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Paris, le 5 juin 2009
Motion
action du Bureau National du
SNUEP-FSU réuni le 4 juin à Paris
Se
mobiliser pour réussir le 13 juin
Le
gouvernement se targue d’avoir supprimé 28000 postes dans la fonction publique en
2008, soit 5000 de plus que prévu. Il envisage d’amplifier ces suppressions
l’année prochaine pour les porter à 34000 et prévoit le non-remplacement
d’un fonctionnaire sur deux dans
l’éducation nationale.
L’enseignement
professionnel n’a pas été épargné, et, avec en sus de la généralisation du bac
pro 3 ans, cette politique a entrainé nombre de mesures de cartes scolaires.
Cette approche uniquement comptable témoigne d’une volonté politique délibérée
de dégrader le service public d’éducation et de réduire l’offre de formation.
Derrière ces
chiffres, ce sont les élèves de l’enseignement professionnel public qui sont
touchés : la généralisation du bac pro 3 ans constitue une formidable
régression politique. La suppression des BEP et l’introduction d’une sélection
supplémentaire à l’entrée du lycée professionnel rejetteront nombre de jeunes
vers l’apprentissage ou les dispositifs d’insertion régionaux. C’est une partie
de la jeunesse qui est sacrifiée sur l’autel de l’apprentissage et sur celui
des choix gouvernementaux. Ainsi, les affichages du gouvernement pour la
jeunesse sont aux antipodes des mesures qui la concernent.
La stigmatisation
de la jeunesse apparaît bien trop évidente au regard de l’absurdité des mesures
que propose le ministre de l’EN pour soi-disant lutter contre les violences
scolaires. Les portiques, caméras et autre dispositif sécuritaire constituent
de véritables provocations lorsque les établissements ont avant tout des
besoins humains pour un travail éducatif.
Le SNUEP-FSU
refuse la casse de l’enseignement professionnel public. Le SNUEP-FSU réaffirme
que tout jeune est éducable, et que seul un cursus scolaire complet constitue
une véritable politique de lutte contre l’échec scolaire.
Le
SNUEP-FSU dénonce également la mise en place des nouvelles grilles horaires de
bac pro. Il demande aux collègues de ne pas rentrer dans la logique de mise en
concurrence des disciplines et des heures d’enseignement. Il appelle également
à refuser les heures supplémentaires, notamment dans le cadre de l’accompagnement
personnalisé qui doit être intégré dans le service hebdomadaire.
Le SNUEP-FSU
réaffirme son attachement à la réussite de tous les jeunes, dans le cadre d’un
véritable dispositif éducatif, et condamne les orientations gouvernementales
qui cherchent uniquement à se décharger du poids économique de l'enseignement
professionnel vers les collectivités territoriales.
Le SNUEP-FSU
dénonce une tromperie manifeste qui détourne le débat des vraies questions en
faisant reposer la clef des problèmes sur le tout sécuritaire paranoïaque et
populiste, qui stigmatise la jeunesse, alors que les solutions résident en la
présence d’adulte et d’éducateurs dans les établissements.
Le
SNUEP-FSU a participé en ce début d’année 2009 au front syndical unitaire et aux
actions très larges des 29 janvier, 19 mars, 1er mai et au 26 mai. Malgré cette
expression syndicale, le gouvernement poursuit la casse des services publics.
C’est pourquoi le SNUEP-FSU appelle
tou-te-s les collègues à participer aux actions du 13 juin : lors de
cette journée d’action, avec l’ensemble des salariés, nous dirons encore une
fois non aux orientations destructrices du gouvernement et nous porterons le
projet syndical du SNUEP-FSU comme alternative sur les questions éducatives et
de l’enseignement professionnel.
Motion
rattrapage du Bureau National du
SNUEP-FSU réuni le 4 juin
EPREUVE
ORALE DE RATTRAPAGE
LE
BAC PRO BRADÉ ET DÉVALORISÉ
L’épreuve orale de rattrapage s’inscrit dans
le cadre de la reforme du BAC PRO 3 ans.
