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Paris, le 3 mai 2011
Rentrée 2011
De l’ambition pour l’enseignement professionnel
public ?
La circulaire de
rentrée 2011 est en préparation. Dans ce texte, il y a peu de surprises : le gouvernement y définit
le cadre de la poursuite de sa casse globale du service public d’éducation, et
des lycées professionnels en particulier. Toutes les mesures affichées sont en
totale contradiction avec toute ambition pour l’éducation. C’est une politique
totalement irresponsable qui est menée, et qui sert à financer – à travers le
dogme du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite –
la réforme de l’impôt sur la fortune ou les politiques de l’injustice
salariale. Le ministère adapte les formations des élèves et nos métiers à ses
priorités budgétaires. Il en résulte une formidable dévalorisation de
l’enseignement professionnel public.
Avec les annonces
régulières de relance de l’apprentissage, à niveau V et IV, le gouvernement choisit pour la jeunesse la
formation au rabais plutôt qu’une politique éducative ambitieuse qui permette
aux jeunes de s’émanciper, de s’épanouir et de devenir des citoyens actifs et
critiques.
Avec la volonté de
mixer les publics – élèves sous statut
scolaires, apprentis et adultes en formation continue – le gouvernement
projette de réaliser de nouvelles économies… Mais les Régions ont publié un
communiqué dans lequel elles revendiquent les compétences pleines et entières
sur la formation professionnelle… Est-ce le glas pour l’enseignement
professionnel public dans le cadre de l’éducation nationale, et de ses
formations sous statut scolaire ?
Avec l’annonce du
gel des salaires pour 2012, le
gouvernement envoie un signal fort aux fonctionnaires en général, et aux PLP en
particulier : pour la deuxième année consécutive, nos salaires baisseront
de la valeur de l’inflation, soit de 2%. Pendant ce temps-là, les grandes
entreprises du CAC 40 distribuent aux actionnaires 40 milliards de leurs
82 milliards de bénéfices pour 2010.
C’est
dans ce contexte que s’est tenu le 4ème congrès du SNUEP-FSU, du 4
au 8 avril dernier. Les thèmes qui y ont été débattus font apparaître notre
organisation syndicale sous un jour offensif. Les mandats qui y ont été
renouvelés présentent pour l’enseignement professionnel public, pour nos
métiers, une grande ambition, à l’opposé des orientations gouvernementales et
des régions. Cette ambition, c’est tous ensemble qu’il faut la porter.
Retrouvez tous les
textes du IVème congrès
du SNUEP-FSU sur le
site internet du syndicat :
www.snuep.com
Les
services publics de la formation professionnelle initiale,
de
l’orientation et de l’emploi ne doivent pas être régionalisés
Communiqué FSU du 15 avril
L’Association des Régions de France (ARF)
vient de présenter à la presse son projet d’ « acte III de la
décentralisation ». Les Régions
souhaitent de nouvelles compétences : « un grand service public de
l’orientation, de l’emploi et de la formation professionnelle » et à ce
titre, obtenir la responsabilité de la carte des formations initiales
professionnelles à la place des autorités académiques. Pour l’orientation,
l’ARF reprend le néfaste schéma actuel en cours d’application, mais la Région
le dirigerait à la place de l’Etat. Pour l’Université, les Régions auraient une
compétence équivalente à celle qu’elles assument pour les lycées. Elles
plaident aussi pour la décentralisation de la politique de l’emploi. Enfin,
elles revendiquent un pouvoir normatif afin d’adapter la législation à leur
territoire.
La FSU exprime son désaccord avec un tel
projet au moment où le service public de la formation et de l’emploi sont
percutés par les actuelles politiques de l’Etat : RGPP, démantèlement du
service public d’éducation et d’orientation, situation faite à Pôle Emploi
après une fusion imposée et sans moyens pour exercer ses missions. Il est pour
le moins étrange de confondre la politique menée actuellement visant à privatiser
le service public avec ce que devrait être l'Etat. Un Etat qui doit se réformer
et se démocratiser, redevenir porteur de l’intérêt général et d’un nouveau
contrat social ambitieux dans une société plus juste et démocratique.
