n° 049 du 15/05/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
De petits
coups, pour un grand coup :
mettre à mal l’enseignement
professionnel public
Mauvais coup
porté à la formation continue.
L’avenir des GRETA et CFA publics
sont menacés de disparition.
Qu’en est il ?
Le MEN décide unilatéralement de
supprimer la prise en charge des cotisations patronales des personnels à partir
de 2007. Les Régions choisissent l’AFPA comme
partenaire privilégié.
-Gâchis humain : De nombreux collègues sur postes gagés vont
se retrouver sur le champ de la formation initiale ; d’autres se
retrouvent au chômage.
-Gâchis financier : aucune économie ne sera réalisée par ce
« transfert » des postes supprimés de la formation continue vers la
formation initiale, Les Rectorats continuant à les payer. Par ailleurs les
surcoûts occasionnés dans les différents GRETA et CFA risquent de
« plomber » considérablement des structures déjà en difficultés.
Enfin les savoirs faire, réseaux et compétences diverses vont disparaître, avec
le risque, considérable de perdre des « marchés » au profit de la
concurrence privée.
-Gâchis organisationnel : La suppression des postes gagés,
dans de nombreux GRETA vont peser sur le déroulement du mouvement. Dés cette
année, l’INTRA va devoir absorber un certain nombre de postes gagés (40 à Nantes ; 20
à Grenoble…) titulaires dans leur académie. Pour les autres qui ne sont
titulaires dans l’académie, ils devront participer à l’INTER
en 2007.Ce changement de politique a aussi une
incidence sur les ATP 2006 (voir bilan).
Le service public de la formation
continue et ses personnels constituent un outil précieux qu’il convient de développer
dans le cadre d’un grand service public de la formation tout au long de la vie.
C’est le seul qui soit capable en toute légitimité de répondre à
l’investissement éducatif et de formation au service de tous et à la cohésion
sociale et territoriale.
Le SNUEP exige le maintien de
tous les postes gagés actuellement implantés en GRETA, en attribuant une
dotation budgétaire spécifique de l’état pour compenser le surcoût lié à
l’application de
La cerise sur le gâteau : la modernisation de
l’Etat
Approche
budgétaire essentiellement, dégager de la productivité et faire des économies
de fonctionnaires. Cela a le mérite d’être clair.
Le SNUEP s’est vu convié à 2
Audits de modernisation dirigés par l’inspection générale des finances, le 14
Mars 2006. : l’un portant sur les décharges statutaires des enseignants du second degré,
l’autre sur les grilles horaires des enseignements du lycée. Ces deux audits
sont consultables sur http://www.performance-publique.gouv.fr/
.le rapport du premier est disponible depuis Avril, l’autre sera publié en
juin.
Cadre de l’Audit sur les décharges
représentant 28 000 ETP
-Dysfonctionnements
constatés : les décrets de 1950 ne sont plus adaptés à la réalité actuelle
du travail des enseignants ; la base juridique est fragile ; le
contrôle de leur emploi est insuffisant ; la pertinence de toutes les
réductions de service n’est pas avérée. A contrario certaines paraissent
pleinement justifiées.
-Recommandations : Recentrer
les décharges sur les besoins de l’éducation nationale en tenant compte des
évolutions du métier d’enseignant : coordination ; soutien aux
élèves ; Tice ; association sportive ;
formation des enseignants ; reconversion ; missions académiques
transversales.
Donner un fondement juridique à
toutes les décharges de service ; Instaurer une véritable politique de
gestion des heures de décharge : supprimer l’automaticité des
décharges ; déléguer les enveloppes d’heures de décharges aux académies en
fonction de la cohérence des projets de l’académies/aux objectifs nationaux,
même chose pour les lycées en fonction des projets/académie
Il va falloir être vigilant,
c’est la déconcentration des moyens qui va se traduire par 40% de décharges en
moins/à la situation actuelle, soit
11 000 ETP en moins dans l’éducation.
