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Paris, le 4 décembre 2009
Communiqué du SNUEP-FSU du 23
novembre
Le
Haut Conseil de l’Education signe l’arrêt de mort de l’enseignement
professionnel !
Le SNUEP-FSU a pris
connaissance du bilan de l’enseignement professionnel et des recommandations
sur ses évolutions futures. La réforme dite de la généralisation du BAC PRO en
3 ans n’a même pas fini d’être mise en place que le HCE propose déjà
d’importantes évolutions afin de « l’approfondir ».
Le HCE reprend
certains points que le SNUEP-FSU avait dénoncés et notamment sur les limites de l’apprentissage.
Le SNUEP-FSU est
entièrement d’accord pour dire qu’il faut élever le niveau de qualification, et
qu’il est illusoire de rechercher une adéquation parfaite entre formation et
emploi.
Ces constats
auraient dû amener le HCE à renforcer le rôle de l’école dans la formation des
jeunes et à développer l’enseignement professionnel public, la seule voie de
formation professionnelle initiale sous statut scolaire capable de former
l’ensemble des jeunes s’orientant vers une formation professionnelle.
MAIS, NON, au
contraire, à travers ses différentes propositions :
-
Mettre en place une
seconde de détermination ; ainsi, « la seconde professionnelle devrait constituer, à l’issue de la
troisième, la seule orientation possible». L’orientation se ferait donc en
cours de 2nde, qui plus est par les PLP qui après les professeurs
principaux, viendraient eux aussi se substituer aux Conseillers d’Orientation
Psychologue (COP) ;
-
Mettre en place une
seconde année de CAP exclusivement en apprentissage ;
-
Supprimer le diplôme
de BEP alors qu’il vient d’être « rénové » dans le cadre de la
certification intermédiaire (il est passé au cours du cycle en 3 ans);
-
Développer des
parcours mixtes (scolaire, apprentissage), en s’appuyant sur les Lycées des
Métiers.
Le HCE n’a qu’une
seule volonté : en finir avec le modèle de l’enseignement professionnel.
Toutes ces préconisations n’ont un seul
et unique but : développer une formation professionnelle sur un modèle
néolibéral, qui transformerait le lycée professionnel en un « sas vers
l’apprentissage » qui aurait comme principale mission de sociabiliser et
de trier les élèves.
Ainsi, afin de parvenir
à ces fins, tout en étant bien conscient que la capacité d’accueil des
entreprises privées dans ce domaine est limitée, malgré des aides de l’Etat et
des régions qui vont en augmentant, le Haut Conseil à l’Education préconise un
engagement plus fort du secteur public dans l’apprentissage. L’objectif serait
de former 50 000 jeunes en apprentissage chaque année dans les trois
fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière)
Ces propositions
sont inadmissibles et dangereuses. Elles entérinent la volonté d’exclure une
partie des jeunes du Lycée pour des raisons idéologiques et budgétaires !
Le SNUEP-FSU appelle
les directions syndicales à se réunir, sans aucun préalable, pour discuter de
la meilleure manière de s’opposer à ce projet.
Le SNUEP-FSU appelle
l’ensemble des personnels à s’opposer à tout type d’expérimentation allant dans
le sens de ces recommandations.
Le SNUEP-FSU appelle
les collègues à participer aux actions (…) de grève (…) et à poursuivre la
mobilisation dans les semaines suivantes.
Manif et AG
du 24 Novembre 2009
Une
Première mobilisation
CLERMONT
FERRAND
Les manifs se sont concentrées sur la capitale
régionale : Clermont avec 1500 manifestants dont 30% de lycéens et d'étudiants.
Le gros des manifestants arboraient les
couleurs de la Fsu puis de SUD et de la CGT. Des AG de secteurs se sont
déroulées dans les départements.
Des actions ont été programmées:
· interpellation des parlementaires avec liste noire de
ceux qui voteront le budget de l'éduc en l'état
· rédactions de livres noirs
· organisation de soirées d'informations en décembre et
janvier
· volonté de ré ancrer les autres syndicats dans le mouvement
malgré leur non-participation à la journée du 24 ainsi que les
associations de parents d'élève.