Par ailleurs la FSU est opposée à toute
nouvelle étape de décentralisation alors que les inégalités territoriales se
sont aggravées et qu'aucun mécanisme de péréquation financière digne de ce nom
n'a été mis en place.
La FSU a dénoncé la RGPP tout comme la
réforme des collectivités territoriales inspirées par la même politique de
destruction des services publics, de mise en concurrence des territoires
et des citoyens.
La FSU
demande un bilan de la décentralisation actuelle, de ses forces et de ses
faiblesses. Elle souhaite des évolutions permettant d’assurer plus d’égalité
sur le territoire et d’améliorer les articulations
Etat / décentralisation. Elle considère que les formations
professionnelles initiales comme les formations générales et technologiques
doivent rester de la responsabilité de l'Etat ainsi que ce qui concerne
l'orientation des lycéens. Elle s’opposera à cette régionalisation de la
formation professionnelle initiale, de l’orientation et de la politique de
l’emploi.
L’urgence aujourd’hui
n’est-elle pas plutôt de conduire un véritable débat démocratique, à
partir d’un réel bilan, sur une réforme progressiste de la décentralisation et
de la déconcentration favorisant le développement et l’amélioration du service
public en fixant clairement les responsabilités de l’Etat et des régions ?
La FSU continue d'impulser ce débat.
Politique
salariale
Il
faut changer de cap !
Communiqué FSU, le 19 avril 2011
Alors que les personnels attendaient du rendez-vous
salarial d'aujourd'hui des mesures permettant le rattrapage de leur perte de
pouvoir d'achat (9% depuis 2000) et une revalorisation du point d'indice, le Ministre F. Baroin a annoncé, pour la
deuxième année consécutive le gel des salaires des agents de la Fonction
publique et la poursuite de la politique indemnitaire et au mérite.
En intégrant toutes les promotions dans le
calcul de l’évolution du pouvoir d’achat des fonctionnaires, le ministre fait
de celles-ci non pas un élément d’amélioration de la rémunération mais un outil
pour éviter la transparence sur la question majeure de la perte de pouvoir
d’achat.
En refusant d’augmenter la valeur du point
d‘indice, le slogan « travailler plus pour gagner plus » se traduit
désormais par l'invitation à « travailler plus pour ne pas gagner
moins ».
Après la réforme des retraites et
l'augmentation des cotisations retraites (une journée par mois de salaires en
moins à terme), la RGPP et le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux
partant à la retraite, dégradant considérablement les conditions de travail des
agents, cette annonce va encore aggraver la baisse du pouvoir d'achat et
creuser les inégalités de salaires entre les hommes et les femmes (de 15 à 20%)
et entre les fonctions publiques, pénalisant les plus faibles catégories.
Le développement des heures supplémentaires,
les mesures d'individualisation des carrières, le salaire au mérite laissent
sur le bord de la route l'immense majorité des agents. Quant au non
remplacement d'un fonctionnaire sur deux il ne permet pas la revalorisation des
fonctionnaires pourtant promises par le Président. Cela ne constitue pas une
politique salariale juste. Ceci ne contribue pas non plus à rendre la Fonction
publique plus attractive !
La FSU estime cette situation inacceptable.
Il est urgent de changer de cap en matière de
politique salariale. Pour la FSU la Fonction publique reste fondée sur
l'intérêt général et en ce sens, la politique salariale doit être guidée par
l'égalité de traitement entre les agents C'est une question de justice et de
reconnaissance de leurs qualifications. Elle demande au gouvernement d'ouvrir
rapidement de réelles négociations permettant des mesures de revalorisation du
point d'indice et le rattrapage des pertes subies jusqu'ici.
Si la Fonction
publique a, selon nombre d'observateurs, servi « d'amortisseur
social » pendant la crise, l'augmentation
des salaires des agents de la Fonction publique est aujourd'hui une nécessité
et une reconnaissance de leur travail ainsi qu'un atout majeur pour la relance
économique.
