177

Paris, le 9 décembre
2011
> Texte action du BN du 1er
décembre
UNE POLITIQUE INACCEPTABLE

La crise a bon dos
La crise économique est avant tout celle qu'entretiennent
la finance, les marchés et les spéculateurs : c’est la crise du système
capitaliste qui ne vit que pour lui-même, niant les individus et les exploités.
Les résultats sont catastrophiques pour les citoyen-nes.
Le chômage s’accroît et les politiques menées ne servent qu’à préserver les
profits des actionnaires, à sauver les banques co-responsables de la situation
et à remettre en cause les acquis sociaux. Mais cette crise n’est pas la source
unique de tous nos maux. La nouvelle hausse du chômage porte le nombre de
chômeurs à des sommets jamais atteints depuis 1999. De même, le nombre de retraité-es pauvres est en constante augmentation. Ce sont
les signes de la faillite d’une politique globale menée par le gouvernement qui
présente aujourd’hui la note aux salarié-es.
Ce n’est pas aux salarié-es de
payer la crise
Les deux plans d’austérité annoncés par le gouvernement
visent à faire payer l’essentiel des effets de ses orientations politiques et
de la crise économique et financière aux salarié-es. Aujourd’hui, les
mesures que nous propose le gouvernement sont :
- la poursuite du gel
des salaires entamé en 2010, le décrochage du point d’indice par rapport à
l’inflation, -10 % de pouvoir d’achat en 5 ans, le maintien de salaires
inférieurs d’un tiers à la moyenne européenne ;
- l’augmentation des
cotisations retraites (retenue pour pension civile) pour les fonctionnaires,
soit au terme de la réforme l’équivalent d’un trentième en moins sur les fiches
de paie ;
- l’accélération de
la réforme des retraites avec raccourcissement d'un an du calendrier de mise en
place de la réforme des retraites portant l'âge légal du départ à la retraite à
62 ans ;
- la taxation des
mutuelles à hauteur d’1,5 milliard d’euros ;
- l’imposition d’une
à deux journées de délai de carence pour les congés maladie des fonctionnaires.
Soit une double-peine pour les collègues qui en plus d’être malades seront pénalisé-es financièrement.
- l’augmentation des
impôts avec le décrochage du seuil de relèvement du barème de l'impôt sur le
revenu du taux d'inflation, ce qui aura pour effet de faire basculer des
milliers de foyers fiscaux dans la première tranche et des milliers d'autres
dans la tranche supérieure.
Ces mesures accentuent encore les inégalités. Les efforts sont
portés essentiellement par les chômeurs, les salarié-es
et leurs familles qui subissent encore une fois et de plein fouet les
dispositions d’un gouvernement à la botte des marchés financiers qui ne visent
qu’à protéger les plus riches. En cassant les systèmes de protection sociale
solidaire et les services publics, le gouvernement s’attaque en premier lieu aux
plus précaires, certes, mais de plus en plus aux familles modestes, ainsi
qu’aux classes moyennes.
Les chômeurs et les salarié-es doivent réagir et exiger le retrait de ces
mesures régressives : d’autres solutions existent, en particulier une
meilleure répartition des richesses, mais aussi une autre politique économique réellement tournée vers l’emploi et le
pouvoir d’achat, une politique industrielle ambitieuse qui mette en valeur le
travail, avec des services publics de qualité et une protection sociale de haut
niveau.
Le SNUEP-FSU regrette
que l’interprofessionnelle (CGT-CDFT-UNSA-Solidaires-FSU-CFTC) n’ait pas pu
appeler à la grève le 13 décembre. Néanmoins, il appelle à participer aux
initiatives unitaires proposées par l’intersyndicale interprofessionnelle la 1ère
quinzaine de décembre et aux actions du 13 décembre 2011, première étape d’une
nécessaire mobilisation à la hauteur des enjeux.
Le SNUEP-FSU appelle à participer massivement au temps
fort de grève et de manifestation du 15 décembre, actions à l’initiative des
syndicats du 2nd degré de la FSU, pour le retrait du projet
d’évaluation des enseignants, pour l’avenir des LP et pour un véritable budget
ambitieux de l’Éducation nationale, et plus généralement pour riposter à
l’austérité.