Les décrets ont été présenté au CSE du
16/10/08 (décret n°2009-145 et arrêté du 11-2-2009). Initialement, elle devait
être mise en place pour la session 2011, mais le ministère l’impose dès la
session 2009 dans tous les académies. (Note de service 18-2-2009)
Le
SNUEP- FSU est intervenu au CSE pour que cette épreuve prenne en compte l’ensemble de la formation
du candidat (professionnelle et générale). D’ailleurs, l’article 11 du décret
n°2009-145 prévoit bien que cette
épreuve prenne en compte les compétences générales et professionnelles. « 2° Une épreuve
de contrôle organisée pour certains candidats dans les conditions prévues aux
articles D. 337-78 et D. 337-79. Cette épreuve orale qui porte sur des
connaissances et compétences générales et professionnelles est définie par
arrêté du ministre chargé de l’éducation, par arrêté du ministre chargé de
l’agriculture pour les baccalauréats mentionnés au deuxième alinéa de l’article
D. 337-53 ou par arrêté du ministre chargé de la mer pour les baccalauréats
mentionnés au troisième alinéa du même article. »
Dans l’arrêté, cette notion est substituée
par la présence d’un professeur d’enseignement général et d’un professeur
d’enseignement professionnel ou d’un membre de la profession intéressé par le
diplôme. Elle doit cependant permettre d'apprécier la capacité du candidat à
s'exprimer et à argumenter et de vérifier son niveau de maîtrise des
connaissances et compétences scientifiques et techniques définies dans le référentiel
de certification de la spécialité de diplôme concernée.
Sous
couvert d’égale dignité des voies de formations, le ministère de l’éducation
nationale s’attaque encore à l’enseignement professionnel et organise à la va-vite
la dévalorisation de l’ensemble des baccalauréats professionnels. Dans le cadre
de la mise en place des baccalauréats professionnels, il modifie le décret n° 2009-145 du 10-2-2009
– (J.O. du 11-2-2009) et introduit cette année une épreuve de rattrapage. Favorable à la mise en
place d’une épreuve de rattrapage, Le
SNUEP-FSU dénonce néanmoins fermement
les conditions dans lesquelles le ministère veut l’organiser.
Sous
couvert de l’égale dignité des voies de formation, il brade et dévalorise encore
un peu plus le diplôme national du bac pro.
Le SNUEP-FSU dénonce une épreuve de
rattrapage qui comprend une épreuve unique :
- un oral de 20 minutes qui compte
finalement autant que la moyenne générale de toutes les notes obtenues à
l’examen (épreuves terminales, Contrôle en Cours de Formation et Période de Formation en Milieu
Professionnel).
- une épreuve basée exclusivement sur
les stages en entreprise (PFMP) déjà évalués dans le cadre de l’examen, et qui
plus est par de forts coefficients.
- La mise en place d’une épreuve qui
néglige, voire ignore, les enseignements
généraux, ce qui aura de graves répercussions sur la motivation des
élèves.
- Un manque de cadrage national de
cette épreuve.
Le SNUEP-FSU est intervenu auprès du
ministère afin qu’il revoit les conditions et les contenus de l’épreuve de
rattrapage. Le SNUEP-FSU revendique de véritables épreuves de rattrapage
axées sur une évaluation des compétences et des connaissances dans les
disciplines d’enseignement théorique (professionnel et général) sur la base de
ce qui existe dans les voies générale et technologique.
Dans la mesure où le ministère n’a
pas donné suite aux interventions récentes du SNUEP-FSU, le SNUEP-FSU :
- propose l’envoi d’un courrier au
ministère par chaque collègue PLP (en ligne sur le site national) ;
- appelle les collègues à retourner
au SNUEP-FSU, 12 rue Cabanis, 75014 Paris, un courrier dans lequel ils
décriront les conditions dans lesquelles se sera déroulée l’épreuve (nombre
d’élèves convoqués, présents, admis, etc.) ;
- déposera un préavis de grève pour
couvrir toutes les actions académiques ou départementales qui pourraient être
mises en place lors de l’épreuve de rattrapage convoquée en juillet ;
- demandera une audience à la DGESCO.
Motion
laïcité du Bureau National du
SNUEP-FSU réuni le 4 juin
LE
SNUEP-FSU RÉAFFIRME SON ATTACHEMENT
À
LA SÉPARATION DE L’ÉGLISE ET DE L’ÉTAT
En 1993, le ministre de cohabitation en place, F. Bayrou,
tente une révision de la loi Falloux. La réponse quelques temps après est une
immense manifestation en janvier 1994 pour la sauvegarde de l’Ecole publique et
laïque.