Les mobilisations dans les établissements ont
été faibles avec des pointes à 30 %.
Manifestation au Havre ce matin :
environ 500 personnes Education Nationale, rejointe par environ 100 postiers et
50 étudiants. Parmi les 500 EN a peu près 250 instits, 150 2nd degré
+ EPS, 50 du sup, et 50 PLP.
Suivi d’une AG de ville est à 14h.
AG au Havre avec 57 collègues (dont une
petite dizaine de PLP) non mandatés par leurs établissements, cet après midi.
Après un point rapide sur les motifs de
mécontentement (que chacun connaissait déjà), les décisions qui ont été prises
ne bouleverseront pas la donne au niveau national, international!
Nous allons distribuer des tracts rédigés par
l’intersyndicale locale de l’EN (CGT FSU, SUD) à l’attention des collègues et
des parents, pour leur expliquer pourquoi on n’est pas content et pourquoi il
faut se mobiliser…s’il y a nouvelle mobilisation !
Nous allons, nous rapprocher du collectif de
La Poste, pour prévoir et diffuser tout matériel susceptible de promouvoir leur
potentielle manifestation nationale de mi-décembre.
BORDEAUX
1500 manifestants pour l'éducation qui ont
rejoint les postiers dans un rassemblement de défense des services publics. Un
communiqué commun FSU (auquel le SNUEP a participé) a été publié.
500 manifestants à Strasbourg (postiers et
gens du Crous inclus).Une délégation intersyndicale a été reçue par le Préfet,
qui transmet les doléances au gouvernement. Le SNUEP est intervenu au micro, au
nom du secteur Education Nationale pour dénoncer la problématique des
suppressions de postes programmées et toutes leurs conséquences négatives,
aussi bien pour les personnels que pour les jeunes scolarisés. A signaler que
le Snuep, a transmis aux media un communiqué de presse spécifique aux LP;
interviewé par l'AFP locale, il a été fait référence à la prise de position du
HCE et à la dénonciation de cette prise de position par le snuep.
Le Conseil Académique du SNUEP FSU
Strasbourg, réuni le vendredi 20 novembre 2009, appelle les
professeurs de l’Académie de Strasbourg à s’associer massivement à la grève
nationale du 24 novembre 2009, pour un budget l 2010 à la hauteur dans
l’Education Nationale.
30 000 suppressions de postes en 3 ans
et 17 000 suppressions prévues pour 2010, c’est inadmissible, avec toutes
les conséquences négatives que cela entraîne au niveau des conditions de
travail (effectifs de classe en hausse, regroupement de sections, aggravation
de la violence d’élèves mal orientés, appauvrissement de l’offre de formation,
…)
Sur l’Académie, 47 postes de titulaires en
Lycée Professionnel et 100 postes de T.Z.R. (remplaçants) dans le second degré
et ont été supprimés, ce qui aura pour effet de rendre quasi-impossiblee les
remplacements.
Par ailleurs, le SNUEP FSU s’inquiète de la
disparition programmée du BEP, conséquence de la mise en place du BAC PRO 3 ans
à marche forcée.
Ces mesures récessives ne peuvent être
tolérées plus longtemps. La grève du 24 novembre 2009 sera l’occasion de le
signifier.
Texte
adopté par le bureau de la FSU (BDFN) le 16 novembre 2009
Formation
des enseignants : aucune concertation
Les annonces faites par les ministères
de l’EN et de l’Enseignement Supérieur et la Recherche sur la Formation des
Enseignants n’ont fait l’objet d’aucune concertation : elles confirment
une réforme qui se met en place contre l’avis de tous les acteurs concernés et
débouchera à terme sur une ségrégation sociale plus grande et une dégradation
de la formation professionnelle des enseignants et CPE.
Ainsi le potentiel des IUFM est
délibérément sacrifié, le cadrage national des masters se réduit à de vagues
principes qui renvoient la formation professionnelle à des stages en responsabilité et à des « modules
complémentaires », l’année de stagiaire reste limitée à 30% de
formation ; rien n’est prévu en termes de pré recrutement et l’articulation
proposée entre concours et masters est contradictoire avec la conception de
masters de qualité intégrant toutes les dimensions nécessaires à l’exercice du
métier et permettant la réussite des étudiants.
