n°066 du 15/02/2007
FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Après le succès de
la grève du 8 février,
Les suites de
l’action
CNGA,
FEP-CFDT, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNALC-CSEN, SNLC-FAEN,
SNEP-FSU,
SNES-FSU, SNETAA EIL, SNFOLC, SNPEFP-CGT, SNUEP-FSU, SUNDEP, UNSEN-CGT
Publication du Décret de Robien
Face à la provocation,
le second degré encore plus déterminé
Le
Ministère de l’Education nationale a annoncé la publication imminente au
journal officiel du décret sur les obligations de service des enseignants du
second degré (1).
Ce
décret fait pourtant l’objet d’un refus de l’ensemble de la profession qui
s’exprime avec force depuis maintenant cinq mois.
Officialisant
ce texte au lendemain d’une grève qui a
rassemblé comme celle du 18 décembre plus de 50% des personnels des lycées et
collèges, et à la veille du début des vacances par zone du mois de février, le Ministre de l’Education nationale, G. de
Robien, qui n’a cessé de nier la mobilisation et d’en dénigrer les raisons, se
livre ainsi à une nouvelle provocation.
Refusant toute
prise en compte des demandes des personnels et de l’intersyndicale du second
degré, s’obstinant à évoquer son souci de l’équité quand il ne s’agit que de se
donner la possibilité de supprimer des postes à n’importe quel prix, G. de
Robien n’a cessé d’afficher son mépris pour les enseignants. Il porte
aujourd’hui l’entière responsabilité d’un risque majeur de détérioration de la
situation dans les établissements.
La détermination
des personnels, comme celle de l’intersyndicale du second degré, reste entière.
L’action va se poursuivre, pendant la période des vacances de février et au
delà, avec toujours les mêmes objectifs :
L’intersyndicale du
second degré
L’intersyndicale
appelle les personnels à se réunir en AG pour organiser leur protestation
auprès du Ministre (motions, pétitions, etc…), pour s’adresser aux parents
d’élèves afin d’expliquer le sens de leur combat et pour débattre des modalités
de mise en œuvre des actions proposées.
(1) décrets
publiés au JO du 13 février 2007-02-15
·
Communiqué de l’interféfédérale de
l’éducation
FAEN, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education
Après le 8 février : les personnels n’en resteront
pas là
Les
fédérations de l’éducation, FAEN,
FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-Education considèrent que la journée de grève et
de manifestations du 8 février a constitué un succès marquant la détermination
de personnels à obtenir satisfaction sur leurs revendications : la défense du service public d’éducation, le
refus des suppressions de postes, les salaires et l’emploi, le retrait des
mesures autoritaires imposées par le ministre (
notamment projet de décret sur les obligations de service et projet de décret sur les EPEP... )
Or
le ministre refuse obstinément d’entendre ; pire, il se livre à une
véritable provocation en annonçant par
exemple la publication imminente au journal officiel du décret sur les
obligations de service des enseignants du second degré. Il porte aujourd’hui
l’entière responsabilité d’un risque majeur de détérioration de la situation
dans les établissements. L’action ne peut que se poursuivre.
Les
fédérations appellent à amplifier les
actions locales. Elles invitent leurs
organisations dans les départements et les académies à prendre, dans la période
du 12 février au 9 mars, des initiatives communes (grèves, manifestations,
rassemblements, etc.) en liaison, notamment, avec les réunions des Comités
techniques paritaires, comme c’est déjà les cas dans les académies de Lille,
Aix-Marseille, Rouen. Elles se retrouveront début mars pour envisager une
nouvelle initiative nationale pour l’ensemble de l’éducation si le ministre
persiste dans son refus d’entendre les revendications.
·
Réunion des fédérations de la Fonction
publique :
Les six fédérations de fonctionnaires
CGT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFTC ont décidé le 16 février d’adresser une
« lettre ouverte » au premier ministre. Elles dénoncent le mutisme du
ministre de la fonction publique après la forte mobilisation du 8 février
dernier. Elles demandent au premier ministre l’ouverture immédiate de
négociation et donc un arbitrage avant le 2 mars 2007 pour régler le
contentieux salarial et lancer une véritable refonte de la grille indiciaire de
la Fonction publique permettant une réelle reconnaissance des qualifications et
un développement des déroulements de carrière. Il s’agit également de défendre
l’emploi publique par un gel immédiat des suppressions en cours et des
créations statutaires partout où cela s’avère nécessaire et d’améliorer
immédiatement les conditions de vie et de travail.