En 1999, la plus haute juridiction administrative donne
raison au conseil régional d’Ile de France qui, en 1992, avait accordé des
aides financières à une école et quatre lycées confessionnels (Paris XX, Seine
et Marne, Val de Marne). Le Conseil d’Etat s’est appuyé sur la loi Astier
(1919), qui autorise les pouvoirs publics à subventionner sans limite les
établissements techniques.
Aujourd’hui
au nom de « mission de service public » et « d’accords
européens » qui ne peuvent que renforcer les attaques du service public
d’éducation français, le gouvernement veut aller encore plus loin.
Avec la proposition de loi Carle
Cette proposition
a déjà été adoptée par le Sénat (décembre 2008) et doit venir prochainement
devant l’Assemblée. Elle vise à « garantir
la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées
sous contrat lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur
commune de résidence ». Reconnaître une mission de service public aux
écoles privées, de surcroit sans aucune contrainte est inacceptable. Nous
savons que l’adoption d’un tel projet entrainerait la fermeture de classes ou
d’écoles publiques.
De plus cette mesure s’apparente au « chèque
éducation » si cher aux thèses libérales : l’État ne finance plus
l’école publique, il finance les frais d’éducation des enfants et les familles
ont le libre choix de l’établissement de formation public ou privé. C’est la
mise en concurrence des établissements dans un contexte de rigueur pour le
public et de faveurs pour le privé !
Le SNUEP-FSU condamne le financement de l’enseignement
privé par les fonds publics et cette proposition
de loi qui obligera les communes à financer l’enseignement privé, voire
confessionnel.
Avec le décret
d’application de l’accord France-Saint Siège sur la reconnaissance des grades
et diplômes dans l’enseignement supérieur
Ce décret vient de
paraître au Journal Officiel d’avril 09.
C’est
l’application de l’accord entre la France et le Saint Siège du 18/12/08, qui
est en pleine cohérence avec les idées exposées par N. Sarkozy dans son
discours à Latran. Par ailleurs, nous sommes en pleine confusion entre un état,
le Vatican, et une institution religieuse, le Saint Siège !
Ce décret réserve
à l’église catholique une place particulière et se situe tout à fait dans
l’optique de la convention de Lisbonne (avril 1997) au nom d’une uniformisation
des systèmes d’enseignement supérieur européens et du principe d’autonomie des
établissements.
Jusqu’à présent
les universités catholiques devaient passer une convention avec une université
publique ou demander au recteur d’organiser un jury d’état chargé d’évaluer les
candidats. Maintenant les diplômes sont reconnus.
La fin du contrôle de la délivrance des diplômes par
l’État marque le début de l’ouverture (sans entrave) au privé du service public
de l’éducation.
Le SNUEP-FSU exige l’abrogation du décret du 16 avril 2009.
Le SNUEP-FSU dénonce ces nouvelles attaques contre le principe de laïcité.
Le
SNUEP-FSU condamne la remise en
cause insidieuse de la laïcité.
Le SNUEP-FSU exige que ce principe se traduise par un strict respect de la
neutralité sur le plan religieux et idéologique.
Le SNUEP-FSU réaffirme son attachement à un grand service public d’éducation
laïque et à une stricte séparation de la religion et de l’État.
Le SNUEP-FSU dénonce l’introduction sournoise des marques commerciales sous
forme de « mécénat » comme dans le cas de l’internat de Sourdun.
COMMUNIQUÉ du SNUEP-FSU
Prévention
du décrochage scolaire
Le SNUEP–FSU a pris
connaissance de l’instruction parue dans le dernier bulletin officiel (n°23 du
4 juin 2009) sur la prévention du décrochage scolaire.
Dès le 20 juin
2008, c’était une priorité du comité interministériel des villes et du
développement social urbain (C.I.V). Le gouvernement veut lui donner une
nouvelle impulsion pour la rentrée 2009.
Le SNUEP-FSU s’en
félicite mais s’interroge cependant sur les objectifs et les moyens mis en
œuvre par le gouvernement qui place, cette question sous la direction du Haut
commissariat à la jeunesse, ce dont le SNUEP-FSU s’étonne.
