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Paris, le
30 mai 2011
Rentrée 2011 –
Communiqué FSU du 27 mai
> La FSU met en
perspective une grève pour l’éducation dès septembre
Les conditions de scolarisation
des élèves et d'enseignement sont aujourd'hui intenables et inégalitaires. Et la prochaine rentrée scolaire s'annonce encore plus difficile !
Face à cela, les mobilisations se multiplient. La FSU les soutient et appelle à
les amplifier dès maintenant.
Considérant qu’une toute autre
politique éducative est indispensable, la FSU vient de
décider de poursuivre et renforcer sa campagne d'opinion et d'action pour une
autre logique budgétaire et d’autres réformes qui permettent une transformation
du système éducatif pour la réussite de tous.
La FSU
appelle à la réussite des diverses initiatives de ses syndicats et poursuit ses
« 500 débats pour l'Ecole » avec les parents, les jeunes et les élus
pour permettre une prise de conscience plus importante de l'ampleur des
attaques contre le service public d'éducation et débattre de ses propositions
pour l'Ecole.
Avec
l’objectif d’obtenir un collectif budgétaire dès la prochaine rentrée permettant de
revenir sur les suppressions de postes et une autre logique pour le prochain
budget, le développement et une transformation démocratique du système éducatif
autre que les réformes actuellement contestées, la FSU met en perspective le recours à la grève en septembre. En sus de la grève, la possibilité d’une
manifestation nationale peut également être étudiée.
Attachée à la construction d’un mouvement
unitaire pour l’éducation et la réussite de tous les jeunes, la FSU invite dès
à présent l'ensemble des fédérations de l'éducation pour en débattre.
Suppression de
postes - Communiqué FSU du 27 mai
>
Le Ministre empêtré dans ses contradictions ?
Tout en réaffirmant le non remplacement d’un
fonctionnaire sur deux partant à la retraite à l’éducation nationale, il
convient que ces suppressions de postes ne sont pas viables pour l’école
primaire.
C’est une première prise de conscience de la
situation faite pour la prochaine rentrée scolaire aux écoles au regard des
besoins et une reconnaissance du bien fondé des mobilisations des enseignants,
des parents et des élus.
Il
reste au ministre à élargir cette prise de conscience à la situation du collège
et des lycées,
par exemple au regard de la nécessaire élévation de la qualification de toute
une génération (avec maintien de l’objectif de 80 % d’une classe d’âge au
baccalauréat), de l’aide aux élèves en difficulté et de la lutte contre
les sorties du système éducatif sans diplôme ou qualification.
Le
sondage TNS Sofrès réalisé pour la FSU (avril 2011)
montre que 71 % des français estiment que le non remplacement d’un
fonctionnaire sur deux est une mauvaise chose.
Monsieur le ministre, à l’éducation nationale
comme dans d’autres ministères, c’est sur les suppressions d’emplois qu’il vous
faut revenir si vous voulez pouvoir répondre aux besoins et faire un service
public de qualité pour tous !
Les
mobilisations qui continuent de se multiplier montrent le rejet de la politique
éducative actuelle
tant sur le plan budgétaire que sur le fond des réformes.
C’est pour toutes ces raisons que la FSU
poursuit sa campagne pour l’école et met en perspective une grève pour
septembre, et propose d’en débattre avec les personnels et ses partenaires.
> REFUSONS COLLECTIVEMENT LES HEURES SUPPLÉMENTAIRES
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Les heures
supplémentaires tuent l’emploi
• Plus de 56 000 emplois ont été
supprimés dans l’Education Nationale entre 2008 et 2011, dont près de 28000
emplois d’enseignants du second degré
• 3
500 emplois l’ont été en 2008 parce que transformés en HSA sur la base du
« travailler plus pour gagner plus ».
• 6
000 emplois seraient supprimés à la rentrée 2012 par transformation en HSA,
sur les 10 000 suppressions prévues dans le second degré et dont la presse
s’est fait l’écho.