Cadre de l’Audit sur les grilles
horaires des enseignements
Evaluer un allégement des emplois
du temps jugés trop lourd, alléger l’offre des options qui nuit à la lisibilité
de l’offre de formation, le constat d’une organisation rigide qui constitue un
frein à l’innovation pédagogique et introduction de nouveau mode
d’apprentissage.
C’est la porte ouverte vers
la révision de nos statuts avec l’annualisation de notre temps de travail, vers
l’individualisation des parcours, la modularisation
des diplômes (intervention des professeurs associés). Le tour est joué, on en
revient au début, mise en place de
Incidence de ces débordements sur le
mouvement 2006
Les ATP servent de phase
d’ajustement sur le mouvement INTER. .Mais depuis deux ans, le MEN n’organise
plus de commission de révision. Adieu la transparence. Nous le condamnons en
vain.
Les ATP sont une possibilité
offerte pour des cas spécifiques (rapprochement conjoints fonctionnaires, dossier
sociaux, médicaux importants, besoin spécifique des académies…).L’accord des
deux rectorats est nécessaire mais le MEN reste seul maître à bord.
Il devient de plus en plus
difficile d’obtenir une ATP du fait de la mise en place de
Résultats en 2005 145 ATP, en
2006 moins 40 %.
Le SNUEP a résolu, à l’heure
actuelle, 35 % des dossiers qui lui étaient confiés en sachant que la plupart
de ces dossiers concernaient les académies du Sud, de l’Ouest, des disciplines
du tertiaire en « perdition », industriels sans avenir, du fait de la
mise en place de l’apprentissage ou de disciplines comme l’anglais qui cette
année ont été particulièrement mal menée.
Nous
encourageons vivement les collègues à nous contacter dés la rentrée scolaire
s’ils envisagent une mutation. Les stratégies (spécifiques…) sont de plus en
plus difficiles à appréhender et les suivis des dossiers (barèmes,
médicaux…) indispensables pour éviter
des erreurs.
sur les quotas Hors Classe
Cette réunion fait suite à une autre qui a eu lieu en janvier.
Le chef de service explique le choix puis la méthode retenus pour répartir les décharges : à partir du ratio défini par corps et du nombre de PLP du 7 au 11, (incluant les personnels ayant eu des promotions rétroactives), le nombre national de promus est déterminé.
Le quota ne se calcule pas par académie. La répartition se fait comme pour les promotions d’échelons en CAPA, après application du ratio et arrondissement au nombre inférieur pour chaque académie, les « restes » sont attribués pour « lisser les diminutions » de certaines académies par rapport à l’an dernier.
Voir les tableaux à la fin de cette lettre.
Pour justifier cette méthode, en particulier la répartition tenant compte de l’ensemble des promouvables et non pas des seuls 11 ème échelon dans chaque académie, le chef exhume et nous distribue une décision du Conseil d’Etat (contentieux N° 145920 lecture du 6 mars tirage sur légifrance.fr).
Le débat a été maigre et faible.
Du Snes au Snalc, sont revenues nos revendication
habituelles sur les défauts de
Problèmes à noter :
¯
La répartition académique ne tient pas compte de
la pyramide des âges. Dans les académies « âgées, nombreux seront ceux qui
partiront sans
¯ La répartition ne tient pas compte des établissements ZEP ou sensibles. Mais dans les académies, ce critère est retenu pour les barèmes, d’où une grande inégalité d’accès selon la typologie de l’académie et de sa difficulté supposée à y enseigner.
¯ Bercy a refusé la mise en place d’un contingent particulier pour les établissements « ambition réussite » en raison de l’impossibilité par le MEN de chiffrer le surcoût. Reste à savoir si les recteurs ne prélèveront pas un quota sur leur quota pour faire semblant de tenir la promesse ministérielle.
¯ Comment traiter les avis défavorables des inspecteurs et Chefs d’établissement pour faire la différence entre la réelle difficulté à enseigner et le règlement de compte ?
