n° 050 du 29/05/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Le texte
initial avait été proposé par le SNUEP aux syndicats de
À l’annonce de
l’apprentissage junior, en novembre dernier, nos organisations, avec d'autres,
s’étaient vivement opposées à ce dispositif notamment lors d’une séance du
Conseil Supérieur de l’Education et lors du Conseil National de
Inclus dans la loi sur
l’égalité des chances, il a été fortement contesté lors des mobilisations
contre le CPE, aujourd’hui retiré.
Parce qu’il remet en
cause, de fait, la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et le collège pour
tous, il constitue une régression éducative et un renoncement à donner à chaque
jeune une formation initiale de qualité permettant des poursuites
d'études dans l'une des trois voies du lycée.
Il ne s’agit en aucune
façon d’une diversification de l’Ecole. C’est dans le cadre de celle-ci et non
en excluant des jeunes en difficulté que des solutions doivent être trouvées.
Nous renouvelons notre
opposition à la mise en place de ce dispositif et en conséquence, tout en
rappelant les raisons de notre opposition, nous refuserons d'entrer dans une
logique d'amendement
FCPE – SGEN/CFDT – UN
* * * *
INTERVENTION
DE RENE
(18 mai 2006)
Présentation du
décret relatif à l’apprentissage junior
Monsieur le Président,
En réponse aux observations relatives à l’absence de
Monsieur le Ministre de l’Education, vous nous avez répondu que les murs du CSE
avaient des oreilles et que les propos de cette séance lui seraient rapportés.
Il ne suffit pas d’avoir des oreilles pour entendre et nous devons constater que,
si la surdité est présente au CSE, elle l’est aussi au plus haut niveau de
l’Etat.
Signataire de la déclaration commune, nous partageons
pleinement son contenu. Nous l’avions dit il y a quelques semaines,
l’apprentissage junior est une mauvaise solution à la crise des banlieues. Il
s’agit d’une certaine forme de renoncement éducatif visant à exclure des jeunes
du système. Cela est gravissime. Vous officialisez la rupture avec la scolarité
obligatoire en tentant de privilégier la voie de l’apprentissage. Mais nous
connaissons depuis longtemps votre entêtement à servir d’autres intérêts qui
n’ont rien d’éducatifs. Inutile de rappeler ici l’opposition totale qu’ont
suscité les dispositions de la loi que vous appelez loi sur l’égalité des
chances et, tout particulièrement, les dispositions relatives à l’apprentissage
junior. Vous faites l’impasse sur les efforts qui ont été accomplis depuis des
dizaines d’années pour valoriser la voie professionnelle du service public.
L’histoire de cette voie a montré, depuis les anciens centres d’apprentissage,
la nécessaire évolution pour répondre sans cesse aux besoins en qualifications
face à l’importance des technologies nouvelles, la formation ne pouvant pas se
résumer à une présence dans une entreprise. Nous allons examiner, au cours de
cette séance du CSE, de nouveaux référentiels de Baccalauréats professionnels.
J’invite tous les partenaires à se pencher de près sur les contenus, ambitieux
à juste titre, de ces formations. Comment peut-on faire sans cesse des
concessions et toujours limiter les enseignements pour certains élèves, dans
les disciplines fondamentales générales et professionnelles ?
Votre projet est un
coup de poignard dans le dos à ceux qui se sont battus pour permettre aux
jeunes en difficulté de pouvoir bénéficier d’un véritable enseignement
professionnel dans les plus bas niveaux de qualification.
L’apprentissage junior n’est pas une diversification de
l’école. C’est à
l’Ecole de se diversifier en son sein et c’est à l’Ecole de proposer des
formules nouvelles, plutôt que de mettre en place une hypothétique formation en
entreprise, débouchant ou non sur un contrat d’apprentissage, car c’est là le
véritable objectif de votre politique. Le dispositif que vous nous proposez
aggravera les difficultés des élèves et sera aussi source de précarité. Il est
en opposition avec le concept de la formation tout au long de la vie qui impose
un socle de connaissances générales et professionnelles le plus élevé possible.
Il était pourtant possible de réfléchir à des solutions
diversifiées liées
à une inversion de l’importance des
disciplines enseignées qui pourraient faire, à terme, retrouver à certains
élèves le goût d’apprendre.
Le projet de loi fait appel au volontariat de l’élève et de
sa famille. Il serait peut être bon de se pencher sur les véritables raisons du
« volontariat » de certains élèves pour se rendre en entreprise ou
pour préparer un diplôme de niveau V par la voie de l’apprentissage. Ce n’est
pas la qualité de la formation qui importe mais seulement la capacité à
disposer d’un complément de ressources.
Privilégier l’insertion immédiate sans formation initiale
est une profonde erreur.
