n° 052 du 26/06/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Grève en septembre dans l’éducation nationale
Déclaration des fédérations de l’éducation (FAEN, FERC-CGT,
FSU, SGEN-CFDT, UN
Le budget 2007 poursuit l’entreprise de
dégradation du service public d’éducation. Aux dizaines de milliers de postes
supprimés lors des précédentes rentrées s’ajouteront près de 8700 postes (sur
les 15 000 suppressions d’emplois de fonctionnaires) qui manqueront pour
assurer un service public de qualité. Dans le même temps, dans l’enseignement
supérieur et la recherche, les engagements de créations de postes (1500 au lieu
de 3000) ne sont pas tenus.
Ce sont les élèves, les jeunes,
notamment ceux qui sont le plus en difficulté, tout autant que les personnels
qui vont en payer le prix : dégradation des conditions d’enseignement et
de travail, réduction de l’offre d’enseignement, précarité accrue...
Le gouvernement avait déjà abandonné
toute priorité à l’éducation, il continue aujourd’hui de démolir le service
public.
Les fédérations de l’éducation (FAEN,
FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UN
Elles appellent les personnels à se
mobiliser dans une action commune d’ampleur dès la rentrée 2006. Les mauvais
coups ne doivent pas passer. C’est bien l’ensemble de la communauté éducative
qui est concernée. C’est pourquoi elles décident de proposer une rencontre aux
fédérations de parents d’élèves, aux syndicats de lycéens et d’étudiants…
Les fédérations appellent d’ores et déjà à des
rassemblements unitaires le mercredi 6 septembre et à une grève courant
septembre dont la date sera précisée à la rentrée.
Texte action du CDFN de
Audience SEGPA
Suite aux remarques et aux propositions
de modifications que nous avions formulées (voir SNUEPinfos 51), une délégation
FSU a été reçue le 13 juin au ministère pour discuter du projet de circulaire
SEGPA.
Le
SNUEP était représenté par Pascale
Le SNUEP,
très sensible au devenir des SEGPA, a fait des propositions d’amélioration du projet :
-
La possibilité d’accéder, après
-
Le projet de circulaire précise à nouveau que l’élève de
SEGPA est un collégien et qu’il participe comme les autres à la vie de
l’établissement.
-
L’orientation d’un collégien en SEGPA peut se faire à
nouveau à tous les niveaux et pas seulement en fin de 6ème.
-
La nécessité d’un bilan médical avant l’entrée en 4ème
pour suivre une formation professionnelle est reprécisée.
-
Une avancée sur l’effectif par classe a été obtenue
« …[ un effectif moyen et d’environ 16 élèves ] .. » a été remplacé
par « ..[ devrait être au maximum de 16 élèves ].. » (nous avions
proposé « doit être »).
-
Il est précisé que les PLP doivent être prioritaires s’ils
demandent une formation qui mène au 2CA-SH.
-
Les élèves de SEGPA commencent bien leur formation dans les
ateliers à partir de la 4ème.
-
L’EREA n’est plus « une solution dérogatoire
possible » mais redevient un des centres de formation post SEGPA au même
titre que le LP et le CFA.
-
Par rapport au 1er projet l’horaire de formation
professionnelle est passé de 6h à 9h en 4ème et reste de 9h en 3ème.
Le
SNUEP a fait remarquer que cet horaire était insuffisant pour les 3ème
mais est satisfait de l’augmentation de 3 h en 4ème.
Les
propositions faites par le SNUEP semblent avoir été entendues, mais seule
la parution du texte définitif dans un prochain BO permettra de voir si toutes
nos demandes ont effectivement été prises en compte. Restons vigilants !
La vie scolaire en péril ?
La carte des moyens de surveillance et
d’assistance éducative pour 2006-07 est arrivée dans les établissements
scolaires avec non seulement une baisse mais aussi des remarques inquiétantes
sur l’avenir des moyens de surveillance.