Chefs
des travaux
Une
nouvelle circulaire pour de nouvelles missions
Une
nouvelle circulaire est parue au BO du 28 avril 2011 qui
abroge la circulaire n°91-306 du 21 novembre 1991 portant sur les chefs de
travaux des lycées techniques et des lycées professionnels. Circulaire
élaborée sans concertation avec les organisations syndicales représentatives,
et notamment le SNUEP…
Le temps de service et les missions des PLP CTX
(chefs des travaux) - qui travaillent actuellement 39 heures hebdomadaires -
n’avaient jamais été réévalués depuis 1991 alors que les tâches qui leur
échoient ont évolué et augmenté depuis plus de 10 ans : contact avec la
région, appel d’offre, responsabilité des stages, organisation des
certifications, impulsion, centralisation et remontée des projets
d’accompagnement personnalisé, production de documents professionnels et
surtout animation de nombreuses réunions qui génèrent une préparation
chronophage souvent en plus du temps au lycée…
Une première
analyse permet de relever quelques points
positifs
D’abord, la fonction du CTX est plus clairement expliquée que dans celle
de 1991 et prend mieux en compte les différents changements du
« métier ». Ensuite, la position du CTX dans le lycée
est mieux définie. Enfin, ses missions sont elles aussi bien définies
La
circulaire comporte aussi de nombreux points négatifs
1. Du fait de la fonction plus clairement
définie, on peut relever une augmentation des tâches qui incombent au CTX ;
2. Bien qu'il reste un enseignant à part
entière - et c'est tant mieux s’il n’est pas intégré directement dans le corps
de direction - ce nouveau positionnement l'amène pourtant
« doucement » vers le corps des personnels de direction sans en avoir
le titre avec une augmentation des responsabilités. On peut facilement imaginer
la disparition de la fonction de CTX qui pourrait devenir un « proviseur
adjoint technique » à terme.
3. Les missions qui lui sont dévolues sont en
augmentation et bien que la circulaire fasse référence au fait qu'il pourra
s'appuyer sur les services administratifs du lycée
où il exerce, aucun moyen supplémentaire n'apparaît dans la circulaire du 24
mars 2011.
4. En plus de la « gestion » des
collègues des domaines professionnels, apparaissent maintenant la coordination
et l'animation entre toutes les équipes pédagogiques (professionnelles,
technologiques et générales).
5. Une lettre de mission est définie, qui
pourrait être un moyen de pression forte du chef d'établissement puisque mise
au point par lui avec un IEN ou IPR. Dans cette lettre de mission - qui
permettra d'évaluer le CTX - pourra se trouver
ce que bon semble au proviseur.
6. La circulaire fait apparaître un
alourdissement de la charge de travail dans les quatre domaines spécifiés.
Aucune rémunération n'est prévue pour les heures que le CTX peut faire à l'extérieur ou à l'intérieur en
tant qu'intervenant (sauf à connaître les textes régissant les rémunérations de
ces actions).
7. Pour le recrutement, il sera « bien
vu » que le prétendant à la fonction de CTX ait :
• une connaissance de la comptabilité
publique. Est-ce à dire que ceux qui n'auraient pas cette connaissance seront
pénalisés ? Ou bien auront-ils une formation ?
• une connaissance d'une deuxième langue.
Qu’en sera-t-il donc pour les « anciens » qui ne connaissent pas de
deuxième langue ?
• une formation avant la prise de fonction.
Celle-ci était déjà prévue dans les anciens textes et très rarement appliquée,
sauf à comptabiliser les réunions avec les IEN ou les fournisseurs comme de la
formation.
LE SNUEP-FSU
REVENDIQUE
• une remise à plat, concertée
avec les organisations syndicales représentatives, des missions du chef des travaux et la
création de postes d’assistant de PLP CTX
• que le temps de travail des PLP CTX soit de 35 h
• que le CTX nommé en LP soit un PLP
• que les PLP CTX restent dans le corps des PLP
avec un temps de travail annuel de 36 semaines
• le remplacement de l’indemnité de responsabilité
par des points de NBI
Lu
au JO – Lu au BO
Au
JO du 13/04/2011
Création
du BEP « assistant perruquier posticheur » par l’arrêté du 28
mars 2011 qui en fixe les modalités de délivrance.
