N°075 du 4/07/2007 FSU
Lettre d’information du
Syndicat National Unitaire de l’Enseignement Professionnel
Prochain
budget :
10 000 suppressions de postes annoncées
è Communiqué du SNUEP :
10 000 postes supprimés dans
l’Education nationale pour la rentrée 2008 !
Au même moment , des centaines de
jeunes se voient refuser une formation en Lycées Professionnels, SEGPA et EREA
par manque de places.
Le SNUEP FSU demande l’ouverture des
CAP, BEP et BAC PRO en tant que de besoins et le recrutement d’enseignants pour
les faire fonctionner.
Par ailleurs, le SNUEP se félicite de
l’abrogation du décret De Robien
è
CTPM du 2 juillet
07 Il a abrogé les
décrets de Robien.
Déclaration
préalable de la FSU
10000 suppressions d’emplois dans l’éducation nationale au prochain
budget ! C’est l’ordre de grandeur que vient d’annoncer le Ministre. Ces
coupes budgétaires, d’une ampleur inégalée, sont une bien singulière façon
d’afficher la priorité à l’éducation mais aussi de lancer des négociations sur
les métiers.
Ces suppressions obéissent à une
logique comptable à courte vue qui sacrifie l’avenir, compromet l’objectif d’assurer
la réussite de tous et laisse présager un nouveau creusement des inégalités.
De telles suppressions entraîneront non
seulement une dégradation des conditions d’accueil des élèves, d’enseignement
et de travail à tous les niveaux du système éducatif, de nouvelles coupes dans
les effectifs de certaines catégories professionnelles (personnels
administratifs, sociaux…), mais surtout une réduction drastique de l’offre
d’éducation touchant les élèves, et d’abord les plus défavorisés.
Cette mesure est d’autant plus
inadmissible que les effectifs, à la rentrée 2008 augmenteront, d’après les
chiffres du ministère, de plus de 20000 élèves, premier et second degrés
confondus.
Comment croire dans ces conditions à la
volonté ministérielle en matière de soutien et d’aide aux enfants en
difficulté, de Zone d’Education Prioritaire, de réussite de tous ?
Dans les écoles, où la hausse
démographique est constante, une telle mesure, si elle était confirmée,
poursuivrait la remise en cause de la scolarisation des élèves en maternelle,
alourdirait les effectifs par classe, rendrait encore plus difficile la
scolarisation des enfants en situation de handicap. Elle hypothèquerait toute
possibilité d’amélioration et de transformation de l’Ecole.
Dans les collèges et lycées, le projet
gouvernemental conduira à des suppressions de postes encore plus importantes à
la rentrée 2008 qu’à la rentrée 2007, alors que la baisse des effectifs sera du
même ordre. Cela signifie que de telles économies ne seront possibles qu’en
amputant fortement l’offre d’enseignement (options, diversité des voies de
formation, voire une diminution des horaires d’enseignement) et en augmentant
la charge de travail des personnels, y compris par l’augmentation massive des
heures supplémentaires.
Nous refusons par ailleurs toute
logique qui conduit, face à ces amputations budgétaires, à confier une partie
des enseignements ou l’aide scolaire aux élèves, à des personnels extérieurs à
l’Education Nationale (disciplines artistiques, EPS, sport scolaire, soutien…).
Ce n’est donc pas la réussite de tous
les élèves qui guide les choix gouvernementaux en matière de politique
éducative, mais une logique comptable, entièrement orientée vers la réduction
des coûts et la suppression de postes de fonctionnaires, au détriment de tous
les élèves et du fonctionnement du système.
Alors que le Ministre annonce la mise
en place de « négociations » sur le métier d’enseignant, la charge de
travail et les rémunérations, ces suppressions brutales de postes augurent mal
des intentions du gouvernement et hypothèquent sérieusement toutes discussions
sur l’avenir du système éducatif et de ses personnels.
La FSU fera tout pour organiser la
riposte la plus unitaire possible, à la hauteur des dégradations qu’un tel
projet ne peut qu’engendrer.
Pour les salaires : ce n’est pas
mieux !