Les mobilisations contre les HSA ces dernières années
dans
nombre d’académies n’ont pas permis au gouvernement d’imposer le volume
d’heures supplémentaires qu’il avait prévu.
Pour la rentrée 2011, une nouvelle augmentation
significative du volume et du poids des HSA s’annonce.
Cette politique a des conséquences
• Baisse des postes au concours
• Remise en cause de la revalorisation
des rémunérations pour tou-tes
• Dégradation des conditions d’étude
pour les élèves et des conditions de travail pour les
personnels (alourdissement de la charge de travail, postes à cheval,
mesures de carte scolaire)
La
bataille contre les HSA reste d’actualité
> Ce que disent
les textes
• Une seule heure
supplémentaire peut être imposée à un-e enseignant-e en plus de son maximum de service
hebdomadaire. Au-delà, les heures supp’ sont
attribuées sur la base du volontariat.
• Le maximum de
service est individuel : les décharges éventuelles de service l’abaissent. Un-e professeur-e certifié-e ayant une heure de décharge pour la première
chaire a un maximum de 17 heures et doit donc accepter une 18ème heure si elle
est imposée. En revanche, il est en droit de refuser la 19ème heure.
• Il est impossible
de donner des HSA aux personnels qui bénéficient d’un temps partiel
L’organisation locale du refus collectif des
HSA est déterminante dans le bras de fer qui s’engage face au gouvernement, si
elle est engagée par une partie importante des enseignants. Elle constitue une modalité qui permet de
gripper le système.
Refusons
la multiplication des heures supplémentaires
• pour
faire en sorte que la rentrée ne se déroule pas dans les mauvaises conditions
que veut imposer le ministère
• pour
résister aux pressions que certains chefs d’établissement tenteront d’exercer
en mettant en évidence des heures de cours non assurées pour les élèves
• pour
obtenir le maintien et la création d’emplois
Le SNES-FSU, le
SNUEP-FSU, le SNEP-FSU
appellent donc les
collègues à refuser dès maintenant les HSA, notamment en s’y engageant par
écrit.
Etablissement :
_________________________________
POUR
NOS EMPLOIS ET NOS MÉTIERS
NON À LA MULTIPLICATION
DES HEURES SUPPLÉMENTAIRES
Nous nous engageons à refuser collectivement les heures
supplémentaires
La préparation de la rentrée 2011 dans notre
académie s’effectuera avec de nouvelles suppressions d’emplois d’enseignants,
alors que la France a le plus faible taux d’encadrement des élèves en Europe.
Le recours aux heures supplémentaires pour
compenser en partie les suppressions de postes et faire face aux besoins est
inacceptable.
Ce choix politique va entraîner de nouvelles
et insupportables dégradations des conditions d’étude pour les élèves et des
conditions de travail pour les personnels.
Parce que les heures supplémentaires c’est :
• la destruction de l’emploi public,
le développement de la précarité et des services partagés sur plusieurs
établissements
• un alourdissement de la charge de
travail
• la porte ouverte à l’augmentation
des maxima de service et à l’annualisation du temps de travail
• un prétexte pour ne pas augmenter
les salaires de tous les fonctionnaires
• un outil pour individualiser la
rémunération « à la tête du client »
Nous, enseignant-es dans l’établissement et attaché-es à la
qualité des conditions d’apprentissage de nos élèves, nous refuserons
d’effectuer des HSA au-delà de celle que nous ne pouvons refuser
réglementairement
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Echos des académies – en direct du
SNUEP-FSU Créteil
> Une victoire sur le front
du reclassement
Chaque
année, pour les lauréats de concours qui ont un passé professionnel important,
les opérations de reclassement sont toujours très compliquées. Beaucoup se
sentent spoliés par le résultat. Cela a été le cas d’une de nos collègues. En
effet, l’administration refusait de reprendre ses années d’exercice
professionnel, arguant du fait que son certificat de travail ne mentionnait pas
son statut de cadre. Alors qu’elle pouvait prétendre au 7e échelon,
la nouvelle titulaire n’était reclassée qu’au 4e ! Elle se
voyait donc doublement sanctionnée : elle démarrait sa carrière de
titulaire avec une ancienneté de service dérisoire et perdait 350 euros de
salaire mensuel.
