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Paris, le 12 avril 2010
Etats généraux sur la sécurité à l’école – communiqué de presse du SNUEP-FSU du 8 avril 2010
Le ministre
n’écoute ni les personnels ni les chercheurs, ni ce qui ressort des débats des
Etats généraux
Convoqués à grand renfort de publicité médiatique, sous les
ors de
Durant toute la
journée du mercredi 7 avril, Eric Debarbieux a présenté, en tant que président,
les travaux réalisés par le Conseil scientifique depuis 1 mois, travaux qui
démontraient clairement que certaines solutions -comme la tolérance zéro ou les
portiques- n’avaient aucunement fait leurs preuves et que les
« incivilités » entrainaient un climat quotidien perçu comme
violent !
Si E. Debarbieux a
répété à l’envi qu’il avait toute son indépendance dans cette recherche, cette
indépendance n'a pas semblé gêner le ministre
qui savait déjà qu’il ne reprendrait pas l’immense majorité des conclusions !!
Les ateliers venant
compléter les confrontations entre institutionnels de plusieurs ministères
–très fortement représentés, à la différence des personnels et des divers
acteurs de l’Ecole- ont confirmé la
non-pertinence des mesures préconisées comme la vidéo-surveillance. La
restitution des débats issus des ateliers a été axée principalement sur
l'exigence de la formation initiale et continue des personnels, le besoin d'équipes
stables et des partenariats. Pour les institutionnels, la demande d’outils,
d’indicateurs, voire de protocoles et de communications entre les divers
ministères était forte mais n'a pas fait forcément consensus dans les ateliers.
Les conclusions et les constats n’ont en fait rien
apporté de nouveau,
du côté des ateliers comme du côté du ministre et certaines propositions
avancées sont déjà en œuvre ….
Le discours du ministre a été quant à lui sécuritaire pour
l’essentiel : doublement des équipes mobiles de sécurité, mise en place de
magistrats référents, responsabiliser les parents quitte à employer des
sanctions financières, accroitre les TIG… Par contre, rien sur les suppressions
de postes de personnels dans les écoles qui rendent les conditions de travail
difficiles. Et puis, au détour d’une phrase, la remise en cause du statut des
CPE via la création d’un préfet des études, ou encore l’annonce démagogique du
choix de leur équipe par les chefs d’établissement des 10% d’établissements les
plus difficiles !
Le SNUEP-FSU réaffirme qu’il est contre cette
déréglementation
mise en œuvre sous couvert de « sanctuarisation » des établissements,
qu’il souhaite un réel investissement qui passe par la formation, la mise en
place d’équipes éducatives soudées ayant des moyens et des temps de réflexion
inclus dans le service : cela ne passe pas par le dogme du « moins de
fonctionnaires ».
Le SNUEP-FSU
redemande une autre politique de réformes.
Aucun dispositif de formation spécifique
Depuis
l’annonce de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants, le
SNUEP-FSU n’a eu de cesse d’alerter le MEN et le MESR sur les problèmes
spécifiques que va engendrer la « masterisation » des PLP.
Ainsi, cela
fait maintenant plus de deux ans que nous demandons aux ministères concernés
d’engager une réelle concertation sur la « masterisation » des PLP
dans le but d’améliorer leur formation et de permettre à tous d’accéder à une
élévation du niveau de qualification.
La
plupart des disciplines (disciplines d’enseignement général et disciplines
« technologiques ») peuvent être intégrées dans le dispositif prévu
par les ministères, mais de nombreuses disciplines professionnelles
(disciplines « métiers ») ne possèdent pas de master, et quelques
unes n’ont qu’un diplôme de niveau IV (Bac ou Brevet professionnel). Bien que
ces disciplines bénéficient d’un régime dérogatoire pour leur recrutement (les
candidats peuvent passer le concours sans avoir le master), aucun texte actuel
ne garantit une formation spécifique, ni pour la préparation au concours, ni
pendant l’année de fonctionnaire stagiaire.
Jeudi
dernier, le SNUEP-FSU a participé à un groupe de travail « PLP » sur
l’arrêté portant sur le cahier de la charge de la formation des enseignants. Il
a fait part au ministère de ses inquiétudes envers la reforme qui aura des
effets catastrophiques sur le recrutement et la formation des PLP. Le ministère
n’a répondu à aucune de nos préoccupations !
