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Paris, le 29 mars 2010
Communiqué de presse de la
FSU du 23 mars 2010
23 mars : mobilisation
réussie !
Aujourd'hui, partout en France, les manifestations ont rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes. Cette forte mobilisation des salariés du public et du privé confirme, sous une autre forme après les élections, l'inquiétude et la colère face aux politiques conduites et réformes aujourd'hui engagées. Le gouvernement doit entendre cette contestation unitaire et inverser le cap. Le changement de quelques ministres ne constitue pas un changement de politique et les salariés attendent maintenant que d'autres réponses soient apportées.
Les conséquences de la crise économique et financière sur l'emploi sont importantes (chômage, précarité...) dramatiques même pour les chômeurs en fin de droit. Pour faire face aux inégalités et aux besoins croissants, la société d'aujourd'hui exige que l'on donne des moyens aux services publics leur permettant d'exercer toutes leurs missions afin de répondre aux besoins de tous sur l'ensemble du territoire. L'État employeur doit montrer l'exemple en renonçant au dogme de la suppression d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, en engageant un plan de titularisation des personnels précaires qui sont près de 800 000 aujourd'hui sur l'ensemble de la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires.
Le gouvernement doit également sans tarder mettre en œuvre des mesures notamment salariales, permettant d'améliorer le pouvoir d'achat de tous les personnels.
Quand à la réforme des retraites, les personnels ont rappelé avec force qu'ils ne la laisseraient pas s'engager sur la voie de nouvelles dégradations. Pour la FSU, il s’agit de répondre aux revendications des salariés pour obtenir pour tous une retraite à taux plein sans remise en cause de l’âge de départ ni de la durée des cotisations selon des modalités propres aux différents régimes.
Le maintien du niveau de vie des salariés au moment où ils cessent leur activité nécessite d'accroître les moyens de financement des régimes de retraite et de privilégier des politiques favorables à l’emploi et aux salaires.
Les organisations syndicales
doivent se retrouver le 30 mars prochain. La FSU défendra lors de cette
rencontre la nécessité d'une nouvelle mobilisation, dans un cadre le plus
unitaire possible, et permettant d'amplifier le 23 mars.
Le
CIC d’aujourd’hui doit notamment donner son avis sur les textes définissant les
nouvelles modalités d’évaluation du nouveau BAC PRO 3 ans. Ces textes sont les
derniers qui sont soumis à avis et doivent ainsi conclure la réforme de la voie
professionnelle. Cette réforme, nous le savons, a été avant tout pensée dans un
cadre de restrictions budgétaires pour l’EN (suppression d’un fonctionnaire sur
deux). Elle a pour objectif d’affaiblir le service public de la formation
initiale afin de mieux le mettre en concurrence avec d’autres voies de
certification dans le cadre de la formation tout au long de la vie. Volonté
encore réaffirmée par la circulaire de rentrée 2010.
Elle
a aussi pour objectif la transformation des contenus des formations traduisant
le glissement progressif de la formation à un métier, vers une formation à
l’employabilité, glissement aussi vers des compétences qui mettent l’accent sur
les savoir-faire et savoir-être en évacuant de plus en plus les savoirs. Voilà
comment faire « réussir » plus l’élève avec moins de formation. Ceci
aura forcement des conséquences sur le niveau réel de qualification des élèves
qui sortiront avec le nouveau BAC PRO 3 ans.
Loin de permettre
à l’ensemble des jeunes d’accéder aux lycées, les réformes engagées sur les
lycées et ces trois voies de formation abandonnent une partie de la jeunesse.
Ainsi, les jeunes les plus éloignés de la culture scolaire, généralement issus
des milieux les plus modestes, sont renvoyés vers un hypothétique contrat de
travail (apprentissage ou professionnalisation). Cette logique -devrai-je dire
idéologie- sous-tend l’ensemble de ces réformes et permet au ministère de
l’Education nationale de ne plus prendre en charge la difficulté scolaire et de
la sous-traiter en transférant une partie de ces missions sur aux régions.
La FSU, loin de
cette conception inégalitaire et injuste, s’oppose fermement à la mise en place
de ce tri social. Elle a réaffirmé ses mandats lors de son dernier congrès à
Lille et défendra son projet avec force : une formation complète de
l’homme et du citoyen pour tous les jeunes et une vraie démocratisation de
l’accès du lycée qui passe par un allongement de la scolarité obligatoire à 18
ans.
La FSU rappelle
donc qu’elle est toujours fermement opposée à la réforme de la voie
professionnelle qui a des conséquences négatives, déjà bien visible, sur la
qualité de la formation dispensée aux élèves de lycées professionnels. Pour les mêmes raisons, elle s’oppose à la
réforme du lycée qui s’inscrit dans ces mêmes orientations.