Mais
c’était sans compter sur l’efficacité et l’opiniâtreté du SNUEP-FSU qui, depuis le mois
de décembre, a accompagné la collègue dans ses démarches de contestation et
plaidé ce dossier auprès du Rectorat. Le SNUEP-FSU a bataillé sans relâche pour
faire valoir les droits de son adhérente. Le dossier a fini par échoir au
service juridique du Rectorat qui a pris en compte les arguments du SNUEP-FSU
sur la définition de la notion d’encadrement. La collègue se félicite d’être syndiquée au SNUEP-FSU car elle est
aujourd’hui reclassée au 7e échelon et non plus au 4e
comme le prévoyait initialement l’administration.
Les
textes qui gèrent les conditions de reclassement des personnels figurent dans
le décret de 1951. Or, ces textes n’ont jamais été actualisés si bien que
chaque académie les adapte à sa façon aux évolutions universitaires et
professionnelles d’aujourd’hui. Cette absence de cadrage national permet à
l’administration de minorer bien souvent les droits des personnels en ne
prenant pas réellement en compte leur parcours de carrière d’autant plus que la
clause butoir du décret stipule que l’intéressé ne peut avoir une situation
plus favorable que celle qu’il détenait auparavant.
C’est pourquoi, le
SNUEP-FSU, qui ne lâche rien pour l’enseignement Professionnel Public, demande
la suppression de cette clause et la remise à plat du décret de 1951 afin
que les règles les plus avantageuses soient appliquées pour tous (mandat voté à
l’unanimité au congrès de Châtenay-Malabry).
Pétition
à l’appel du SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNASUB-FSU, SNUPDEN-FSU,
SNUipp-FSU, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN, SNETAA-FO, CGT-EDUC’ACTION, SUD EDUCATION,
SE-UNSA
> Non aux ECLAIR1,
oui à une vraie éducation prioritaire
Sans
bilan, le Ministère a procédé dès le début de l’année 2011 à l’extension du
label (E)CLAIR
imposé d’autorité à 105 établissements à la rentrée 2010 à la suite des États
Généraux de la Sécurité à l’école.
Érigeant le « climat scolaire » comme facteur
principal d’échec ou de réussite scolaire des élèves, le programme ECLAIR
représente à la fois un recentrage de l’éducation prioritaire sur un nombre
limité d’établissements à partir de critères discutables et un dévoiement
majeur du principe fondateur de « donner plus à ceux qui ont le moins ».
Instrumentalisant le « droit à
l’expérimentation » ouvert par l’article 34 de la loi Fillon, il vise à transformer ces établissements désignés
autoritairement en laboratoires de déréglementations tous azimuts qui
risquent d’être ensuite généralisées à l’ensemble du système éducatif.
L’avis
prépondérant des chefs d’établissement préparant un recrutement local sur
profil
des personnels (y compris les adjoints), des règles de mutation spécifiques (y
compris pour les personnels de direction) et l’attribution d’une lettre de
mission remettent en cause le statut des personnels, un des fondements du
service public, pour lui substituer la notion de contrat. Loin de favoriser la
stabilité des personnels, ces mesures en organisent la fuite ; faute de
volontaires, les postes restés vacants risquent de n’être occupés que par des
personnels précaires, et notamment des contractuels à qui une lettre de mission
peut faire espérer la reconduction d’un contrat sur 5 ans.