Le SNUEP-FSU
s’interroge sur la stigmatisation des lycées professionnels
qui représenteraient la cible principale de cette politique. Le SNUEP-FSU
rappelle que le décrochage scolaire est un processus complexe qui peut prend
racine dès l’entrée à l’école primaire. Or dès la rentrée 2009, le ministère
impose la généralisation du Bac pro en 3 ans qui affiche l’ambition d’éviter
les sorties des jeunes sans qualification. Cette stigmatisation est-elle déjà
le signe que le ministre est conscient que sa réforme ne permettra pas
d’atteindre les objectifs affichés ? Ne
devrait-il pas alors pousser plus loin sa prise de conscience en abandonnant
cette réforme inadaptée à la prévention du décrochage scolaire des
jeunes ?
Pour le SNUEP-FSU,
le repérage des décrocheurs ne peut pas être déconnecté d’une véritable
politique de traitement de la difficulté scolaire en
redonnant les moyens aux établissements de remplir pleinement leurs missions
dans ce domaine. Force est de constater que la politique engagée depuis
quelques années par ce gouvernement se traduit par la suppression massive de
postes d’enseignants, ce qui n’est pas de nature à améliorer la situation existante.
La construction d’une meilleure coordination locale
paraît aller de soi. Faut-il encore que cette coordination ne serve pas de
prétexte à un affaiblissement du service public dans ce domaine et notamment à
un affaiblissement des missions et des moyens alloués à la mission générale
d’insertion (MGI) et aux missions des CIO. Le développement de plateformes
téléphoniques ne doit pas servir de caution la suppression des COPsy ou des
personnels formés qui sont les mieux à même de prendre en charge ces jeunes et
de leur apporter des réponses appropriées.
Sur le soutien à
l’expérimentation locale dans le domaine de la prévention et de traitement des
sorties sans diplôme de la formation initiale, le SNUEP-FSU est
particulièrement inquiet. Le repérage précoce d’élève en décrochage ne doit pas
être le prétexte à organiser le tri de élèves de plus en plus tôt afin
notamment de les orienter vers l’apprentissage.
Le
SNUEP-FSU rappelle que pour être efficaces les
difficultés scolaires doivent être traitées à l’intérieur du système éducatif en s’appuyant sur des personnels formés sur des
emplois statutaires.
Le
SNUEP-FSU demande à ce que
le ministère revienne sur les 28 000 suppressions de postes pour l’année
2008 dans la Fonction publique ainsi que sur sa politique de non remplacement
d’un fonctionnaire sur deux qui engendre une suppression de 34 000
fonctionnaires pour l’année prochaine.
Bac Pro 3
ans
Lettre des mandataires de la CGT,
du SNES-FSU, du SNALC et du SNFOLC
au Comité Interprofessionnel
Consultatif (CIC)
à Monsieur le Ministre de L'Education
Nationale
Paris, le 25 mai 2009
Monsieur le Ministre,
Comme en témoignent les débats du Comité Interprofessionnel Consultatif de ce
jour, la mise en place de la rénovation de la voie professionnelle, et de la
généralisation des baccalauréats professionnels en 3 ans à la prochaine
rentrée, soulève toujours nombre d'interrogations et souvent même de vives
réactions.
Le caractère largement improvisé et précipité de cette réforme a été
stigmatisé, y compris par les représentants d'organisations syndicales, ou
patronales, qui y sont pourtant favorables.
Pour notre part, et quelles que soient les nuances d'appréciation
de nos organisations respectives au sujet de cette réforme, nous vous
demandons, Monsieur le Ministre, de bien vouloir prendre la mesure de
l'inquiétude qui s'exprime à tous les niveaux, en décidant de geler la mise en
œuvre de généralisation des baccalauréats en 3 ans et de la rénovation de la
voie professionnelle, prévues pour la rentrée 2009.
En l'attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Ministre,
l'assurance de notre haute considération
Lettre ouverte au Ministre de l’éducation nationale
La violence scolaire mérite mieux
que des affichages médiatiques sécuritaires

Monsieur
le ministre,
Vous
multipliez depuis quelques temps des annonces de mesures susceptibles, selon vous,
de régler le problème de la violence en milieu scolaire : mise en place de
vidéo-surveillance et de portiques détecteurs de métaux, création d’une force
mobile d’agents auprès des recteurs, fouilles des élèves par les personnels de
l’éducation nationale…
Les
événements récents fortement médiatisés sur lesquels vous vous appuyez pour
annoncer ces mesures sécuritaires étaient d’une gravité extrême :
intrusion d’une bande armée dans un lycée à Gagny, agression avec couteau d’une
enseignante dans un collège de Fenouillet.