COMMUNIQUE DES ORGANISATIONS
DE LA FONCTION PUBLIQUE
CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, SOLIDAIRES,
CGC, CFTC
Paris le 3 juillet 2007
Le Premier ministre vient de confirmer
le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite :
ces suppressions auront des conséquences dramatiques sur l’emploi et les
conditions de travail ainsi que sur le champ et les missions des services
publics. Les usagers en seront les premières victimes. Encore une fois aucune
réflexion ou discussion préalable sur les services publics n’a été conduite et
c’est une logique exclusivement comptable qui prévaut.
Aucune réponse n’est apportée à la
demande de négociations salariales visant à assurer le maintien du pouvoir
d’achat par la revalorisation du point d’indice.
Le « travailler plus pour gagner
plus » ne saurait répondre à cette exigence ; il risque au contraire
d’alourdir les conditions de travail et de développer la précarité.
Le refus du maintien du pouvoir
d’achat pour tous a déjà pour conséquence un minimum de rémunération porté au
SMIC et qui réduit encore plus l’amplitude de la grille.
Les personnels de la fonction publique
(Etat, Territoriale, Hospitalière) attendent d’autres choix. Nous, organisations syndicales, nous adresserons
solennellement au gouvernement à l’occasion de la réunion du Conseil Supérieur
de la Fonction Publique de l’Etat le 12 juillet pour exiger que s’ouvrent au
plus vite des négociations portant sur la valeur du point d’indice commune à
tous, les carrières et la reconstruction de la grille et que les décisions en
matière d’emploi public résultent d’un vrai débat sur les missions des services
publics.
Motion du Bureau National du SNUEP du 2
juillet
sur le
droit de grève
Déjà en 2004, le ministre des
transports de l’époque, le même qui aujourd’hui est désavoué sur le service des
enseignants (abrogation du décret De Robien proposé ce jour en CTPM), avait souhaité initier, en cas de conflit, un
service minimum garanti en généralisant
le protocole propre à la RATP.
Ce protocole est un système intitulé
« d’alarme sociale » : Quand une organisation syndicale alerte
par écrit le responsable hiérarchique d’un problème, il y a obligation aux deux
parties de s’expliquer dans un délai de cinq jours. En cas d’échec, alors
seulement un préavis de grève peut être déposé.
Aujourd’hui, le gouvernement veut
instaurer « le service minimum » c’est-à-dire remettre en cause le
droit de grève, dans les transports.
Il commence par les
transports parce que c’est une « vitrine » de la contestation
sociale.
Il commence la législature par ce
projet parce que ce serait une revanche terrible contre les mouvements de 1995
et de 2003.
(Et qu’ensuite, le gouvernement pourra
s’en prendre plus facilement à d’autres services publics, dont celui
d’enseignement).
Aujourd’hui, le gouvernement essaie de
jouer finement en proposant un projet de texte limité aux transports qui
imposerait la généralisation des textes de « l’alarme sociale »
pour réduire le droit de grève et l’obligation pour les collectivités de
négocier avec leurs prestataires de service afin « d’atténuer l’impact des
conflits ». Et qui s’appliquera de toute façon, que les syndicats aient
signé/amendé ou non le projet gouvernemental.
Dans les transports, comme à la SNCF,
les désagréments et les retards les plus courants subis par des usagers
« pris en otage » aujourd’hui ne sont pas dus principalement aux
grèves mais à des dysfonctionnements techniques, à des suppressions de trains
et à des infrastructures surchargées (c’est-à-dire liées à des priorités
budgétaires du gouvernement) et à une mauvaise gestion des non grévistes,
Le projet de texte, qui sera présenté
le 4 juillet au Conseil des ministres,
contient des dispositions très lourdes :

Définir un service minimum, c’est remettre en cause le droit
de faire grève !
Le Président, le gouvernement, se
croient tout permis et espèrent obtenir un « label syndical » en
écartant la notion de réquisition qui est anticonstitutionnelle (atteinte au
droit de grève !). Ils essaient d’associer les organisations syndicales à
cette loi-cadre votée en juillet par le parlement et applicable au 1er
janvier 2008.