Le dispositif, en particulier par la création
de « préfets des études » à la fois responsables pédagogiques, éducatifs et
membres de la direction, est marqué par une confusion inacceptable des missions
des enseignants, CPE et COPsy. À cela s’ajoutent des inquiétudes sur le devenir
des enseignants référents et des secrétaires des comités exécutifs intervenant
dans les établissements et les écoles.
Il est
urgent de redonner de l’espoir à tous les élèves en difficultés scolaires et
sociales
en luttant contre tout ce qui pourrait les assigner à un destin tracé d’avance
et les stigmatiser. Il est urgent de centrer les efforts sur les apprentissages
en maintenant le même niveau d’exigence pour tous les élèves (et pas seulement
les plus « méritants ») et en soutenant ceux qui en ont besoin, dans
le cadre de programmes nationaux rénovés et d’horaires nationaux.
Les
signataires demandent l’abandon du programme (E)CLAIR. Ils exigent une
véritable relance de l’éducation prioritaire, avec des critères nationaux et
transparents pour définir la liste des établissements et des écoles qui en
relèvent, la volonté politique d’y améliorer à la fois les conditions d’étude
des élèves et les conditions de travail des personnels, au sein d’équipes pluriprofessionnelles complètes, et l’investissement des
moyens nécessaires en termes d’emplois, de rémunération et de formation des
personnels.
Signez la pétition : clairementnon.org
1 Écoles, Collèges, Lycées
pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite
Communiqué de presse du SNES-FSU,
SNEP-FSU, SNUEP-FSU et du SNUipp-FSU
> Livret personnel de
Compétences :
ASSEZ DE CE GRAND BAZAR !
Paris, le 25
mai 2011
Les
personnels des écoles élémentaires et des collèges, mais aussi des lycées
professionnels où sont implantées des classes de 3ème à découverte
professionnelle, expriment aujourd’hui leur « ras-le-bol » - dans un contexte
où la politique et les outils d’évaluation ont subi des transformations
importantes - face à la nouvelle obligation institutionnelle concernant la
validation des compétences du socle par le biais du Livret Personnel de
Compétences (LPC), à laquelle ils sont confrontés en cette fin d’année scolaire
et qui leur pose de véritables problèmes pédagogiques et éducatifs.
Dans les écoles élémentaires, les enseignants
renseignent déjà les livrets scolaires s’appuyant sur les compétences des
programmes et ne perçoivent pas d’intérêt pédagogique à renseigner, pour les
élèves de CE1 et de CM2, un livret supplémentaire sans utilité pour les élèves
et peu cohérent avec les outils déjà mis en œuvre. Les 46 items pour le CE1 et
les 110 pour le CM2 sont parfois flous et impossibles à remplir. La surcharge
de travail s’ajoute au manque de formation et d’accompagnement des enseignants
qui mettent l’accent sur leur besoin de temps et de travail en équipe.
Au
collège et au lycée professionnel, où l’attestation des 7 compétences du socle
constitue une condition sine qua non de l’obtention du DNB (diplôme national du
brevet), les personnels évaluent déjà les compétences des élèves quand elles
sont travaillées dans le cadre des programmes disciplinaires, mais ils sont
déroutés face à un livret qui ne peut pas être rempli sérieusement tant les 98
items qui le constituent sont flous, disparates et de niveaux divers, et tant
les exigences peuvent être différentes d’un établissement à l’autre. Ils ne
souhaitent pas s’engager dans une évaluation qui ne dit pas grand-chose du
niveau réel de leurs élèves.
C’est cette mascarade
d’évaluation déjà constatée pour le niveau A2 en langue vivante étrangère et le
B2i qui avait amené en janvier dernier le SNES, le SNEP et le SNUEP à demander
au ministre un moratoire sur la mise en place généralisée du LPC.
Les
personnels contestent par ailleurs une approche qui nie l’apport spécifique de
chaque discipline
à la construction et à l’acquisition de connaissances solides, qui prend le pas
sur les apprentissages et qui alourdit inutilement leur charge de travail.