Laïcité, droits et libertés
Pauvreté
et exclusion réduisent ou empêchent l'accès aux droits fondamentaux : logement,
santé, éducation. La crise s’accompagne aussi d’une montée de l’intolérance,
favorisée par les discours xénophobes du gouvernement. Des actes bafouent la
liberté d’expression et le constat est identique dans tous les pays européens.
La menace des nationalismes et des extrêmes droites est de plus en plus
présente et elle doit être dénoncée systématiquement.
La manifestation du 5 novembre contre les violences
faites aux femmes a été une réussite. Devant les reculs des droits des femmes,
les mobilisations restent une priorité.
Il est nécessaire aussi de ne pas relâcher la
vigilance en direction des jeunes « sans-papiers » et de leurs
familles, la mobilisation étant encore aujourd'hui leur meilleure
protection.
Il est
indispensable de réaffirmer, tant au niveau local que national, le principe de
laïcité fixé par la loi de 1905. L'initiative du ministère de l'Intérieur de
créer dans les départements des « commissions départementales de la
liberté religieuse » est inadmissible et nous rejetons cette disposition.
Limiter la laïcité à la question de la « liberté religieuse » est
réducteur et devient une provocation. En revanche, la création dans chaque
département de commissions dans le but de s'assurer du respect de l'ensemble
des règles fixées par la loi de 1905 serait une bonne disposition.
L’enseignement
professionnel sur la sellette
Le gouvernement poursuit sa politique dogmatique de
relance des formations sous contrat d’alternance. Celle-ci est
relayée par les régions à travers la signature des contrats d’objectifs et de
moyens (COM) sur l’apprentissage et les contrats-plans régionaux de la
formation professionnelle (CPRDFP). Ces contrats actent le développement
quantitatif au détriment de la qualité et des conditions de formation
d’apprentissage (loi Cherpion). Ces politiques
mettent en danger les formations sous statut scolaire qui voient leur offre de
formation diminuer et leur nombre d’élèves s’effondrer. Les suppressions
massives de postes et la relance de l’apprentissage viennent renforcer ce
constat.
L’Association des régions de France a demandé une
nouvelle étape de décentralisation (Acte III) afin d’avoir la pleine compétence
dans le domaine de l’orientation, la formation et l’emploi. Lors de son
congrès, l’ARF annonce une « refondation de la régionalisation ». À
travers elle, les régions entendent clarifier le couple État-région et
recentrer l’État sur ses fonctions régaliennes. Le président de l’ARF, Alain
Rousset, a une nouvelle fois plaidé pour un service public régional de
l’emploi, de la formation et de l’orientation piloté par les régions et fait un
pas de plus vers le fédéralisme, jalousant presque leurs voisins, les Länder
allemands. Le SNUEP-FSU continue à
exprimer son profond désaccord avec ces orientations et annonce d’ores et déjà
qu’il les combattra fermement. Avec l’intersyndicale de l’EPP, le SNUEP-FSU
poursuivra ses interventions notamment auprès des régions pour porter et faire
valoir ses propositions alternatives à ce projet. Le SNUEP-FSU interpellera
aussi les candidat-es aux élections présidentielles
et législatives sur ces questions et fera connaître leurs réponses.
Crise du recrutement et du remplacement dans
l’enseignement professionnel
Alors que la réforme de la « Masterisation » entre dans sa 2ème année
d’application, les conséquences sur la formation et le recrutement des futurs
professeurs de l’enseignement professionnel (PLP) sont catastrophiques. Ainsi,
partout sur le territoire et dans l’ensemble des formations proposées pour les
préparations aux concours PLP, nous assistons à un effondrement du nombre d’étudiant-es et ce, malgré l’investissement des IUFM dans
l’élaboration de maquettes de master pour les concours PLP. Le projet de
création de masters par alternance dans des conditions plus que floues en est
une autre illustration.
Le
ministère porte une lourde responsabilité quant à la dégradation de la
formation, aux tarissements des viviers des candidat-es
et aux graves difficultés de recrutement des PLP. Il a délibérément
négligé la formation et la préparation aux concours des PLP pour les voir
disparaître avec l'objectif d'employer des contractuel-les
à moindre coût, y compris sans le niveau de titres nécessaire pour enseigner.