Mais
en focalisant vos annonces sur les manifestations de violence les plus
spectaculaires, vous laissez croire que les intrusions extérieures et les
agressions avec arme seraient le lot quotidien des établissements scolaires
alors qu’elles sont, fort heureusement, marginales.
Ces
actes de violence sont inacceptables mais les mesures que vous préconisez pour
les enrayer sont inadaptées tant pour prévenir les formes les plus extrêmes de
violence - l’exemple récent de l’agression d’une jeune CPE à coups de pied et
de poing dans un collège de Chanteloup-lès-Vignes le montre bien - que pour
traiter celles qui minent le quotidien de la vie scolaire et dont les élèves
sont souvent les premières victimes. Elles risquent en plus d’être contre productives
car elles dénatureraient les missions des personnels, détérioreraient leurs
relations avec les élèves et seraient source de tensions supplémentaires ;
elles ne s’attaquent pas nonplus aux causes réelles de cette violence.
Si
la sanction s’impose chaque fois qu’un acte de violence est commis, il y a
d’abord et avant tout un travail éducatif de sensibilisation et de prévention à
mener avec les élèves, inscrit dans la durée et la confiance réciproque. Il y a
également beaucoup à faire pour que tous les jeunes, qu’ils soient ou non
éloignés de la culture et des normes scolaires, entrent efficacement dans les
apprentissages et retrouvent espoir dans l’école.
Or,
le gouvernement auquel vous appartenez a supprimé des dizaines de milliers
d’emplois dans les établissements scolaires et il envisage d’en supprimer
encore 17 000 à 18 000 au budget 2010. L’application de cette politique porte
donc une grande part de responsabilité dans la dégradation des conditions
d’études et de travail.
Le
choix de supprimer la carte scolaire ne peut que renforcer la ségrégation et la
polarisation sociale des établissements, et accroître, dans les établissements
les plus « difficiles », la
frustration d’élèves qui subissent déjà la violence de vivre dans des quartiers
ghettoïsés où sévissent chômage, pauvreté et exclusion sociale.
L’Ecole
n’est pas imperméable aux problèmes de la société, les jeunes ne rentrent pas
en classe en oubliant ce qui alimente leurs doutes sur leur avenir et leur
sentiment d’exclusion d’une société qui creuse les inégalités et détruit les
solidarités.
La violence
en milieu scolaire est un sujet trop sérieux pour que quiconque se prête à
quelque surenchère sécuritaire que ce soit. Il faut combattre toutes les formes
de violence, et pas seulement les plus spectaculaires. Cela suppose une volonté
partagée de s’attaquer à tout ce qui génère ou entretient de la violence :
il faut, évidemment, continuer de sécuriser les établissements scolaires, être
intransigeant sur le respect des règles de vie commune, sensibiliser les élèves
au danger des jeux collectifs violents, mais il faut aussi, et en même temps,
prévenir la violence en offrant partout aux élèves de meilleures conditions
d’étude au sein de la classe, en donnant aux personnels le temps de dialoguer
avec les jeunes et une formation qui intègre notamment la gestion des conflits.
Il faut constituer dans tous les établissements des équipes
pluriprofessionnelles complètes et bien formées (enseignants, CPE, personnels
de surveillance, COPsy, assistantes sociales, infirmières…) qui aient du temps
pour assurer un suivi attentif des élèves les plus fragiles, pour se concerter
ou encore travailler en partenariat avec les autres institutions ou
associations qui mènent des actions de prévention en direction des jeunes et de
leurs familles.
Ce ne sont
là que quelques pistes qui montrent que la violence en milieu scolaire impose
une réflexion globale avec tous les acteurs du système éducatif. Les réponses
ne sont pas simplement d’ordre technique et leur élaboration nécessite un
regard plus large et une approche politique qui sache concilier les aspects
pédagogiques, sociaux et juridiques.
