n° 051 du 16/06/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Un 2ème congrès du SNUEP stimulant !
Progression
et ambitions !
Le 2ème
congrès du SNUEP s’est tenu à Sablé sur Sarthe du 6 au 9 juin. Progression régulière de ses effectifs au
cours des 3 dernières années, nette augmentation de sa représentativité aux
dernières élections professionnelles, victoire contre le CPE et forte
participation de nouveaux et jeunes militants ont donné de la richesse, du
dynamisme et de la spontanéité aux débats qui,
pour être parfois tendus, n’en furent pas moins très productifs. Tous les
délégués ont eu le souci de faire des propositions pour améliorer l’outil
syndical afin qu’il réponde mieux aux attentes des personnels et soit encore
plus combatif pour résister aux coups portés contre l’enseignement
professionnel public et ses personnels.
Le premier
contact avec le syndicat est souvent du domaine corporatif (mutations,
promotions…). Après le premier service rendu, comment convaincre nos collègues
de rejoindre durablement le SNUEP sinon en montrant toutes les dimensions du
syndicalisme ? Les conditions d’exercice du métier, les pratiques professionnelles
doivent aussi être pleinement prises en compte par le syndicat. De plus en plus
de collègues s’impliquent également dans les questions sociétales qui
concernent l’école, comme actuellement la défense des jeunes scolarisés
« sans papiers » ; en créant dans le secrétariat national le
secteur « laïcité, droits et libertés » le congrès répond à ce
besoin.
A tous les
niveaux et pour faire face à toutes les sollicitations, la formation des
militants conditionne le développement du SNUEP : une commission du BN
sera chargée d’élaborer et de mettre en œuvre une politique de formation des
militants.
Des priorités revendicatives
Le congrès a
dénoncé la survalorisation exorbitante de l’apprentissage, sans aucun rapport avec
la réalité, qui se fait au détriment de l’enseignement professionnel public. Le
SNUEP multipliera les interventions en direction des médias pour tenter de
faire entendre une autre voix sur l’apprentissage, harcèlera les Régions et les rectorats pour
qu’ils organisent la promotion des Lycées professionnels et continuera à agir
pour constituer un large front de défense de
l’enseignement professionnel.
Une autre priorité est la lutte contre la
violence dans l’école. Dans ce domaine, il faut à la fois répondre aux besoins
de sécurité et de sérénité des personnels et des élèves, et rejeter la
politique du « tout sécuritaire ». La voie est étroite mais le
congrès propose une série de mesures susceptibles d’inverser la tendance.
Le congrès a
condamné la montée d’une relative autonomie des pouvoirs intermédiaires, la
gestion du système par le mérite et la contractualisation qui remettent en
cause un paritarisme déjà bien affaibli. Au détour de la réforme de l’Etat
pourrait bien surgir la proposition de rassembler en un seul corps tous les enseignants
du second degré, ce que le congrès a unanimement refusé.
Baisse
des recrutements, refus de remplacer tous les départs à la retraite et de
rattraper la perte de pouvoir d’achat asphyxient les services publics et
réduisent la croissance : une autre distribution des richesses s’impose.
Dans
la foulée du congrès, le SNUEP a participé au lancement, à
Beaucoup
sont revenus dans le débat sur le mouvement victorieux contre le CPE, mais
aussi sur les autres mouvements de jeunes, se demandant s’il y avait une ou des
jeunesses. Il ressort de la majorité, qu’à l’entrée dans la vie professionnelle
avec un emploi stable, il y aurait une sorte de nouvel âge fait d’absence de
statut, de précarité, de discriminations, d’exploitation, de conditions de vie,
de travail et d’études de plus en plus difficiles. C’est contre cela que tous
les jeunes se sont insurgés.
C’est
la raison pour laquelle ils demandent à pouvoir bénéficier d’une allocation
d’autonomie durant cette période. Ce qui va dans le sens de ce que propose le
SNUEP depuis plusieurs années : une allocation d’études pour les jeunes en
formation. Outre cela, il a été aussi beaucoup question de la
professionnalisation des études et d’une approche très critique de
l’apprentissage, à nuancer cependant selon les niveaux. La lutte contre l’échec
scolaire au collège ainsi que la qualité des formations sont également revenus
fréquemment dans le débat.
A
la rentrée, les états généraux se poursuivront de manière décentralisée dans
les Régions, le but étant de faire émerger des revendications fortes pour la
jeunesse, les questions de la formation et de l’enseignement professionnel
étant primordiales, le SNUEP y occupera donc
toute sa place. Il est demandé aux structures locales de se rencontrer pour
préparer des initiatives en associant le maximum d’organisations
Des
contacts ont été pris avec les syndicats lycéens à qui le SNUEP proposera une
rencontre dans les prochains jours.
Une nouvelle circulaire pour
l’AIS :
le SNUEP s’adresse au ministère
Dans
ce projet de circulaire nous demandons que soit rappelé que l’élève de SEGPA
est un collégien comme les autres avec ses droits et ses devoirs et qu’il peut
participer à toutes les activités communes du collège.
L’effectif
des divisions reste « aux environs » de 16 élèves mais le SNUEP exige
un maximum de 16 élèves, indispensable
pour le suivi pédagogique individualisé ainsi qu’un maximum de 8 dans
les ateliers (dédoublement systématique à l’atelier).
La
nouvelle grille horaire ( en
annexe) :
-
les minima
horaires sont revus à la hausse, ce dont le SNUEP prend acte, mais les totaux
de chaque colonne de la grille ne correspondent pas aux chiffres annoncés. De
plus, on ne peut demander à un élève de 3ème de suivre 35h30 de
cours minimum alors que les horaires d’un salarié sont de 35 h00.