¯ Enfin, pour certains, la constitution du corps unique des PLP (général, théorique, professionnel) conduit à la promotion prioritaire des professionnels (reclassement en début de carrière, notation plus favorable…).
|
Promotions à la hors classe pour
la rentrée scolaire 2006-2007 |
PLP |
|
|
CPE |
|
|
|
promouvables |
39 845 |
|
promouvables |
6 982 |
||
|
contingent
2006 total |
1 957 |
|
contingent
2006 total |
177 |
||
|
RPP:
Ratio du corps |
4,91% |
|
RPP:
Ratio du corps |
2,53% |
||
|
|
|
|
|
|
||
|
Rappel contingent 2005 |
Contingent 2006 |
|
Rappel contingent 2005 |
Contingent 2006 |
||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
AIX-MARSEILLE |
69 |
73 |
|
7 |
8 |
|
|
AMIENS |
71 |
71 |
|
5 |
6 |
|
|
BE |
41 |
44 |
|
3 |
3 |
|
|
BORDEAUX |
92 |
94 |
|
8 |
8 |
|
|
|
43 |
48 |
|
4 |
4 |
|
|
CLERMOND- |
40 |
41 |
|
3 |
4 |
|
|
CORSE |
9 |
9 |
|
1 |
1 |
|
|
|
96 |
103 |
|
8 |
10 |
|
|
|
46 |
49 |
|
4 |
5 |
|
|
|
71 |
75 |
|
7 |
8 |
|
|
GUADELOUPE |
25 |
25 |
|
2 |
3 |
|
|
|
8 |
8 |
|
|
1 |
|
|
LILLE |
174 |
178 |
|
11 |
13 |
|
|
LIMOGES |
28 |
28 |
|
2 |
3 |
|
|
LYON |
74 |
76 |
|
8 |
8 |
|
|
|
33 |
34 |
|
1 |
2 |
|
|
|
5 |
6 |
|
|
|
|
|
|
60 |
66 |
|
6 |
7 |
|
|
NANCY-METZ |
100 |
103 |
|
6 |
6 |
|
|
NANTES |
75 |
77 |
|
7 |
7 |
|
|
NLE CALEDONIE |
12 |
11 |
|
|
|
|
|
NICE |
45 |
49 |
|
4 |
5 |
|
|
ORLEANS-TOURS |
62 |
63 |
|
6 |
7 |
|
|
PARIS |
50 |
50 |
|
6 |
6 |
|
|
POITIERS |
52 |
54 |
|
5 |
6 |
|
|
REIMS |
42 |
44 |
|
3 |
3 |
|
|
RENNES |
70 |
72 |
|
7 |
7 |
|
|
REUNION |
43 |
49 |
|
3 |
4 |
|
|
|
58 |
60 |
|
4 |
4 |
|
|
STRAS |
63 |
65 |
|
5 |
5 |
|
|
TOULOUSE |
76 |
81 |
|
7 |
8 |
|
|
VER |
114 |
122 |
|
10 |
12 |
|
|
Hors
académie étranger |
4 |
5 |
|
|
1 |
|
|
Hors
académie France |
21 |
24 |
|
3 |
2 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Total |
1872 |
1 957 |
|
156 |
177 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
reliquat |
|
|
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|
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|
Encore sur la
violence
Ces derniers mois les agressions contre des enseignants se sont
multipliées, certaines ont eu un écho médiatique important, d’autres moins. Le
témoignage ci-dessous que nous a fait parvenir un collègue montre l’implication
de toute la communauté éducative contre la violence, y compris les élèves, ce
qui est relativement nouveau. Est-ce une retombée de la mobilisation contre le
CPE dans laquelle les élèves de l’établissement en question se sont beaucoup
impliqués ? Par contre l’administration ne fait pas, encore une fois,
preuve d’une grande détermination et efficacité dans sa lutte contre la
violence.
Mardi 11 avril, vers 13h30, Mme X, au moment où elle accrochait son billet d’absence dans le couloir, est très violemment bousculée par un ou des individus passant dans la coursive obscure et tombe lourdement sur le dos. Suite à cette agression, Mme X est hospitalisée entraînant une incapacité de travail de 6 jours. Elle a porté plainte contre ses agresseurs non identifiés et qui à ce jour sont toujours recherchés.