C’est
pourquoi, monsieur le Ministre, bien au delà du périmètre beaucoup trop
restreint que vous imposez à la réunion de ce mercredi 27 à laquelle vous
n’avez pas cru bon d’associer les représentants de tous les personnels, nous
vous demandons solennellement d’entendre tous les représentants de la
communauté éducative sur l’ensemble de la problématique de la violence, et non
seulement sur ses manifestations les plus extrêmes.
Paris, le
lundi 25 mai 2009
Congrès de la FCPE
Déclaration commune sur la
violence
A l'ouverture du Congrès de la FCPE les
organisations présentes (FCPE, FIDL, UNL, UNEF, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT,
UNSA-Education) ont rendu publique une déclaration commune proposée par la
FCPE.
Les phénomènes de
violence touchent les écoles et établissements scolaires, c’est un fait
indéniable. Il faut traiter ces phénomènes à leur juste mesure : au
contraire des mesures électoralistes annoncées par le président de
Les agressions de
personnels de l’Education nationale sont inadmissibles. Les intrusions de
bandes armées de battes de base-ball dans un établissement sont intolérables.
Néanmoins, il ne s’agit pas des formes les plus fréquentes de violence
perpétrées dans les écoles et les établissements scolaires. Les agressions
commises avec arme contre les personnels de l’Education nationale sont
heureusement rarissimes (10 cas recensés depuis 2007).
Le ministre sait
que la fouille des cartables est impossible à mettre en place et ne règlera
rien ; il sait que la création d’une brigade volante d’intervention n’a
aucun sens ; il sait que vouer aux gémonies les parents dits
« démissionnaires » n’est pas une solution.
La confusion entre
les missions éducatives des personnels de l’Education nationale et celles des
fonctionnaires de police et de justice compliquerait leurs relations avec les
élèves et serait source de tensions supplémentaires. Elle détruirait toute
relation de confiance indispensable à l’instauration d’une relation pédagogique
durable.
Alors que par bien
des aspects la politique suivie renforce les phénomènes de violence :
désectorisation, suppressions de dizaines de milliers de postes d’enseignants
et de personnels vie scolaire, déstabilisation des équipes, dégradation des
conditions de travail et d’étude, insuffisance du dialogue avec les parents…, ce que Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos proposent ce n’est
même plus l’Ecole sanctuaire mais l’Ecole bunker !
Or, les
établissements d’éducation doivent avant tout rester des lieux de confiance,
d’apaisement et de sérénité.
Plutôt que de
tirer parti d’un incident grave pour décider de mesures dans la précipitation
et sous le coup de l’émotion, en privilégiant les annonces aussi spectaculaires
qu’impraticables, il faut maintenant s’attaquer aux véritables problèmes de
l’insécurité scolaire, comme celui des incivilités et des agressions verbales et physiques, dont
les élèves sont souvent les premières victimes.
Pour cela, il
convient de mettre en place, dans une Ecole de justice, de réussite de tous et
de respect mutuel, une véritable politique de prévention : recrutement et
formation de personnels, éducation au vivre ensemble, lieux de paroles et
d'écoute, implication des parents dans les projets d'école et d’établissement…
Cette politique ne peut se mettre en place dans une parodie de concertation
comme celle que nous venons de vivre : sélections des participants, décisions
déjà prises et annoncées, stigmatisation de certaines parties prenantes.
Le
gouvernement semble vouloir toujours s’enfoncer davantage dans une politique de
répression et de méfiance systématique vis-à-vis de la jeunesse. Les jeunes
sont diabolisés, les parents d’élèves stigmatisés.
Tout cela pour tenter de masquer les conséquences de leur politique
éducative désastreuse qui refuse un avenir aux jeunes, et
éviter ainsi de s’attaquer à la violence sociale quotidienne qui frappe
durement les jeunes dans un contexte d’accroissement des inégalités.
Tout cela pour
tenter également de faire oublier les dizaines de milliers de suppressions de
postes de personnels d’enseignement, d’éducation, de santé et sociaux… sans qui
nos écoles ne sont plus que des simples lieux d’études où il ne fait pas bon
vivre pour les élèves.
Nous
voulons mettre en place, tous ensemble, des actions d’accompagnements
nécessaires à l’apprentissage des valeurs et des comportements essentiels à la
vie collective. Si nous ne traitons pas la violence par l’éducation dans
l’Ecole, quelle société nous préparons-nous ?
