n° 053 du 30/08/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Communiqué du
SNUEP sur la rentrée
8700
postes en moins dans l’enseignement (25 000 depuis 4 ans), réduction de 30 % du
nombre de stagiaires PLP à cette rentrée : côté ministre de l’Education
Nationale on appelle cela optimisation des moyens ; alors que ses services
ne prévoient pas une baisse des effectifs élèves en lycées professionnels (ils
étaient en augmentation à ces 2 dernières rentrées).
Côté « personnels et élèves »,
on constate une dégradation accélérée des conditions de travail,
d’études et de la qualité de l’enseignement :
·
Réduction de l’offre de
formation : de plus en plus d’élèves ne trouveront pas de place dans la
spécialité qu’ils ont choisie.
·
Regroupements arbitraires de
sections ignorant les impératifs pédagogiques ; remplacements « de
Robien » au mépris de la qualification des enseignants.
·
Réduction de l’encadrement en
personnels qui ne permettra pas, notamment dans certains établissements, de
faire face aux besoins réels et à la montée de la violence.
·
Recours de plus en plus massif à
des personnels précaires (notamment le recrutement de 50 000 emplois vie scolaire employés à mi-temps pour
10 mois) pour masquer à l’opinion la pénurie de personnels qualifiés, alors que
la voie professionnelle devrait disposer de professeurs titulaires formés au
plus haut niveau.
Le
ministre est beaucoup moins regardant sur la débauche de moyens accordée à la
promotion et au développement de l’apprentissage par l’Etat et les Régions.
C’est aussi à cette rentrée qu’il met en place « l’apprentissage
–junior », condamné par une immense majorité d’organisations, y compris
patronales, et qui va soustraire une partie de la jeunesse à la scolarité
obligatoire et donc à une formation générale et professionnelle de qualité.
Les
choix politiques et budgétaires sont en train de sacrifier le service public
d’éducation et encore plus l’enseignement professionnel public qui subit la
concurrence totalement faussée de l’apprentissage.
Contre ces orientations éducatives le SNUEP
appelle les personnels à se mobiliser et à participer massivement :
·
le 6 septembre aux rassemblements
devant les rectorats
·
A la grève
fin septembre (la date sera fixée le 31 août)
à
l’appel des fédérations de l’enseignement (FSU, Ferc-CGT, UNSA-Education,
SGEN-CFDT) ; des parents d’élèves (FCPE) et des organisations lycéennes et
étudiantes (UNL, FIDL, UNEF).
Le
SNUEP appelle également à maintenir la vigilance pour empêcher les
expulsions injustes et inhumaines d’élèves sans-papiers aux côtés, notamment,
de Réseau Education Sans Frontière.
Le
Secrétariat National Paris le
30 Août 2006
Affectation des stagiaires à la
rentrée 2006 :
déclaration du SNUEP à la CAPN
Nous tenons en premier lieu à
réaffirmer notre attachement au paritarisme, y compris pour les Groupes de
Travail comme celui-ci. En effet l’affectation des stagiaires est généralement
améliorée à l’issue du groupe de travail : cela justifie amplement leur
maintien.
Hélas,
l’administration ne montre pas le même attachement au paritarisme : sachez
que toute nouvelle tentative de suppression de ces réunions serait mal perçue
par le SNUEP et les personnels.
Le SNUEP dénonce la suppression de plus
de 5000 emplois d’ enseignants du second degré.
Comment
répondre aux attentes des élèves et de leurs familles ? Comment relever le
défi qui s’annonce dans l’Education nationale ?
Le
déficit de postes ne pourra qu’entraîner une dégradation de l’encadrement,
lourde de conséquences pour le bon fonctionnement des établissements.
Le projet d’intégration des IUFM à
l’université soulève des inquiétudes quant aux moyens financiers qui seraient
en diminution et aux contenus pédagogiques dispensés ainsi que sur son
autonomie de décision. Alors que l’intégration pourrait être une nouvelle étape
pour la formation des enseignants en adossant plus fortement la formation à la
recherche, les seules propositions connues conduisent vers une coupure aggravée
entre la formation théorique et la formation professionnelle des futurs
enseignants.
Nous
nous inquiétons et nous veillerons à ce
que la spécificité des PLP ne soit pas diluée.
MOTION du BN
sur le CONSEIL PÉDAGOGIQUE
La
loi d’orientation sur l’école prévoyait l’instauration d’un conseil
pédagogique, abandonné par le projet de décret sur les EPLE, puis remis au goût
du jour par la circulaire de rentrée 2006 qui en fixe les modalités de
fonctionnement.
On
pourrait se féliciter qu’un débat relatif à la pédagogie générale soit engagé
dans les établissements, mais dans les faits quelle sera la fonction réelle de
ce conseil ?
Il
renforce indéniablement les pouvoirs du chef d’établissement qui le présidera et aura toute
latitude pour désigner les membres qui le composent.
On
voit bien une première dérive de par sa composition, la cooptation devient la
règle !
Signalons
au passage que rien n’interdit au chef d’établissement de faire procéder à des
élections afin d’avoir auprès de lui des volontaires mandatés par leurs
collègues.
