier la rentabilité financière et à utiliser la crise pour
accélérer des restructurations. Les suppressions d’emplois qui s’enchaînent
renforcent l’inquiétude des salariés pour leur avenir et rendent légitime leur
colère.
Face aux
intransigeances gouvernementale et patronale, les organisations syndicales
décident, sur la base de leur déclaration intersyndicale du 5 janvier, de rechercher les modalités les plus adaptées pour
donner encore plus d’efficacité aux prochaines mobilisations.
Dans ce contexte,
elles mettent notamment en débat l’étape importante que constitue le 1er mai.
Elles se
retrouveront le 30 mars pour décider, en particulier,
des prolongements au 29 janvier et au 19 mars.
D’ores et déjà,
elles interpellent patronat et gouvernement pour que s’engagent sans délai les
négociations et concertations indispensables.
A l’occasion du
G20, elles rappellent leurs exigences de nouvelles régulations financières et
sociales internationales contenues dans leur plate-forme du 5
janvier 2009 et exigent du Président de la République qu’il agisse en ce
sens.
Les organisations
syndicales réaffirment leur détermination à soutenir de toutes les manières
possibles les salariés avec leurs syndicats engagés dans des actions. Elles
appellent leurs organisations à amplifier les mobilisations et les initiatives.
Nos organisations
syndicales se retrouvent pleinement dans la déclaration commune
interprofessionnelle du 9 février 2009 au soir. Après l’intervention du
Président de
S’agissant plus
précisément de
Nos organisations
s’inscrivent résolument dans la décision d’une nouvelle journée d’action
interprofessionnelle pour le 19 mars prochain. Dans la perspective de la
rencontre du 18 février 2009 et du nouveau rendez-vous unitaire du 23 février
2009, elles appellent d’ores et déjà les syndicats et les personnels à préparer
cette journée de mobilisation, y compris par la grève et les manifestations,
comme modalités d’actions
Face à la révision
générale des politiques publiques (RGPP), elles rappellent leur détermination
pour le développement de services publics de qualité, dotés de tous les moyens
nécessaires pour répondre encore mieux aux besoins sociaux et de solidarité.
Dans le même état d’esprit que celui
exprimé par l’intersyndicale interprofessionnelle, les Organisations Syndicales
de