n° 044 du 12/03/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
ENSEIGNANTS :
LE C.P.E., C’EST AUSSI VOTRE
AFFAIRE !
Le
large succès de la mobilisation du 7 mars a montré que l’opinion publique et
tout particulièrement la jeunesse s’oppose au Contrat
Première Embauche que propose le Premier Ministre et qui a été voté à
l’Assemblée nationale.
S’il est conservé, ce
contrat qui rentre dans une logique globale de remise en cause de
l’organisation du travail, engendrera la fin de l’emploi durable dans notre
pays en permettant au patronat une gestion plus que souple de l’embauche et du
licenciement de personnels précaires. Comment peut-on en effet prétendre créer
des emplois en instituant un dispositif législatif qui autoriserait tout
licenciement sans aucune justification ?
Il a été proposé sans véritable
concertation avec les partenaires sociaux et les conditions
même du vote de la loi sur l’égalité des chances au parlement ne font pas
honneur à la démocratie (débat sur les
amendements, utilisation de l’article 49-3,…) ce qui montre le mépris réel
du gouvernement envers la jeunesse. D’ailleurs, le Conseil Constitutionnel
pourrait invalider ce texte. La cour européenne pourrait le condamner.
Ce contrat concerne au plus haut point les
enseignants en tant que parents, mais aussi d’Educateurs, tout
particulièrement les Professeurs de
lycée Professionnel dont la mission est de faire acquérir les savoirs
fondamentaux et professionnels indispensables pour une insertion durable dans
le monde du travail.
Comment
pourra-t-on motiver les élèves de la voie professionnelle, si les seuls débouchés aux
niveaux V et IV ne sont que des emplois précaires assujettis à
des licenciements sans motifs autres que le bon vouloir du Chef
d’entreprise ? N’y a t il pas là une formidable dévalorisation de la
qualification et en conséquence de l’enseignement professionnel et de nos
métiers d’enseignants ? Cela ne relève-t-il pas de la même logique
libérale que les régressions que subissent l’enseignement professionnel public (concurrence déloyale de l’apprentissage), nos
conditions de travail (montée de la
violence), les recrutements (baisse
de près de 40%), nos rémunérations (baisse
de notre pouvoir d’achat) ?...
Ce contrat est
aussi la remise en cause des niveaux de qualifications des titulaires de diplômes
de la voie professionnelle qui seront de fait, déconnectés des compétences
liées au poste de travail. Il sera très difficile de motiver les salariés
concernés au sein d’une entreprise pour une évolution professionnelle, une
poursuite d’études, un complément de formation.
Le
Gouvernement s’est engagé honteusement sur la voie de la déqualification. Les élèves de la voie professionnelle méritent mieux. Des solutions
alternatives existaient pourtant pour permettre l’accueil des élèves formés et
qualifiés dans les entreprises (prise en
compte par l’Etat de complément de formation, taxation des entreprises qui
sollicitent l’emploi précaire et qui abusent des stagiaires, au profit de
celles qui accueillent les élèves diplômés de la voie professionnelle pour un
emploi durable,…)
Les enseignants connaissent déjà le
C.P.E. Nous avons dans nos Lycées, nos Contrats Première Embauche, ce sont les
contrats de nos personnels précaires (vacataires
et contractuels) remerciés à tout moment et à qui l’on ne propose aucun
dispositif pertinent de formation qui leur permette une titularisation.
C’est aussi sur ces personnels que pourra s’appuyer l’Etat pour faire
fonctionner certaines sections de la voie professionnelle qui sont et seront
proposées dans le cadre de prestations de service au détriment du statut des
personnels titulaires avec toutes les retombées que l’on peut imaginer sur ces
derniers. Le Lycée des métiers est d’ailleurs un cadre « idéal » pour
ces opérations.
C’est là aussi, la traduction de la déqualification
instaurée par le Gouvernement au niveau de l’Education Nationale.
Le Contrat Première Embauche n’est hélas
qu’une étape dans la désorganisation du monde du travail que
souhaitent les ultra-libéraux. Il fait suite à de nombreuses modifications du
code du travail qui ont été proposées récemment, et il précède sans doute un
contrat général qui instaurera une précarité durable pour les salariés.
L’avenir est plus que sombre, un avenir de précarité qui se terminera par une
retraite au rabais pour de nombreux salariés. On ne mesure pas assez l’impact
qu’aurait cette précarité organisée sur l’économie de notre pays et sur les
relations sociales.
Pour la jeunesse et les salariés les
enjeux sont considérables. Le gouvernement hésite. Les jeunes se mobilisent
chaque jour un peu plus, la population est de plus en plus hostile au CPE comme
le montrent les sondages. Enseignants,
c’est le moment de mettre toutes nos forces pour exiger le RETRAIT DU
CPE :
LE SNUEP APPELLE TOUS LES ENSEIGNANTS A
ET
A UNE PARTICIPATION MASSIVE AUX MANIFESTATIONS DU
18 MARS
Les manifestations du 7 mars marquées par un très
grand succès constituent une montée en puissance dans la mobilisation et les
actions engagées tant chez les salariés que chez les étudiants et les lycéens
pour le retrait du CPE.
A ce jour le gouvernement s’obstine
Les organisations syndicales de salariés, étudiantes
et lycéennes réunies ce jour, lui répondent avec force en décidant d’une
nouvelle étape de mobilisation qui sera – que le gouvernement n’en doute pas –
encore plus forte que la précédente.
Les organisations syndicales de salariés, étudiantes
et lycéennes réaffirment leur volonté d’obtenir le retrait du CPE porteur de
précarité, discriminatoire pour la jeunesse et donc pénalisant pour l’avenir de
la société.
Les organisations syndicales de salariés, étudiantes
et lycéennes appellent les salariés et les jeunes à s’engager plus fortement
encore dans la bataille contre le CPE.
Elles
appellent à réussir la journée de mobilisation du 16 mars décidée à
l’initiative des étudiants et lycéens et à une nouvelle journée d’action
nationale le samedi 18 mars se traduisant par des manifestations dans toute
Les signataires de cet appel restent en contact
permanent et se retrouveront le 18 mars au soir pour examiner la situation.
Liste
des organisations réunies : Cfdt, Cgt, Cgt-fo, Cftc, Cfe-cgc,
Fsu, Unsa, Solidaires, Unef, Cé, Unl,
Fidl.
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Communiqué FSU
Paris le 10 mars 2006
La
montée en puissance du mouvement de rejet du CPE, que manifestent les grèves
dans les universités et les manifestations et que corroborent les enquêtes
d'opinion, montre qu'il est possible de rassembler encore plus largement et de
faire reculer le gouvernement.
Intervention des
forces de l’ordre à
Communiqué FSU
Paris le 11 mars 2006
Elle
s'étonne de la précipitation du ministre de l'Education nationale à dénoncer un
"tournant de la violence " qui ne correspond en rien à la réalité du
mouvement contre le CPE. On peut se demander si le gouvernement, en difficulté
face au rejet massif du CPE par les jeunes et les salariés, ne cherche pas à
jouer la provocation et à tenter la criminalisation du mouvement étudiant.
Pour
sa part elle confirme son engagement dans la mobilisation, notamment le 16 et
le 18 mars.