La FSU demande à nouveau
l'abandon de cette réforme ainsi que le retrait des textes d'application déjà
publiés au profit d'une toute autre réforme.
Cela
implique que l’on se donne le temps d’une remise à plat complète- un an selon
nous- et que s’ouvrent des négociations autour des axes suivants :
- mettre en place un système d'allocations
d'études et de pré-recrutement
- assurer une carte des formations qui
permette la préparation de tous les concours
- élaborer un cadrage national qui
articule la mise en place de masters de qualité et une préparation aux concours
de recrutement
- conforter le rôle des IUFM et de leur
potentiel de formation pour la formation initiale et la formation
continuée
- mettre en place une année de fonctionnaire
stagiaire qui comporte 60% du temps de service accordé à la formation
professionnelle.
- établir un plan pluriannuel de recrutement
et de résorption de la précarité
Dans le prolongement de l’unité
contre la vision gouvernementale obtenue en CNESER, la FSU propose de prendre
les contacts nécessaires pour réunir les syndicats du MESR et du MEN. Elle
appelle les personnels à faire de la réussite de la journée de grève du 24
novembre un moment fort de la lutte contre les projets gouvernementaux.
Réforme de la formation des enseignants
Enseigner est un métier qui s’apprend
Communiqué intersyndical
UNEF - FSU, SNES-FSU, SNUIPP-FSU, SNUEP-FSU, SNESUP-FSU, SNEP-FSU -
Fédération UNSA Education, SE UNSA, Sup Recherche UNSA, A et I UNSA, SNPTES
UNSA, SI.EN UNSA, SGEN CFDT, FERC Sup CGT, CGT
Educ’Action – FCPE – UNL - FIDL
Nous
refusons la réforme actuelle de la formation des enseignants et exigeons
d’autres choix
Les
conditions de formation et les modalités de recrutement des enseignants
actuellement en débat engagent l’avenir de notre système éducatif dans un
contexte de renouvellement important de la profession. Cette réforme intéresse
la société dans son ensemble : quels sont les besoins de notre système
éducatif, quelles sont les conditions d’exercice de métiers essentiels pour
l’avenir du pays mais aujourd’hui trop peu valorisés, quelles sont les besoins
des élèves et des jeunes, quelle sera la formation pédagogique de ceux qui
auront la responsabilité de former des millions de jeunes demain ? Enseignants,
étudiants, parents, élèves : nous sommes tous concernés !
Pourtant,
malgré l’importance de ce dossier qui constitue un véritable choix de société,
le gouvernement a fait le choix d’une réforme controversée et du passage en force.
Au lieu de profiter du report d’un an de l’application complète de la réforme
obtenu par la mobilisation de l’an dernier pour mettre en place une réelle
concertation destinée à l’élaboration d’une réforme partagée, Luc Châtel et
Valérie Pécresse ont rendu leurs derniers arbitrages contre l’avis de tous les
acteurs concernés (étudiants, lycéens, parents, enseignants,
enseignants-chercheurs, IUFM, universités…). Nous dénonçons l’absence de réelle
concertation et le mépris du dialogue social dont font preuve les ministres.
Nos
organisations jugent inacceptables en l’état les orientations présentées le 13
novembre dernier qui confirment la mise en place d’une réforme régressive pour
la formation des futurs enseignants et bouleverse l’organisation de l’offre de
master dans les universités. Ces orientations vont à l’encontre
d’une
démocratisation de l’accès aux métiers de l’enseignement et s’opposent à
l’amélioration de la qualité de la formation :
- la
formation professionnelle des futurs enseignants est réduite à portion congrue
alors qu’elle nécessiterait d’être renforcée afin de préparer les futurs
enseignants à la diversité des missions qui leur sont confiées. Des lauréats au
concours peuvent se retrouver devant des élèves sans avoir bénéficié de stages
ni de formation professionnelle.
