n°071 du
14/05/2007
FSU
Lettre
d’information du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement
Professionnel
Les motions du Bureau
National du 10 mai 2007
·
Actualité et
action :
Avec une participation
importante, les Françaises et les Français ont désigné le candidat de l’UMP
comme le prochain Président de la République.
Si
le taux de participation ne peut que nous réjouir, le programme du candidat élu
nous inquiète. Il n’y aura pas de rupture avec la politique libérale menée ces
dernières années
( réforme
des retraites, perte du pouvoir d’achat, casse des services publics notamment
dans l’enseignement professionnel : fermeture des postes, de sections,
développement de l’apprentissage, …..) ; elle risque même d’être amplifiée
puisque le Président élu a réaffirmé, entre autres choses, pendant sa campagne,
sa volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, de « mettre le
paquet » sur l’apprentissage et de remettre en cause le droit de grève.
Nicolas
Sarkosy s’est engagé à revenir sur l’apprentissage-junior, sur le décret de
Robien mais en contrepartie, d’après le rapport Darcos, il est question de
faire travailler les enseignants pendant la durée de stage de leurs élèves sans
contrepartie, de laisser la part du mérite grandir, ….Le SNUEP jugera aux actes
et rappelle son opposition à la poursuite effrénée du développement de
l’apprentissage. S’il s’est engagé à augmenter le pouvoir d’achat, le SNUEP
s’opposera à ce que cela se fasse par la suppression massive de postes ou par
la profusion d’heures supplémentaires.
Plus
que jamais le SNUEP-FSU devra porter les propositions et revendications des
personnels et s’opposera à toutes les régressions concernant les libertés,
l’éducation, les services publics, les droits sociaux.
Le
SNUEP rappelle son attachement au caractère national de l’éducation et des
diplômes. Remettre en cause les conditions de travail des enseignants
constituerait un pas supplémentaire vers la privatisation de l’Education
Nationale et la marchandisation du secteur de l’Education au détriment d’une
formation équitable, et donc d’une réussite égale pour tous les jeunes.
L’Education doit rester nationale, publique et laïque.
Nous
devons sans relâche informer les personnels et les parents sur les dangers qui
menacent la formation des jeunes et l’enseignement professionnel public.
L’avenir de notre jeunesse mérite un investissement massif dans les services
publics et une formation de qualité prenant en charge le jeune dans sa
globalité, en formant le futur travailleur et le citoyen.
Dans
ce contexte, le SNUEP-FSU appelle les personnels à renforcer leur syndicat et à
réaliser l’unité syndicale la plus large afin de pouvoir peser plus
efficacement lors des négociations et des mobilisations nationales ou locales à
venir.
Le SNUEP appelle les
personnels à se mobiliser, sous quelques formes que ce soient, lors de la
journée intersyndicale du 23 mai prochain (assemblée générale, lettre en
direction des candidats aux législatives avec copie aux parents, rassemblements
locaux, etc. …..)
·
Intégration des
IUFM :
Les
IUFM déjà intégrés dans les Universités sont livrés à eux-mêmes, autant pour
l’organisation des formations que pour la structure et le statut du nouvel
institut. Il s’agit d’Aix-Marseille, et Versailles depuis le 01 01 07, Créteil
Grenoble et Limoges depuis le 01 03 07. Des décrets parus au JO n°49 du 27 02
07 dissolvent ces IUFM pour les intégrer respectivement aux Universités de
Aix-Marseille I, Cergy Pontoise, Paris XII, Grenoble I et Limoges. Les autres
IUFM, même s’ils ont parfois entamé des discussions avec les Universités, le
font sans cadrage national :
Le risque
est grand de voir 31 façons de gérer ces nouvelles écoles intégrées, de former
et évaluer les enseignants, de diplômer les stagiaires, de se mettre en
conformité avec le cursus LMD, d’accorder des points ECTS…
Par ailleurs les
questions restent nombreuses : Elles concernent la gestion financière, la
gestion des personnels, l’organisation démocratique et l’organisation
pédagogique de l’Ecole intégrée
- De quels moyens disposeront ces « IUFM » dans
le cadre des Universités pour mettre les formations en place ? Suivant
l’interprétation de l’article L 713-9 du Code de l’Education sur le statut des
écoles ou instituts intégrés, les crédits de l’«IUFM » seront fléchés
(comme pour les IUT)ou non en direction du centre de formation.
-
Que deviendront les personnels détachés sur les IUFM pour les formations ?
Que deviendront les
personnels conseillers pédagogiques, tuteurs, professeurs référents… ?
Que deviendront les
personnels IATOS des anciens IUFM ?
- Que deviendra la représentation démocratique des personnels
dans cette école intégrée, et au sein de l’Université voire des
Universités ? Un conseil d’école est prévu dans la Loi, limité à 40
membres et comprenant 30 à 50 % de personnalités extérieures, dont un ou
plusieurs représentants des acteurs économiques. Mais quelle sera la
représentation de l’IUFM dans les différents conseils de l’Université :
Conseil d’Administration (L 712-3), conseil scientifique (L 712-5), et conseil
des études et de la vie universitaire ou CEVU (L 712-6). Faudra t’il installer
des « conseils provisoires » par mesures transitoires ?
