n° 047 du 01/04/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Après la déclaration du président
de
la réaction de
Le retrait du CPE toujours d'actualité !
Le Président de
Décidant de promulguer la loi, il rejette l'exigence portée massivement par le
mouvement en cours. Il a même développé un nouveau plaidoyer en faveur du CPE.
De façon contradictoire, il propose de ne pas appliquer la loi et de la
modifier immédiatement ! Pourquoi alors promulguer ce texte ?
En fait, ce que propose le Président c'est le maintien du CPE : sous une
version aménagée, il s'agit malgré tout d'un dispositif dérogatoire qui, pour
les jeunes de moins de 26 ans, supprime leurs garanties face à l'arbitraire.
Obligé de tenir compte de la force du mouvement, le Président de
C'est en amplifiant la mobilisation, notamment le 4 avril, que nous pourrons obtenir véritablement le retrait du
CPE.
Paris le 31 mars 2006
GREVE ET MANIFESTATIONS
LE MARDI 4 AVRIL
Voir affichette page 6
DECLARATION
DES ORGANI
UNEF, CÉ, UNL,
FIDL, CFDT, CFE CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UN
AMPLIFIER
LE 4 AVRIL NOUVELLE JOURNEE D'ACTION
Le succès des arrêts de travail, des grèves et la puissance des manifestations du 28 mars, leur caractère unitaire et intergénérationnel, tout comme la durée du mouvement et son ampleur dans les lycées et universités montrent une mobilisation historique, pour exiger le retrait du CPE et l'ouverture de négociations.
Il est urgent que
les plus hautes autorités de l'Etat prennent la mesure de la situation et
répondent sans ambiguïté à cette revendication. Pour éviter l'enlisement du
pays dans une crise profonde, le gouvernement doit s'y résoudre.
L'intersyndicale demande au Président de
Les organisations syndicales réitèrent l'exigence de lever l'hypothèque du CPE en le retirant et à partir de là d'engager des négociations immédiates sur l'emploi, la précarité, les modalités d'accès à l'emploi, la formation et l'avenir des jeunes.
Elles appellent les salariés, les étudiants, les lycéens, dès aujourd'hui et tout au long de la semaine à s'appuyer sur la dynamique unitaire, à multiplier les initiatives pour exprimer leur exigence de retrait. Elles les invitent notamment à intervenir auprès de tous les parlementaires.
Les organisations syndicales sont déterminées à amplifier la mobilisation. Elles mettent le gouvernement en garde contre toute tentative de coup de force notamment en direction des étudiants et des lycéens. D'ores et déjà elles décident d'une nouvelle journée d'action interprofessionnelle d'arrêts de travail, de grèves et de manifestations le 4 avril. Paris le 29 mars 2006
Les dangereuses consignes orales de G. de Robien aux
chefs
d’établissement : le
communiqué du SNUEP-FSU
Par l'intermédiaire des recteurs,
le Ministre de l'Education nationale a adressé des consignes orales aux chefs
d'établissement afin que tous les lycées soient ouverts jeudi matin 30
mars, y compris les établissements bloqués, en recourant si nécessaire aux forces de l’ordre..
Le SNUEP-FSU s'élève très
fermement contre de telles méthodes et met en garde le gouvernement
contre toute tentative de coup de force en direction des lycéens et des
étudiants. Avec de telles méthodes, le gouvernement prend en effet le
risque d'incidents sérieux, très probables, dans le contexte tendu créé
par son entêtement à ne pas retirer un contrat massivement rejeté : le
CPE.
Ces consignes provocatrices ne peuvent que faire réagir les personnels
d'enseignement et d'éducation. Le SNUEP-FSU est résolu dans ces
circonstances, à se tenir auprès des lycéens, en recourant si nécessaire à
des arrêts de travail.
Paris,
le 29 mars 2006
A propos de la circulaire de
rentrée 2006
La
concertation, c’est fini !
Chaque année à cette époque le
ministère de l’Education nationale publie une circulaire qui fixe les
conditions de la prochaine rentrée. Habituellement, avant de la diffuser à
toutes les instances de l’administration, il l’envoyait pour avis aux
organisations syndicales. Certes les avis ne modifiaient bien souvent le texte qu’à la marge ou pas du
tout, mais cette année les organisations syndicales, en tout cas celles de
Appliquer les lois au plus vite
La plupart des mesures préconisées par la circulaire s’inscrivent
dans le cadre de « la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de
l’école » et dans celui de la
« LOLF ». Pour cette dernière il s’agit d’un nouveau
« pilotage » des finances publiques. Quatre programmes sont concernés
pour l’éducation, des indicateurs devant permettre d’évaluer la réalisation des
objectifs fixés dans les contrats passés avec les différents acteurs. Au nom de
l’efficience, la pression des critères de rentabilité sera permanente. Cela
aura inévitablement et rapidement des conséquences sur la précarité, les
conditions de travail, la qualité des formations…
Le Ministère
tente d’accréditer l’idée que le pilotage « doit être perçu et utilisé
comme un levier puissant au service de la réussite des élèves » On ne peut
qu ‘en douter au regard du concept de performance évoqué dans la
circulaire.
Rentabilité et conséquences
Ainsi pour faire croître
l’indicateur « taux de présence d’enseignant devant élève »,
l’Administration aura tendance à utiliser le potentiel des établissements ou à
avoir recours à des personnels les plus précaires possible. La circulaire
rappelle le principe des « remplacements de Robien », sans
toutefois en préciser les modalités. Pour réduire l’indicateur « taux de
sorties prématurées », une batterie de mesures est prévue : période
d’accueil et d’adaptation, tutorat, suivi hebdomadaire, entretien
individualisé….tout cela bien sûr à la charge des équipes éducatives, sans
qu’aucun moyen supplémentaire ne soit prévu, une autre tâche qui va s’empiler sur toutes les
autres !