Pour le SNUEP-FSU, il faut donc prendre des
mesures urgentes afin de sauver la formation initiale des PLP et de garantir la
préparation effective à l’ensemble des concours PLP ouverts. Sans quoi, très
rapidement il n’y aura plus de candidat-es pour
passer ces concours et donc plus de PLP pour enseigner en voie professionnelle.
Le
SNUEP-FSU demande au ministre de l’EN d’agir rapidement afin d’améliorer la
situation. L’arrêt du Conseil d’État est un camouflet cinglant pour la
politique du gouvernement qui avait supprimé l’année de formation des
stagiaires en portant leur service à 18 heures hebdomadaires. Le SNUEP-FSU
exige l’exécution immédiate de l’arrêt du Conseil d’État, l’ouverture immédiate
de négociations et un retour des services des stagiaires à 8 heures
hebdomadaires maximum.
Par
ailleurs, pour pallier les insuffisances des moyens de remplacement et la
pénurie flagrante d’enseignant-es, l’administration -
rectorats ou IA - sollicite des collègues retraité-es
de l’Éducation nationale sur la base d’arguments particulièrement cyniques. Elle
propose ainsi aux collègues retraité-es « de compléter [leurs] revenus »,
reconnaissant ainsi implicitement que les pensions ne sont pas assez élevées.
Elle met en avant la « possibilité
de choix de l’établissement » quand les professeurs n’obtiennent pas
une affectation souhaitée. Elle leur offre de « retrouver un contact avec les élèves » quand les
programmes et les méthodes pédagogiques ont évolué.
Faire de telles propositions c’est, de la
part de l’administration de l’Éducation nationale, avouer que les suppressions
de postes se traduisent par des conséquences désastreuses sur l’enseignement.
C’est aussi pour l’État un moyen de plus de contribuer à la réduction de la
dette publique (des postes en moins, des salaires en moins remplacés par des
vacations à un tarif réduit, inférieur au taux habituel versé aux professeurs
en activité) sous le prétexte d'apporter plus de souplesse dans la gestion des
personnels.
Le
SNUEP-FSU soutient les collègues qui refusent catégoriquement et appelle tou-tes les retraité-es sollicité-es à faire part de leur désapprobation à de
telles mesures et à signifier fermement leur refus aux recteurs
d’Académie ou aux Inspecteurs d’Académie concernés. Le SNUEP-FSU met en garde
particulièrement les nouveaux retraités, susceptibles de se laisser convaincre
de prêter leur concours à ces opérations qui sont les conséquences des
suppressions de postes. C’est un pas de plus vers le démantèlement du service
public de l’Éducation nationale.
Le
projet d’évaluation des enseignants remet en cause nos métiers
Le ministère a transmis aux organisations syndicales des projets de
décret et d'arrêté qui modifient profondément les modalités d'évaluation des
personnels enseignants, CPE et Co-Psy. L'objectif est de transformer radicalement le
métier et le rôle de ces personnels. Ces
propositions sont inacceptables.
Malgré son incapacité
à évaluer le travail pédagogique concret des enseignant-es,
le chef d'établissement serait l’évaluateur unique. Depuis quelques années, le
ministère via les rectorats fait le forcing pour augmenter les postes
spécifiques académiques. Les collègues qui souhaitent muter sur ces postes sont
classés et désormais choisis par le chef d'établissement. Cela se fait sans barème
mais sur dossier et entretien. Les chefs d’établissement recrutent eux-mêmes
leurs professeurs, les évaluent, quand vont-ils pouvoir les licencier ?
L'accroissement du pouvoir des chefs d’établissement va de pair avec
l’autonomie des établissements : l’objectif est à terme la privatisation
de l'Éducation qui ne sera plus nationale.