La suppression des
formations de BEP en 2 ans et donc la généralisation du cycle en 3 ans a des
conséquences à la fois sur les contenus de formation, sur les moyens dont les
enseignants disposent pour mettre en œuvre ces formations ainsi que sur leurs
évaluations.
Ces nouvelles évaluations
sont pour nous bien en lien avec l’ensemble de ces orientations que nous
dénonçons une fois de plus ici. Ainsi, les textes qui sont présentés lors de ce
CIC proposent que la quasi-totalité des épreuves soient évaluées en contrôle en
cours de formation (CCF). A maintes reprises, la FSU a demandé qu’un bilan de
la mise en place des CCF dans l’évaluation des diplômes de la voie
professionnelle soit réalisé. Dès la rentrée 2009, le ministère s’était engagé
à ouvrir un débat sur ce dossier. Mais force est de constater, une fois encore
qu’il n’a pas tenu ses engagements puisqu’il propose de généraliser ce
dispositif sans en avoir auparavant effectué un bilan !
Après le CAP,
entièrement évalué en CCF, puis le BEP maintenant validé par l’obtention de
quelques unités en CCF (conséquence de la réforme du Bac Pro 3 ans), le
ministère s’attaque aujourd’hui à l’évaluation du Baccalauréat Professionnel.
La FSU rappelle que la généralisation des CCF aura de
graves conséquences sur la valeur des diplômes de la voie professionnelle. Elle
transformera des diplômes nationaux en diplômes « maison », dont la
valeur variera selon l’établissement d’obtention. Ainsi, l’évaluation du
contenu des référentiels est renvoyée au niveau local sans aucune garantie
d’harmonisation du niveau d’exigence. De plus, le CCF ne garantit pas
l’impartialité de l’évaluation puisque l’enseignant, soumis à la pression d’une
hiérarchie souvent avide de résultats, est à la fois concepteur et correcteur
de cette épreuve pour ses propres élèves.
La multiplication
de ces CCF qui doivent être passés en 2nde, 1ère et Tle
Bac Pro a aussi des conséquences sur la conception et sur l’organisation du
travail alourdi des enseignants. Elle polarise dangereusement la mission des
enseignants sur le seul objectif de l’évaluation, souvent au détriment d’un
travail pédagogique de qualité.
Le FSU dénonce ce projet et réaffirme sa position
concernant les évaluations des CAP, BEP et Bac Pro, qui, pour une réelle équité
entre tous les élèves, doivent s’effectuer en épreuves ponctuelles cadrées de
façon nationale.
Pour la FSU
Jérôme Dammerey
Etats
généraux sur la sécurité à l’école
Le SNUEP-FSU écrit au Ministre
Monsieur
Le Ministre,
Le
SNUEP-FSU vous adresse sa contribution écrite dans le cadre de la préparation
des Etats généraux sur la sécurité à l’école.
Un contexte national que l’on surmédiatise
Si la loupe
médiatique semble être pour beaucoup dans l’amplification de faits graves qui
marquent l’opinion publique, il nous semble dangereux d’en profiter pour considérer
la situation comme explosive. Le plus souvent les phénomènes de violence
touchent peu d’établissements et sont complexes avec des typologies différentes
qui ne permettent pas de généraliser. Les monter en épingle ne peut que
stigmatiser encore certaines villes, quartiers ou établissements ! Nous
sommes donc vigilants et attentifs à la tenue en avril des Etats généraux de la
sécurité à l'école.
Le SNUEP-FSU
dément l’idée reçue selon laquelle globalement la violence scolaire aurait
augmenté. En revanche le SNUEP-FSU constate que 50 % des actes de violence sont
concentrés dans 10% des établissements et concernent principalement des LP et
des collèges de territoires en déshérence.
Le SNUEP-FSU
réaffirme que les phénomènes de violence ont des causes multiples :
sociales, sociétales, politiques et que l’école est un révélateur et catalyseur
des maux de la société.
Une analyse qu’il faut mener
Dans
une économie libérale qui n’offre plus réellement de perspectives aux jeunes diplômés
quel que soit leur niveau, dans une logique de réduction de moyens tant en
termes de personnels que d’équipement dans nos établissements comme dans tous
les services publics, la stigmatisation de la violence contribue à occulter
l’absence de projet pour la jeunesse, et notamment pour celle qui passe par la
voie professionnelle initiale publique.
Quel effet du « tout
sécuritaire » ?
