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Paris, le 10 septembre 2010
Bureau National du 16 septembre 2010
Pour d’autres choix de
société, le 23 septembre et après !
Poursuivre et amplifier les
mobilisations !
La très forte mobilisation du 7 septembre
autour de la question des retraites est une réussite syndicale ! Près de 3
millions de manifestant-es sont descendus dans la rue pour dire leur refus de
l’allongement du temps de travail.
Après la réforme de 2003 déjà fortement
contestée, le gouvernement tente d’imposer une réforme encore plus inique dans
la continuité des précédentes.
Le gouvernement fait un choix de
société : celui de la baisse des pensions et du refus de taxer les profits
financiers.
Avec le
recul de l’âge de départ, il décide de taper sur :
- les jeunes générations,
- les carrières courtes (les précaires, les
femmes…),
- les carrières longues (les ouvriers,
employés…)…
Il
décide aussi d’attaquer les revenus des fonctionnaires :
- baisse des salaires (avec l’augmentation
des cotisations, soit environ une journée de salaire en moins chaque
mois !)
- destruction du revenu minimum garanti de la
fonction publique !
D’autres
choix de société sont possibles, le SNUEP-FSU affirme qu’une autre
répartition des richesses s’impose.
Le
SNUEP-FSU appelle
tous les personnels de LP, EREA, SEGPA à amplifier et poursuivre les
mobilisations par la grève et la manifestation.
Face à
un gouvernement affaibli, décrédibilisé, la prochaine journée de grève
interprofessionnelle du 23 septembre doit être l’occasion de frapper encore plus
fort que le 7. Elle doit ouvrir des perspectives unitaires pour impulser la
grève nationale interprofessionnelle reconduite jusqu’à la satisfaction de nos
revendications : le retrait du projet de loi, pour une vraie retraite à 60
ans à taux plein et sans décote pour toutes et tous, tenant compte de la
pénibilité, des années d’études et de chômage ou des carrières discontinues
liées aux enfants.
Le SNUEP-FSU revendique avec la FSU une
pension équivalente à 75% du dernier salaire, pour 37,5 annuités cotisées.
Le SNUEP-FSU appelle les personnels à se
réunir massivement en Assemblée Générale dans les meilleurs délais possibles
pour discuter des revendications, impulser les mobilisations, et décider
ensemble des actions à mener pour faire plier le gouvernement.
Préavis de grève
Afin de
permettre aux collègues qui souhaitent s’engager dans l’action et notamment la
reconduction de la grève,
le SNUEP-FSU
a déposé un préavis pour les jeudi 23 et vendredi 24 septembre.

Affiche prise en photo à la
manif
du 7 septembre 2010 à Paris
Bureau National du 16 septembre 2010
Politique de destruction du
service public d’éducation !
En cette rentrée
scolaire 2010, le ministère se félicite de sa politique éducative et annonce
que tout va pour le mieux ! La réalité est tout autre.
Ainsi, l’effet conjugué d’une politique budgétaire
qui lamine le système éducatif et la mise en place forcée de
« reformes » idéologiques, avant tout destinées à accompagner les
suppressions de postes, mettent le système éducatif sous très forte tension,
détériorant les conditions d’accueil des élèves ainsi que les conditions de
travail des enseignant-es.
Classes
« bourrelets »
La création des
classes dites « bourrelets », (l’accueil
dans une même classe d’élèves issus de seconde, déjà engagés dans le cycle du baccalauréat
professionnel en trois ans,
d’élèves achevant leur cycle de
BEP mais aussi d’élèves issus de seconde
générale ou encore de CAP), condamnées à la fermeture d’ici 2 ans, a pour
conséquence :
- la gestion d’une
hétérogénéité, encore jamais vue jusqu’à présent dans nos classes,
- l’affichage par
le ministère d’une augmentation du pourcentage d’études après le BEP lui
permettant de claironner la réussite de sa réforme,
- la fermeture des
classes de bac pro en 2 ans -les rectorats ayant préféré en finir rapidement
avec le cycle du baccalauréat professionnel en 2 ans- avec le regroupement de
l’ensemble des élèves dans les nouvelles classes de première, ceci bien sûr en
privilégiant les économies réalisées en dehors de toutes considérations
pédagogiques.
Les enjeux sont
ailleurs
La réforme a
profondément modifié l’offre de formation et, en supprimant les sections de
BEP, elle a laissé le CAP comme étant la seule possibilité d’études courtes
pour de nombreux jeunes qui ne veulent ou ne peuvent pas s’engager dans
l’immédiat vers le baccalauréat professionnel.