Nos
métiers seraient bafoués. Dans un contexte où les métiers des personnels
enseignants, CPE et Co-Psy subissent une transformation forcée, contrainte par
des contre-réformes refusées par les personnels mais imposées par le ministère
(réforme de la voie professionnelle, des lycées, imposition du Livret personnel
de compétences, dispositif ECLAIR en particulier), ce projet amplifie cette
transformation. Le cœur du métier enseignant, c’est-à-dire l'enseignement
disciplinaire et les activités pédagogiques qui l'accompagnent, ne serait plus
évalué par les inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN). Le SNUEP-FSU
revendique des inspecteurs de spécialités formés pour apprécier les pratiques
pédagogiques des professeurs dans leur-s discipline-s.
Ce
serait donc la fin de la double-évaluation des personnels enseignants qui
constitue la reconnaissance de la spécificité de leur métier : une
évaluation pédagogique par les IEN pour les PLP et une évaluation
administrative par le chef d’établissement. Ce qui deviendra prépondérant, ce
n’est plus le cœur du métier, la capacité de l’enseignant–e à faire acquérir
savoirs et compétences à ses élèves, mais tout ce qui est périphérique à l’acte
d’enseigner. Ce nouveau type d’évaluation permettrait par ailleurs au
gouvernement de décliner, à l’échelle de chaque individu, les contrats
d’objectifs qu’il fixe aux rectorats, et que les rectorats ne pouvaient
transposer, jusqu’à présent, qu’aux établissements. Cela changera le sens du
métier d’enseignant mais aussi le rôle de l'École envers les élèves, dans la
mesure où l’appropriation et la maîtrise de savoirs, l’acquisition de
compétences seraient minimisées. Cela traduit bien le mépris de ce gouvernement
pour nos métiers, comme on avait déjà pu le constater dans la « masterisation » et le peu de cas de la formation des
personnels.
Déroulement
de carrière : le fait du prince
La
progression de carrière serait dans les mains du chef d'établissement. À compter de 2015,
le rythme d'avancement pour tous serait le rythme actuel de l'ancienneté, soit
le plus lent : la progression de carrière serait étalée sur 36 ans. Les
personnels ne pourraient bénéficier d'accélération de carrière que sur
proposition du seul chef d'établissement. Cela entraînera des oppositions et
des conflits entre collègues de l’établissement au moment où les solidarités
devraient être renforcées pour favoriser le travail collectif.
Le projet initial ne prévoyait, pour la
période 2012-2015, aucune procédure d'avancement d'échelon autre que
l'avancement au rythme le plus défavorable : l'ancienneté. Face à la
mobilisation unitaire des syndicats, le ministère a revu sa copie sur ce point.
Pour la période transitoire, les promotions se feront donc sur le même modèle
qu'actuellement (ancienneté, choix, grand choix). De même pour la première
année qui suivrait l'entretien professionnel (2015). Ce ne serait donc qu'à
partir du 1er janvier 2016 que le processus serait mis en place pour une
période exceptionnellement limitée à deux ans.
Quoi
qu'il en soit, ces projets sont donc totalement inacceptables. Le ministère ne tire
aucune leçon des élections professionnelles. En effet en apportant aux
syndicats du second degré de la FSU plus de 50 % de leurs suffrages, les
personnels ont clairement exprimé leur rejet de telles réformes qui dégradent
leurs métiers.
Pour le
SNUEP-FSU, ces projets constituent une agression frontale contre les
personnels d'enseignement, d'éducation et d'orientation du second degré mais
aussi contre l'École. C'est aussi une marque de mépris à l'égard du travail
accompli par les enseignants dans leurs classes. C’est enfin une volonté de
transformer des personnels de catégorie A concepteurs de leur métier en simples
exécutants de directives imposées.
Agissons
pour le retrait du projet en signant et en faisant signer massivement la
pétition intersyndicale : http://retraitduprojetevaluation.net/
en
participant massivement à la grève et aux manifestations du jeudi 15 décembre
2011.
Nos
salaires doivent augmenter
Pour le SNUEP-FSU, la
rémunération des enseignant-es et des CPE tient une
place très importante dans nos revendications.
Depuis deux ans, le
gouvernement a choisi de revaloriser uniquement les débuts de carrière
(jusqu’au 5ème échelon inclus) en la finançant en partie par le
non-remplacement d’1 fonctionnaire sur 2 partant à la retraite.