Les six fédérations se réuniront dès
le 5 mars pour faire le point et décider, si le premier ministre ne répond pas
à leur demande, des suites à donner à la mobilisation du février. Elles
n’excluent pas dans ce cadre, un nouvel appel à la grève ;
Le Premier Ministre doit
rendre justice à Roland VEUILLET et mettre fin à l’entêtement du Ministre
de L’Education Nationale
Roland Veuillet,
Conseiller Principal d’Éducation, a été sanctionné en 2003 par une
« mutation d’office » de Nîmes à Lyon. Il s’agissait à l’évidence de
réprimer les activités militantes et syndicales d’un collègue.
Depuis lors, Roland Veuillet a reçu
l’appui d’un certain nombre d’organisations syndicales.
A l’issue de plusieurs actions et
recours de Roland Veuillet, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’état
(CSFP) s’est prononcé le 25 janvier 2005, pour l’annulation de toute forme de
sanction à l’encontre de ce collègue.
Mais la sanction n’est toujours pas
levée, plus de trois ans après la décision disciplinaire et prés de deux ans
après l’avis du CSFP, il est toujours à Lyon, loin de son poste de l’époque.
Aujourd’hui, après 48 jours de
grève de la faim, Rolland Veuillet est hospitalisé et sa vie est en péril
car le Ministre De Robien persiste dans l’entêtement et le cynisme en faisant
état d’un « abandon de poste ».
Le SNUEP.fsu s’associe aux démarches entreprises et aux
communiqués publiés par la FSU, le SNES et d’autres organisations syndicales.
Le SNUEP demande au Premier Ministre
de ne pas attendre qu’il soit trop tard pour prendre lui-même la décision qui
s’impose en prononçant enfin l’annulation de la sanction qui frappe Rolland
Veuillet.
Mutations : Calendrier du
mouvement
Suite à notre demande en
intersyndicale, la commission de ce 8 février est reportée au 6 mars à 14 h.
( on peut penser
que cela ne changera plus….)
CPE : Mercredi 21 mars matin
PLP : Mercredi 21 mars après-midi - Jeudi 22 et
vendredi 23 mars
Permanence au national
de 9 h 30 – 23 h pendant ces trois jours.
Numéros de téléphones à
utiliser par tous les collègues :
08 72 90 42 11 - 01 45 80 14 95 - 01 45 65 02 56 - 01 45 65 02 69
Les
demandes de mutations sont étudiées dans l’ordre du code des disciplines :
en premier l’enseignement général ( L/H, L/A, L/alld , L/esp, M/S,) qui sera
« vu » le mercredi et le jeudi puis, ce même jeudi, les disciplines
industrielles et enfin, les disciplines tertiaires le vendredi.
.
Questions aux candidat(e)s à l’élection
présidentielle
Vous
trouverez ci-après les 10 questions que le secrétariat national du SNUEP vient
d’envoyer aux principaux candidat(e)s à l’élection présidentielle (à
l’exception de ceux de l’extrême-droite) . Nous publierons les réponses, dans
la mesure où elles ne seront pas trop longues !
Pour
défendre notre métier et l’enseignement professionnel il faut que les PLP et
CPE se fassent entendre pendant la campagne électorale. L’intervention au
niveau national ne saurait suffire, il est absolument nécessaire que chacun
intervienne dans les débats publics, les blogs, forums….
DIX QUESTIONS
AUX CANDIDAT(E)S A
l’ELECTION PRESIDENTIELLE
1) Dans
une société de plus en plus complexe où les connaissances augmentent de manière
exponentielle et où le niveau de culture commune est un élément déterminant du
bien vivre ensemble, faut-il accroître la durée de la scolarité
obligatoire ?
Dans
ce cadre, pensez-vous que la quasi-totalité d’une
classe d’âge puisse atteindre le niveau du baccalauréat, quitte à proposer à
certains jeunes des parcours scolaires diversifiés dès le collège ?
2) Le
SNUEP estime que l’échec scolaire doit être traité par des
professionnels dans le système éducatif. Nous estimons que, dès le collège et
pour les jeunes les plus démotivés, des structures de re-motivation, à faibles
effectifs, seraient nécessaires. Il s’agirait de redonner à ces élèves le sens
et le goût des études en les regroupant par pôles d’intérêts (sports, musique,
arts plastiques, nature et environnement, aide aux personnes et solidarité,
champs professionnels…) lesquels seraient alors la matière principale, à
l’image de ce qui se fait dans l’enseignement professionnel. L’objectif restant
de les réinsérer dans l’une des trois voies et de les amener au moins au niveau
BAC ou de leur permettre d’avoir un diplôme de niveau V. Que pensez-vous de
cette proposition ?