-
l’articulation proposée entre concours et masters va non seulement rendre
ingérable l’année de master 2 pour les étudiants (qui devront mener de front
préparation des épreuves, mémoires de recherche, validation du master et
éventuellement stage en responsabilité), mais elle s’oppose également à
l’élévation du niveau de qualification en rendant impossible toute formation
professionnelle et disciplinaire pendant l’année de M2
- les IUFM
sont cantonnés à l’éventuel encadrement des stages alors qu’ils constituent une
composante essentielle de l’université au rôle, à l’expertise et aux
compétences avérées, sur la formation initiale et continue des enseignants
- aucun
dispositif ambitieux d’accompagnement financier des étudiants n’est mis en
place pour compenser l’allongement de la durée des études et le décalage du
concours, écartant ainsi de nombreux étudiants issus des catégories sociales
les moins favorisées de ces métiers.
Les
organisations signataires exigent la remise à plat de la réforme impliquant le
retrait des décrets concernant la formation des enseignants et des textes
d’application déjà publiés et l’ouverture indispensable de réelles
négociations. Elles revendiquent la mise en place d’une réforme de la formation
des enseignants qui réponde aux besoins du système éducatif et permette une
véritable formation professionnelle des futurs enseignants. En conséquence, elles demandent :
- une réelle
amélioration de la formation de tous les enseignants et la reconnaissance de
celle-ci par l’obtention d’un master
- de revenir
sur la place des épreuves d’admissibilité au cours du cursus actuellement
prévue par la réforme afin de garantir une place des futurs concours compatible
avec la conception de masters de qualité intégrant les dimensions
disciplinaires et professionnelles nécessaires à l’exercice du métier et
permettant la réussite des étudiants et une réelle réorientation de ceux ayant
échoués aux concours.
- une
évolution du contenu des épreuves des concours fixées nationalement en
concertation avec les organisations représentatives permettant d’évaluer les
futurs enseignants sur l’ensemble de leurs compétences disciplinaires et
professionnelles indispensables à leur métier
- un
recrutement des futurs enseignants au même niveau pour tous les concours (PE,
CPE, PLP, CAPET, CAPES, CAPEPS)
- un cadrage
national des masters dits « intégrés » garantissant l’articulation entre une
professionnalisation progressive et la formation disciplinaire, assortie d’une
carte nationale des formations garantissant l’égal accès de tous sur le
territoire à la préparation des concours. L’acquisition des compétences
professionnelles doit progressivement se renforcer avec l’avancée dans le
cursus universitaire.
- une année
de fonctionnaire stagiaire post-concours qui comporte au moins un mi-temps pour
la poursuite de la formation professionnelle
- des
garanties réelles sur le rôle, les fonctions et les moyens humains et
financiers des IUFM dans la formation initiale et continue des futurs
enseignants au sein des universités
- la mise en
place de dispositifs d’accompagnement financier renforcés et pérennes pour les
étudiants afin de garantir la mixité sociale du recrutement des futurs
enseignants
- des
modalités adaptées pour les candidats des PLP des disciplines professionnelles
et les non titulaires (VAE, cycle préparatoire…)
Face à une
situation qui semble aujourd’hui bloquée et à des arbitrages présentés comme
définitifs, nous affirmons notre détermination à imposer par l’action des choix
que le gouvernement nous refuse depuis 18 mois. Nous demandons que l’année
scolaire en cours ne soit pas à nouveau gâchée par des bricolages successifs
mais permette l’ouverture de réelles négociations. Si de profondes inflexions
ne sont pas rapidement apportées au projet de réforme, le gouvernement prépare
les conditions d'une situation explosive dans les universités et les
établissements scolaires lors de la mise en oeuvre de la réforme à la rentrée
2010.
Parce
qu’enseigner est un métier qui s’apprend, les organisations signataires
appellent à une journée nationale de mobilisation mardi 15 décembre dans
l’enseignement primaire, secondaire et supérieur (notamment dans les IUFM)
pouvant se traduire par des initiatives de grèves, des rassemblements, des
assemblées générales de débat, des manifestations, afin de dénoncer le projet
régressif du gouvernement pour la formation des enseignants et d’exiger une
réforme répondant aux besoins du système éducatif, permettant une vraie
formation professionnelle et garantissant une réelle élévation de la formation
des futurs enseignants conforme aux attentes de la société.
