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Paris, le 3 avril 2009
COMMUNIQUE
PRESSE
RATTRAPAGE :
LE BAC PRO BRADÉ ET DÉVALORISÉ
Paris, le 3 avril 2009
Sous
couvert d’égale dignité des voies de formations, le ministère de l’éducation
nationale s’attaque encore à l’enseignement professionnel et organise à la
va-vite la dévalorisation de l’ensemble des
baccalauréats professionnels. Dans le cadre de la mise en place des
baccalauréats professionnels, il modifie le décret n° 2009-145 du 10-2-2009 – (J.O. du 11-2-2009)
et introduit cette année une épreuve de rattrapage. Favorable à la mise en
place d’une épreuve de rattrapage, Le
SNUEP-FSU dénonce néanmoins fermement
les conditions dans lesquelles le ministère veut l’organiser. Sous couvert de l’égale dignité
des voies de formation, il brade et dévalorise encore un peu plus le diplôme
national du bac pro.
Le SNUEP-FSU dénonce :
-
Une
épreuve de rattrapage qui comprend une épreuve unique.
-
un
oral de 20 minutes qui compte finalement autant que la moyenne générale de
toutes les notes obtenues à l’examen (épreuves terminales, Contrôle en Cours de
Formation et Période de Formation en
Milieu Professionnel).
-
une
épreuve basée exclusivement sur les stages en entreprise (PFMP) déjà évalués
dans le cadre de l’examen, et qui plus est par de forts coefficients.
-
La
mise en place d’une épreuve qui néglige, voire ignore, les enseignements généraux, ce qui aura de graves répercussions
sur la motivation des élèves.
-
Un
manque de cadrage national de cette épreuve.
Le SNUEP-FSU est
intervenu
auprès du ministère (cf. p.2) afin qu’il revoit les conditions et les contenus
de l’épreuve de rattrapage.
Le SNUEP-FSU revendique de véritables épreuves de
rattrapage axées sur une évaluation des compétences et des connaissances dans
les disciplines d’enseignement théorique (professionnel et général) sur la base
de ce qui existe dans les voies générale et technologique.
Pour
faire aboutir ces revendications, le SNUEP-FSU entamera des démarches auprès de l’Intersyndicale de
l’enseignement professionnel, des organisations de parents et d’élèves, pour mettre en place des actions.
Épreuve de rattrapage
Le SNUEP-FSU écrit au Ministre
Paris, le 3 avril 2009

Syndicat National
Unitaire
de l’Enseignement
Professionnel
Monsieur
Xavier Darcos
Ministre
de l’Education nationale
110
rue de Grenelle
75357
Paris SP 07
Monsieur
le Ministre,
Dans
le cadre de la mise en place des baccalauréats professionnels, vous avez décidé
de modifier le décret n° 2009-145 du 10-2-2009 qui
introduit cette année une épreuve de rattrapage.
Favorable
à la mise en place d’une épreuve de rattrapage, le SNUEP-FSU souhaite néanmoins
vous interpeller quant aux conditions dans lesquelles le ministère veut
l’organiser.
Ainsi,
tous candidats ayant obtenu :
· une
moyenne générale au moins égale à 8 et inférieure à 10 sur 20,
· ainsi
qu'une note au moins égale à 10 sur 20 uniquement
à l'épreuve d'évaluation de la
pratique professionnelle
sont
autorisés à se présenter à l'épreuve de contrôle.
La note finale obtenue étant la moyenne entre la
note obtenue à cette épreuve de rattrapage et la note moyenne obtenue à toutes les autres épreuves.
A
l’issue, les candidats qui ont obtenu une note au moins égale à 10 sur 20 à
l'issue de l'épreuve de contrôle sont déclarés admis, après délibération du
jury.
Le
SNUEP-FSU émet de grosses réserves quant à ce
projet et vous alerte sur la mise en œuvre de cette épreuve de
rattrapage :
-
qui comprend une épreuve unique,
-
qui se concrétise par un oral de 20 minutes qui compte finalement autant que la
moyenne générale de toutes les notes obtenues à l’examen (épreuves terminales,
Contrôle en Cours de Formation et
Période de Formation en Milieu Professionnel),
-
épreuve basée exclusivement sur les stages en entreprise (PFMP) déjà évalués
dans le cadre de l’examen, et qui plus est déjà fortement coefficientés,
-
épreuve qui néglige, voire ignore, les enseignements généraux, ce qui aura de graves répercussions
sur la motivation des élèves,
-
épreuve dont le cadrage national est particulièrement flou et laisse la porte
ouverte à des interprétations locales multiples.
Dans
certaines académies, les collègues commencent à être informés sur les modalités
de l’épreuve de rattrapage à quelques mois de l’épreuve, pour d’autres c’est
encore le flou le plus complet.
Les
enseignants contestent :
· le
procédé, une mise en place à la va-vite, sans consultation, sans
précision avec aucune grille à 2 mois ½ de l’examen,
· la
dévalorisation du diplôme national,
· la
dévalorisation de l’enseignement professionnel à travers un bac au rabais,
· la
déconsidération du travail des enseignant-es.
Le SNUEP-FSU
demande à ce que le ministère traite la voie
professionnelle et le bac pro à égalité avec les autres voies de formation,
revoit les conditions et les contenus de l’épreuve de rattrapage et
organise de véritables épreuves de rattrapage axées sur une évaluation des
compétences et des connaissances dans les disciplines d’enseignement théorique
(professionnelles et générales) sur la base de ce qui existe dans les voies
générale et technologique.
Des initiatives locales de collègues PLP
commencent à se mettre en place pour refuser cet état de fait. Pour faire
aboutir ces revendications, le SNUEP-FSU entamera des démarches auprès de
l’Intersyndicale de l’enseignement professionnel, des organisations de parents
et d’élèves, pour mettre en place des actions.
Conscient de
l’intérêt que vous porterez à ces inquiétudes légitimes, nous vous prions de
croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de notre considération distinguée.
LAÏCITÉ,
DROITS ET LIBERTÉS
Si
la solidarité devient un délit…
Lors
de son bureau délibératif fédéral national ce jour, la FSU a décidé de signer
l'Appel "Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! ", de le
relayer auprès de ses adhérent-e-s, et
d'inciter celles et ceux qui seront disponibles de 8 avril à se présenter devant les palais de
justice des villes indiquées.