Création
du BP COIFFURE spécialité « coiffure » par l’arrêté du 28
mars 2011 qui en fixe les conditions de délivrance.
Au BO n°15 du 14/04/2011
Baccalauréat professionnel « Métiers du cuir », option
« chaussures » et option « maroquinerie » : modification des annexes II-b et II-c.
Dans l'annexe IIb « Règlement
d'examen », dans la ligne intitulée « Sous-épreuve E22 : Travaux
pratiques de sciences physiques », les mots : « Ponctuelle
écrite » sont remplacés par les mots « Ponctuelle pratique ».
Dans l'annexe IIc « Définition des
épreuves » , les mots : « Sous-épreuve E22 : mathématiques
et sciences physiques » sont remplacés par les mots :
« Sous-épreuve E22 : Travaux pratiques de sciences physiques ».
Lauréats du concours PLP : la note de service n° 2011-048 du 24/03/2011 réglemente l’affectation
en qualité de fonctionnaire stagiaire des lauréats des concours du second
degré.
Au
JO du 22/04/2011
Création
du BEP spécialité « industries graphiques » par l’arrêté du 7 avril 2011. Il modifie celui du
24 juillet 2009 et fixe ses modalités de délivrance.
Création
du Baccalauréat professionnel
spécialité « agencement de l'espace
architectural » par l’arrêté du 7 avril 2011 qui fixe ses modalités de
délivrance.
Formation
des enseignants
Les syndicats de la FSU : SNUEP SNES SNEP SNETAP SNPI
écrivent une lettre ouverte aux ministres
à Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche
Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale
Bruno Le Maire, Ministre de
l’Agriculture, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire
Paris, le 15 avril 2011
Madame la Ministre,
Messieurs les Ministres,
La réforme de la formation des maîtres a
produit dès cette année des effets désastreux immédiatement visibles :
dégradation des conditions d'entrée dans le métier des stagiaires, nouvelle
baisse importante du nombre de candidats présents aux concours, difficultés à
trouver des tuteurs, affaiblissement du potentiel de formation des IUFM … Ces
effets immédiats entraînent l’amplification d’un phénomène déjà inquiétant de
baisse d'attractivité des métiers de l'éducation, produit de l'insuffisance
chronique des recrutements depuis 2004 et de la dévalorisation des métiers.
L’absence de cadrage national, la désorganisation des cursus de formation au
niveau des masters, le manque d'articulation entre la préparation au concours
et celle du master, l'absence de cadrage national hypothèqueront gravement
l'avenir des futurs enseignants et CPE. C'est pourquoi le Gouvernement doit
mettre en œuvre une politique d'augmentation et de programmation des
recrutements, de pré-recrutements et, en tant qu'État employeur, de formation
professionnelle de ses personnels.
Il y a une double urgence : ne pas
laisser les choses se dégrader plus et poser les jalons d'une véritable
amélioration. Les déclarations récentes laissent plutôt penser qu'aucune de ces
deux urgences n'est prise en compte et la proposition de « master en
alternance » semble surtout guidée par le souci de constituer un vivier de
remplaçants à peu de frais plutôt que par des objectifs de formation.
Un tel constat nécessite d'aller au-delà de la
seule critique. Si la FSU demande le retrait de cette réforme, c'est bien pour
reconstruire une véritable formation professionnelle des enseignants et non
revenir à la situation antérieure ou procéder à des aménagements à la marge. Certaines
propositions sont à interroger sur le plan des conséquences qu’elles
entraînent : par exemple, notamment pour le second degré, le
positionnement de l’admissibilité en M1 risquerait d’entraîner un pilotage du
master par le concours, difficilement compatible avec la logique universitaire.
Il organiserait la sélection en particulier des futurs enseignants des
disciplines techniques, professionnelles, sportives et artistiques uniquement
sur des écrits. Et il ne règlerait pas les problèmes de gestion des flux
d’étudiants et de reconversion pour les étudiants collés à l’issu du concours
ou désireux de poursuivre en doctorat.