À tous
les niveaux, les personnels refusent de se prêter à des attestations qui se transforment
en véritables « usines à cases ». Ils n’adhèrent pas à une approche
qui constitue d’autant moins une réponse aux difficultés des élèves face aux
apprentissages que ces difficultés seront amplifiées par la politique de réduction
systématique d’emplois dans l’éducation que poursuit le gouvernement.
Pour
toutes ces raisons, quatre syndicats de la FSU (SNES, SNEP, SNUEP et SNUIpp) demandent solennellement au Ministre de suspendre
l’entrée en vigueur du LPC. Ils demandent que l’on revienne à des principes
sérieux, cohérents et lisibles en matière d’évaluation des élèves.
Ils [ont exprimé] ces demandes lors de
l’audience au ministère le jeudi 26 mai à 12h00.
Communiqué de presse –
SNES-FSU – SNUEP-FSU
> L’histoire
des arts en 3ème : une irrésistible pagaille
Paris, le 25
mai 2011
Sans
attendre un bilan qualitatif de la première année d’expérimentation, le
ministère a généralisé l’enseignement et l’épreuve d’histoire des arts au
diplôme national du brevet (DNB).
Faute de véritable cadrage national de l’épreuve du
DNB, les enseignants ont passé des heures à tenter de se mettre d’accord sur le
nombre et la nature de thématiques à traiter dans l’année, les objectifs
d’évaluation, le niveau d’exigence requis, les connaissances et compétences
exigibles…
Le
renvoi à chaque établissement aboutit à une épreuve qui n’a rien de national
tant les modalités d’épreuve et les exigences attendues seront différentes d’un
collège à l’autre.
Une telle rupture
d’égalité de traitement des élèves est totalement inacceptable pour une épreuve
prise en compte dans l’obtention d’un diplôme national avec un coefficient 2,
comme pour chacune des 3 épreuves terminales du DNB (français, mathématiques et
histoire-géographie-éducation civique).
En
outre, nombre d’enseignants se retrouvent réquisitionnés pour faire partie du
jury alors qu’ils n’ont pas participé à l’enseignement d’histoire des arts.
Certains chefs d’établissement ne respectent pas l’obligation qui leur est
faite de constituer des binômes « comportant
au moins un professeur d’un enseignement artistique ou d’histoire » et
imposent des binômes sans enseignants spécialistes.
Là
où les épreuves se sont déjà déroulées, de nombreux enseignants nous écrivent
pour nous dire le désarroi qui a été le leur lorsqu’ils ont appris trois jours
avant les épreuves qu’ils faisaient partie du jury et qu’ils devraient évaluer
des élèves sur des thèmes d’étude ou
des œuvres qu’ils découvraient puisqu’ils n’avaient pas participé à
l’enseignement de l’histoire des arts.
L’histoire
des arts est une idée intéressante pour travailler en interdisciplinarité mais
nous contestons les conditions dans lesquelles le ministère a imposé à la fois
sa mise en place sans moyens pour la nécessaire concertation des équipes et sans
formation pour les personnels et son évaluation dans le cadre d’une épreuve
obligatoire non cadrée au DNB.
Le SNES, le SNEP et le SNUEP demandent
solennellement au ministre de supprimer cette épreuve et d’ouvrir des
discussions pour que l’enseignement d’histoire des arts donne lieu à une
évaluation plus pertinente des élèves, par exemple dans le cadre des
disciplines impliquées.
Ils demandent également qu’une réflexion
beaucoup plus globale soit menée sur l’interdisciplinarité afin qu’elle cesse
d’être pensée comme un ajout aux différents programmes pré-existants
mais, au contraire, qu’elle puisse s’appuyer sur des questionnements ou objets
d’étude traversant des programmes mieux conçus en complémentarité.