Ainsi, comme le
souligne le rapport de l’IGAEN du 8 juillet relatif à la préparation de la
rentrée scolaire, l’offre de formation
en CAP s’est fortement développée sous la pression de la communauté éducative
et des familles. Elle dépasse maintenant 40% dans de nombreuses académies. Ce
développement du CAP « tend à (le)
repositionner soit comme le premier
palier d’une formation en quatre ans, soit, plus probablement comme voie de
relégation pour beaucoup d’élèves ».
Cette tendance
risque d’avoir des conséquences négatives sur l’un des objectifs affichés par
la réforme en ne permettant pas d’augmenter l’accès de ces jeunes au niveau IV.
D’ailleurs, l’IGAEN constate que « le
passage de CAP vers la première professionnelle fait l’objet de constats
contrastés : peu optimistes dans certaines académies… ».
Le
SNUEP-FSU réaffirme que le CAP doit garder sa vocation à conduire certains jeunes à une
qualification de niveau V notamment ceux issus de l’enseignement adapté et
qu’il ne peut se substituer au BEP, n’ayant pas été conçu pour envisager des
poursuites d’études vers le baccalauréat professionnel.
Classes
passerelles : une orientation scolaire en voie de disparition
L’effectivité des passerelles est toujours
à prouver. Sur cette question, le SNUEP-FSU a toujours affirmé que la
disparition des BEP allait rendre difficile voire impossible l’accès à
certaines passerelles notamment vers la voie technologique (près de 15 % des
élèves de la voie professionnelle passent dans la voie technologique). Sur ce
point, les propos des inspecteurs généraux ne sont pas non plus
rassurants : « La majorité des
académies ont prévu de traiter les demandes au cas par cas dans le cadre de
procédure s déterminées, sans moyens
spécifiques et en fonction des places vacantes ! ».
Il est clair que
sans une réelle volonté politique et sans moyens spécifiques pour rendre ces
passerelles effectives, cette « reforme » va cloisonner la voie
professionnelle des autres voies du lycée et de nombreux jeunes orientés, ou
réorientés, en CAP ne pourront pas poursuivre leurs études au niveau du
baccalauréat professionnel.
Le SNUEP-FSU
réaffirme la nécessité d’instaurer des classes passerelles (professionnelles et
technologiques) qui répondent à notre ambition de l’élévation du niveau de
qualification des jeunes.
A propos de
l’Accompagnement Personnalisé
Cette mesure phare
du ministère mise en place dès la rentrée 2009 devait permettre à la fois de
gérer l’hétérogénéité engendrée par la réforme et de répondre individuellement
aux difficultés des élèves. Force est de
constater que ce dispositif n’a pas encore prouvé son efficacité. Après une
année de « transition », on ne peut pas dire que cet accompagnement a
été effectif pour chaque élève et les difficultés d’organisation persistent.
Le SNUEP-FSU
demande au ministère une évaluation rigoureuse de ce dispositif.
Dans ce contexte,
la formation continue des enseignant-es est un scandale. La problématique posée
par le ministère, à savoir : «comment faire réussir plus d’élèves avec
moins de temps de formation et des conditions d’enseignement dégradées »,
apparaît comme une équation insoluble pour de plus en plus de collègues. L’IG
elle-même dresse un tableau plutôt noir de la formation et de l’accompagnement
des collègues. Ils émettent des doutes
sur l’efficacité de certains dispositifs et reconnaissent que « ces dispositifs mis en place ont parfois
débouché sur la contemplation du vide ! »
Le SNUEP-FSU rappelle l’importance de
la formation continue des enseignant-es qui ne peuvent pas, comme c’est de plus
en plus le cas, porter seuls « les
reformes » décidées par le ministère !
Pour le SNUEP-FSU, « la réforme
de voie professionnelle » ne peut rester en l’état.
Dispositif
CLAIR :
mort programmée de
l’éducation prioritaire
Le SNUEP-FSU a pris
connaissance du BO du 22 juillet 2010 définissant les modalités de programme
d’expérimentation Collège Lycée Ambition Innovation Réussite. Cette
expérimentation fait suite aux Etats Généraux de la sécurité à l’école, elle
propose à pas moins de 105 établissements, désignés (dont 17 LP et 5 LPO) de
tester à grande échelle le futur fonctionnement des établissements au
niveau de la vie scolaire, de la
pédagogie et de la gestion des ressources humaines.
Le SNUEP-FSU dénonce ce dispositif dont
la généralisation va supprimer à terme l’éducation prioritaire (les ZEP, REP,
zone sensible) ce qui, pour les élèves de LP, constituera une régression
importante. Aucun moyen supplémentaire
n’est prévu !