Les syndicats de la FSU soussignés rappellent
que l’idéal est une formation pensée sur un modèle « intégré » qui
prenne en compte les différentes dimensions (disciplinaires, didactiques,
pédagogiques, …) de manière progressive tout au long du cursus et qui soit
conçue selon un continuum de la licence à l'entrée dans le métier, puis avec la
formation continue ; mais ceci n’est possible qu’avec des étudiants
choisissant très tôt de préparer les concours de recrutement d’enseignants. On
ne peut exclure le cas d’étudiants le décidant tardivement, voire après le
Master ou par VAE. La proposition ci-après cherche à concilier l’ensemble des
parcours.
Nos préoccupations sont simples : avoir
des enseignants bien formés est un enjeu déterminant pour l'école et la société
tout entière. Former un professeur demande du temps. Cela impose de réfléchir à
un cursus progressif jusqu’à la première année de titulaire si l'on veut
construire une formation basée sur l’articulation des acquis disciplinaires et
professionnels. Nous faisons deux propositions essentielles dont une pour le
très court terme afin de ne pas sacrifier encore une génération d'étudiants (et
d'élèves au bout du compte) :
- sachant que les reçus aux concours de cette
année ne seront pas mieux formés que ceux de l'année précédente, il faut
rétablir immédiatement a minima la formation en IUFM pour 2/3 du temps en
alternance avec 1/3 de temps devant les élèves. Dispositif qui existait avant
la réforme.
- offrir aux néo-titulaires entrant en
fonction à la rentrée 2001 au moins un mi-temps leur permettant de compenser
les manques de cette année.
Diversifier les voies d'accès aux concours
Pour le plus long terme, nos propositions ont
l’ambition d'élever le niveau de qualification de tous les personnels
d'enseignement et d'éducation par l'obtention d'un master, sans décrochage
entre les différents degrés d’enseignement, tout en intégrant la réalité des
métiers, de prendre en compte les différences entre les disciplines, d'intégrer
dans le processus tous les enseignants de LP et de prendre en compte les
différents parcours des candidats. Pour relever ce défi, il est nécessaire de
dépasser les contradictions actuelles en sortant des cadres de pensée qui
considèrent qu'un système unique résoudra l'ensemble de ces préoccupations. La
qualification reconnue pour tous les enseignants doit demeurer la même :
celle du master. Cela implique le maintien de la même grille indiciaire pour
les professeurs des écoles, les certifiés, les PLP, les PEPS et les CPE.
Une première voie s’adresserait aux étudiantes
et étudiants qui font le choix des parcours préparant au métier d'enseignant
précocement dans leur cursus universitaire. Les deux autres voies seraient
offertes aux autres étudiants ou aux personnes en situation de reconversion.
Ces trois voies débouchent sur une même qualification et le pari que tous
doivent avoir en fin de cursus des compétences permettant d’exercer ce métier
de conception. Dans les trois cas, la place et les contenus de concours doivent
être revus.
La première voie reposerait sur un cursus progressivement professionnalisant dès la
Licence. Ce cursus serait suivi d'une entrée dans le métier avec l'équivalent
d'au moins un mi-temps consacré à la formation. Elle permet une réelle
formation intégrée qui articule au mieux formation scientifique et
professionnelle. Elle nécessite des pré-recrutements destinés à attirer les
jeunes vers le métier et/ou anticiper les flux et éviter les impasses et les
difficiles reconversions. Les pré-recrutements permettraient non seulement un
financement des études, mais aussi de constituer des viviers dans toutes les
disciplines, générales et professionnelles, réguler et orienter celles et ceux
qui souhaitent, tôt dans leur scolarité, devenir enseignant-es ou CPE. Ce qui
peut être actuellement vécu comme une dépense, dans une logique aveugle de
gestion des moyens, est en réalité un investissement pour l’avenir.
Pour l’étudiant, être pré-recruté le libère
non seulement de contraintes financières, mais le rend disponible pour assumer
une quantité de travail spécifique et exigeante, ce qui lui permet de suivre
les modules de préprofessionnalisation tout en acquérant les compétences et
savoirs spécifiques au master, permettant d’autres possibilités de débouchés
que le métier d’enseignant.