Comme
nous l’avons dit dans la déclaration préalable, nous n’entrerons pas dans une
logique d’amendements des divers articles de la loi. Ils sont très révélateurs
du dogme gouvernemental actuel.
Nous avons bien peur que ce projet de loi soit le projet de
la « scolarité impossible ». Les divers articles renforcent notre inquiétude.
L’admission de l’élève est prononcée par le Proviseur du Lycée Professionnel
seul, le suivi pédagogique est illusoire ainsi que la reprise de scolarité qui
risque de maintenir l’élève en échec et augmenter les sorties sans
qualification. Les incidences sur le lycée professionnel ne sont pas clairement
définies et le suivi exercé par le tuteur sera fort difficile à mettre en
œuvre.
Certes la loi a été votée, mais cela ne changera rien à
notre détermination.
Ce projet qui enregistre un recul et une régression, ne
fait pas honneur à l’Education Nationale et il n’engendrera pas la réussite
scolaire.
Pour toutes ces raisons, nous voterons contre ce projet de
décret.
Je vous remercie.
René
Les Motions adoptées par le du Bureau National
du 18 mai 2006
Après
la formidable mobilisation contre le CPE, il convient d’en tirer quelques
enseignements. Avoir obtenu, de fait, le retrait du CPE d’un gouvernement qui
s’était fait une réputation de son intransigeance,
est une incontestable victoire du mouvement syndical. Victoire à porter à
l’actif de la détermination de la jeunesse et de l’unité des organisations
syndicales qui ont conduit le mouvement.
1)
Une nouvelle période ?
Le syndicalisme fait la preuve à
nouveau qu’il peut changer le cours de l’histoire prévu par les gouvernants. Il
faut s’appuyer sur cette victoire pour donner un nouveau souffle au
syndicalisme et à celui (le nôtre) qui met l’unité au centre de son action. Il
faut intégrer ce message à notre campagne de pré-syndicalisation et se fixer
des objectifs d’adhésion supérieurs à ceux des années précédentes.
2)
Nous étions et sommes toujours pour le retrait de toute la loi sur l’égalité
des chances
Qui reste d’actualité avec la
présentation du décret sur l’apprentissage à 14 ans au CSE du 18 mai. En
refusant de l’amender et de discuter de son application, nous réaffirmerons
notre opposition et proposerons à
3)
La précarité à l’Éducation nationale
C’est pire que le CPE, elle a été
insuffisamment dénoncée dans la mobilisation. Il faut mettre en avant
l’exigence d’un plan de titularisation des précaires et agir dans le cadre
unitaire existant.
4)
Les politiques « formation-insertion-emploi » remises en cause
La succession des événements
relatifs aux révoltes des jeunes n’est pas fortuite : de l’automne au
printemps la jeunesse s’est insurgée contre les discriminations, les
difficultés d’accéder à un emploi stable, la prolifération des stages, la
précarisation de ses conditions de vie…Les causes ne sont en rien dues à la fatalité,
mais sont les conséquences de décennies de politiques de formation, d’insertion
et d’emploi. En disant vouloir rapprocher la formation de l’entreprise pour
réduire le chômage, on a en fait voulu imposer
une condition intermédiaire entre scolarité et salariat, condition hors statut
pour habituer les jeunes générations à la précarité,
faite de travail gratuit ou sous-payé, de stages, de contrats d’apprentissage
qui débouchent de moins en moins sur l’embauche, de petits boulots, de CDD…bref un recul social sans précédent
historique. C’est pour cela que nous affirmons,
comme nous l’avons fait dans notre lettre aux groupes parlementaires, que ces politiques de formation et d’emploi suivi
par tous les gouvernements depuis plus de 20 ans (avec des nuances) sont un
quadruple fiasco : sociétal, social, éducatif et financier. Ces
manifestations diverses de la jeunesse nous confortent dans notre analyse et ce
n’est sûrement pas le moment de faire la moindre concession à l’apprentissage
dont la promotion incessante a été au cœur de ces politiques et qui leur sert
de plus en plus de modèle.
Les gouvernants n’ont rien appris de
ces manifestations : ils continuent avec cynisme ou aveuglement
l’application des mêmes recettes avec des moyens colossaux (le train de l’apprentissage
et les spots et pages publicitaires dans tous les médias) que nous devons
continuer à dénoncer et avancer nos propositions alternatives (voir lettre
parlementaire) notamment :
-
En poursuivant localement la diffusion
de la lettre aux parlementaires, y compris sous des formes appropriées ;
-
En participant aux états généraux pour l’avenir de la jeunesse que
-
Il faut continuer à explorer, notamment
avec l’UNSEN CGT (qui avait manifesté son accord lors de notre rencontre),
avant de l’élargir à d’autres, les possibilités d’organiser des assises de la
professionnalisation des études dans le système éducatif pour la rentrée
prochaine et la manière d’y associer le plus largement les personnels.