3)
La formation professionnelle et
singulièrement la formation initiale sont un des facteurs déterminants de la
compétitivité économique de notre pays et nécessite une élévation permanente
des niveaux de qualification pour comprendre et maîtriser les évolutions
technologiques. Celles-ci sont si rapides que la capacité d’adaptation devient la
principale qualité du jeune qui veut s’insérer durablement. Outre les savoirs
professionnels à mettre sans cesse à jour, ce sont les connaissances et la
culture générale qui conditionneront directement les capacités des jeunes,
futurs salariés, à s’adapter aux évolutions des métiers et à progresser dans
leur carrière. Partagez-vous ce point de vue ?
4)
Parce qu’il se déroule dans une seule
entreprise, qu’il favorise plus l’adaptation à un poste de travail qu’il ne valorise l’enseignement général, pensez-vous que
l’apprentissage soit le système de formation le plus à même de donner aux
jeunes ces capacités d’adaptation et les outils qui leur permettraient de
profiter pleinement de la formation tout au long de la vie ?
5) Toutes
les statistiques montrent que l’apprentissage enferme les apprentis au niveau
où ils rentrent à cause notamment d’un développement insuffisant des
enseignements généraux. Depuis une dizaine d’années, les relances de
l’apprentissage aux niveaux V et IV correspondent à une stagnation, voire à une
régression, des taux de poursuites d’études, d’accès au niveau Bac et à
l’enseignement supérieur, alors qu’il serait nécessaire, comme le préconisent
tous les économistes, que ces taux augmentent. Estimez-vous, comme nous le
faisons, que la publicité : « Du CAP au diplôme d’ingénieur par
l’apprentissage » est mensongère, dans la mesure où ce cursus ne se
vérifie jamais et que son développement forcé, notamment aux niveaux V et
IV, est un frein à la progression des indicateurs scolaires pré-cités ?
6) Notre
pays souffre de discriminations avec toutes les conséquences sociales que l’on
connaît. Par définition l’entrée d’un jeune en apprentissage est tributaire de
la signature du contrat par l’employeur. De fait et selon tous les sociologues,
l’apprentissage est essentiellement blanc et masculin. Ce système de
formation vous paraît-il le plus approprié pour lutter contre toutes les
inégalités face à la formation et particulièrement celles liées aux origines
des jeunes ?
7)
Sachant qu’aucune statistique ne
démontre que les apprentis s’insèrent globalement mieux que les jeunes issus de
la voie scolaire, le SNUEP ne comprend pas la promotion effrénée qui est faite
à l’apprentissage, d’autant qu’il ne présente pas les qualités d’une formation
adaptée à notre temps. Les arguments affichés et utilisés pour justifier cette
promotion nous semblent contraires à la réalité et nous sommes bien obligés
d’en déduire que les véritables raisons sont ailleurs : s’agirait-il de
fournir une main d’œuvre à bon marché et formatée aux seuls intérêts des
entreprises ? Allez-vous enfin redonner la priorité à l’enseignement
professionnel public complètement oublié et asphyxié ces dernières
années ?
8) La
décentralisation n’a pas eu les bénéfices escomptés. Elle est catastrophique
pour le mouvement des personnels ; le transfert des IUFM aux universités
autonomes risque de remettre en cause l’unité nationale de la formation des
enseignants, les inégalités se creusent entre les régions…Allez-vous
remettre en cause le désengagement de l’Etat dans de nombreux domaines ou, tout
au moins, mettre en place des systèmes nationaux de régulation pour éviter les
dérives et les inégalités ou étendre encore la décentralisation et si oui
dans quels domaines ?
9)
Une étude récente montre que les
traitements des enseignants ont subi une perte de 20 % de pouvoir d’achat ces
vingt dernières années. Dans le même temps les charges de travail se sont
accrues tandis que le métier d’enseignant devenait plus difficile à exercer.
Quelles mesures comptez-vous prendre pour revaloriser notre métier et augmenter
nos salaires afin de rattraper les pertes de notre pouvoir d’achat?
10) Après
des années de restrictions budgétaires, nos établissements manquent cruellement
de moyens en personnels d’enseignement et d’éducation, beaucoup trop sont en
situation de précarité, des filières entières ont été démantelées… Pour
restaurer toutes ses capacités de formation, répondre aux besoins de la société
en matière de qualifications et aux attentes des familles et des jeunes, dont
beaucoup restent à la porte des lycées professionnels faute de place, êtes-vous
favorable à la mise en œuvre d’une loi de programmation pour l’enseignement
professionnel public ?