Dernièrement, le ministre de l’Éducation a annoncé au salon de
l’Éducation une mesure de revalorisation pour les enseignant-es
entrant dans le métier d’environ 100 euros bruts par mois ce qui porterait le
traitement d’un PLP ou CPE débutant à 2000 euros brut. Le SNUEP-FSU se félicite de voir l’esquisse de l’un de ses mandats mis
en œuvre mais revendique un effort plus conséquent avec une entrée dans le
métier à l’indice 540 soit 2500 € brut.
Le SNUEP-FSU ne peut que souligner la portée très limitée
d’une telle mesure qui ne concerne au final qu’un PLP ou CPE sur huit. Cette annonce
intervient à l’heure où un front unitaire très large refuse le projet de
contre-réforme de l’évaluation des enseignants. C’est une nouvelle fois une
simple stratégie de communication politicienne qui a pour but unique de noyer
le poisson et tenter de diviser un peu plus les personnels. Cette annonce ne
répondra pas à la crise de recrutement, ni à la demande de revalorisation de
toute la profession. Cette revalorisation partielle ne résout pas la perte de
pouvoir d’achat que la profession subit depuis 2000.
Pour le
SNUEP-FSU une véritable revalorisation doit passer par la mise à plat des
grilles de rémunérations et des rythmes d’avancement pour arriver à :
• la création d’un échelon
supplémentaire à l’indice terminal 963, soit un salaire brut de 4 458,97
€.
• un rythme d’avancement rapide en
début de carrière et identique pour tous : le 8ème échelon en 9
ans à l’indice 804 - indice supérieur à celui actuel du 7ème de la
Hors Classe - ce qui représente ainsi 80 % du salaire maximum revendiqué.
• la rétribution de l'heure supplémentaire
obligatoire en fonction de l'indice de l'enseignant et majorée de 25 %
• l’intégration de toutes les
indemnités dans le traitement indiciaire
• le rattrapage du pouvoir d’achat par
l’augmentation de la valeur du point d’indice, soit 10 % immédiatement
Le SNUEP-FSU dénonce
le salaire au mérite
avec la mise en place de l’entretien d’évaluation professionnelle des enseignant-es par les chefs d’établissement et demande
l’abandon de cette mesure.
Le SNUEP-FSU restera mobilisé pour porter les revendications
des personnels et envisager des suites à l’action dès le mois de janvier, par
la grève et une manifestation nationale, sur les questions essentielles de
l’évaluation des personnels, de l’avenir des LP et du budget de l’Éducation
nationale, et plus généralement de l’austérité imposée par la crise financière.
Le SNUEP-FSU continuera de porter ces mandats dans toutes les intersyndicales
pour une riposte aux attaques sans précédent que l’EPP subit depuis de trop
nombreuses années.
Droit individuel à la formation
La formation réduite comme peau
de chagrin
Concours d’enseignants
Le CLES et le C2i2e ne doivent pas être exigés pour être
recruté
Face à
l'impossibilité de mettre en œuvre les conditions de certification imposées aux
étudiants pour être nommés fonctionnaire stagiaire le gouvernement a finalement
décidé de dispenser du CLES2 « tous
les candidats, titulaires d'un master qui présentent un relevé de note qui
atteste de la validation de crédits dans une langue vivante étrangère »,
à condition que ces crédits ne soient pas « obtenus par compensation ». Cette mesure, qui n'a été annoncée
que de manière informelle sur le site internet du MEN, ne règle pas pour autant
tous les problèmes pour les candidats aux concours d'enseignement. Par
ailleurs, le gouvernement n'est pas revenu sur l'exigence de la certification
C2i2e (informatique et internet).
De nombreuses inégalités persistent. Sont exclus de cette mesure :
• les lauréats aux concours ayant obtenu un
master dans lequel il n’y avait pas d’ECTS de langue vivante, ainsi que ceux qui
l’ont obtenu par compensation ;
• les candidats qui ont obtenu leur diplôme
avant 2002 (DEA, DESS, …) ;
• les candidats passés par une commission de
validation (VES, VAE), etc ;
• les candidats qui passent certains concours
PLP pour lesquels le master n'est pas exigé.
Des
lauréats aux concours pourront donc se retrouver dans l'impasse. Cette situation
risque de continuer à décourager un grand nombre de candidats de se présenter
aux concours de recrutement.