Le SNUEP n’a pas à faire la
synthèse de tous les intérêts et concilier utilisation exceptionnelle du droit
de grève et respect des usagers!
Le SNUEP réaffirme son opposition à ce projet de texte de
loi-cadre.
Unanimité
Déclaration du
SNUEP à la CAPN du 20 juin 2007
Le
nouveau gouvernement tente de faire passer les principaux axes d'une nouvelle
politique de l'Education Nationale en s'appuyant sur la lassitude et le
désarroi des professeurs. Il veut ainsi légitimer les propositions du patronat
et mettre en oeuvre les directives européennes et internationales en matière de
formation professionnelle.
Déjà,
les différentes politiques en matière éducative des gouvernements successifs
n'ont engendré que des réductions massives de postes, assorties le plus souvent
de limitations du contenu des enseignements fondamentaux, mais aussi d'une
baisse importante du pouvoir d'achat des enseignants.
Or,
les propositions de Xavier Darcos ont le mérite de la clarté. La gestion des
établissements et des enseignants répond aux principes de la LOLF, en
s'appuyant sur la culture du résultat. Cela s'oppose à notre mission qui est de
former la totalité d'une classe d'âge. C'est pourquoi nous estimons que les
futures méthodes d'évaluation des enseignants et l'institution de primes à
« la performance », ne doivent pas avoir de place dans l'Ecole
Publique et Laïque de la République.
En ne proposant pas d'augmentation de
traitement, mais, à la place, des heures supplémentaires pour assurer les
heures de travail laissées disponibles du fait de la suppression massive de
postes ; en obérant les véritables charges de travail ou en les augmentant
insidieusement ; en considérant que les périodes où les élèves sont en
entreprise doivent être rentabilisées, en les employant différemment, par les
enseignants ; le Ministre Xavier Darcos propose purement et simplement des
outils qui correspondent tout à fait à une Ecole en voie de privatisation, dont
la gestion relève davantage de l’entreprise que du Service Public. L’évolution
du métier d’enseignant ne saurait se réduire à « travailler plus pour
gagner plus ».
Le SNUEP prend acte de l’abrogation du
décret de Robien, annoncée par le président, ainsi que de la suspension de
l’apprentissage « junior » lors de l’audience accordée à la FSU.
Dans le même temps, nous nous
inquiétons de certains projets : la confirmation des suppressions de
postes à la rentrée 2007, la poursuite de la remise en cause de l’éducation
prioritaire, la réduction de l’offre de formation en LP au profit de
l’apprentissage et la volonté réaffirmée de ne pas remplacer tous les départs à
la retraite des enseignants.
Bien que cela ne soit pas à l’ordre du
jour, nous vous demandons également de transmettre au ministre notre
opposition, sous couvert de continuité du service public, à la remise en cause
du droit de grève des enseignants.
Le SNUEP avec la FSU auditionnés par la
mission sénatoriale sur la formation professionnelle
REFORME
DU DISPOSITIF DE FORMATION PROFESSIONNELLE
La
gestion des fonds de la formation professionnelle nécessite une réforme en
profondeur alliant transparence, équité, qualité des formations dispensées. Les
fonds doivent être réservés à une véritable formation professionnelle gérée au
sein d’un grand service public. Ceux qui aujourd’hui veulent conserver ou
récupérer l’ensemble du « magot » pour des raisons politiques
évidentes ont largement oublié que la formation des salariés nécessite un
enseignement et une formation professionnelle initiale de qualité au sein du
Service Public et Laïque. Depuis la loi de 1971, les employeurs sont tenus de
consacrer une part de leur masse salariale au financement de la formation des salariés.
Certes ce sont les partenaires sociaux qui ont créé des organismes collecteurs
afin que les fonds ne soient pas reversés au Trésor Public, mais il faut
reconnaître que le mode de collecte est complexe et inadapté et que la gestion
n’est pas satisfaisante. Il existe un dispositif de contrôle, mais il ne
dispose pas de moyens nécessaires. La gestion paritaire a donc ses limites même
s’il y a séparation entre ceux qui collectent des fonds et ceux qui dispensent
des formations.