La seule solution
proposée aujourd’hui par les politiques est le tout sécuritaire. Le SNUEP-FSU
affirme que le problème de la violence ne sera pas résolu à coup d’annonces
médiatiques privilégiant l’installation de caméras de surveillance ou de
portiques de détection de métaux. Ce n’est malheureusement que l’arbre qui
cache la forêt… La vidéo-surveillance n’a jamais empêché les intrusions et les
dégradations.
Le malaise enseignant est beaucoup plus large et les
problématiques qui en découlent ne sauraient se résumer à la sécurité à
l’école. Le SNUEP-FSU revendique la réussite pour tou-te-s les élèves :
celle-ci ne peut se construire qu’avec des équipes éducatives soudées. Or la
politique de massacre de l’emploi public fait peser aujourd’hui au quotidien
sur le service public d’éducation de lourds sacrifices qui entraînent la
dégradation générale des conditions de travail et le délitement de
l’institution.
Le SNUEP-FSU pense
qu’il faut questionner ce qui se passe à l’école en interrogeant ce qui se
passe à l’extérieur pour bien comprendre qu’il est totalement impossible aux
enseignant-e-s de résoudre tous les problèmes qui leur sont renvoyés.
Sanctuariser et sécuriser les établissements est un vœu pieu : il n’est
pas possible de couper l’école du reste de la société.
Diminuer le nombre d’adultes ne peut être compensé par des
équipes mobiles, de passage après des faits de violence et sans implication
dans l’établissement. Aujourd’hui, les différents personnels vivent très mal
tous les actes d’incivilités qui sont pour eux une violence quotidienne et
répétitive tant dans les cours que dans les couloirs et perturbent gravement l’exercice
de leur métier.
Une politique de prévention
Pour
lutter contre les problèmes de violence scolaire, le SNUEP-FSU exige une
politique de prévention forte, une véritable politique de lutte contre l’échec
scolaire qui doit être coordonnée à toutes les étapes de la scolarité de
l’élève.
Dans
une société qui perd de ses pratiques collectives et voit croître une forte
individualisation, l’école doit rester un lieu où s’affirme le « faire
apprendre ensemble ». Retravailler les pratiques collectives au sein du
groupe-classe implique une formation sérieuse des enseignants au niveau
didactique, pédagogique, sociologique mais aussi un travail sur les programmes,
les contenus et l’organisation des formations du lycée. Les orientations
actuelles telles que l’individualisation des parcours et l’accompagnement
personnalisé ne vont pas dans ce sens.
Cette
politique de prévention doit se traduire par :
un plafonnement des
effectifs à 12 élèves maximum dans les disciplines professionnelles
des temps de travail
en groupes restreints dans l’enseignement général
l’augmentation, dans
les établissements, du nombre d’adultes formés
un temps dégagé dans
les services des enseignant-e-s destiné non seulement à la concertation
systématique des équipes pédagogiques et éducatives mais aussi à la
communication avec les familles, à l’écoute et au recadrage individuel des
élèves
le renforcement des
pôles de vie scolaire avec des CPE et des surveillant-e-s en nombre
un soutien sans
faille de l’administration pour protéger et soutenir les personnels victimes
d’agression.
Une
véritable politique d’orientation
Dans les académies l’orientation est
réalisée par une procédure d’affectation informatisée insatisfaisante. Le
SNUEP-FSU demande une évaluation de ce système informatisé d'orientation. En
effet, ce système a pour objectif final d’affecter tous les élèves dans une
classe quelle qu’elle soit, bien souvent au détriment du projet de l’élève, et
sans tenir compte de ses vœux géographiques. Cette orientation doit être
préparée et accompagnée, ce qui nécessite un service public de l’information et
de l’orientation maintenu et renforcé.
Une
valorisation de la voie professionnelle
Pour
lutter contre les problèmes de violence scolaire, une vraie revalorisation de
la voie professionnelle est nécessaire. Cela passe par :
une vraie exigence de niveau et une
revalorisation des diplômes et des métiers
la suppression du CCF
la mise en place institutionnelle de
groupes de soutien scolaire au sein des établissements
la pérennisation et le renforcement
de la MGI
la création d’autres structures
éducatives adaptées pouvant accueillir les élèves en rupture scolaire
une réelle offre de formation des
personnels sur cette problématique de la violence (à l’IUFM et en formation
continue).
Voici
les remarques sur quelques points qui nous paraissent essentiels. Elles
constituent une base fondamentale pour un réel travail de recherche sur les
phénomènes de violence des jeunes en milieu scolaire et pour la recherche de
solutions opérantes.
communiqué FSU du 26 mars
Le Ministre
du travail a présenté aujourd’hui l’agenda social de la Fonction
publique.