La formation professionnelle de tous les
enseignants doit intégrer un niveau de maîtrise des TICE et des langues
vivantes. Elle doit faire l'objet d'un cadrage national.
C’est au cours de leur cursus universitaire
que les étudiants doivent bénéficier de ces enseignements. Les universités
doivent donc avoir les moyens d'assurer ces formations.
Le CLES et le C2i2e ne doivent pas être
exigées comme preuves supplémentaires de qualifications pour être nommé
fonctionnaire stagiaire en cas de réussite aux concours de recrutement (CRPE,
CAPEPS, CAPET, CAPLP, CPE, agrégation) puis pour être titularisé.
Dans l’immédiat, nous exigeons un moratoire
suspendant ces exigences pour les cinq années à venir. Ce moratoire doit être
traduit en termes réglementaires.
Signez et faites signer la pétition à
l'initiative des syndicats : SNESUP-FSU, SNEP-FSU,
SNUEP-FSU, SNES-FSU, SNUipp-FSU, SNETAP-FSU
http://www.moratoireclesc2i.org
Communiqué de presse SNUEP-FSU du 8 décembre
CRISE DU RECRUTEMENT
DANS L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL PUBLIC
Alors que la réforme de la « Masterisation » entre dans sa 2ème année
d’application, les conséquences sur la formation et le recrutement des futurs
professeurs de l’enseignement professionnel (PLP) sont catastrophiques. Ainsi,
partout sur le territoire et dans l’ensemble des formations proposées pour les
préparations aux concours PLP, nous assistons à un effondrement du nombre d’étudiant-es et ce, malgré l’investissement des IUFM dans
l’élaboration de maquettes de master pour les concours PLP. Le projet de
création de masters par alternance dans des conditions plus que floues en est
une autre illustration.
Le ministère porte une lourde responsabilité
quant à la dégradation de la formation, aux tarissements des viviers des candidat-es et aux graves difficultés de recrutement des
PLP. Il a délibérément négligé la formation et la préparation aux concours des
PLP pour les voir disparaître avec l'objectif d'employer des contractuel-les à moindre coût, y compris sans le niveau de
titres nécessaire pour enseigner.
Pour le SNUEP-FSU, il faut que le ministre
prenne des mesures urgentes afin de sauver la formation initiale des PLP et de
garantir la préparation effective à l’ensemble des concours PLP ouverts. Sans
quoi, très rapidement il n’y aura plus de candidat-es
pour passer ces concours et donc plus de PLP pour enseigner en voie
professionnelle.
Le SNUEP-FSU exige dans l’immédiat que le
CLES et le C2i2e ne soient pas exigés comme preuves de qualification pour être recruté
car ces exigences supplémentaires aggraveront encore davantage la crise de
recrutement des PLP. Avec le SNES, le SNEP, le SNUIPP et le SNESUP, le
SNUEP-FSU a écrit au ministère de l’EN en ce sens et relance la pétition
intersyndicale en demandant un moratoire suspendant ces certificats pour les
cinq années à venir : www.moratoireclesc2i.org
Le
SNUEP-FSU demande au ministre de l’EN d’agir rapidement afin d’améliorer la
situation. L’arrêt du Conseil d’État en date du 28 novembre est un camouflet
cinglant pour la politique du gouvernement qui avait supprimé l’année de
formation des stagiaires en portant leur service à 18 heures hebdomadaires. Le
SNUEP-FSU exige l’exécution immédiate de l’arrêt du Conseil d’État, l’ouverture
immédiate de négociations et un retour des services des stagiaires à 8 heures
hebdomadaires maximum.
Au Conseil Supérieur de l’Éducation
LOI CHERPION : LOI ANTI-ÉDUCATION
La Loi « Cherpion »
ou loi n°2011-893 du 28 juillet 2011 pour
le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels
a été publiée au Journal Officiel du 29 juillet 2011. L’un des objectifs
affirmés de cette proposition de loi (PPL) sont d'améliorer la situation et
l'insertion des jeunes sur le marché du travail par le développement de
l'alternance.