REVALORISATION
La
FSU et ses syndicats écrivent
au
ministre de l’éducation nationale
FSU
– SNEP/FSU - SNES/FSU - SNUIPP/FSU – SNUEP/FSU
Les
Lilas le 3 décembre 2009
Monsieur le
Ministre,
Nous tenons à vous faire part de
notre position commune concernant la poursuite des discussions sur la
revalorisation salariale.
Nous nous
situons bien évidemment dans l'exigence d'une revalorisation qui concerne
l'ensemble des personnels de l'Education Nationale.
S’agissant plus particulièrement des
discussions que vous avez ouvertes concernant les personnels enseignants, nous vous
rappelons notre demande d'un ensemble de mesures qui permettent des avancées à
la totalité d'entre eux. Cela nécessite une planification dont la durée et le
contenu peuvent être discutés mais il ne nous serait pas possible de porter une
appréciation sur des mesures isolées sans avoir une vision d'ensemble.
C'est pour cela que nous souhaitons
que la discussion porte bien sur un projet cohérent qui affiche de façon
lisible toutes ses finalités.
Nous souhaitons de façon complémentaire
disposer en temps utile de documents préparatoires aux discussions permettant
l'indispensable lisibilité de vos propositions.
Nous vous demandons en conséquence
que la prochaine réunion que vous organiserez prenne en compte ces demandes qui
sont pour nous des conditions à une véritable concertation.
Nous vous prions de croire, Monsieur
le Ministre, en l'expression de nos sentiments respectueux.
INTERVENTION DE LA FSU (RENE PASINI)
AU C.S.E. du 12 NOVEMBRE 2009
VERS
LA DISPARITION DE LA CERTIFICATION INTERMEDIAIRE ?
Cette courte intervention sera relative à
l’ordre du jour de cette séance du Conseil Supérieur de l’Education. La majorité des points sont relatifs à
l’examen des programmes d’enseignement général pour la préparation des
certificats d’aptitude professionnelle. Ils s’appliquent indifféremment aux
sections de préparation en deux années ainsi qu’à la préparation des
validations dans le cadre de la certification intermédiaire lorsque le CAP été
retenue par la Commission Professionnelle consultative, ce qui ne sera pas sans
poser de véritables problèmes au niveau des établissements scolaires et des
personnels.
Cette certification intermédiaire a été
abandonnée pour les sections de préparation au baccalauréat professionnel par
la voie de l’apprentissage, ce qui montre bien les objectifs, à terme,
recherchés.
En ce qui concerne les contenus des
programmes, nous reconnaissons que la commission des lycées du mercredi 4 novembre
a pu travailler convenablement. Le débat a été large, chacun a pu développer
ses analyses et nous constatons qu’un certains nombre d’amendements ont été
repris.
Cependant cela ne règle rien au niveau du
déroulement des apprentissages des disciplines. Même si les programmes ont été
définis au regard des programmes des baccalauréats professionnels, ils ne
règlent en rien les difficultés que rencontrent et rencontreront les
professeurs des lycées professionnels. Ces difficultés existeront au niveau des
classes de CAP implantées ainsi qu’au sein des sections de baccalauréat
professionnel tant au niveau de l’organisation des enseignements que de
l’organisation des validations. Les enseignants sont actuellement très inquiets
face aux conséquences de ce que vous appelez la « rénovation » de la
voie professionnelle. La rentrée 2009 à montré les conséquences, avec de
nombreux élèves non affectés en baccalauréat professionnel et avec la mise en
place de classes de seconde dont l’hétérogénéité a été croissante.
Certes nous n’allons pas dans cette séance
aborder les finalités de cette réforme, mais nous vous demandons fermement de
prendre en compte les élèves qui ont et auront besoin de quatre années pour
obtenir un baccalauréat professionnel. Oui, il faut revenir rapidement à cette
possibilité dans l’intérêt des élèves qui sont confiés au système éducatif.
Oui, il est nécessaire d’apporter rapidement des mesures correctives. Et
surtout, que l’on ne me réponde pas que ces quatre années existent avec deux
années de CAP et une entrée en classe de première.