En lieu et
place d’une réflexion sur l’avenir de la Fonction publique prenant en compte
les besoins des personnels et des usagers, il a en fait présenté un bilan des
politiques menées bien éloigné du quotidien que vivent les agents et les
usagers et bien éloigné des revendications portées par les personnels lors de
la journée du 23 mars dernier !
Au-delà de la
proposition d’un agenda, les annonces faites aujourd’hui s’inscrivent dans la
continuité de la politique actuelle : aucune amélioration du niveau des
salaires et du pouvoir d’achat pour l’ensemble des fonctionnaires, aucune
remise en cause de la suppression d’un fonctionnaire sur deux, mise en œuvre de
mesures d’individualisation des carrières contre des mesures collectives…
Si le
Ministre a réaffirmé qu’aucune mesure n’était décidée, le calendrier sur la
réforme des retraites n’a pas été précisé entre la remise du rapport du COR à
la mi-avril et la loi prévue pour septembre.
En ce qui
concerne les agents non-titulaires, si le Ministre s’est engagé à un projet de
loi pour la fin de l’automne, il reste beaucoup d’incertitudes sur le volume et
les conditions de titularisation de ces personnels qui sont plus de
800 000 aujourd’hui dans la Fonction publique.
Pour la FSU,
la situation actuelle de la Fonction publique impose d’inverser la politique
menée. Elle a rappelé son exigence de l’arrêt des suppressions d’emploi et du
recours à la précarité, la nécessité d’améliorer les pensions et retraites de
tous, celle d’améliorer les salaires et le pouvoir d’achat de tous les agents
et son attachement à ce que la Fonction publique reste bien au service de
l’intérêt général en répondant aux besoins actuels de tous les usagers.
C’est en ce
sens que la FSU s’engagera sur les différents chantiers et dans les différentes
négociations ouvertes en y portant ses revendications et ses
propositions. Elle continuera pour cela de s’appuyer sur
les personnels et les mobilisations en cours dans l’unité la plus large.
Réforme des retraites – Communiqué FSU du 25 mars
Le COR A-T-IL PERDU L’ESPRIT (de ses travaux) ?
Au
cours de la séance du mercredi 24 mars, le Conseil d’Orientation des Retraites
a examiné différents scénarios concernant l’évolution des paramètres des
régimes de retraites.
Les
hypothèses réglementaires envisagées s’inscrivent dans des évolutions que la
FSU récuse totalement : allongement de la durée de cotisation pouvant aller à
45 annuités, report de l’âge d’ouverture des droits de 60 à 63 ans, voire 65
ans, passage de 65 à 70 ans pour le taux plein…
La
ficelle est un peu grosse, avec de telles hypothèses les propositions
gouvernementales apparaîtront comme des concessions.
Ces
hypothèses à sens unique ne peuvent conduire qu’à une baisse drastique du
niveau des pensions et à un renforcement des inégalités, pénalisant les
carrières courtes ou interrompues, en particulier celles des femmes. Elles
fragilisent de plus l’adhésion des jeunes générations au principe d’une
retraite par répartition car ces perspectives deviennent irréalistes pour
celles et ceux qui entre allongement des études, chômage et précarité, accèdent
de plus en plus tard à un emploi.
Le
report au-delà de 60 ans, et l’allongement de la durée de cotisation produiront
des dégâts collatéraux à la fois sur l’insertion des jeunes et sur l’emploi des
seniors, tout en menaçant gravement le niveau de pension servi, alors qu'il y a
déjà 10% de retraités « très pauvres » dans le pays !
Pour
la FSU, les besoins de financement et les exercices de projection doivent
intégrer les coûts sociaux que les mesures les plus extrémistes sont
susceptibles d’engendrer; sinon, l’exercice de projection sera totalement faussé.
Pour
la FSU, le COR ne doit faire l’objet d’aucune pression partisane émanant de
quelques-uns de ces membres. Il doit donc prendre en compte des scénarios plus
favorables, restant ainsi fidèle à l’esprit qui a présidé à sa création.
Pourquoi par exemple faire l’impasse sur une augmentation progressive du taux
de cotisation qui, dans le cadre d’une politique favorable à l’emploi et aux
salaires, pourrait conduire à l’équilibre des régimes ? Ce type d’hypothèse
réglementaire ne devrait pas être écarté a priori si le COR veut garantir la
neutralité de ses travaux.
La FSU s’opposera fermement à ce que
des scénarios déconnectés des réalités professionnelles servent de base à des
projections passant sous silence la baisse du niveau de pension qu’elles occasionnent.