Cette loi n’a en fait pour but que de
développer quantitativement l’apprentissage au détriment de la qualité et des
conditions de formation et de travail de l’apprenti. L’ensemble des décrets qui
modifient le code de l’éducation passe actuellement au Conseil Supérieur de
l’Education (CSE) pour avis.
Après, l’étude du décret introduisant un
avenant au contrat d’apprentissage permettant à l’employeur de modifier la nature
du contrat au bout d’un an (cf. journal N°65 du SNUEP-FSU), le CSE du 17
novembre a étudié deux textes qui illustrent bien la philosophie de cette loi.
1.
Projet de décret relatif aux maîtres d’apprentissage dans les entreprises de
travail temporaire
Ce projet vise à permettre la mise en œuvre
des dispositions prévues à l’article L.6226-1 instaurant la possibilité, pour
une entreprise de travail temporaire de conclure un contrat d’apprentissage.
L’article 1 prévoit de modifier le statut du maitre d’apprentissage dans
l’entreprise de travail temporaire. En fait, l’apprenti ne peut pas avoir deux
maîtres de stage, celui-ci prendrait la qualité de tuteur. Le maître de stage
serait lui attaché à l’entreprise utilisatrice. L’article 2 lui modifie la durée
minimum d’expérience professionnelle requise pour être tuteur passant de 3 ans
à 2ans (+ 10 000 tuteurs).
Le SNUEP-FSU est intervenu pour dénoncer le
principe même de l’utilisation des apprentis par les entreprises d’intérim.
L’apprenti risque de se voir proposer de missions multiples sans aucune
cohérence de formation et avec une difficulté accrue en thème de suivi et
d’évaluation de la formation. Quant à l’article 2, il n’a pour objectif que
d’augmenter le nombre de tuteurs disponibles en dégradant encore d’avantage la
« qualité » de l’encadrement de la formation en entreprise.
Le SNUEP-FSU et la FSU se sont prononcés
contre ce texte comme la majorité des membres du CSE.
Pour : 9 (dont le SNALC et la PEEP)
Contre : 40
Abstention : 0
Refus de vote : 1
2. Projet
de décret relatif à l’accès au dispositif d’initiation aux métiers en
alternance
Ce
décret permet à des élèves ayant accompli la scolarité du collège, sans
condition d’âge, d’être accueillis en CFA sous statut scolaire, afin de
découvrir un environnement professionnel. Ce public potentiel s’ajoute à celui
des élèves de 15 ans, sans autre condition. Le projet de décret vise à inclure
ce public dans les dispositions réglementaires relatives au dispositif
d’initiation aux métiers en alternance (DIMA). Il prévoit la possibilité
d’entrer en apprentissage à 15 ans au cours de l’année civile après avoir suivi
la scolarité du collège ou après avoir suivi un DIMA.
Le SNUEP-FSU s’oppose
fermement au DIMA qui n’a pour seul objectif que d’alimenter l’apprentissage.
En effet, le DIMA n’est pas une formation en soi. Il ne doit pas non plus être
proposé à des jeunes de plus de 16 ans qui pourraient suivre une réelle
formation en LP. Cette extension du DIMA n’a pour objectif que de mettre les
jeunes dans un sas en attendant qu’il trouve un hypothétique contrat de
travail.
Nous continuons à
dénoncer fortement l’article D.337-182 qui, après l’apprentissage junior,
constitue une nouvelle brèche dans la scolarité obligatoire en permettant à des
élèves de quitter un dispositif DIMA en cours d’année pour signer un contrat
d’apprentissage avant même d’avoir atteint l’âge de 16 ans et alors qu’il
n’aura pas forcément accompli toute sa scolarité du premier cycle de
l’enseignement secondaire.
Le SNUEP et la FSU se
sont prononcé contre ce texte :
Pour : 5 (dont le SNALC)
Contre : 31
Abstention : 3
Refus de vote : 0
DERNIÈRE MINUTE
AU
CSE du 8/12, le texte sur la création d’un BAC PRO G-A fusion des BAC PRO «
secrétariat » et « comptabilité » a reçu un avis négatif.