En ce qui concerne la mise en œuvre des
programmes de CAP présentés à cette séance, il est important de définir des
méthodologies pour l’existant. Les Professeurs de lycée professionnel doivent
maintenant gérer les programmes des baccalauréats professionnels, les
programmes de la certification intermédiaire, les validations par Contrôle en
Cours de Formation, l’hétérogénéité, les périodes de formation en entreprises
et bien plus.
Il faut donc définir des outils, le pire
serait de ne rien proposer aux équipes pédagogiques. D’ailleurs un membre du
Conseil a employé, il y a quelques minutes, le terme « d’abandon ».
Je profite de cette intervention pour
rappeler que nous avons demandé la tenue d’un large débat sur le CCF et que la
DGESCO à répondu favorablement. Merci de nous indiquer les modalités de ce
débat.
Il est regrettable qu’une réforme dogmatique
et unilatérale entraîne pour la voie professionnelle de telles incidences.
Faire de bons programmes est une chose, se pencher
sur les méthodes d’acquisitions des connaissances générales et professionnelles
des élèves en est une autre.
L’enseignement professionnel initial c’est
l’affaire du service public laïque d’enseignement et donc de l’Ecole de la
République.
Santé des personnels
Amiante : dans l’éducation nationale aussi !
Après un retard très important
pour reconnaître que l’amiante était un
problème majeur qu’il fallait prendre à bras le corps, l’Education Nationale
a depuis 3 ans pris des mesures pour
qu’une information soit faite auprès des personnels. Mais il a fallu de
longs mois, et la détermination des organisations syndicales, pour qu’une
brochure informative sur l’amiante soit élaborée puis diffusée dans les écoles
et les établissements d’enseignement,
sans que l’on soit certain encore aujourd’hui que tous les personnels en aient bien été destinataires.
Les représentants du personnel en
Comité Central Hygiène et Sécurité, au premier rang desquels la FSU, ont
ensuite bataillé pour qu’une enquête d’exposition soit menée auprès de
l’ensemble des personnels : la demande
que nous avons portée était que tous les personnels puissent être destinataires
de cette enquête avant leur départ en retraite.
Le choix gouvernemental a été de
cibler les personnes « à risque »en raison de leur profession et lieu de
travail, et de laisser aux autres la responsabilité de remplir d’eux mêmes un
questionnaire sur les sites académiques. Nous le regrettons car nous savons que
des collègues non répertoriés « à risque » ont été victimes de l’amiante et en
subissent aujourd’hui les conséquences.
Aujourd’hui, les premiers
résultats pour l’enquête menée auprès des personnels nés en 1949 ou avant,
montre la gravité de la situation. Les réponses donnent un peu plus de 2% d’expositions fortes et
près de 7% d’expositions intermédiaires: ce sont plusieurs centaines de collègues qui vont devoir être
suivis, et le ministère organise maintenant le suivi des personnes concernées.
Pour autant les collègues en exposition faible ne doivent pas être négligés.
Les enquêtes vont se
poursuivre pour les personnels
nés en 1950, 1951 etc. donc pendant des
années. Cela suppose une organisation rigoureuse et des personnels : il
faut faire vite !
Le scandale de l‘amiante n’a pas
fini de faire parler de lui ! La FSU exige qu’une information plus offensive et
plus dynamique soit faite afin que tous
les personnels soient bien informés, et que tous les collègues puissent remplir
les questionnaires avant de partir en retraite. Elle exige qu’une recherche
soit faite pour les personnels déjà partis en retraite et qui n’ont pu être
suivis. Pour la FSU, minimiser les chiffres reviendrait à évacuer le problème et « oublier » les
collègues qui sont victimes de l’amiante, quel que soit leur nombre.
Les personnels de l'éducation,
qui subissent de plein fouet
les risques psychosociaux et les
TMS, peuvent être aussi des victimes de l'amiante. Leur employeur doit
leur accorder toute l’attention, le temps et les moyens nécessaires. Dans
l'enseignement supérieur (qui n'est pas concerné par ce recensement) l'amiante
est également présente dans de nombreux établissements des années 60, ce qui a
conduit au long chantier non achevé de Jussieu et à des décès de collègues dus
à l'amiante.
