n° 056 du 13/10/2006 FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Comptes
rendus d’audiences
Dans les délégations fédérales, le
SNUEP était représenté par René
Auprès du ministre De Robien sur la
carte scolaire :
La délégation a rappelé qu’il ne
s’agissait pas de supprimer ou d’assouplir la carte scolaire, mais d’améliorer
les dispositifs afin d’éviter les multiples contournements, très variables
selon les lieux, les niveaux et les types d’établissements.
La FSU a proposé que :
·
des
formations plus innovantes soient implantées dans les zones difficiles,
·
la hiérarchisation des établissements
soit abandonnée,
·
un état des lieux précis soit fait
avant toutes nouvelles décisions,
Pour
la FSU, d’éventuelles nouvelles dispositions doivent aller dans le sens de la
réduction des inégalités et le renforcement des moyens dans les ZEP.
Auprès du Président de l’Association
des Régions de France (ARF) :
Sur la Validation des Acquis de
l’Expérience, la FSU a rappelé sa demande de création d’un service public de la
VAE, son attachement aux diplômes nationaux et son opposition à la généralisation
de l’inscription des Certificats de Qualification professionnelle.
Un autre dossier délicat était à
l’ordre du jour : la sécurisation des parcours professionnels. Il
s’agirait de tenter de concilier flexibilité des entreprises et protection des
salariés tout au long de son parcours professionnel. La place de la formation
sera centrale, mais compte tenu du climat social actuel, le risque sera grand
de faire reporter les difficultés des salariés sur…les salariés eux-mêmes.
Auprès du cabinet de Azouz BEGAG :
La discussion a porté sur les discriminations et la
diversité puisque A. Begag lance en Octobre un
"Tour de France de la diversité" qui consistera à rencontrer des
chefs d'entreprises et à aller dans des ... CFA ! Il a fallu que Gérard
Aschièri dise et redise plusieurs fois
qu'ils feraient bien d'aller dans des LP ! Le thème "promouvoir les bonnes
pratiques de recrutement des jeunes issus des quartiers défavorisés"
La délégation a abordé :
· l'apprentissage et les discriminations qui y sont liées: sexistes, géographiques ou ethniques ;
· la carte scolaire ;
· les émeutes des banlieues et le fait que des écoles avaient été mises à mal ;
· la diversité dans le recrutement des enseignants et notamment l'intérêt des pré-recrutements
· l'orientation
· l'existence ou l'absence des passerelles entre les diverses voies d'enseignement
· la place de la FSU dans le paysage et notamment les structures dans lesquelles elle est admise ou pas, pour être en contact avec le patronat ou les autres organisations.
Motion du Conseil
National du 5 octobre
Sur le thème 1 du congrès de la FSU
Le thème 1 sur l’éducation
Sur l’enseignement professionnel et
l’apprentissage le texte reprend largement les motions des CDFN et le document
sur le mémorandum auxquels le SNUEP avait largement contribué. Il y a là une
incontestable avancée de la FSU sur ces questions, le SNUEP s’en félicite.
A
propos des difficultés scolaires et du collège, ces problèmes cruciaux pour
l’avenir du système éducatif se posent aujourd’hui avec beaucoup plus d’acuité
pour les PLP et l’enseignement professionnel, en effet :
·
Le maintien en échec, pendant de
longues années au collège, d’une partie des élèves qui arrivent en LP, conjugué
à une réduction drastique des moyens de ces derniers, font que la remotivation
et la réussite de beaucoup d’entre eux est de plus en plus incertaine et que de
ce fait, cela crée de fortes tensions dans beaucoup de classes, peut-être une
des sources de violence.
·
Les derniers gouvernements ont pris
prétexte de l’échec d’une partie des élèves, pour les sortir précocement du
collège. L’apprentissage-junior, fortement condamné par le SNUEP, la FSU et
beaucoup d’autres, remet en cause un acquis historique de l’éducation,
l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans. Il menace également de saper le vivier de
l’enseignement professionnel public qui, confronté à une offensive sans
précédent de promotion et de développement de l’apprentissage, voit sa
pérennité remise en cause.
·
Après 10 ans de stagnation le système
éducatif est sur la pente des régressions et renoncements. Les 15, 20, 25 %
d’élèves aujourd’hui en échec sont la clé du redémarrage ou du recul du système
éducatif. Peut-on oui ou non tous les faire réussir ?
·
La FSU dit oui, veut porter à 18 ans
l’obligation scolaire et propose que tous les jeunes puissent accéder à un
niveau de culture de niveau Bac. Mais ces propositions actuelles sont-elles
suffisantes et suffisamment convaincantes ?
Le scepticisme et le découragement
s’installent chez beaucoup de nos collègues. Parce qu’ils ne voyaient pas
quelles alternatives claires opposer à la loi Fillon, ils ne se sont que
faiblement mobilisés contre elle.
Pour redonner confiance aux
enseignants, pour rendre crédibles les objectifs qu’elle fixe pour le système
éducatif, le congrès de la FSU doit envoyer un message fort, qui dise
clairement et précisément les mesures qu’elle propose pour les élèves en
difficulté, et faire barrage aux régressions et à l’apprentissage-junior.