Il y a une réelle volonté ministérielle
de remplacer les assistants d’éducation (AED) par des emplois vie scolaire
(EVS), c’est à dire les contrats de droit privé du plan Borloo.
Nous avons deux types d’EVS le contrat
d’avenir (CA) et le contrat d’accompagnement à l’emploi (CAE) qui sont tous les
deux de droit privé, avec des conditions de travail et de rémunération encore
plus défavorables que les AED, qui eux-mêmes étaient déjà en retrait par
rapport aux surveillants (MI/SE).
D’autre part, le recrutement n’a rien à
voir avec celui des surveillants, que ce soit les AED ou les anciens MI/SE,
recherchant plutôt de jeunes étudiants, mais est fait par l’ANPE auprès de
personnes sans emploi, qui rencontrent des difficultés pour trouver du travail.
Nous avons affaire à une entreprise
uniquement préoccupée par la baisse des chiffres du chômage et qui veut faire
jouer aux établissements scolaires un rôle de re-motivation à l’emploi au
détriment des missions de la vie scolaire.
Non seulement c’est mettre en danger la
vie scolaire, ce qui est le cas depuis plusieurs années avec les baisses
d’effectifs, mais c’est aussi un mépris pour le travail des CPE qui sont sensés
encadrer ces personnels. De surcroît, ce n’est pas non plus l’intérêt des
élèves (proximité de classe d’âge, aide au travail, écoute … avec les
surveillants-étudiants) de se retrouver face à des personnes souvent
déstructurées.
Il faut se mobiliser dans les
établissements et refuser de telles procédures, soit lors des derniers CA, soit
à la rentrée.
Audits sur la modernisation de
l’Etat
Déclaration commune :
Les organisations syndicales soussignées ne
cautionneront d’aucune façon les objectifs gouvernementaux visant à réduire de
8500 emplois les effectifs de l’éducation nationale en 2007.
Les conclusions
des premiers audits de modernisation de l’État servent aujourd’hui de point
d’appui au ministre de l’éducation nationale pour justifier une grande partie
des suppressions d’emplois annoncées. Il apparaît publiquement que l’objectif
assigné à ces audits ne vise pas une amélioration qualitative du service public
d’éducation mais une justification à posteriori de décisions d’économie
budgétaire déjà prises par ailleurs.
Nos organisations récusent à l'avance les
conclusions d'audits menées sur de telles bases.
La
modernisation de l’État ne saurait être l’alibi d’une « nouvelle »
purge budgétaire imposée au système
éducatif.
SNUEP, SNES, SNEP, UNSEN-CGT, SE-UN
Intervention
du SNUEP :
Ce
texte présenté lors de l’audit par René
Le SNUEP considère que la seule approche proposée pour cet audit est une approche comptable visant à rentabiliser la voie professionnelle du Service Public et Laïque. Il semble que les objectifs de cet audit justifient des décisions budgétaires déjà prises, qui font passer l’amélioration du Service Public de l’Enseignement Professionnel au dernier plan. Nous ne pouvons l’accepter car cela serait faire l’impasse sur les objectifs de l’Education Nationale qui doit prendre en compte la totalité d’une classe d’âge en gérant ses difficultés. C’est aussi faire l’impasse sur la véritable mission des Lycées Professionnels qui est de donner une formation initiale à tous, formation générale, citoyenne, professionnelle. La formation professionnelle ne saurait se concevoir sans une formation générale et sans une formation professionnelle théorique. Les Lycées Professionnels doivent poursuivre les apprentissages des savoirs fondamentaux, notamment pour les premiers niveaux de qualifications (CAP, BEP, BAC Pro.)
L’approche purement comptable mettrait en péril, si elle était mise en œuvre, l’enseignement public par rapport à l’enseignement privé qui proposera aux familles d’autres conditions pour accueillir les élèves. Le SNUEP relève que les termes mêmes de l’audit portent en leur sein des réponses, en parfaite adéquation d’ailleurs, avec les objectifs gouvernementaux, européens et les objectifs de la lolf visant à porter atteinte, à terme, aux lycées professionnels.