La FSU rappelle qu’elle vient de signer l’accord
sur la santé et la sécurité au travail
et qu’elle entend bien le faire respecter. Cet accord contient un projet de
suivi post-professionnel pour les risques différés qu’il convient de traduire
rapidement dans les actes.
Identité
nationale
Une
initiative politicienne ?
Au moment même où le gouvernement multiple les
gestes de rejet envers les immigrés, on ne peut que craindre que le lancement
du débat sur l’identité nationale ne soit une initiative à visées politiciennes
qui revienne « à utiliser » de toutes pièces une « identité
nationale » fantasmée, prétexte à stigmatiser et exclure davantage et soit
bien loin de la richesse, la complexité et les contradictions des valeurs et
des pratiques qui ont forgé notre histoire.
Si débat, il doit y avoir, c’est d’abord sur
le « vivre ensemble ». Cela implique une politique qui se donne comme
objectif de rendre effective non pas l’égalité des chances mais bien l’égalité
des droits, un développement des solidarités et des services publics, l’inverse
de la politique gouvernementale.
Refusant de s’inscrire dans le débat inquiétant
initié par le gouvernement, c’est le débat du « vivre ensemble » que
la FSU veut contribuer à mettre en lumière.
Elle prendra contact dans ce sens avec les
autres organisations syndicales, les associations d’Education Populaire, les
organisations de défense des droits de l’homme avec qui elle travaille
régulièrement.
Texte
adopté par le bureau de la FSU (BDFN) le 16 novembre 2009
FICHAGE
Mobilisation
contre les nouveaux fichiers « EDVIGE »
Les
fortes mobilisations de l’année dernière avaient obligé le gouvernement à
reculer sur son projet de fichage (EDVIGE). Il le passe en force aujourd’hui en
évitant le vote parlementaire et en créant par décret des fichiers de police
(JO du 18/10/2009).
Signez
la pétition en ligne contre les nouveaux fichiers « EDVIGE » :
Réformes tous azimuts
CPE…
Une expérience sans suite ?
Le
métier de conseiller principal d’éducation est dans l’académie de Créteil (ou
bien dans certaines académies) au centre des préoccupations. Les CPE pourraient
se réjouir d’être ainsi sous le feu des projecteurs…
Mais
que cache cette attention particulière de notre chère administration ?
Car
plus on évoque les problèmes de vie scolaire : absentéisme, échec
scolaire, violence, motivation des élèves, déscolarisation … Bizarrement moins
on parle du rôle du conseiller principal d’éducation…
Que nous propose-t-on ? De l’expérimentation
et de l’innovation, sans concertation bien sûr car les réponses sont si
évidentes…
Ainsi depuis l’an dernier, nous voyons sortir
du chapeau magique :
Les médiateurs de réussite scolaire,
l’internat d’excellence de Sourdin, des équipes mobiles de sécurité, des
équipes mobiles éducatives, le projet « incitation collective »
cagnotte attribuée à la classe alimentée ou réduite selon le comportement des
élèves (assiduité, respect travail) …
En
fait, nous assistons à une précarisation croissante des personnels de vie
scolaire,
qui entraîne l’instabilité des équipes,
ce qui n’est pas compatible avec un suivi efficace des élèves.