Sachant qu’à ce sujet les mandats des composantes fédérales peuvent
être différents le congrès sera face à
un dilemme :
Qu’on
ne s’y trompe pas, si à ce moment du débat dans la FSU, le SNUEP estime que le
slogan « un Bac pour tous ! »
manque de crédibilité, le SNUEP est convaincu que l’on pourrait amener
la quasi totalité d’une classe d’âge au niveau Bac (ou l’équivalent pour les
secteurs professionnels qui n’offrent pas ce diplôme). Cette affirmation ne
relève pas, pour notre syndicat, du volontarisme ou d’un quelconque
positionnement idéologique mais de l’expérience de l’enseignement professionnel
public. En effet la dernière phase de démocratisation, qui remonte à plus de 20
ans, a été portée essentiellement par l’enseignement professionnel avec la
création des bac pro. Ce qui a été possible pour les uns, devrait l’être pour
la dernière fraction qu’il reste à faire réussir, à condition qu’on ne veuille
pas les maintenir à tous prix dans les souffrances et la démotivation de
l’échec, au seul prétexte de satisfaire des principes idéologiques qui entrent
de plus en plus en contradiction avec la réalité. .. et l’histoire puisque tout
nouvel de élan de démocratisation n’a pu s’accomplir chaque fois que par une
nouvelle étape de diversification du système éducatif.
Dans
les congrès de la FSU le SNUEP fera les propositions suivantes à trois
niveaux :
1) Une
part de la difficulté scolaire est liée à la paupérisation croissante de
couches de plus en plus larges de la population, à l’absence d’espoir en terme
d’emploi et d’amélioration des conditions de vie. Le redémarrage du système
éducatif dépend aussi d’un changement des politiques sociales, d’un retour au
plein emploi et d’une réelle volonté de relancer une politique volontariste de
démocratisation de l’école . Dans le débat national qui s’ouvre, la FSU devra
faire connaître, le plus fortement possible les propositions alternatives
relevant de ses compétences.
2) Il
n’y a pas de remède miracle et unique aux difficultés scolaires qui sont
d’origines multiples. De l’école
primaire au collège, le dépistage des difficultés par des équipes
pluridisciplinaires et leur traitement par de multiples formes de soutien sont
indispensables. La diversification des méthodes et pratiques pédagogiques dans
le sens d’une approche des savoirs plus expérimentale et plus concrète
permettrait sans doute de raccrocher plus d’élèves à la réussite. L’introduction, pour tous, de savoirs à base
technologique peut être tout aussi formateur que les autres et leur donner du
sens.
3) Au
collège, et au cas par cas, pour les élèves qui, manifestement, ne profitent
plus des enseignements ordinaires et sont aussi imperméables à toutes les
formes de soutien traditionnel, il faut rechercher avec eux et leur famille
d’autres possibilités d’études et leur proposer des solutions dans le cadre du
service public d’éducation. Pour cela et bien que l’enseignement professionnel
n’ait pas pour principale fonction le
traitement de la difficulté scolaire, on pourrait, néanmoins, s’inspirer de son
expérience : les enseignements professionnels, comme matières principales,
permettent en général une remotivation des élèves réputés jusqu’alors en
difficultés ( à condition toutefois
qu’ils ne soient pas restés en échec trop longtemps et n’aient pas une image
trop négative d’eux-mêmes). Au-delà du « professionnel »
l’expérience pourrait s’étendre à d’autres domaines de connaissances : arts,
sports, nature et environnent, sécurité-aide aux personnes-humanitaire, langues
vivantes… mais aussi aux grandes familles de métiers sans donner de caractère
professionnalisant. Il s’agirait alors de construire avec l’élève un parcours
d’études fondé sur son centre d’intérêt, susceptible de le remotiver, de lui
faire retrouver le sens des études et de l’amener au niveau BAC ou à défaut,
dans certains domaines, de ne pas le lâcher sans une qualification et un
diplômes de niveau V. Par une pédagogie adaptée et au moyen d’un support basé
sur le centre d’intérêt de l’élève, il s’agirait, en respectant ses rythmes, de
lui faire acquérir peu à peu les mêmes contenus d’enseignement que le parcours
classique et cela dans toutes les matières afin qu’ils puissent rejoindre
éventuellement, et à tout moment de son parcours, l’une des 3 voies. Les élèves
qui choisiraient ces parcours seraient regroupés dans de petites structures,
bien encadrées, implantées dans des collèges ou Lycées présentant les
compétences et les matériels liés aux domaines de connaissances. La
formation pourrait comprendre des
périodes d’immersion dans les milieux qui relèvent des domaines choisis, bien
suivis et exploités pédagogiquement par les enseignants.
Ces
structures qui, certes, sortiraient quelques élèves du moule unique mais les
garderaient dans le service public
d’éducation, ne seraient-elles pas préférables à l’apprentissage, lequel
n’est pas, pour le SNUEP, un moyen de diversification (tout au moins au niveau
V et IV) mais le moyen d’exclure de plus en plus de jeunes de plus en plus tôt
de l’école laïque.