Quel
que soit son mode de désignation, le conseil pédagogique aura pour tâche de
traiter la partie pédagogique du projet d’établissement, de favoriser la
concertation, de coordonner les enseignements, la notation et l’évaluation des
activités pédagogiques.
Ici
apparaît d’autres dérives possibles : les membres du conseil pourraient se
substituer aux corps existants qui traitent déjà du contrôle et de
l’évaluation.
Quel
devenir pour la liberté pédagogique et éducative des enseignants et des conseillers
d’éducation ?
Les
établissements fonctionnent depuis le 1er janvier 2006 dans le cadre
de la LOLF qui impose entre autre des objectifs de productivité. Elle fixe les
objectifs nationaux qui sont repris par les académies et seront logiquement
soutenus par les conseils pédagogiques.
Dans
une logique où la « méritocratie » permet seule d’accéder à une
promotion, comment discuter une remise en cause des horaires d’enseignement, la
modification dans l’organisation des semaines de travail ou des structures
de l’établissement ?
Ce
dispositif établira une hiérarchie intermédiaire qui dégradera les relations entre
collègues en introduisant des divisions voire des rivalités au sein des équipes
éducatives.
On
voudrait encore dégrader nos conditions de fonctionnement que l’on ne s’y
prendrait pas autrement !
Même
si cette instance n’a pas de pouvoir décisionnel, elle jouera un rôle d’expert
et de conseil et influencera inévitablement les décisions du CA, dont le
fonctionnement démocratique est loin d’être satisfaisant.
Pour
ces raisons le SNUEP-FSU rejette ce nouveau dispositif et appelle les
personnels à mettre en échec l’installation d’un tel conseil.
BN du 06/07/06, adopté à l’unanimité.
Article L421-5 du code de l’Éducation
Dans chaque établissement public local d’enseignement, est institué un
conseil pédagogique. Ce conseil, présidé par le chef d’établissement, réunit au
moins un professeur principal de chaque niveau d’enseignement, au moins un
professeur par champ disciplinaire, un conseiller principal d’éducation et, le
cas échéant, le chef de travaux. Il a pour mission de favoriser la concertation
entre les professeurs, notamment pour coordonner les enseignements, la notation
et l’évaluation des activités scolaires. Il prépare la partie pédagogique du projet
d’établissement.
Motion du BN
« bilan du congrès »
Faire le bilan du congrès à pour objectif d’en tirer tous
les enseignements en vue soit de les mettre en application dès ce BN
(installations des nouveaux secteurs et commissions) soit de lister les
problèmes rencontrés. La commission « prochain congrès avec évolutions
éventuelles des statuts » devra commencer à y réfléchir sereinement et, le
moment venu, faire des propositions pour améliorer tout le déroulement du
prochain congrès, phase préparatoire comprise.
Ce congrès marque une étape dans
l’évolution du SNUEP. Notre progression en effectifs, en représentativité et en
structuration de nouvelles académies s’est traduite au congrès par une part
importante de nouveaux et jeunes militants qui ont insufflé, par leur
implication dans les débats, dynamisme et spontanéité. Cet apport, qui a pu à
certains moments bousculer nos habitudes, a fait prendre conscience à tous de
la réalité de notre progression et de la nécessité de faire évoluer l’outil syndical
vers :
Les profils des adhérents au SNUEP se diversifiant,
induisent à l’interne des positions qui peuvent être différentes, voire
divergentes ; c’est la réalité du pluralisme qui a pu se vérifier au
congrès. Il faut à la fois permettre l’expression diversifiée des points de vue
et réaliser des synthèses. La règle des 70% a bien fonctionné puisque tous les
textes ont pu être adopté.
Dans les commissions les débats ont été
intenses et ont produit à travers toutes les motions un incontestable
approfondissement de nos mandats, mais le débat général sur le rapport
d’activité a été escamoté. Ce qui résulte certainement de l’absence de
discussion sur les problèmes de fond et sur l’orientation dans le processus
préparatoire au congrès. Les questions de forme ont fait passer au second plan
les questions de fond. C’est une insuffisance importante qui fait que des
points essentiels n’ont pas pu être appréhendés dans leur globalité et sous
tous leurs aspects. Le débat sur la politique du syndicat est primordial il
faut absolument trouver les moyens d’y impliquer le maximum d’adhérents et de
militants, donner un sens réel à leur vote et clarifier les processus de « sélection »
et d’élection des responsables. La volonté de transparence impliquera également
de trouver le cadre et les conditions d’une d’expression plus directe des
critiques qui peuvent être formulées aux uns ou aux autres. Sur l’ensemble de
ces points la commission « prochain congrès avec évolutions éventuelles
des statuts » devra faire des propositions au moins un an avant l’échéance
du futur congrès.
Le cadre du congrès était agréable et
pratique, son organisation tout à fait satisfaisante. Il aurait fallu plus de
temps entre les commissions et leurs rapports en assemblée plénière et préciser
les modalités de présentation des amendements. L’innovation de la projection
des motions constitue une grande première à reproduire (et à exporter !).
Ce congrès s’est déroulé pour un coût relativement modeste mais au prix d’une
grosse dépense d’énergie de l’équipe d’organisation qu’il faut encore
remercier !
BN du 6 07 06, adopté à l’unanimité