N°074 du 14/06/2007 FSU
Lettre d’information
du Syndicat National Unitaire de l’Enseignement Professionnel
Décrets Robien
abrogés, apprentissage-junior suspendu :
une victoire, conséquence des mobilisations
syndicales
Le compte-rendu de
la FSU de la rencontre avec Nicolas Sarkozy
Pour cela les personnels n'attendent
pas une énième "réforme"; pour autant il ne faut pas laisser le
système éducatif en l'état ; nous avons besoin d'une vraie dynamique qui
permette de transformer l'école en résolvant les problèmes qui se posent à
elle. Pour cela il faut recréer de la confiance.
C'est le sens des mesures d'apaisement
que nous avons demandées à M Darcos : il s'agit de rompre avec la politique
menée ces dernières années et montrer que les personnels qui ont beaucoup
lutté, sont entendus ; en particulier :
-
abrogation des décrets De Robien pour
permettre une vraie négociation sur le métier
-
rétablissement des moyens pour la rentrée; pas seulement enseignants
-
reconduction des EVS
-
réouverture du dossier des directeurs
d'école
-
abrogation de l'apprentissage junior
Au delà il nous semble qu'il n'y aura
pas de transformation de l'école sans revaloriser et faire évoluer les métiers
de l'éducation, tous les métiers, afin
de travailler autrement pour travailler mieux, car l'éducation nécessite un
travail en équipe, avec des professionnels qualifiés, dont on respecte la
qualification. Il s'agit de mieux les former au contact de la recherche, de
faire évoluer leur temps de travail pour faciliter le travail en équipe et la
prise en charge des élèves en difficulté, de payer leur qualification.
Mais transformer l'école implique de
s'attaquer vite et fort aux inégalités qui la minent : il faut une politique
ambitieuse de l'éducation prioritaire qui compense vraiment les handicaps
sociaux de certaines zones . C'est une
priorité.
C'est pour cela que nous considérons
qu'une suppression de la carte scolaire va dans le mauvais sens : faute d'une
réduction des inégalités entre établissements et quartiers, elle ne peut
qu'accroître les phénomènes que tous dénoncent aujourd'hui. La mixité sociale,
indispensable à une meilleure réussite de tous, ne peut être assurée par un
système de concurrence entre établissements, même si ce système est tempéré par
des régulations.
De même l'orientation ne doit pas se
limiter à un système d'aiguillage vers le bon emploi, mais doit aider le jeune
à construire son projet et être associée à une offre diversifiée de
formation sous statut scolaire au sein
du service public d'éducation.
Enfin il n'y aura pas d'école de la
réussite avec un « socle
commun » qui à la fois écarte certaines formations indispensables
(éducation physique, éducation artistique…) et vise à opérer un tri social entre
élèves.
L'école de la réussite pour tous implique
une politique en faveur de handicapés : la FSU a milité pour que la loi de 2005
impose l'inscription des élèves handicapés ; il s'agit maintenant
sd’accompagner les équipes et leur donner l'appui de personnels qualifiés en
nombre suffisant ; mais il s'agit aussi de veiller au recrutement et aux
conditions de travail des personnels handicapés.
Une telle ambition nécessite des moyens
à la hauteur, avec une programmation des recrutements et des créations et une négociation sur les priorités dans
leur utilisation : c'est indispensable car l'école ne peut fonctionner sans des
professionnels qualifiés sur le terrain; c'est aussi un signe politique pour
donner confiance. Cela vaut aussi pour l’enseignement agricole public, qui est
partie prenante du service public d’éducation, et se trouve aujourd’hui
sinistré.
Il faut aussi renouveler le dialogue
social dans l'EN, nous prendre pour ce que nous sommes : des organisations
représentatives légitimes et modifier le fonctionnement des organismes de concertation,
y compris dans une optique de prévention des conflits.
Enfin je tiens à souligner la
sensibilité de nos collègues à la situation des élèves "sans papiers"
et de leurs familles : ils attendent aussi de votre part des gestes, par
exemple un moratoire des expulsions et un réexamen des dossiers déposés à
l'occasion de la circulaire de juin dernier.
Il reçoit les fédérations enseignantes. Il veut des
relations confiantes et franches avec les forces sociales ; négociations
indispensables sur la mise en œuvre des engagements pris. Il entend respecter
tous ses engagements.
Il y a unanimité sur le constat que l’immobilisme est
impossible. Il s’agit d’une résolution concrète sur certains problèmes, pas de
grande réforme.
Il faut traiter les problèmes. Problème de confiance ;
l’Education nationale ne peut tout traiter, être responsable de tout.
Il doit y avoir du respect des engagements du
gouvernement ; ce n’est pas incompatible avec le dialogue.
Mission du professeur : 2 défis :
-
la société de la connaissance, la
France peine à y entrer, 38% dans l’enseignement supérieur, 160 000 sans
qualification,
-
les inégalités sociales demeurent trop
fortes, l’éducation prioritaire aggrave la ségrégation sociale, carte scolaire.
La condition enseignante sera
revalorisée, le pouvoir d’achat sera augmenté notamment par des études
surveillées.
La liberté pédagogique sera la règle.
Les établissements moins favorisés
davantage aidés. Une plus grande autonomie des établissements.