Ces pré-recrutements peuvent se faire à tout
niveau afin de permettre aux étudiants de milieu populaire de s’engager dans
les études. Suivant le niveau où ils ont lieu, le contenu des épreuves est
adapté.
Les modules de pré-professionnalisation,
obligatoires pour les étudiants pré-recrutés, devraient être accessibles à tous
tout au long du cursus.
Lors du concours commun aux deux premières
voies, les pré-recrutés pourraient bénéficier d’aménagements ou de dispenses
d’épreuves pour tenir compte de leur cursus professionnalisant.
La seconde voie serait destinée aux candidats déjà titulaires d'un Master au moment
des épreuves. Le concours doit tenir compte du fait qu’ils n’ont pas eu de
pré-professionnalisation. Suivent deux années en alternance réelle (pratique
accompagnée, puis responsabilité, didactique, connaissance du milieu…).
La troisième voie serait une voie de reconversion, par voie de VAE, avec un concours
spécifique. Cette voie pourrait s’adresser à celles et ceux qui ont déjà eu une
activité professionnelle, ou dans le cas de disciplines qui ne disposent pas de
cursus universitaire. Après le concours il y aurait, là aussi, deux années de
formation en alternant théorie et pratique.
Dans tous les cas, des préparations aux
concours doivent être organisées dans le cadre de l’université.
La recherche « en-sur-pour »
l’éducation doit permettre de faire un bond qualitatif
Il faut aujourd’hui un véritable plan de
rattrapage pour mieux éclairer les problématiques d'éducation et
d’enseignement. Comment dépasser les constats sur l’échec scolaire sans
irriguer la réflexion et l’aide aux choix stratégiques ? La recherche permet
le développement de savoirs sur les apprentissages et, diffusée auprès des
enseignants, constitue un levier de la réussite des élèves.
Une étape décisive doit être franchie, c'est
un des enjeux d'une réelle élévation de la qualification. Un bilan et
une mutualisation doivent précéder la mise en place systématique de réseaux
inter-universitaires et inter-composantes. Enfin l’Etat doit impulser de grands
projets nationaux qui articulent production scientifique et expérimentations de
terrain et s’appuient sur des équipes pluri-catégorielles.
Formation par la recherche
Reconnaître aux enseignants l’obligation
d’avoir un master implique la formation par la recherche. Il ne s’agit pas
simplement de prodiguer des enseignements sur les produits de la recherche ou
sur les méthodologies mais véritablement de confronter tout enseignant aux
exigences et à la rigueur de la production de connaissances, lui offrant ainsi,
outre une plus grande qualité professionnelle, la possibilité ultérieure d'une
formation continue fructueuse, formation qu'il s'agit d'offrir effectivement.
Dans le cadre de la formation continue, il
faut concevoir un plan spécifique de formation des tuteurs qui ont un rôle
déterminant dans la liaison Université/IUFM-terrain. Les maîtres formateurs du
premier degré doivent ainsi pouvoir accéder aux masters de formation de
formateurs par VAE ou dans le cadre de la préparation du CAFIPEMF.
Revoir les concours
Les concours actuels devront être revus. En
l’état, bâtis à la hâte et sans concertation suffisante, ils ne répondent pas
aux exigences et besoins du moment. L’alignement de tous sur 4 épreuves ne
correspond pas aux critères d’évaluation, ni sur le plan universitaire, ni par
rapport au métier à venir. Nous demandons de mettre en perspective leur évolution
après un véritable travail avec les formateurs, le recruteur et les
organisations professionnelles représentatives.
En conclusion, les syndicats SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU,
SNETAP-FSU, SNPI-FSU demandent de ne pas reproduire les erreurs des années passées,
sans vision politique globale des enjeux, et donc d’éviter tout bricolage qui
montrera vite ses limites. Nous voulons nous inscrire dans une temporalité plus
longue et plus sérieuse pour un sujet de cette importance. Le rôle et la
fonction de l’Université d’une part, et la formation des enseignants de demain,
qui formeront l’ensemble de la nation, méritent que l’on s’y attarde de façon
ambitieuse. A cet effet, nous réitérons notre demande d'une concertation
associant les différentes composantes intervenant dans la formation des maîtres
et les organisations syndicales représentatives.