Concours et
recrutement des PLP
>
Le SNUEP-FSU demande à être reçu au ministère
Paris le 24 mai 2011
À Monsieur Philippe
SANTANA
Inspecteur d’académie
chargé de la sous
direction du recrutement
Direction générale du
recrutement
Monsieur l’Inspecteur d’académie,
Nous avons pris connaissance des ouvertures
et fermetures de concours. Sans présager du nombre de places non encore
communiqués, certaines fermetures de concours nous paraissent non pertinentes.
Ainsi, la fermeture du concours interne en vente est étonnante alors même qu’il
existe pour cette discipline de nombreux postes vacants occupés par des
contractuels.
Nous nous inquiétons également de la
fermeture pure et simple du recrutement en Génie Mécanique Construction :
cette discipline n’entre plus en tant que tel dans les grilles horaires de Bac
Pro, mais reste enseignée dans le cadre des enseignements professionnels et en
CAP, ce qui demande des connaissances et compétences spécifiques. Par ailleurs,
il ne faut pas tarir le recrutement pour la spécialité Bac Pro Etude et
Définition des Produits Industriels (EDPI).
Par ailleurs, le SNUEP-FSU regrette que le
MEN n’ait pas consulté les organisations représentatives, afin de vérifier la
pertinence des modifications d’épreuves dans le cadre de la reconnaissance des
acquis de l’expérience professionnelle (RAEP). Si l’on peut adhérer à l’idée de
tenir compte de l’expérience professionnelle des candidats, nous nous
interrogeons sur le devenir des 3ème concours et examens
professionnels qui remplissaient cette mission. Ce nouveau concept présente en
outre l’inconvénient de ne pas s’adresser à toutes les catégories de
non-titulaires, notamment les Assistants d’ÉDucation.
Le SNUEP-FSU demande toujours un moratoire
sur l’exigence des certificats CLES et C2I pour la titularisation des futur-es
PLP. En effet, cette exigence devrait s’accompagner d’une préparation spécifique
intégrée dans le contenu de formation des candidat-es se présentant aux
concours, ce qui n’est pas le cas actuellement. Cette situation crée de fait
pour nous une inégalité de traitement des candidat-es.
Nous avons déjà maintes fois alerté le MEN
sur l’absence de formation spécifique pour la préparation aux concours du
CAPLP, dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants. À l’heure
du bilan de cette première année, les craintes se sont confirmées. Les Masters
professionnels d’enseignement n’ont pas vu le jour notamment dans les
disciplines professionnelles. Les préparations aux concours qui devaient être
intégrées dans les maquettes de ces masters n’existent pas. De plus, les
préparations pour les disciplines qui ne peuvent pas s’adosser sur une UFR sont
renvoyées aux rectorats, aux corps d’inspection qui utilisent parfois la
formation continue, laquelle a vu ses moyens considérablement diminuer.
Ces nombreuses difficultés interrogent sur
l’avenir du recrutement de professeur de l’enseignement professionnel public.
Le nombre des candidat-es a déjà baissé de 50 %, ce qui ne peut qu’avoir
des répercussions négatives sur la quantité et la qualité du recrutement. Le
vivier n’est plus identifié, du fait entre autres raisons de l’absence de
pré-recrutements, et le risque est grand de voir les étudiant-es s’orienter par
défaut vers l’enseignement professionnel comme un certain nombre de leurs
futurs élèves !
Pour aborder l’ensemble de ces sujets, pour
lesquels il y a urgence à trouver des solutions, nous sollicitons une audience
auprès de vos services.
Dans l’attente d’une réponse de votre part,
nous vous prions d’agréer, Monsieur l’inspecteur d’académie, nos respectueuses salutations.