Que deviendra la
Formation Continue des personnels pour laquelle l’ IUFM est prestataire de service, du moins en
partie ? Et comment gérer sur le plan pédagogique
un cahier des charges des
formations aussi profondément modifié :
Dix compétences
articulent la formation des futurs enseignants :
En préalable, on peut
observer que les CPE sont mentionnés au début du cahier des charges, mais n’y
figurent plus de façon spécifique par la suite. Les PLP sont toujours
considérés comme PLC, c’est d’autant plus dangereux pour le corps que certaines
disciplines de PLP n’existent pas dans les universités, et qu’il faudra trouver
une solution pour maintenir la formation des enseignants du service public de
formation professionnelle. Le stage en Entreprise, pour les stagiaires PLP, est
cité sans référence à ses objectifs et à son évaluation.
On
peut noter que les exigences augmentent alors que le temps imparti à la
formation va diminuer compte tenu du passage du stage en responsabilité sur
moyens d’enseignement de 6h à 8h. La coopération avec les parents et les
partenaires de l’école apparaît dans les compétences requises ainsi que la
référence à plusieurs disciplines à enseigner dans le prolongement des mentions
instituées lors du passage du concours. (voir le tableau des mentions possibles
ci-joint)
Le
mémoire n’apparaît plus comme élément d’évaluation (ce qui peut poser problème
dans l’éventualité d’une équivalence avec un Master)
La recherche est un autre absent de ce cahier
des charges.
Des années T1 et T2 sont
instaurées, c’est à dire une formation sur la première et la deuxième année de
titulaire. Outre le problème de « régionalisation des concours et des
affectations jusqu’à T2 dans la même Académie », le financement risque de
se faire au détriment de la formation continue.
En conséquence, le Bureau
National du SNUEP, réuni ce jeudi 29 mars 2007, demande :
-
Un cadrage national garantissant l’unité des formations des enseignants sur l’ensemble
du territoire ainsi que des concours et diplômes nationaux
- Une transparence des
opérations d’intégration et donc des commissions de préparation et de suivi de
cette intégration au sein des IUFM
- Une gestion financière
autonome des futures écoles
- Une gestion des
ressources humaines garantissant les emplois et maintenant les personnels dans
leurs statuts
- Une organisation
démocratique qui implique les acteurs de la formation à tous les niveaux de
représentation
- Une organisation
pédagogique qui améliore la formation et élève le niveau de qualification,
notamment grâce aux liens avec la Recherche. (le rattachement à l’Université
n’a de sens et d’intérêt qu’à cette condition)
- Un contenu de formation
qui s’attache constamment à établir le lien théorie-pratique
- Des stagiaires non
considérés comme moyens d’enseignement.
- Une meilleure prise en
compte des spécificités, notamment pour des corps non représentés à
l’Université, comme les CPE ou les PLP spécialement dans certaines disciplines
professionnelles et par rapport au stage en Entreprise.
Rencontre avec le SNES
sur les enseignements
technologique et
professionnel (Réunion
du vendredi 4 mai 2007)
Le SNUEP et le SNES se
sont rencontrés pour leur permettre
d’avoir un échange sur les méthodes
d’enseignement professionnel et sur les points communs avec l’enseignement
technologique.
.
Elle s’est déroulée en
deux temps :
- Une réflexion sur les
passerelles éventuelles qui pourraient exister entre le LP et le LEGT. Pour les
élèves de BAC PROFESSIONNEL qui souhaiteraient continuer vers un BTS ou pour
les élèves issus de seconde en difficulté mais aussi pour ceux ayant un BAC
TECHNOLOGIQUE (ou GENERAL) qui veulent une orientation professionnelle.
- Un échange sur le collège
et les problèmes liés à l’orientation vers le LP, les DP3 ou 6 * qui peuvent être le lien
de la découverte soit de l’enseignement professionnel, soit de l’enseignement
technologique. Puis une réflexion sur la façon d’envisager les parcours de
formation avec le « collège pour tous » ou bien un « autre
collège ».
La discussion a aussi
abordé le cloisonnement actuel qui reste très marqué entre les deux voies,
Technologiques et Professionnelles. Le SNUEP et le SNES ont partagé la même
analyse sur les problèmes récurrents de l’orientation par défaut qui augmente
les situations d’échec. Comment faire
pour que l’orientation soit positive et valorisée avant la sortie du
collège ?
Nous avons aussi réfléchi sur la façon d’établir une fluidité pour
aller d’un lieu à un autre, passer du LP au LEGT et inversement. Le SNUEP est
favorable aux passerelles dans la mesure où cela doit rester « à la
marge » et parce qu’il est alors possible de gérer l’hétérogèneïté
d’élèves venant de niveaux diffèrents et d’éviter la ghettoïsation
Les deux syndicats se
sont félicités de cet échange qu’ils ont trouvé positif.
*
DP3 :
classe de 3ème dont l’emploi du temps
comporte trois heures de découverte en milieu professionnel (voir
BO
n°11 du 17-3-2005)
DP6 :
selon les académies ces classes de 3ème sont implantés en
collège ou en LP et comporte six heures de découverte du milieu professionnel.