À
l’heure actuelle aucune formation avant concours n’est envisagée au sein des
universités pour ces disciplines « métiers ». Les universités
devraient s’appuyer sur l’expérience acquise par les IUFM dans ce domaine, mais
ceux-ci en auront-ils encore la possibilité quand le ministère se refuse à
réaffirmer le rôle central des IUFM dans la formation des enseignants ?
Pire,
le ministère envisage de placer les professeurs stagiaires en totale
responsabilité sans réelle formation. Les trois ou quatre semaines prévues ne
permettront pas aux professeurs stagiaires de développer les compétences
attendues pour assurer l’ensemble de leurs missions.
Le
SNUEP-FSU rappelle qu’«Enseigner est un métier qui s’apprend ».Il
ne suffit pas d’être un bon professionnel pour être un bon enseignant !
Le SNUEP-FSU demande l’abandon de la réforme
et une remise à plat de celle-ci, afin de permettre une réelle amélioration de
la formation des enseignants qui passe par :
- Une élévation de la qualification tant
disciplinaire que professionnelle de tous les PLP.
- Pour les stagiaires, une décharge de 2/3 de
l’obligation réglementaire de service, qui permettrait une réelle alternance
théorie-pratique.
- Un cadrage national des masters et la mise
en place d’une carte des formations qui permettent la préparation de tous les
concours.
- Une pérennisation
des cycles préparatoires
qui permettaient aux professionnels d’accéder au métier d’enseignant.
- Une réelle politique de pré recrutement
pour assurer une vraie démocratisation de nos professions.
- Le développement
de master adapté aux métiers d’enseignants en lycée professionnel dans les disciplines
générales et professionnelles.
Le
SNUEP-FSU réaffirme que ce n’est qu’à ces conditions là que la formation des
PLP se maintiendra : il en va de l’avenir de l’Enseignement Professionnel
Public !
Communiqué de l’intersyndicale du 1er avril 2010
SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, CGT, Educ'Action, SUD Education,
SNALC-CSEN, SNCL-FAEN et SNFOLC
Voie technologique : encore une réforme qui va
à l'encontre des personnels et de la réussite des élèves
Après
la réforme de la voie professionnelle, celle de la seconde générale et
technologique et celle de la voie générale, le ministre de l’Education
Nationale propose aujourd’hui au Conseil Supérieur de l’Education une réforme
des séries technologiques industrielles, de laboratoires et d’arts appliqués.
Pourtant,
les jeunes qui suivent ces formations sont attachés aux pédagogies qui y sont
développées et les enseignants se sont prononcés pour le maintien et le
développement de ces séries.
Après
le vote négatif du Comité Interprofessionnel Consultatif, le ministre doit
renoncer à ce projet de réforme et ouvrir la discussion sur de nouvelles bases
intégrant plus de démarches technologiques, plus de travail en groupes à
effectifs réduits en ateliers et laboratoires.
Les
organisations SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, CGT Educ’Action, SUD, SNALC,
SNCL et SN-FOLC n’acceptent pas ces
choix ministériels, inscrits dans la recherche de suppressions de postes et de
réduction de l’emploi public. Elles dénoncent l'atteinte portée à l'offre de
formation et la dégradation des conditions d'exercice des personnels.
Elles
appellent les personnels à poursuivre et amplifier la mobilisation dans les
établissements contre ce nouveau projet et contre les réformes de la voie
générale et professionnelle, de l’autonomie des établissements et contre les
conditions d’accueil des stagiaires lauréats des concours de recrutement.
Elle
est sous-tendue par les mêmes principes :
·
Diminution des horaires disciplinaires
(essentiellement dans les disciplines technologiques),
·
Imposition d’un tronc commun pour les
disciplines générales,
·
Mise à disposition des établissements
d’un volant d’heures globalisées pour les travaux pratiques, travaux dirigés et
travail en groupes restreints et choix de leur répartition par les conseils
pédagogiques,
·
Introduction de 2 heures
d’accompagnement personnalisé,
·
Réduction du taux d’encadrement.