5) Quels types de
relations avec les organisations de jeunes ?
Lors
du mouvement contre le CPE, la jeunesse, à
travers ces organisations, a fait preuve de détermination, mais aussi de
responsabilité et de maturité. Objectivement,
l’analyse précédente devrait nous conduire à nous interroger sur ces organisations
et sur le syndicalisme lycéen et étudiant. Il faut établir des relations avec
eux et les rencontrer dans un proche avenir.
Motion sur la journée de solidarité :Lundi de
Pentecôte
L’an passé, le gouvernement a mis en place
un dispositif de fausse solidarité en décidant d’accroître le temps de travail
des salariés afin de contribuer au financement du plan vieillissement. Pour les
fonctionnaires, c’est la suppression d’un jour de congé : le Lundi de
Pentecôte.
Suite à la mobilisation des collègues en
2005, l’administration a
« bricolé » des solutions alternatives pour cette année scolaire.
C’est toujours 7 heures de travail gratuit en plus !
Le SNUEP dénonce ces pratiques, exige le
retour à 1600 heures pour les personnels non enseignants et condamne toujours
ce dispositif, qui tourne le dos aux véritables solidarités. La dépendance
mérite une réflexion d’ampleur et de véritables solidarités. Le SNUEP rappelle
sa demande d’une réelle prestation dépendance financée par la sécurité Sociale.
En conséquence, le SNUEP déposera un préavis de grève pour couvrir les collègues
qui seront convoqués ce Lundi 5 juin.
Pour : 18
Contre : 0
Abstention : 2
Refus de
vote : 0
·
Pour
ceux qui seraient convoqués un autre jour : voir comment déposer un
préavis de grève localement, sur notre site.
Rappel : Préavis de grève
Quand ?
Il faut déposer un préavis 5 jours francs avant la grève. En principe, pendant ce délai, l’administration est censée ouvrir des négociations sur les revendications exprimées.
Qui ?
Le préavis doit être rédigé et signé par la personne ayant qualité pour engager le SNUEP.
A qui ?
Le préavis doit être adressé auprès de
l’autorité locale si le jour la grève n’est pas celui du Lundi 5 juin 2006.
Comment ?
Ce préavis doit indiquer le motif, la date, le lieu et la durée. Un avis dans la presse ne constitue pas un dépôt légal de préavis de grève.
Pour l’action à caractère
national du Lundi 5 juin 2006, il est inutile de déposer un préavis localement.
Voir en annexe des exemples de lettre pour déposer un préavis de grève
au plan local ou académique
CONSEIL PEDAGOGIQUE :
UN DEBAT D’ACTUALITE !
La mise en place d’un Conseil Pédagogique dans les
établissements n’est pas nouvelle. Il s’agit de l’application d’un projet de
décret de la loi d’Orientation sur l’Ecole du précédent Ministre de l’Education
et qui avait été abandonné. Le SNUEP avait fait connaître à l’époque ses
analyses lors d’une commission des Lycées du Conseil Supérieur de l’Education.
Lors d’une dernière séance de cette même instance,
Si nous ne devons pas refuser qu’un débat pédagogique au
sens large soit engagé au niveau d’un établissement, il ne saurait entraîner un
renforcement des pouvoirs des chefs d’établissements qui pourraient contrôler à leur
guise l’activité pédagogique de chaque enseignant et même l’activité
disciplinaire qu’ils ne peuvent maîtriser. Le flou sur la mise en place
de tels conseils et la définition de leurs objectifs peut donc entraîner tous
les débordements.
Le Conseil Pédagogique est présidé par le chef
d’établissement et sa composition est inquiétante. Les membres sont désignés par le
Président (des professeurs principaux, un professeur par champ disciplinaire,
un Conseiller Principal d’Education et le cas échéant, le chef de travaux). Il
appartient à chaque établissement de déterminer sur cette base la composition
précise et les conditions de désignation.
La république bananière est donc en marche, la cooptation étant de règle, sauf
si à l’occasion d’une prise de conscience démocratique, un chef d’établissement
souhaitait élire les représentants parmi des volontaires mandatés. On distingue
là les limites d’une telle procédure. Il est clair que très souvent les
représentants ne représenteront qu’eux-mêmes, sauf si l’on met en place des
dispositifs de concertations et si leur
expression correspond à une expression collective.