Détail
du vote :
Pour
: 10 dont le SGEN, le SNALC, le privé, la branche pro
Contre : 18 dont la FSU, la CGT, SUD Abs : 17 dont le
SE-UNSA, FO, la FCPE
L’ensemble
des décrets relatifs à la loi n° 2011-893 du 28 juillet 2011 pour le
développement de l’alternance et la sécurisation des parcours professionnels a
pour l’instant toujours recueilli un avis défavorable de la part du conseil
supérieur de l’Éducation.
Calendrier 2012
Une fin d’année
identique à celle de l’année précédente (ou presque)
La note de service sur le calendrier de fin d’année
scolaire est parue au BO n° 45 du 8 décembre 2011.
• Début des
conseils de classe le mercredi 13 juin 2012.
• Épreuves écrites
du diplôme national du brevet : jeudi 28 juin 2012 et vendredi 29 juin
2012 (jeudi 20 et vendredi 21 septembre 2012 pour la session de remplacement)
• Épreuves écrites
du baccalauréat professionnel
▪ Pour la
métropole, La Réunion et Mayotte, les épreuves écrites de l'examen du
baccalauréat professionnel les lundi 18, mardi 19, mercredi 20, jeudi 21 et
vendredi 22 juin 2012.
▪ Pour la
Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Polynésie française, elles se
dérouleront les vendredi 15, lundi 18, mardi 19, mercredi 20, jeudi 21 et
vendredi 22 juin 2012.
Les recteurs
arrêteront les dates des épreuves pratiques et orales ainsi que celles de
l'épreuve orale de contrôle.
• Épreuve de
contrôle du baccalauréat professionnel jusqu'au mercredi 11 juillet 2012
inclus.
• Résultats des
épreuves obligatoires et facultatives du baccalauréat professionnel : vendredi
6 juillet 2012
• Session de
remplacement du baccalauréat professionnel : les épreuves écrites de remplacement
concernées se dérouleront du lundi 10 au vendredi 14 septembre 2012.
• Certificats
d'aptitude professionnelle et brevets d'études professionnelles
Les épreuves
d'enseignement général pour les académies de métropole et d'outre-mer ainsi que
les collectivités d'outre-mer à l'exception de la Nouvelle-Calédonie auront
lieu les lundi 11, mardi 12 et mercredi 13 juin 2012 pour la session normale,
selon les modalités définies par courrier particulier de la direction générale
de l'enseignement scolaire.
Les épreuves de
remplacement correspondantes se dérouleront le mercredi 19 septembre 2012.
• Fin des sessions
des examens, dans toutes les académies, au plus tard le mercredi 11 juillet
2012 au soir
ATTENTION RETRAITES
Depuis le 1er juillet, la régressive réforme des
retraites modifie les conditions de départ en retraite. Pensez désormais à
indiquer le dernier jour du mois pour votre date de départ en retraite, et pas
au 1er du mois comme l’ont fait certain-es collègues qui
se retrouvent ensuite sans revenus le mois de transition…
LU AU BO
> AU BO N°41 DU 10 NOVEMBRE 2011
Diplôme national du brevet - Évaluation de
l’histoire des arts à compter de la session 2012 - circulaire n° 2011-189 du
3-11-2011
Certifications en allemand, anglais et
espagnol - Calendrier des épreuves orales et écrites - session 2012 - note de
service n° 2001-187 du 27-10-2011
> AU BO N°42 DU 17 NOVEMBRE 2011
Baccalauréat professionnel - Spécialité «
restauration » : précision sur l’épreuve de contrôle du baccalauréat
professionnel - note de service n° 2011-195 du 27-10-2011
> AU BO N°44 DU 1er DECEMBRE 2011
Droit individuel à la formation - Mise en
œuvre pour les personnels enseignants, d’éducation et d’orientation -
circulaire n° 2011-202 du 14-11-2011
> AU BO N° 45 DU 8 DECEMBRE 2011
Orientation et examens - calendrier 2012 de
l’orientation et de l’affectation des élèves, du diplôme national du brevet, du
baccalauréat, des certificats d’aptitude professionnelle, des brevets d’études
professionnelles et des brevets de technicien - note de service n° 2011-208 du
22-11-2011
Pensez à renvoyer votre dossier à la section
académique du SNUEP-FSU pour les CAPA de vérification de barème