L’enseignement professionnel est un
enseignement spécifique, son succès résulte de cette spécificité.
Il est mentionné que l’enseignement professionnel est caractérisé par une très grande diversité des spécialités pour les CAP, les BEP et les Baccalauréats Professionnels. C’est un atout incontestable qui a été source de richesse pour une offre de formation dont l’objectif est la réussite du plus grand nombre en adéquation avec les besoins de formation.
Il
est totalement inexact d’affirmer que l’horaire hebdomadaire des lycéens est
lourd. Les lycées professionnels ont subi ces dernières années des réductions
d’horaires drastiques au détriment des objectifs pédagogiques ce qui a entraîné
une déprofessionnalisation de certaines formations. Certaines disciplines ne
disposent plus d’un quota horaire acceptable, au regard des exigences.
Ce
n’est pas la spécialisation fine des enseignements qui rend difficile les
modifications d’orientation, mais plutôt pour de nombreuses spécialités, le
manque de section d’accueil dans un périmètre acceptable et les réductions
massives de moyens constatées ces dernières années. Ce n’est pas, non plus, l’ajustement entre le potentiel enseignant et
les besoins de formation qui sont source de difficultés, mais la substitution
progressive des enseignants formés par des personnels précaires exploités auxquels
l’on ne propose aucune perspective viable.
La tâche des professeurs de lycée professionnel est de plus en plus difficile. En plus de l’évolution des publics et de la traduction des phénomènes de société, qu’il faut bien gérer, ils doivent s’acquitter, en plus de leurs cours et de leurs préparations, à de multiples tâches qui monopolisent leur temps : projets pluridisciplinaires, contrôle en cours de formation, contact avec les entreprises, organisation et contrôle des périodes de formation en milieu professionnel, modules complémentaires, travaux d’équipes,….
La voie professionnelle exige des enseignants qualifiés, dominant leur discipline et tout autre concept ne peut qu’amoindrir cette pertinence.
Affirmer sans explication qu’un pourcentage important d’heures d’enseignement sont délivrées devant des groupes de moins de 10 élèves relève de la manipulation.
Il s’agit là, soit d’une méconnaissance totale de la voie professionnelle, soit d’une recherche effrénée d’arguments pour justifier les réductions de moyens. Des sections sont ouvertes en liaison avec les branches professionnelles et en fonction de l’adéquation avec les possibilités de débouchés. Dans beaucoup de cas, la limitation des effectifs en groupe s’est imposée pour des raisons de sécurité. L’enseignement professionnel, c’est tout de même autre chose qu’un cours traditionnel dispensé à une classe de 24 ou 32 élèves.
Une adéquation trop rigide entre l’offre d’enseignement et les débouchés serait une erreur pour les premiers niveaux de qualification.
Encore une fois, l’on confond ici des dispositifs de formation avec l’enseignement professionnel qui doit gérer la formation générale, citoyenne et professionnelle, avec toutes ses exigences, afin de donner à tous une assise réelle de formation, destinée à l’évolution future de la jeunesse, dans le cadre de l’éducation tout au long de la vie. Le développement des technologies impose des hauts niveaux de qualification dans toutes les disciplines.
Le regroupement de filières, outre les difficultés rencontrées par les établissements, rend illisible l’offre de formation et ne permet pas un enseignement ciblé sur la spécificité professionnelle. Cela est d’ailleurs contradictoire avec les contenus de formation propres à chaque diplôme.
L’apprentissage permettrait d’accroître le taux d’insertion des jeunes : Cela n’est pas la réalité ! Plusieurs rapports contestent cette affirmation, comme le dernier rapport de l’INSEE qui mentionne qu’une formation en Lycée Professionnel est préférable, même en cas de chômage. Il est indispensable de rappeler que ce n’est pas un dispositif de formation qui permet une insertion durable, mais la capacité des entreprises à créer des emplois stables. Ce n’est pas une accumulation de contrats d’apprentissage (dont l’avenir est incertain) qui feront progresser l’économie du pays. Encore une fois, tous les moyens sont bons pour tenter de justifier à posteriori le dogme gouvernemental.