Les compétences du Conseil Pédagogique sont de préparer la
partie pédagogique du Projet d’Etablissement, de favoriser la concertation
entre les professeurs, de coordonner les enseignements, la notation et
l’évaluation des activités scolaires. Rappelons que le contrôle et l’évaluation
relèvent des compétences de corps existants. Sans règles précises, de telles
attributions sont de nature à nous faire craindre une désorganisation des
équipes éducatives en plaçant les enseignants dans une logique d’exécutants de
directives prônées par une instance non représentative. Sous la pression de
quelques-uns uns, une remise en cause des horaires d’enseignements pourraient
être à l’ordre du jour ainsi que la modification dans l’organisation des
semaines de travail. Cela serait inacceptable.
En matière de
concertation, nous attendons toujours les moyens qui devraient être mis à
disposition des équipes éducatives et les heures qui devraient être intégrées
aux emplois du temps des enseignants afin d’apporter un véritable soutien et
une aide réelle aux élèves. Ce n’est pas une simple réflexion dans une instance
qui est de nature à apporter les réponses que nous attendons.
Les débordements pourraient être d’importance et aucun
dispositif de contrôle n’est prévu. Quel lien sera trouvé avec le Conseil
d’Administration de l’Etablissement, seule instance représentative
actuelle ?
Le Congrès National du SNUEP-FSU sera donc chargé
d’élaborer un mandat très clair relatif au Conseil Pédagogique et de donner des
propositions d’action au niveau de chaque établissement.
Le SNUEP ne saurait accepter que derrière le Conseil
Pédagogique se cachent d’autres intentions comme le contrôle et l’évaluation
des pratiques pédagogiques des enseignants. Il est clair que le Conseil Pédagogique est en
adéquation avec les principes et les méthodes induites par
La vigilance s’impose donc.
Ce n’est pas en divisant les enseignants, en plaçant des
hiérarchies intermédiaires que l’on fera progresser le système éducatif. Le SNUEP
ne peut pas être opposé à une réflexion de pédagogie générale, encore faut-il
se donner les moyens de mettre en place un travail en toute démocratie et
permettre aux enseignants de disposer du temps indispensable. Le Conseil
Pédagogique dans sa forme actuelle ne répond pas à cette attente.
Annexes
Exemples de préavis de grève
1)
dans un
établissement
Lieu, le ………..
à M./Mme le chef d’établissement
adresse de l’établissement
L’an passé, le gouvernement a mis en place un dispositif de
fausse solidarité en décidant d’accroître le temps de travail des salariés afin
de contribuer au financement du plan vieillissement. Pour les fonctionnaires,
c’était la suppression d’un jour de congé : le Lundi de Pentecôte.
Suite à la mobilisation des collègues en 2005, l’administration « bricole » des
solutions alternatives pour cette année scolaire.
Le SNUEP dénonce ces pratiques, exige le retour à 1600
heures pour les personnels non enseignants et condamne toujours ce dispositif,
qui tourne le dos aux véritables solidarités. La dépendance mérite une
réflexion d’ampleur et de véritables solidarités.
C’est pourquoi la section du SNUEP de l’ (établissement) appelle l’ensemble des personnels à ne pas venir travailler la journée du (date complète) et dépose par la présente un préavis afin que les collègues soient, conformément à la réglementation en vigueur, administrativement couverts pour leur démarche.
Je vous prie de croire, Mme/M. le chef d’établissement, à l’expression de mes sentiments respectueux.
Pour la section du SNUEP
Nom Prénom et signature
2) pour une académie
|
Section académique de ……… Tél.fax : ………………………… Site : http://www...........snuep.com Adresse : ………@snuep.com |
FSU
Syndicat National Unitaire
de l’Enseignement Professionnel
Le ……………..
à Monsieur le recteur
de l’académie de ………..
Objet : Préavis de grève
Monsieur le Recteur,
J’ai
l’honneur d’attirer votre attention sur la situation des GRETA de l’académie.
Les projets, en matière de gestion des
personnels, menacent la pérennité de l’emploi des personnels des GRETA, et par
conséquent, l’existence même des GRETA :
- la nouvelle augmentation
des charges sur les postes gagés portant celles-ci à 70 % des salaires risque
d’amener les GRETA à se séparer d’une catégorie de personnels.
-
la nouvelle loi concernant les contractuels soulève de nombreuses inquiétudes
(type de contrat, grille des salaires, avancement, ….). La mise en œuvre de
cette loi laisse craindre que de nombreux collègues se voient notifier leur
licenciement.
Force
est de constater que la présence des GRETA représente un atout majeur dans la
formation des jeunes, des salariés et des demandeurs d’emploi, dans un cadre de
mission du service public, grâce à ses personnels.
Aussi,
la section académique du SNUEP dépose un préavis de grève académique pour la
journée du (date complète, de 8h00 à 19h00), au motif de la situation faite aux
GRETA et à leurs personnels
Je
vous prie d’agréer, Monsieur le Recteur, l’expression de mon attachement au
service public de l’Education nationale.
Pour le bureau
NOM Prénom et signature