Tout en affichant une rénovation de la
voie technologique, le projet, en fait, organise l’effacement de sa spécificité
et va forcer nombre d’enseignants à envisager des reconversions.
RETRAITES
Communiqué de presse fsu du 30 mars 2010
Pension + 0,9, gaz +9, 7... cherchez l'erreur !
L’annonce d’une
revalorisation des pensions de 0,9% au 1 er avril, montre que le gouvernement
n’entend tenir aucun compte du vote exprimé par les citoyens français les 14 et
21 mars ni des mobilisations des retraités du 24 février. Il programme
une nouvelle baisse du niveau de vie des retraités.
Le premier ministre a
indiqué la volonté présidentielle de poursuivre les «réformes» dans la même
orientation et sur les mêmes principes ressassés depuis des mois. Il n’est
envisagé de toucher ni au bouclier fiscal, ni aux exonérations fiscales sans
obligation de résultat en termes d’emploi, ni aux expatriations ou évasions
fiscales des entreprises ou des particuliers, encore moins de «moraliser» le
capitalisme.
Le gouvernement
décide d’amputer de 0,3% l’augmentation des pensions, sous prétexte de
trop perçu en 2009 au regard d’une inflation décrétée de 0,1%, alors que
12% des retraités, dont une majorité de femmes, connaissent une situation de
grande pauvreté et que beaucoup éprouvent de fortes difficultés pour «
vivre » décemment, comme l’ont bien montré de multiples reportages.
Cela
augure mal de son projet de loi sur les retraites. Les retraités savent que
leur combat est également celui des actifs, employés ou demandeurs d’emploi, et
ils participeront à leurs côtés aux luttes sociales nécessaires.
FAIRE
ENTENDRE LES EXIGENCES CITOYENNES SUR LES RETRAITES…
À l’initiative d’ATTAC et de COPERNIC,
un appel est en ligne sur le site http://www.exigences-citoyennes-retraites.net
Criminalisation de l’action syndicale
Un syndicaliste
relaxé : justice est enfin rendue
Cet
épilogue, qui met fin à plusieurs mois d'une longue bataille juridique signe l’échec
de la volonté de revanche qui a fait suite aux voeux de Nicolas Sarkozy au
monde de l'Éducation le 12 janvier 2009
à Saint Lô.
Suivant
un procès juste et équilibré, ce verdict qui conclut à l'innocence de Pascal
Besuelle est aussi une victoire contre l’arbitraire et le symptôme préoccupant
de criminalisation des acteurs du mouvement social et tout particulièrement des
syndicalistes.
Il conforte
CONSEIL SUPERIEUR DE L’EDUCATION du 11 mars –
COMMISSION DES LYCEES
INTERVENTIONS DE
Nous
devons aujourd’hui examiner un certain nombre de textes relatifs à la voie
professionnelle et tout particulièrement les décrets organisant la validation
disciplinaire aux baccalauréats professionnels. Ces derniers textes, mise à part celui relatif à l’enseignement
du Français et de l’Histoire Géographie, organise la validation par
Contrôle en Cours de Formation durant les années de formation.
Nous tenons en
préalable à rappeler notre opposition à cette unique forme de validation qui,
selon nous, met en péril la pertinence du diplôme professionnel et ne prend pas
en compte la nécessaire validation des savoirs que nous serions en droit
d’attendre. Nous vous avions déjà fait part de notre opposition au contrôle en
cours de formation pour les formations de la voie professionnelle car elles ne
donnaient aucune garantie au niveau des contenus validés, mais aussi au niveau
de l’organisation même des contrôles. A
plusieurs reprises
Nous
avons rappelé à maintes reprises que le CCF n’offrait pas toutes les garanties.
Comment peut-on ne
valider que ponctuellement certaines compétences sans une véritable validation des
savoirs généraux et professionnels ?
Comment peut-on
concevoir une validation relative à quelques points d’un programme alors que les
programmes de la voie professionnelle correspondent à un ensemble de savoirs
généraux et professionnels fondamentaux pour le métier ?