L’obligation
de résultats immédiats est suicidaire pour notre société.
Il ne faut pas
oublier les objectifs pédagogiques de la voie professionnelle, les possibilités
de poursuites d’études pour un nombre sans cesse croissant de lycéens et ne pas
faire reporter les difficultés d’insertion sur l’Ecole. Chaque futur salarié
doit pouvoir bénéficier d’une formation initiale la plus large possible pour
pouvoir appréhender l’avenir : C’est
une des missions de l’État !
Quelques économies à court terme au niveau du système éducatif risque de lui coûter très cher dans les années futures. Elles pourraient constituer une véritable bombe à retardement et il sera alors trop tard.
Le SNUEP n’est pas dupe des tentatives de remise en cause du statut des personnels sous couvert de réorganisation de la semaine scolaire.
Conscient de
l’objectif de cet audit aux conclusions affichées, le SNUEP-FSU affirme qu’il défendra, avec les personnels, la voie
professionnelle et qu’il restera fidèle à ses objectifs en matière d’Education
et de Formation initiale.
CONSEIL NATIONAL DE
INFOS !
La dernière séance du CNFPTLV s’est déroulée le jeudi 21 juin.
Le SNUEP était représenté par
René
L’ordre du jour comportait entres autres l’élaboration des recommandations du Conseil en matière de Validation des acquis de l’expérience, le projet de travail avec les CCREFP, le fonctionnement du Conseil et des projets de conventions de CFA à recrutement national présentés par l’Education nationale.
Des points fondamentaux qui
concernent pleinement le SNUEP !
Un compte rendu sera présenté
lors du prochain Bureau National.
MANIFESTATION NATIONALE A PARIS
le 1er juillet
CONTRE LES EXPULSIONS D’ELEVES
A l’appel de
Départ 15h place de
Affectation des stagiaires
2006/07 (BO n° 9 du 2 mars
2006)
A la rentrée prochaine, que vous soyez
stagiaire IUFM, stagiaire en situation ou en report de stage, votre situation
administrative et, donc, votre affectation seront décidées en juillet/août à
l’occasion d’une CAPN (Commission Administrative Paritaire Nationale).
Le SNUEP siège dans ces deux
commissions (celle des CPE et celle des PLP) et est là pour assurer votre
défense.
Calendrier
prévisionnel :
CPE :
lundi 17 juillet
PLP : première semaine d’août (date
non encore connue)
Lisez le « quatre pages » spécial stagiaires 2006/07
sur le site www.snuep.com
Téléchargez
la
fiche syndicale d’affectation (espace corpo, onglet « stagiaires »).
Pour être bien informé(e), notamment
sur vos droits, contactez-nous au siège national :
Une adresse : 12, rue
Cabanis75 014 PARIS 01 45 65 02 56 fax : 01 45 65 06 09
(permanences 9 h30 – 17h00, jusqu’au 7 juillet puis le jour de chaque
commission)
Un site :
www.snuep.com
Un
courriel : snuepnat@snuep.com
Intégration
à l'université
La loi sur l’Ecole de 2005 prévoit
l’intégration de l’IUFM dans l’université (avant mai 2008) et un cahier des
charges des formations devrait fournir un cadrage national pour les universités
qui intégreront les instituts.
Trois IUFM : Reims, Limoges,
Le
congrès affirme :
« Le projet d’intégration des IUFM
à l’université soulève des inquiétudes quant aux moyens financiers qui seraient
en diminution et aux contenus pédagogiques dispensés ainsi que sur son
autonomie de décision. Le SNUEP s’inquiète quant à cette intégration et
veillera à ce que la spécificité des PLP ne soit pas diluée».
(Sablé sur Sarthe – 9 juin 2006
)