Rien ne peut
remplacer les rapports humains, l’éducation, la prévention, toutes choses que
les portiques et les caméras de vidéosurveillance ne sont pas en mesure
d’apporter.
Nous voulons
privilégier la politique de la raison à la récupération politicienne. Nous
voulons dénoncer les raccourcis et la démagogie du gouvernement. Nous voulons
la sécurité scolaire et non la surenchère sécuritaire !
Bac
Pro 3 ans
Dans
un communiqué, le SNUEP-FSU Rouen dénonce
l’inadaptation
des nouveaux programmes
Le SNUEP Rouen dénonce l’inadaptation et les
manques de bon nombre de programmes, par exemple en arts appliqués, en
biotechnologie ou encore en Histoire Géographie… mis en place dans le cadre de
la contre réforme du Bac Pro en 3 ans.
Le SNUEP Rouen comprend que, pour dispenser
une réelle éducation de leurs élèves à la citoyenneté, ou une réelle formation
professionnelle, certains collègues décident de ne pas appliquer ces
programmes.
Le SNUEP Rouen dénoncera toute forme de
répression administrative subie par ces collègues pour le simple fait d’avoir
tenté de former au mieux les élèves qui leurs sont confiés.
Le Conseil Syndical académique réuni
le 19 mai 2009.
MASTERISATION :
CTPM du 28 mai 2009
Compte-rendu
du SNUEP-FSU
Le Comité
Technique Paritaire Académique (CTPM) était prévu le mercredi 27 mai. Il a été
boycotté par toutes les organisations syndicales, vu l’ordre du jour proposé.
Le ministre veut modifier le statut de tous les enseignants, pour amener le
niveau de recrutement au MASTER. Il le fait prématurément parce que toutes les
réunions de travail ne se sont pas tenues (elles sont programmées jusqu’à la
mi-juillet).
Jeudi matin, à l’ouverture de la séance,
tous les syndicats demandent solennellement le report des projets de décret. Le
représentant du ministre, exceptionnellement présent en tant
« qu’expert », refuse.
Suspension
de séance demandée par les syndicats. Les raisons du boycott de mercredi
étaient toujours valables le jeudi matin 28 mai et certains syndicats ne
voulaient pas siéger, hors FSU. Le point de vue qui l’emporta fut de retourner
en séance en affirmant dans une déclaration commune que le passage en force du
ministère sur les décrets amenait à se poser la question de la participation
des syndicats aux futurs groupes de travail.
Le ministre réaffirme que 15 groupes de
travail ont déjà eu lieu, que d’autres vont se tenir jusque à la mi juillet.
2010 est une première étape : pourront
s’inscrire aux concours ceux qui sont en M2 et ceux qui étaient présents cette
année aux épreuves d’admissibilité.
En 2011, il faudra être inscrit en M2 et
l’avoir en fin d’année pour être titularisé.
Le ministre reste « ouvert » sur
la place du concours dans l’année de M2.
Pour l’ensemble des décrets, sont contestées
les modalités bien trop floues de l’année de stage (dans quel cadre ? pour
quelle formation ?) et les affectations des néo titulaires. L’article 3
sera amendé en précisant pour chaque corps qu’ils sont affectés dans une
académie pour une durée de un an par le ministre chargé de l’éducation.
Impossible de faire prononcer le mot IUFM au représentant ministériel.
Impossible de le voir écrit dans les décrets.
À la question du devenir des non-titulaires,
le représentant du ministre affirme vouloir « travailler » sur les
concours internes. Il n’exclut pas la possibilité de ré-ouvrir des sessions
pour les concours internes qui n’ont pas été ouverts depuis longtemps
Sur le
décret PLP
Le ministre réaffirme que la mastérisation
concerne tous les corps et donc celui des PLP. Il devra y avoir reconnaissance
de l’expérience en entreprise pour certaines disciplines professionnelles.
Le SNUEP-FSU a expliqué son vote en contre
du fait que les modifications statutaires ne sont pas toutes connues, vu qu’il
y a encore de nombreuses réunions programmées et que aucune discussion n’a
encore eu lieu, par exemple, sur les dispositifs spécifiques pour les PLP.