La carte scolaire sera assouplie ;
elle sera supprimée quand les conditions seront réunies, garantie d’une mixité
sociale.
Parcours plus individualisé en collège.
Temps de service des enseignants :
temps pour recevoir les familles.
Socle des fondamentaux garanti,
éducation physique et artistique seront assurées par l’école.
Il est président et non plus candidat,
il s’agit de discuter de la mise en œuvre des politiques non plus de leur
définition.
Elèves
handicapés, directeurs d’école, tous maintenus,
2nd degré 1 sur 2 renouvelés au fur et à mesure de la fin des
contrats.
On
ne remplace pas tout le monde mais on fait en sorte que les personnels s’y
retrouvent : en discutant mobilité, pouvoir d’achat. Il faut aussi revoir
l’offre de formation, horaires lourds, options partout
Les
fonctionnaires doivent être respectés. Banalisation de la violence
insupportable.
Le point de vue du SNUEP :

Ne pas oublier le rapport Darcos !
programme du candidat Sarkozy pour
l’éducation
Le rapport de Xavier DARCOS, ex-secrétaire d’Etat, devenu
aujourd’hui Ministre de l’Education, démontre que le nouveau gouvernement tente de faire passer les principaux axes d’une nouvelle politique de
l’Education Nationale en s’appuyant sur la lassitude et le désarroi des
professeurs. Cette manœuvre n’a d’autre but que de légitimer les propositions, entre autres, du Medef et des
directives européennes et internationales en matière de formation
professionnelle. Comme souvent, lorsque certains lobbies politiques
souhaitent « toucher à l’Ecole », on fait preuve de la complaisance la plus primaire. Le débat
stérile sur le vouvoiement à l’école illustre bien cette démarche. Les
différentes politiques en matière éducative des gouvernements successifs n’ont
engendré que des réductions massives de postes, assorties le plus souvent de
limitations du contenu des enseignements fondamentaux,, mais aussi d’une baisse
importante du pouvoir d’achat des enseignants. Trop souvent le manque de
considération, d’une grande partie de la population, à l’égard des enseignants,
seuls face aux difficultés d’enseigner, a été accompagnée d’un renvoi des
responsabilités sur les professeurs, ce
qui évitait d’avoir à répondre favorablement à leurs revendications légitimes,
d’ailleurs plus pédagogiques que personnelles. Nos concitoyens étant très souvent largement désinformés, la démagogie
populiste a pu reprendre le dessus : il a suffi qu’un futur ministre
fasse semblant de reconnaître les bas niveaux de rémunération des enseignants
et cette absence de reconnaissance dont ils étaient victimes, pour qu’une
partie de la population souscrive à ses annonces. Mais que l’on ne se trompe
pas, les propositions de Xavier DARCOS ont le mérite de la clarté. La
gestion des établissements et des enseignants répond aux principes de la LOLF.
La réforme de la carte scolaire ne se fera dans ce cadre que pour des objectifs
très précis. La culture du résultat
s’oppose à notre mission qui est de former la totalité d’une classe d’âge. C’est pourquoi nous estimons que les
méthodes d’évaluation des enseignants, l’institution de primes à la
performance, ne doivent pas avoir de place dans l’Ecole publique et laïque de
la République.
Le ministre Xavier DARCOS propose purement et simplement des
outils qui correspondent tout à fait à une école en voie de privatisation, dont
la gestion relève davantage de l’entreprise que du Service Public.
Les Français, qui ont la chance de
disposer d’un véritable emploi, n’ont jamais souhaité majoritairement
travailler plus, mais ils ont toujours exprimé la volonté de permettre à ceux
qui en sont privés d’en trouver un. En proposant de travailler plus pour gagner
plus, en défiscalisant les charges sociales sur les heures supplémentaires,
cadeau aux entreprises, le nouveau gouvernement s’engage dans une voie
dangereuse pouvant réduire le dynamisme économique. Espérons simplement que les Françaises et les Français ne seront pas
obligés d’assurer des heures supplémentaires pour, un jour, pouvoir bénéficier
de services qui n’auront de publics que le nom !
Ainsi, le Ministre Xavier DARCOS est dans la droite ligne de l’objectif
gouvernemental : aucune proposition d’augmentation de traitement, mais des
heures supplémentaires pour assurer les heures de travail qui deviendraient
disponibles, du fait de la suppression massive des postes. Tout cela en obérant
les véritables charges de travail ou en les augmentant insidieusement, en
considérant que les périodes où les élèves sont en entreprises doivent être
rentabilisées par les enseignants, en les employant différemment !
Ce rapport purement comptable, et qui n’a par ailleurs aucun
aspect pédagogique, traduit la volonté de bouleversement de notre école. Le
décodage sera difficile pour ceux qui ne sont pas au cœur du système ou qui se
sont laissés convaincre par une désinformation permanente.
Nouvelle
réglementation pour les remboursements des frais de déplacement
La règle de fait devient l’obligation d’utiliser les transports en commun. Tout enseignant désirant utiliser son véhicule personnel devra faire une demande de dérogation préalable.
Toute demande de remboursement sans dérogation ne sera plus prise en compte.

Extrait d’une circulaire du Chef de la Division de l’Enseignement Supérieur du Service Interacadémique des Examens et Concours du 2 Avril 2007