n°068 du 26/03/2007 FSU
Lettre d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement Professionnel
La grève du
20 mars… et après ?
Proximité des
élections, appel à la grève insuffisamment unitaire (SE-UNSA, SGEN-CFDT, FO,
SUD n’y appelaient pas) 4éme grève de
l’année … peuvent expliquer que
cette dernière ait été un peu moins suivie que les précédentes, notamment celle
du 8 février.
Les
médias ont reconnu une moindre mobilisation, tout en parlant du succès
politique de notre action dans la mesure où des candidats se sont engagés à
abroger le décret s’ils étaient élus.
Dans
quelques semaines nous saurons rappeler au président élu, et au gouvernement
qu’il aura constitué, ses engagements. Au-delà de l’abrogation du décret, il
faudra continuer à exiger l’ouverture de négociation sur la prise en compte de
toutes les charges de travail des enseignants et l’annulation des suppressions
de postes prévues pour la rentrée 2007.
Sur ce dernier point et en fonction des réalités locales, il faut rester
mobilisé, maintenir la pression sur les rectorats, interpeller les élus
(anciens et candidats), s’adresser aux parents….
Fonction Publique
Communiqué
de presse :
CGT – FO – FSU – Solidaires - UNSA
Le Premier ministre a répondu par une fin de
non recevoir à la demande des organisations syndicales d’ouverture de
négociation après la grève du 8 février.
Ne tenant aucun compte de la mobilisation des
personnels, il renvoie à son successeur la responsabilité de rouvrir le
dialogue social.
Puisque le gouvernement se déclare dans
l’incapacité d’entendre les personnels et de négocier avec eux, les
organisations de la fonction publique CGT, UNSA, FO, FSU et Solidaires ont
décidé de ne plus siéger dans les organismes paritaires de la fonction publique
de l’Etat.
Par ce geste, elles entendent protester
contre l’absence de tout dialogue social et réaffirmer leurs revendications en
matière de salaires, de grilles, de conditions de travail et d’emploi. Les
agents des fonctions publiques méritent autre chose que la surdité et le
mépris.
Paris le 19 mars 2007
Mouvement
Inter : déclarations du SNUEP aux CAPN
-
A
la CAPN des PLP :
Nous sommes obligés de constater que
c’est …… de pire en pire !
Depuis 1999, le
mouvement avec ses deux phases a été mis en place . Et cela n’a jamais été
source ni de plus grande efficacité ni d’un traitement plus humain.
La preuve, le
nombre de candidats restant sur « le carreau » ou arrivant en
extension est de plus en plus important.
La preuve, d’année
en année, le nombre de titulaires candidats à mutation se réduit, du fait soit
de la certitude de ne pas pouvoir entrer dans une académie de son choix, soit
de se retrouver pendant l’INTRA affecté sur un poste ne correspondant pas à
l’un de ses vœux et ce, indépendamment de recrutements de plus en plus faibles.
Et le projet de
« mouvement » nous conforte dans cette appréciation :
A titre d’exemple,
en L/H : Pour
963 candidats : vous proposez 540
mutations dont 276 premières
affectations avec plus de la moitié d’entre elles qui se font sur Créteil, et
Versailles
En L/Anglais : 441 candidats : vous
proposez 172 mutations dont 65 premières
affectations sur Créteil et Versailles.
De plus, 39 PLP restent séparés dont 21
depuis plus de deux ans.
En 4100, Génie Mécanique Construction :
294 candidats. Vous proposez 152 mutations ( soit la moitié) dont
90 premières affectations
En Tertiaire, les premiers non entrants sont
tous des collègues en situation de rapprochement de conjoint
Bref, le mouvement se réduit d’année en année
en peau de chagrin et ne donne pas satisfaction du fait de contraintes
budgétaires et statutaires que le SNUEP dénonce.
1. Nous exigeons l’abrogation des décrets De
Robien modifiant les décrets de 1950 .
Nous dénonçons la remise en cause des obligations
de service de tous les enseignants avec l’imposition
d’enseignements hors qualification
disciplinaire, avec l’imposition d’enseignement à cheval sur deux voire trois
établissements, avec des conséquences catastrophiques sur le travail en commun
des équipes pédagogiques et éducatives
ainsi que sur le suivi des élèves.
2. Le cahier des charges IUFM a été publié le
28 décembre 2006 au JO contre l’avis du CSE.
Le SNUEP dénonce l’utilisation des stagiaires
comme moyens d’enseignement et l’alourdissement du volume hebdomadaire du stage
en responsabilité ainsi que la régionalisation du recrutement portée en germe
par l’obligation pour les stagiaires de rester 3 ans dans la même académie,
voire dans le même établissement, ce qui conduira au blocage de postes, au
mépris du droit à mutation de tous.
Le SNUEP exige le respect du droit statutaire
à un poste fixe dans un seul établissement, dans sa discipline de recrutement,
conformément à ses statuts particuliers.