- FSU : 9 contre ; UNSA : 5
contre ; CGT : 1 contre ; SUD : 1 contre ;FO : 1
contre ;Sgen-CFDT : 2 contre
- CSEN : 1 abstention
- Administration : 20 pour
Vœu
soumis au CTPM (sur proposition de la FSU)
« Le CTPM considère indispensable la
mise en place de véritables pré-recrutements, avec statut de fonctionnaire stagiaire.
De tels dispositifs doivent contribuer à assurer un vivier de candidats
suffisant et permettre aux étudiants qui font le choix du métier
d’enseignant (du premier et du second
degré) et d’éducation, de conseiller d’orientation de mener leurs études dans
les conditions les plus favorables, quel que soit leur situation sociale.
A cette fin, le CTPM invite le ministre à
ouvrir les discussions dans les meilleurs délais. »
POUR : 19 ; ABST : 1 ;
Refus de vote : 20 (l’administration
ne vote pas quand la parité syndicale présente un vœu)
Masterisation : CTPM du 28 mai 2009
Déclaration FSU
La réforme de la
Formation des enseignants s'effectue dans un contexte de poursuite
politique brutale de diminution de l’emploi public. L’éducation
nationale verrait ses emplois amputés de 17 à 18000 à la rentrée 2010. Cette
ponction d’une ampleur jusque là inégalée viendrait s’ajouter aux suppressions
des années antérieures. En poursuivant cette politique, alors que la crise
provoque une hausse chômage des jeunes, l’Etat aggrave la situation en
recrutant en deçà des besoins. Les conséquences sont lourdes pour les
élèves : détérioration de l’encadrement des élèves, dégradation des
possibilités d’aide aux élèves en difficulté, diminution des remplacements...
Elle marque également le dispositif de mastérisation.
Si la FSU et ses
syndicats revendiquent la reconnaissance de la formation et du recrutement des
enseignants par l'obtention d'un master, ils considèrent que le dispositif
proposé de réforme de la formation et du recrutement reste inacceptable en
l'état. La Fsu en demande l'abandon au profit d'une toute autre réforme
permettant d'améliorer la formation et le recrutement des enseignants et CPE.
Par rapport aux
précédents décrets, ces textes comportent un certain nombre d’évolutions que
nous contestons, notamment la disparition de la référence à la formation dans
les IUFM. Par ailleurs elle revendique l'extension des dispositifs d’aides
sociales et la mise en place de pré-recrutements, c'est le sens du voeu que
nous proposerons au CTPM.
Si la FSU se
félicite des évolutions annoncées en matière de mesures transitoires et
d'augmentation du temps de formation pendant l'année de stagiaire, elle
considère qu’il n’y a pas d' urgence à présenter les projets de décret sur les
statuts particuliers des enseignants et CPE. En effet ceux-ci préjugent des
conclusions des groupes de travail et des propositions que soumettra la
commission Marois-Filâtre.
C’est pourquoi la
FSU a refusé de siéger mercredi et renouvelle solennellement la demande de
report de l’examen des décrets.
Masterisation : Conseil Supérieur de la Fonction
Publique de l'Etat
VŒU
PRESENTE PAR LA FSU ET BOYCOTT DU CSFPE
Lors
de la « section syndicale » préparatoire au Conseil Supérieur de la
Fonction Publique de l'Etat la délégation FSU a déposé un voeu (encadré
ci-après) demandant le retrait de l'ordre du jour des textes concernant la
« mastérisation » des enseignants et CPE. Les autres organisations se
sont prononcées dans le même sens et le texte a été voté à l'unanimité. Sur
cette base la FSU a demandé une suspension de séance au cours de laquelle la
FSU a proposé aux autres organisations de ne pas participer au débat et quitter
la séance. L'accord s'est fait là dessus et toutes les organisations sont
parties.
Vœu présenté par la FSU et voté à
l’unanimité des autres organisations syndicales
Alors que les discussions concernant la réforme de la
formation des enseignants ne sont pas achevées, le gouvernement a choisi de
présenter aux instance consultatives des projets de décret sur les statuts
particuliers des enseignants et CPE . Ceux-ci préjugent des conclusions
des groupes de travail et des propositions que doit soumettre la commission
Marois-Filâtre intallée par le gouvernement et qui est censée terminer ses
travaux mi-juillet.
C’est pourquoi le CSFPE demande le retrait de l’ordre du
jour de ces projets de textes.