Les professeurs choqués par cette agression reprennent le travail, sur le conseil de Madame le proviseur, afin de ne pas entraver le déroulement de l’enquête policière immédiatement ouverte.
L’agression de cette collègue est un véritable catalyseur. La communauté scolaire, professeurs et élèves, est en état de choc. Cet événement fait resurgir un certain nombre de faits de violence et d’incivilité entre les élèves et envers les professeurs constatés depuis le début de l’année : tentative d’incendie à l’infirmerie, gifle à un professeur, agression entre élèves, insécurité aux abords de l’établissement. Des professeurs ont littéralement craqué, faisant éclater leur peur et leur mal être dans l’établissement. L’ensemble des professeurs a le sentiment de n’être pas soutenu par l’administration qui remet en cause leur autorité.
Jeudi 13 Avril, les élèves refusent de reprendre les cours après la récréation de 10 h et avertissent la presse. Madame le proviseur tente un retour au calme en réunissant tout le monde. L’administration se rend vite compte qu’elle est débordée par la situation et laisse les professeurs et élèves organiser des séances de travail. Parallèlement l’administration tente de s’accaparer la presse en invitant celle-ci dans ses bureaux. Les enseignants devront revendiquer leur droit d’expression pour que les interviews aient lieu en salle des profs.
Au cours de deux séances de travail menées en parallèle et regroupant des professeurs et élèves en grand nombre, les élèves ont fait part de leurs inquiétudes et des difficultés rencontrées au quotidien. Ils notent une très nette dégradation depuis cette année : intrusions dans l’établissement, insultes dans la cour et même en classe, pressions exercées par des groupes dans la cour, insécurité sur le trajet entre le lycée et l’arrêt de bus, sentiment que les punitions ne sont pas assez nombreuses ou pas suivies d’effet.
A l’issue des séances de travail, des propositions ont été dégagées :
- Présence plus importante de surveillants dans les couloirs, dans la cour, aux entrées du lycée en attendant une entrée unique et sécurisée.
- Les élèves demandent un cadre plus strict et des sanctions appliquées, ils souhaitent l’exclusion définitive des élèves perturbateurs suite à des conseils de discipline.
- Ils proposent la mise en place d’un tutorat permettant aux élèves à problème de se remettre à niveau, la création d’une classe spécifique permettant d’accueillir temporairement les élèves perturbateurs, et demandent la présence des élèves au conseil de classe lors de l’examen de leur cas.
- Ils demandent aussi de disposer d’une boite où les élèves pourraient faire part de leurs difficultés et de leurs problèmes , et demande une aide personnalisée au sein du lycée.
Vendredi 14 Avril une délégation composée d’enseignants, d’un agent de service, d’élèves et de parents d’élèves du Lycée se rend au rectorat à 18 h horaire retenu pour l’audience.
Après 1h30 d’attente, cette délégation est reçue par le recteur accompagnée du secrétaire général, du proviseur du LP et d’un inspecteur de la vie scolaire.
Madame le recteur écoute l’exposé de la situation faite par les membres de la délégation .Elle refuse d’entendre que les actes d’insubordination et de violence sont mal gérés par l’administration de l’établissement
Des propositions des élèves, elle ne retiendra que la boite où les élèves pourraient faire part de leur difficultés.
En outre, elle propose aux enseignants de suivre des stages pour apprendre à maîtriser les publics difficiles. Les enseignants se sentent mis en accusation. Cette proposition est une véritable provocation !
Le 2 Mai, date de reprise des cours suite aux vacances de Pâques, les enseignants se réuniront en AG à 10 h pour faire le point sur la situation. Si, comme le laisse présager la teneur de l’audience, aucune mesure concrète n’est mise en œuvre pour tenter de résoudre le climat d’insécurité qui règne sur le lycée, ils appelleront à ne pas reprendre le travail utilisant leur droit de retrait.