L’INTER nous le démontre : le volume des
postes offert au mouvement étant insuffisant, les questions dites prioritaires,
rapprochements de conjoints, ne sont pas résolues et les promesses
ministérielles (APV) n’engagent que leurs auteurs. Le plus beau barème national
n’y changera rien , même si nous le réclamons. En effet, le SNUEP est attaché à
l’existence d’un barème défini nationalement, seul garant du traitement égal et
équitable des collègues. Nous demandons que les éléments qui le composent
soient réexaminés afin de garantir le droit à mutation pour tous, ainsi que le
retour aux bonifications TZR.
Et nous réclamons
aussi l’augmentation des capacités d’accueil et, surtout, leur diffusion. Nous
ne nous satisfaisons pas de la
communication des soldes correspondant au résultat de votre projet de mouvement.
Nous le demandons au nom de la transparence.
…Voilà la
problématique commode qui justifie, rapidement, les suppressions massives de
moyens et conduit, cyniquement, à jurer que moins il y aura d’enseignants et
d’autant mieux ce service public se portera !
Au nom de la
gestion au plus près, qui serait garante de plus grande efficacité et de plus
d’humanité, le droit à mutation des personnels est limité tant à l’INTER qu’à
l’INTRA.
Nous combattons
cette déconcentration du mouvement et réclamons le retour à un mouvement
national. Pour que l’Etat puisse être considéré comme légitime, il faut qu’il
s’appuie sur un système administratif rationnel. Il doit pour cela éliminer
tout ce qui peut donner lieu à l’arbitraire, à pressions locales ou
interventions dans la nomination des agents publics.
Et oui, les
mutations c’est tout cela à la fois.
C’est ce qui
explique qu’elles peuvent déboucher de plus en plus sur la difficulté ou sur
l’abandon de l’idée de prendre un poste
dans une académie pour remplir pleinement et sereinement son rôle
d’enseignant !
- A la CAPN des CPE : Déclaration du SNES- SNUEP
Le mouvement des
CPE est de plus en plus réduit et accuse une baisse de 21 % de demandes par
rapport à l’an dernier.
Le mouvement
déconcentré et la charte de la mobilité que vous avez tant prônés depuis 1999
sont un leurre pour les collègues et engendrent un quasi-blocage de fait du
mouvement. Les collègues refusent toujours ce système de mutation en aveugle.
Les applications de
la LOLF auxquelles s’ajoutent les restrictions budgétaires sont de plus en plus
lourdes de conséquences pour notre catégorie. Les capacités d’accueil réduites
par les recteurs sommés de gérer une pseudo surconsommation, n’ont aucun lien
avec la réalité du terrain et entraînent de fait un blocage du mouvement pour
plusieurs académies (Limoges, Toulouse et la Corse). Dans de nombreuses
académies, les TZR ne suffisent plus à assurer les besoins de remplacement.
Malgré les annonces
du Ministère, de nombreuses situations familiales ne sont pas résolues.
La suppression
drastique des postes au concours est inacceptable et lourde de conséquences
pour l’avenir de la catégorie. Nous réitérons notre demande de rétablissement
du nombre de postes estimé par vos propres services à 504 par an. Ces baisses
successives aux concours rendent impossible la compensation des départs
(retraite ou vers d’autres corps) et ignorent toujours les besoins non pourvus
par la mise en place de l’ARTT, de même que les nombreux établissements sans
CPE.
Le remplacement des
CPE par des personnels précaires et non qualifiés s’accroît. Si la logique
comptable continue à sévir dans l’Education Nationale, elle servira à piloter
le remodelage du système éducatif, au mépris de l’intérêt des élèves.
Nous restons
attachés à la circulaire de 1982, à la dimension de CPE concepteur de son
métier basé sur le suivi et l’écoute de l’élève. Nous réaffirmons notre
appartenance aux équipes éducatives et pédagogiques : nous ne sommes ni
chef de service, ni responsable d’une vie scolaire limitée à un aspect purement
répressif ou administratif.
La déconcentration telle que
vous la concevez et la pratiquez est en réalité une complète dérèglementation
qui soumet toujours plus les personnels à l’arbitraire des chefs
d’établissement.
Les nouvelles règles
imposées pour l’accès à la hors classe lèsent de nombreux collègues et
renforcent l’arbitraire et le clientélisme. Le mépris ressenti par la catégorie
lors de l’annonce des augmentations de contingents de hors classe qui, une fois
de plus, ignore les CPE, est significatif du malaise profond dont nous font
part de nombreux collègues. Ils voient se multiplier les menaces contre leur
métier. Notre spécificité n’est pas prise en compte alors que les élèves, les
parents et les enseignants reconnaissent, eux, notre rôle indispensable dans
les établissements.
Mouvement
2007 :
1231 demandes dont
220 stagiaires et 1111 titulaires.