Le nombre d’OPCA est important (plus de
250 il y a 20 ans) et les fonds sont très importants. La gestion n’est pas
saine et des dérives ont été largement constatées (absence de transparence,
organisation de formation fictives,…). Certes la loi de mai 2004 a transcrit
l’accord de septembre 2003 (DIF) mais elle ne concerne pas les dispositions
financières. Le manque de cohérence est de règle sur les circuits de
financement. Le Conseil National de la Formation Tout au long de la vie devait
faire un rapport sur l’utilisation des fonds mais cela n’a pour l’instant pas
encore été le cas. Il faut donc changer radicalement tout le mode de
fonctionnement, du financement à la formation, avec un contrôle indépendant. Le
risque est grand de n’ouvrir des formations que selon les besoins des entreprises
au détriment de véritables qualifications transférables. Ne défendons pas le
concept « d’employabilité » prôné par certains partenaires.
En ce qui concerne la taxe
d’apprentissage, la quotité relative au « barème » n’est pas
suffisante pour les premières formations technologiques et professionnelles.
Une réforme en profondeur pourrait être envisagée plutôt qu’un simple
aménagement « quota barème ». L’argent de la collecte doit être
réservé à de véritables formations qualifiantes débouchant sur un diplôme
reconnu. Certes, la loi de modernisation sociale, en diminuant considérablement le nombres
d’organismes collecteurs de la Taxe d’Apprentissage, a reconnu de fait des
disfonctionnement majeurs mais il faut aller plus loin.
Le système d’orientation vers les voies
de formations initiales est à améliorer, mais il est inexact de dire qu’il est
un échec. L’échec se trouve au niveau des potentialités d’emploi pour les
formés ainsi qu’au niveau de la formation continue des salariés. Il faut lutter
contre le discours actuel qui est de privilégier l’acquisition de quelques
compétences au détriment des véritables savoirs généraux et professionnels. La
problématique de la VAE ou celle des ECVET montre bien la réalité de la
situation. Nous ne devons pas accepter les CQP qui ne sont pas des diplômes.
Ils ne doivent pas être inscrits dans le RNCP. Par contre, il faut proposer des
diplômes professionnels dans les secteurs où ils n’existent pas et sous le
contrôle de l’Education Nationale.
La décentralisation de la Formation
Professionnelle a montré ses limites. Les régions se sont engouffrées dans la
gestion sans tenir compte de la qualité de ce qui est proposé aux salariés avec
l’accord des partenaires sociaux. Il faut donc revoir le dispositif et mettre
en place dans le cadre de la décentralisation existante un cadre national et
des directives nationales s’appuyant sur une seule politique de formation
professionnelle.
Le dossier de la sécurisation des
parcours professionnels est très révélateur. Il s’agissait de donner aux
salariés des outils personnels propres à la personne. Déjà des dérives existent
et il s’agit parfois de sécuriser les DRH ou les entreprises plutôt que les
salariés. Il s’agit d’un droit qui devrait être plus réel.
Tout dispositif de formation professionnelle
continue doit être valorisant et reconnu avec incidences sur les grilles
salariales. Toutes les qualifications acquises au cours de la vie active
doivent être prises en compte. Il faut aussi encourager les entreprises à
former davantage mais le système ne doit pas se retourner contre le salarié en
le rendant responsable systématiquement (salarié, « acteur de sa
formation »)
N’est-il pas utile de mettre en place
un « passeport formation » attaché à l’individu ?
Il est exact de dire que la formation professionnelle
continue n’est pas une alternative à la formation initiale, mais déjà des
dérives existent (Réformes des formations initiales, VAE,…)
Une réforme de grande ampleur est donc
indispensable en balayant très souvent l’existant même si l’on risque de
s’opposer à certains partenaires sociaux très attachés sans doute à conserver
certains privilèges.
Que de travail en perspective !
Bonnes vacances
à toutes et à tous !