> LU AU BULLETIN OFFICIEL AU BO N°21 DU 26 MAI 2011
• Brevet de technicien «
Agencement », « Dessinateur en arts appliqués », « Dessinateur maquettiste », «
Métiers de la musique », « Vêtement (création et mesure) », calendriers des
épreuves et compléments à certaines définitions d'épreuves pour la session 2011
de l'examen, note de service n° 2011-074 du 10-5-2011
• Certificat d'aptitude professionnelle
« Métiers de la mode, vêtement tailleur » : création et conditions de
délivrance, arrêté du 8-4-2011 - J.O. du 28-4-2011
• Certificat d'aptitude professionnelle « Métiers de la mode, vêtement
flou » : création et conditions de délivrance, arrêté du 8-4-2011 - J.O. du
28-4-2011
Communiqué
de presse des SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SNPI-FSU et SNUpden
> Des masters en alternance pour former les enseignants ?
Une fausse bonne idée !
Les ministres de l'Éducation Nationale et de
l'Enseignement Supérieur, Luc CHATEL et Valérie PÉCRESSE, étaient attendus ce
matin à l'IUFM de Cergy-Pontoise, dans l'académie de Versailles. C'est en effet
cet IUFM qui devrait ouvrir, à la rentrée prochaine, un master en alternance
pour les étudiants se préparant aux métiers de l'enseignement. Depuis la
rentrée 2010, le SNES, le SNEP et le SNUEP n'ont cessé de dénoncer les effets
de la réforme de la formation des enseignants imposée par ces ministres, et les
conséquences désastreuses de la suppression de fait de l'année de stage après le
concours. L'ouverture de masters en alternance semble aujourd'hui la seule
piste explorée par Luc CHATEL et Valérie PÉCRESSE. Elle ne résoudra pourtant en
rien la crise majeur que connaissent aujourd'hui le recrutement et la formation
des enseignants et des conseillers principaux d'éducation.
Il ne s'agit en effet que de quelques
dizaines d'étudiants. A Versailles, dont le projet est le plus avancé et
concerne à la fois le premier et le second degré, « même si c'est
généralisé, nous ne pourrons pas accueillir tous les candidats ayant une
licence et qui voudraient préparer les concours », selon le directeur de
l'IUFM de l'université de Cergy-Pontoise Jean-Pierre Chevalier. Il y a pourtant
urgence à recruter les enseignants de demain : dans le second degré, un
enseignant sur six a entre 54 et 59 ans.
Depuis plus d'un an, Luc CHATEL se félicite
d'avoir accru la formation des enseignants... quand tout le monde sait que sa
réforme a permis la suppression d’une année de formation rémunérée et a sabordé
l'année de stage des enseignants et des CPE recrutés à l'été 2010, en les
jetant presque tous à temps plein devant les élèves. Les formations mises en
place sont venues en plus du travail, déjà énorme, de préparation. Que
proposent les masters en alternance ? De mettre encore plus tôt dans le
bain les étudiants préparant les concours : dès le M1, ils auront la
responsabilité pleine et entière de classes ! Le directeur de l'IUFM de
Cergy-Pontoise pointe lui-même le problème : les étudiants de ces masters
« auront moins de temps que les autres pour […] préparer » les concours.
Pour mieux former, il faudrait donner davantage de formation, et donc davantage
de temps aux étudiants. Ce sera le contraire !
Une lourde menace pèse aujourd'hui sur le
recrutement des enseignants et CPE : l'effondrement du nombre de
candidats, déjà remarquable à la session 2011. Cette tendance vient de
loin ; une très récente étude du Ministère pointe « la chute du
projet de devenir enseignant : il n’est plus partagé que par 12 % des
inscrits en licence, soit une baisse de 11 points par rapport à il y a six
ans ».[1] Quant à la nécessité
d'offrir aux étudiants issus des milieux populaires les moyens de se préparer
aux métiers de l'enseignement, il n'en est nullement question, et l'on ne
saurait mieux le dire que le directeur de l'IUFM de Cergy-Pontoise : «
l'alternance ne doit pas être conçue comme une mesure sociale[...]. Sans
compter que les étudiants les plus socialement défavorisés exercent souvent un
emploi salarié à temps plein [...] le montant du salaire perçu pour
l'alternance ne couvrira pas leurs besoins. »
Prévue dès le mois de juillet dernier,
l'expérimentation de master en alternance est aujourd'hui l'unique proposition
du Ministère de l'Éducation Nationale pour revenir sur les effets calamiteux de
la réforme de la formation des enseignants. En octobre, Luc CHATEL l'annonçait
au journal La Croix[2].