Ce dispositif
tourne le dos à toute volonté de démocratisation en offrant un enseignement a
minima. L’objectif prioritaire de cette expérimentation est un bouleversement
de la gestion des ressources humaines car elle permet la mise en place de la
logique de l’évolution de carrière par contrat d’objectifs et des
« indemnités pour fonctions d’intérêt collectif ». Le SNUEP-FSU s’oppose fermement à cette vision
ultra-libérale de l’école et de la gestion des personnels basée sur
l’individualisation de la carrière et la compétitivité des personnels en dehors
de tout contrôle paritaire.
Le SNUEP-FSU s’oppose à la mise en place du programme
CLAIR et à toute initiative ministérielle conduisant à modifier la nature des
statuts des PLP et CPE. Le SNUEP-FSU appelle les collègues à signifier leur opposition
à la mise en place de ce dispositif lors des CA de présentation.
Réforme de la
formation des enseignants : un désastre !
Cette rentrée est
marquée aussi par l’arrivée des nouveaux lauréats aux concours issus de la
reforme de la masterisation. L’année 2010 devait être une année de transition
pour permettre son application effective à la rentrée 2011. Malgré une forte
opposition de l’ensemble des organisations syndicales, le ministère a réussi à
imposer ses choix idéologiques et budgétaires : jamais les conditions d’accueil
n’ont été aussi dégradées ! Ainsi, ces jeunes collègues titulaires d’un M1
sont placés en pleine responsabilité, la plupart du temps à 18 heures et devant
effectuer leur formation en dehors de leur temps de service.
Sur ce dossier, le SNUEP-FSU fera tout
pour aider les collègues confrontés à une situation inadmissible. Il demande au
ministère de tenir immédiatement compte de ce contexte dégradé pour la future
titularisation de ces enseignant-es !
Au niveau de la
formation en amont, le tableau n’est pas mieux : créations de Master
spécifique et préparations aux concours
quasi inexistantes pour les étudiant-es voulant devenir enseignant en lycée
professionnel. Sur ce point, le SNUEP-FSU, malheureusement avait prévu ce qui
est entrain de se passer.
Le SNUEP-FSU, constatant une réelle diminution des
inscriptions aux concours de la session 2011, demande un bilan de la carte des
formations et du nombre de candidats par discipline en regard des années
précédentes.
Le SNUEP-FSU, le
SNEP et le SNES ont d’ailleurs demandé la réouverture des inscriptions aux
concours des PLP et CPE. Le SNUEP-FSU continuera, avec sa fédération la FSU, à
demander la remise à plat de cette réforme pour une réelle amélioration du
recrutement et de la formation de tous les enseignant-es.
Conseil Consultatif Hygiène et Sécurité du 16 Septembre
Déclaration des organisations syndicales
CGT, FO, FSU, SGEN-CFDT, UNSA
Les représentants du personnel tiennent à
réaffirmer leur mécontentement devant le report du CCHS prévu en JUIN, dont ils
souhaitent connaître exactement les motivations. La situation dans l’éducation
nationale en ce qui concerne la santé et la sécurité au travail n’est pas si
bonne qu’on puisse considérer que les réunions prévues sont superflues. Le
report du CCHS entraîne un retard dans la diffusion du PAP et sa mise en oeuvre
dans les académies et départements.
Ce CCHS se tient dans un contexte social
particulièrement tendu.
Dans l’ Education Nationale, les suppressions
massives de postes dans toutes les
filières et les réformes à la hussarde, les modifications dans l’exercice et le
sens du métier induisent de grandes souffrances professionnelles chez nombre de
collègues. La réforme des retraites, dont nous demandons l'abandon, en
prolongeant l’activité jusqu’à 62 ans minimum
pèserait lourdement sur la santé
des personnels. Les personnels de l’éducation sont comme tous les fonctionnaires
traités avec mépris; et la manière dont sont traitées les mères de 3 enfants,
nombreuses dans ce ministère, illustre
bien cette pratique. L'entrée dans le
métier des jeunes collègues en est une
autre illustration. il s'agit de fait d'
une mise en danger grave de ces personnels, en raison des conditions d'exercice du métier
extrêmement dégradées. Des démissions précoces sont d'ailleurs déjà constatées. La tension,
constatée même par des inspecteurs généraux, est bien une réalité, que les organisations syndicales avaient déjà
dénoncée.
Nous souhaiterions par ailleurs que soit
présenté par madame la présidente du CCHS le pacte de carrière, dont nous avons
eu connaissance par la circulaire adressée aux recteurs, des indications
précises sur sa mise en oeuvre, ses modalités.
Nous souhaitons
également connaître le bilan de recrutement de médecins de prévention.