-
Dans
cette nouvelle grille il n’est plus fait référence à des groupes d’ateliers
pour les horaires de technologie et de formation professionnelle en 4ème
et 3ème. Nous demandons le rétablissement de cette mention.
La
formation professionnelle en SEGPA est à nouveau affirmée ce qui nous
satisfait, mais le SNUEP regrette que les horaires en 4ème soient en
baisse.
Les
horaires sont donnés par discipline au lieu de blocs de discipline
antérieurement, sauf pour le bloc Technologie, Formation Professionnelle. Nous
demandons que ces deux disciplines soient également séparées.
Flux
des élèves
Nous
nous interrogeons sur la phrase (1.2.1.1.):
« seront
alors envisagés soit le maintien en CM2 soit le passage en 6ème »
Le SNUEP craint que cette formulation masque
une gestion minimaliste et purement comptable de l’offre de formation pour
certains élèves sans tenir compte de leur réel profil.
Accession
à une qualification de niveau V
Les
réalisations effectuées dans les ateliers et les stages d’initiation (en
entreprise ?) sont annoncées semble-t-il dès la première année du cycle
central, c’est-à-dire la 5éme.
Les
élèves seront-ils mis en situation dans les ateliers avant l’âge de 14
ans ?
Avec
quel horaire : 1H30 comme le prévoit la grille ? A la place de la
technologie ?
Nous
nous interrogeons sur la phrase : « Ils développent ainsi leurs goûts
et aptitudes et définissent leur projet de formation ultérieur. »
Signifie-t-elle
que le projet de formation de l’élève doit être défini dès la fin de cette 1ère année de cycle
central ? Veut-on, dès le plus jeune âge, inscrire le jeune dans une
filière professionnelle … pour les
diriger vers l’apprentissage ?
À
propos de la formation dispensée en 4ème, Il est fait référence à
l’article L234-21 du code de l’éducation, mais nous ne l’avons pas trouvé dans
ce même code !
La
formation qualifiante dans les SEGPA a complètement disparu de la grille
horaire. Nous demandons leur maintien car les EREA sont trop peu nombreux pour
faire face au nombre d’élèves ayant besoin d’une poursuite de formation au sein
de structures adaptées, cela réduit l’égalité des chances de ces jeunes.
Le
rôle des directeurs de SEGPA n’est pas suffisamment mis en avant notamment
au cours des informations données aux parents des futurs élèves potentiels de
SEGPA.
Une délégation de
Depuis quelques années, le gouvernement
met en place un arsenal de lois répressives et sécuritaires (loi Perben,
certains volets de la loi Borloo …), s’appuyant sur la peur de l’autre et les
frustrations engendrées par la société de consommation.
Ainsi deux projets de lois sont à
l’étude, un sur la délinquance et l’autre sur l’immigration (Code de l’Entrée
et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile : CESEDA, aujourd’hui en
navette entre les deux assemblées) qui n’ont d’autre but que la stigmatisation
des populations les plus précaires (aujourd’hui 9 millions de personnes sont en
dessous du seuil de pauvreté dont certaines ont un travail salarié).
Les annonces récentes du ministre de
l’Intérieur ne changent pas la philosophie du projet CESEDA et la circulaire
laisse toute latitude à l’arbitraire des préfets. Les régularisations
passeraient de 2% à 6% ! De plus, nous ne pouvons qu’être scandalisés par
l ‘« immigration choisie » qui laisse les salarié-e-s à la merci
des entreprises et pille les cadres des pays en développement. Nous sommes
également inquiets des risques de replis communautaires que le CESEDA peut
entraîner.
Toutes ces mesures visent à durcir les
conditions de vie des immigrés, donc de nos élèves. Certains d’entre eux étant
sans papiers peuvent être reconduits à la frontière sans pouvoir finir leurs
études ! C’est pour cela que des réseaux locaux d’entraide Education Sans
Frontière (RESF) –où nos collègues sont
nombreux- se sont constitués allant jusqu’à la prise en charge des élèves en
situation de reconduite à la frontière.
Lors de son congrès (6 au 9 juin 2006)
le SNUEP a voté l’adhésion à RESF.
En ce qui concerne l’Education
nationale, la loi d’orientation Fillon a déjà rendu les élèves et leurs
familles responsables de l’échec scolaire. Aujourd’hui avec la loi sur la
délinquance, on veut aller encore plus loin en réfutant le secret professionnel
de certains personnels, les obligeant à la délation, au mépris de toute
politique d’éducation et de prévention. Ainsi le rapport Benisti préconise la
mise en place d’un logiciel dans lequel les assistants sociaux consigneraient
le suivi de l’élève, communicable entre autres aux maires.
Nous constatons que les mineurs sont
particulièrement visés avec la réactivation des centres fermés, la création de
prisons et l’abandon de foyers classiques jugés peu rentables.
On entretient l’amalgame entre
difficultés sociales et délinquance.
Nous ne revendiquons pas des postes de
policiers dans nos établissements mais des fonctionnaires, enseignants et non
enseignants, ce qui n’est pas la voie prise par le gouvernement avec la baisse
drastique des postes mis aux concours, le non-remplacement
de tous les départs en retraite et la baisse des Dotations Horaires Globales.
Nous refusons les lois sécuritaires qui
produisent toujours plus d’exclusion et nous demandons de vraies politiques
éducatives et sociales.