Nous
vous avions informés de notre profonde réserve sur l’organisation des épreuves
par les enseignants qui dispensaient les enseignements et sur le fait de ne
présenter un candidat que lorsqu’il était prêt à subir une validation, comme
cela figure dans certains arrêtés. Le
risque d’organiser des validations « maison » est donc pleinement
d’actualité. Il s’agit d’une remise en cause du diplôme national et d’une
certaine façon de la substitution des savoirs par quelques compétences
disciplinaires. Vous faites souvent la comparaison avec les enseignements
supérieurs thématiques qui expliquerait la transposition du dispositif. Il
s’agit selon nous d’une erreur, car
l’enseignement professionnel initial n’est pas organisé dans ce contexte et
participe à la formation première du citoyen. Inutile de vous dire que les
élèves ne sont pas comparables.
Je
mentionne rapidement la question de la notation des épreuves qui n’offre pas
toutes les garanties en matière d’équité.
Certes,
vous nous avez annoncé lors de
Nous avons
parfaitement conscience que le problème de l’évaluation en contrôle en cours de
formation n’a pas uniquement une approche hexagonale. Il s’agit d’un concept
dangereux développé dans un cadre plus large. Les compétences remplacent les
savoirs alors que ces deux concepts devraient être complémentaires surtout dans
l’enseignement professionnel. Sous le prétexte de ne plus vouloir sanctionner l’absence de connaissances
essentielles, vous nous demandez d’extraire les éléments positifs décelés lors
d’une épreuve et d’en faire l’essentiel de l’évaluation au détriment du reste
et surtout des résultats. Il s’agit d’une erreur majeure, cet aspect ne pouvant
se déconnecter d’une validation terminale et de la prise en compte du
travail de l’élève au cours de sa scolarité qui pourrait avoir une autre
approche plus valorisante.
Vous faites souvent un procès aux
épreuves dites « ponctuelles » qui existaient pour les CAP, les BEP
et les Baccalauréats professionnels avec pour argument qu’il s’agit d’épreuves
« couperet » et pointues ne portant que sur quelques savoirs et
quelques pratiques disciplinaires. La « ponctualité » d’une épreuve
n’est qu’une notion de temps. Dans ce cas l’évaluation n’est pas relative à
quelques savoirs comme cela est souvent affirmé. Nous nous sommes permis de
faire une analyse sur une épreuve de baccalauréat dite « ponctuelle »
de Mathématiques –Sciences Physiques depuis près de dix années en pointant les
thèmes abordés pour chaque épreuve. La conclusion est sans appel : les thèmes abordés sont plus divers, plus
riches et plus nombreux que lors d’une épreuve en Contrôle en Cours de
formation.
Nous
avons examiné avec la plus grande attention les textes présentés à cette séance.
La mise en place du CCF semble plus précise au niveau de l’organisation des
épreuves. Vous avez souhaité apporter des précisions complémentaires.
Reconnaissez-vous
l’insuffisance des dispositions antérieures ?
Cela
renforce notre argumentation sur les contenus et sur l’organisation du CCF qui
ne donnent actuellement pas satisfaction à la majorité des enseignants. Des
épreuves écrites existent ainsi que des épreuves orales. Pour certaines
disciplines, vous demandez à des candidats de présenter quelques thèmes
d’études qui seront alors évalués.
Doit-on comprendre
qu’un candidat pourrait se dispenser de suivre une partie de la formation dès
lors qu’il considère que ses prestations ont été positives ?
Nous
avons déjà le cas de telles situations.
Devons nous croire
que le diplôme n’est alors qu’une formalité ?
J’aborderais
maintenant les difficultés
d’organisation du Contrôle en Cours de Formation. Vous demandez aux
enseignants de Lycée Professionnel d’organiser ces épreuves au cours de leurs
enseignements tant pour la certification intermédiaire que pour la
certification du Baccalauréat Professionnel. Ils seront placés devant les plus grandes difficultés
d’autant plus que le volume horaire par discipline est parfois plus que réduit.
Je prendrais à titre d’exemple l’enseignement de l’Art Appliqué et de
En conclusion, vous
comprendrez aisément les raisons qui nous motivent pour rejeter l’ensemble des
textes relatifs à la validation par contrôle en cours de formation.
Nous réitérons notre
demande de l’organisation d’un débat national sur la question avant l’examen de
ces textes afin que chacun puisse développer son argumentation. L’avenir de la
qualité des diplômes que nous délivrons en dépend.