Mais
nous constatons également une remise en cause de plus en plus fréquente sur le
terrain des obligations de service des CPE. Ce qui traduit souvent une
divergence de fond avec les chefs d’établissement sur le sens de notre métier:
le temps de travail (35 h hebdomadaires effectives inscrites dans l’emploi du
temps sur la totalité de l’année scolaire soit sur 36 semaines), le rôle du CPE
au conseil d’administration, la présence au conseil de classe, les permanences
de sécurité, les services de vacances, le temps de service à l’internat, les
astreintes, les logements de fonction, le temps de repas ; les temps de
pause…
Nous remarquons l’utilisation du passage à la
hors-classe, pour favoriser les promotions au mérite avec un corps d’inspection
commun avec celui des personnels de direction entre autres… Ainsi de plus en
plus de collègues partiront à la retraite sans pouvoir atteindre la
hors-classe…
Le
corps de CPE est devenu désormais déficitaire dans certaines académies, cette situation est
entretenue par la baisse régulière de postes au concours (200 l’an dernier pour
8930 inscrits). Pourtant les besoins en matière de suivi des élèves sont
énormes puisque chaque année 150 000 jeunes sortent du système scolaire
sans qualification. Actuellement dans l’académie de Créteil ont été recrutés 86
CPE contractuels (44 exercent en Seine St Denis…), et dans de nombreux
établissements la dotation est insuffisante…
Ces
différentes mesures n’ont qu’une seule explication préparer les évolutions
souhaitées…
Il est tout de même étonnant que dans ce
contexte de restrictions budgétaires l’expérimentation bénéficie de moyens très
importants comme c’est le cas dans plusieurs académies : Nantes, Rouen,
Créteil ? Ces fonds dans la plupart
des cas, détail intéressant ne proviennent pas de notre ministère mais grande
subtilité du Haut commissariat à la jeunesse (cf. livre vert de M. Hirch) …
Mise en place en catimini dans le cadre de la
modernisation de l’état en 2007, la RGPP (Révision Générale des Politiques
Publiques) prévoit de faire disparaître 600 corps de la fonction publique (de
800 à 200) en regroupant un certain nombre de fonctions, en transformant les
métiers… La plus grande vigilance est de rigueur.
Dans ce
contexte l’expérimentation « innovante » du référent des études de
l’académie de Créteil s’identifie à un ballon d’essai d’une prochaine remise en
cause directe du statut de CPE. Cette expérimentation explique une note
officieuse « contribuera à l’ajustement des méthodes de travail et la
définition du référentiel de compétences de cette nouvelle fonction »
Il faut noter que dans le cadre de la réforme
dite de « mastérisation », qu’il n’existe toujours pas de
référentiel de formation pour les CPE !!! Quid également de formation
continue !!!
Car il est tout de même curieux de constater
dans le même temps l’existence d’une nouvelle fiche métier (RIME P 188) :
celle de responsable de l’accompagnement des élèves, des étudiants et … des
apprentis. Un « assistant » du chef d’établissement qui absorbe la
fonction d’adjoint, de CPE, de COP, MGI, réduisant abusivement l’animation
éducative à la portion congrue. Et cela essentiellement pour des raisons
budgétaires et non une pour améliorer le suivi des élèves. Voici donc le retour
du Surgé des temps modernes…
La
déréglementation s’instaure ainsi sous couvert d’expérimentation, car celle-ci permet
de dessaisir les personnels et les instances paritaires de tous pouvoirs sur
l’évolution de leurs métiers et sur les missions de l’école. C’est pourquoi
elle est tant « chérie » par notre administration académique. Le
dialogue social si souvent prôné, se transforme trop souvent à un monologue
institutionnel. Une remise en cause insidieuse du paritarisme et de la
représentation syndicale se met en place avec notamment la communication du
projet de mouvement. Dommage, car les élus que nous sommes sont porteurs de vos
idées pour un service public de qualité.
Que penser également de la loi 2009-972 du 3
août 2009, JO du 6 août 2009, relative à la mobilité et aux parcours
professionnels dans la fonction publique… Qui ouvre notamment la porte au
recours à l’intérim par les « personnes morales de droit public »
(article 21)…
Alors, quelles valeurs souhaitons nous
défendre, quelle politique éducative soutenir, quel concours en 2011, pour quel
métier ? Pour valoriser la notion d’éducation afin qu’elle soit une notion
centrale de la politique éducative dans les établissements scolaires et
réclamer la création d’un corps d’inspection spécifique. Devons nous accepter
cette casse méthodique du service public oh non pardon ! Plutôt sa
« modernisation » au frais des usagers et de personnels !!!
Décidément
l’actualité, nous interpelle, nous presse à réagir et à nous engager car si un
toilettage de la circulaire de 1982 (relative
à l’ensemble des responsabilités exercées par le CPE) est souhaitable dans
un souci de clarification du « positionnement » attendu, il doit
être, de notre point de vue, encore plus nettement ancré dans l’équipe
pédagogique. Notre métier de CPE qui est
né après les mouvements sociaux de 1968 ne doit pas être qu’une simple
expérience sans suite.
Patrice Mendy
CPE, syndiqué au SNUEP-FSU