La voie professionnelle
Les classes de
troisième de découverte professionnelle de 6 heures pourront être implantées en
Lycée professionnel à condition de dispenser tous les enseignements
obligatoires de la classe de troisième. Dans le cas contraire, seul le module
de 6 heures sera effectué au LP, qui devra passer des conventions avec les
collèges. Dans ce dernier cas, on peut imaginer les problèmes d’organisation et
les perturbations que cela occasionnera dans le suivi des élèves. Nous ne pouvons
souscrire à ce genre d’organisation.. Le SNUEP exigera
un bilan de l’ensemble des situations.
Il est
regrettable de voir affirmer que le
module de découverte professionnelle de 6 h concerne plus particulièrement des
élèves volontaires à scolarité fragile. En matière d’innovation on pourrait
espérer autre chose.
Concernant le « Lycée des
Métiers », Le Ministère persiste dans son entreprise de réduction de
l’offre de formation et dans son idée de substituer l’apprentissage aux
formations à temps plein du Service Public. Il est recommandé aux retardataires
de s’inscrire dans la démarche labellisation. Pour la création d’UFA (unités de
formation par apprentissage) il est conseillé aux recteurs d’utiliser tout le
panel des possibilités juridiques : plus les situations sont diversifiées,
plus il est difficile de s’y opposer !
L’expression
« apprentissage-junior » n’est pas utilisée, serait-elle
honteuse ? Mais il est dit que : « Pour les élèves qui en feront la demande, des parcours d’initiation aux
métiers pourront être proposés dans les lycées professionnels et dans les
centres de formation d’apprentis gérés par les EPLE » dans quel
but ? On l’ignore. Que deviendront ces jeunes l’année
prochaine ? mystère !
Les nouveaux baccalauréats
professionnels et ceux qui sont rénovés sont mentionnés, on peut s’en
féliciter. C’est une réponse positive aux contradictions de la loi
d’orientation qui prévoyait un resserrement de la diversité des baccalauréats
professionnels. La réalité professionnelle et la pertinence des formations
l’ont, semble-t-il, emporté. Aucune référence aux BAC PRO 3 ans n’est faite,
alors qu’ils sont pourtant aussi inscrits dans la loi sur l’école, mais aux
regards des bilans de fonctionnement et de l’orientation, on ne s’en plaindra
pas !
Si le ministère reconnaît qu’il y
a des discriminations dans la recherche des stages, on peut douter de
l’efficacité de la solution proposée pour les réduire : des parrains
mettant à disposition de leurs filleuls leur carnet d’adresses !
Nous ne
pouvons qu’être effrayés de la pauvreté des propositions ministérielles.
Visiblement les technocrates n’ont pas pris la mesure du problème. On ne peut
que constater le travail qu’il reste à accomplir en matière d’égalité des
chances et pour lequel le Ministère
n’apporte aucune réponse au quotidien de nos élèves et aux difficultés
rencontrées par les enseignants lors de la mise en place des périodes de
formation en milieu professionnel.
Fonctionnement des EPLE
Le conseil pédagogique sera
installé. « Le texte législatif
laisse une marge d’appréciation en ce qui concerne la composition, le
fonctionnement et les attributions de ce conseil. » il faut comprendre
que cela permettra au chef d’établissement de désigner à sa guise les membres
de ce conseil et de s’arroger un peu plus de pouvoir dans le domaine
pédagogique. Dans le cadre des promotions au mérite certains y trouveront
peut-être leur compte, mais l’ambiance des équipes éducatives n’y gagnera
certainement pas. LOLF oblige, le conseil devra élaborer le volet pédagogique
du projet d’établissement en cohérence
avec le contrat d’objectifs signé avec l’autorité académique.
Le SNUEP ne saurait attribuer de
crédit à une instance désignée par le Chef d’établissement. celle-ci
ne saurait être représentative de la communauté éducative. Chacun connaît les
modes de désignation des professeurs principaux, des correspondants
disciplinaires, et l’on devine facilement l’usage qui sera fait du Conseil
Pédagogique.
Un chapitre est consacré à la
prévention de la violence, mais il s’agit plus de préconiser une attitude
compassionnelle à l’égard des victimes que de lutter fermement contre la
violence : il est plus facile et moins coûteux d’encourager les victimes
d’agressions à porter plainte que de renforcer l’encadrement, la surveillance
ou la possibilité d’infliger des sanctions en créant les postes nécessaires.
Formation continue et VAE
Les GRETA sont priés d’améliorer
la qualité des formations et de réduire les coûts pour être concurrentiel sur le
marché de la formation continue. Les services concernés devront faire face au
triplement des dossiers de VAE, dont il est rappelé que c’est une des missions
du service public d’éducation. La circulaire indique que si l’inscription à
Aucune réponse n’est apportée aux
demandes faites par les enseignants en matière de formation à
Education et …éducations
La circulaire
se termine par l’éducation à la responsabilité, au développement durable, à la
mixité et l’égalité entre les sexes, à la sécurité routière, à la santé, à la
lutte contre le tabagisme et la prévention des conduites addictives,
à la nutrition et à la lutte contre l’obésité, à la sécurité au travail, à la
sexualité….
Toutes ces
« éducations » sont certainement utiles, mais que devient au juste
l’Education ? …

Ils sont entêtés, mais commencent à
céder.
Nous sommes unis et déterminés.
Nous allons gagner !
Le mardi 4 avril
ENCORE
DANS
ET
·
Retrait du CPE
·
Arrêt de la précarisation
et de toutes les régressions