467 collègues sont
affectés dans un de leurs voeux, soit :
- pour les
titulaires, un taux de satisfaction de 28 %.
- pour les
stagiaires, 28 % sont affectés en extension.
Nous demandons
toujours la transparence quant aux décisions d’ATP.
Nous rappelons
notre exigence du respect des personnels, du paritarisme et du dialogue social.
Nous réaffirmons le caractère incontournable du paritarisme tel que nous le
concevons et le promouvons avec l'appui des personnels : allier la défense
individuelle et collective des personnels avec celle du service public
d'Education Nationale.
La CAPN doit être
un véritable lieu d’échanges, d’écoute et de travail où la parole des élus doit
être pleinement prise en compte.
Mayotte
Nous exigeons que
les capacités laissées vacantes par les CPE partant à Mayotte soient
réintégrées dans le mouvement.
Nous souhaitons que
l’administration fasse le point sur la situation de ce collègue et demandons
que soit enfin appliquée la décision de la Commission de Recours de la Fonction
Publique d’Etat.
Ce collègue,
syndicaliste, à la suite d’une grève de la faim, a été interné d’office. Nous
ne pouvons que dénoncer cette atteinte aux libertés
fondamentales.
Accès
à la Hors-classe : il joue les uns contre tous !
Le ministre vient
d’annoncer une rallonge de 19 millions
d’euros au budget 2007 pour les enseignants. Cela se traduira par un accès plus
important à la Hors-Classe.
Le nombre de PLP et
de CPE pouvant accéder à la Hors Classe est déterminé par un ratio
promus/promouvables. Ce ratio passe de 4,91 à 5,86 % pour les PLP et reste
inchangé pour les CPE.
1. Le SNUEP dénonce cette
« mesurette » qui ne répond pas aux exigences d’amélioration de rémunération et de
déroulement de carrières des enseignants. Si l’augmentation du ratio est
positif pour les PLP, l’oubli des CPE est déplorable.
2. Le SNUEP a
manifesté à plusieurs occasions son opposition au nouveau mode de désignation
des promotions à la Hors-classe :
- Parce que de
nombreux collègues ont vu disparaître la possibilité d’accéder à la Hors-classe
avant de partir en retraite
- Parce que le mode
de désignation lié à la notion de mérite, notion subjective, ne reposant que
sur des appréciations ponctuelles et partisanes, contribue à créer un climat
malsain au sein des équipes pédagogiques.
Le ministre
persiste dans sa même logique visant à valoriser les « plus
méritants » au détriment de tous, tous à qui il pourra demander, avec son
nouveau décret, dès la rentrée, un enseignement à cheval sur plusieurs
établissements, ou un enseignement hors
discipline. Nouvelle réglementation statutaire qui alourdit nos conditions de
travail et va permettre la suppression de milliers de postes.
ELECTIONS A
LA COMMISSION PARITAIRE
DES
PROFESSEURS DE LYCEE PROFESSIONNEL DE L’ACADEMIE DE NANTES
Les Professeurs de
lycée Professionnel de l’Académie de NANTES, étaient amenés à désigner à
nouveau leurs représentants à la Commission Administrative Paritaire
Académique. Cette situation était la conséquence de places restées vacantes par
une autre organisation syndicale.
Le SNUEP-FSU
enregistre une progression sensible et n’obtient pas, à deux voix près, le
siège qu’il pouvait espérer lors de ce scrutin.
L’analyse des
résultats montre la perte d’audience du syndicat jadis majoritaire qui subit là
les conséquences de ses actes passés et de son isolement syndical. Il traduit
aussi la stabilité d’ensemble du corps électoral qui se partage entre un pôle
contestataire et un pôle réformiste historique incarné par le syndicat de la
CFDT.
Le travail engagé
par les militants du SNUEP-FSU de l’Académie de NANTES a permis une prise de
conscience qui ne fait que débuter. Au moment où les suppressions de postes
d’enseignants sont massives, où l’offre de formation est remise en cause au
sein du Service Public, les Professeurs de Lycée Professionnel ne pourront
compter que sur un pôle de rassemblement, plutôt que de parier sur
l’émiettement syndical.
Le SNUEP et sa Fédération, la FSU, œuvrent
depuis quelques années pour atteindre cet objectif. Au moment où l’on tente
d’imposer un mode de formation inadapté comme l’apprentissage, en le plaçant en
concurrence avec le service public d’enseignement professionnel, seule l’action
collective est de nature à faire avancer les prises de conscience dans notre
pays.
Les Personnels de
Lycée Professionnels ne se tromperont pas. Ils soutiendront les organisations
actives qui sont à l’initiative des actions revendicatives, et tout
particulièrement celles qui ont appelé initialement à la grève du 20 mars.
Le SNUEP-FSU
appelle tous les Professeurs de Lycée Professionnels à s’exprimer publiquement
et à rejoindre le seul syndicat spécifique de l’Enseignement Professionnel de
la FSU.