Et au Sénat le 26 avril dernier, c'était toujours la seule proposition qu'il
avait à faire. En bref, depuis plus de huit mois, Luc CHATEL répète les mêmes
annonces.
Pourquoi ? Parce qu'explorer n'importe
quelle autre piste reviendrait à invalider le postulat de départ, bien commode
en ces temps de casse volontaire de l'École publique : enseigner, ça ne
s'apprend pas. Le Ministre Luc CHATEL a beau prétendre que c’est « une
formation par la pratique professionnelle »[3],
dans ses masters en alternance, la pratique commence à haute dose dès avant le
recrutement laissant en fait peu de place à la formation. Il s’agit donc de
piètres masters. A très haute dose, en fait, puisque le Recteur de Versailles
annonçait en février que les étudiants seraient, dans le second degré, six
heures et deux jours par semaine devant les élèves. Six heures de cours, c'est
l'équivalent d'un tiers temps de certifié. Avec les préparations et les
corrections, cela ne laissera effectivement aux étudiants guère le temps de
préparer le concours...
C'est le plus cocasse de l'affaire. Luc
CHATEL plastronne en expliquant que le recrutement des professeurs au niveau du
master « représente un gage d’excellence académique ». Avec ses
masters en alternance, des étudiants titulaires d'une licence seront les
enseignants de plusieurs classes, toute l'année ! Mieux encore : le
Ministère a autorisé dans le cadre de ces masters, que des assistants
pédagogiques (titulaire d'un L2), puissent exercer leurs missions « auprès
de classes entières »[4].
Le Ministre cache mal le fait que ces missions, « soutien et
accompagnement pédagogique », glisseront rapidement vers le remplacement
au pied levé et pour finir l'enseignement.
Le recours aux non-titulaires dans la
Fonction Publique et dans l'Éducation Nationale est de plus en plus important.
Le déport de la formation des enseignants sur des masters en alternance le
systématise : avant d'espérer être recrutés comme titulaires après un
concours qu'ils auront bien du mal à préparer, les étudiants seront passés par
toutes les cases « précarité » de l'Éducation Nationale : le
CDD, comme assistant d'éducation ou assistant pédagogique (des contrats d'un
an, au mieux, désormais), et surtout la vacation, puisque c'est visiblement ce
que l'on promet aux étudiants de M1 et / ou M2 engagés dans les masters en
alternance. Tout ça, encore une fois, pour des salaires qui ne leur permettront
absolument pas de subvenir à leurs besoins.
Le SNES, le SNEP et le SNUEP continuent de demander la
remise à plat de la réforme. Ils revendiquent des masters qui intègrent
progressivement des stages, de la recherche et des contenus permettant la
réussite au concours. La formation doit se poursuivre pour 2/3 du temps dans
l’année de stages avec un service à tiers temps devant élèves. La mise en place
de réels pré-recrutements (avec un pré-concours) dès la licence sont la
condition nécessaire pour attirer des étudiants vers le métier d’enseignant,
sécuriser leur parcours et assurer de bonnes conditions d’études. La FSU
demande, comme le prévoit la loi, un plan pluriannuel de recrutement.
Paris, le 24 mai 2011

[1]
« Les bacheliers 2008 : Où en sont-ils à la rentrée 2009 ? », Note
d'information Enseignement Supérieur et Recherche 11.08, Mai 2011, page 8
[2]
La Croix, 18
octobre 2010
[3] Réponse à la question orale de Mme la Sénatrice GONTHIER-MAURIN, 26 avril 2011
[4]
Circulaire n°2010-102, BOEN du 22 juillet 2010