91

Paris, le 23 avril 2008
|
Réforme de l’Enseignement Professionnel Réussir à se mobiliser pour
gagner ! |
La récente effervescence du mouvement lycéen
vient relayer les inquiétudes que le SNUEP-FSU avait émises dès le mois de
novembre 2007. Nous avions découvert alors le projet du ministère de
généraliser le bac pro 3 ans…
Depuis que les lycéens sont dans la rue
contre les suppressions de postes, le Ministre de l’Education Nationale navigue
entre affichage médiatique avec les organisations syndicales et propos
volontairement provocateurs. Mais recevoir les syndicats ce n’est pas forcément
dialoguer, et tenter de discréditer les mouvements lycéens sous prétexte de
manipulation est en soi une manœuvre grossière.
Si le SNUEP-FSU a refusé de signer le protocole
de discussion sur le bac pro trois ans, c’est
parce que la base de discussion est mauvaise : comment croire par
exemple, qu’il est possible d’augmenter le nombre de bacheliers de la voie
professionnelle, préserver la qualité de la formation et la valeur du diplôme
(cf. circulaire de rentrée 2008) quand une année complète de formation (soient
800 à 900 heures) est supprimée ?
Oui, l’objectif de cette réforme s’inscrit
pleinement dans la politique de casse du service public : l’Enseignement
Professionnel Public serait saigné d’environ 10000 postes d’ici 2012. Non,
l’intérêt des lycéens de l’Enseignement Professionnel Public n’est pas pris en
compte.
Car cette réforme ne s’arrête pas à la
généralisation du bac pro 3 ans : la relance de l’apprentissage-junior
(rebaptisé DIMA), la recréation de classes de CAP, la réactivation des
labellisations lycées des métiers (800 sont prévues sur les 3 ans à venir),
tout laisse craindre que l’Enseignement Professionnel Public est menacé.
C’est pourquoi le SNUEP-FSU appelle l’ensemble des
personnels de l’Enseignement Professionnel Public à se mobiliser d’abord dans
toutes les zones qui ont repris ou vont reprendre le travail après les vacances
de printemps, ensuite avec l’ensemble de la fonction publique, avec l’éducation,
dans le second degré pour défendre un véritable service public d’éducation et
l’Enseignement Professionnel Public les 15, 18 et 24 mai.
Le Secrétariat National
|
Motion
d’actualité du congrès national du SNUEP-FSU Salaires et pouvoir d’achat |
Granville,
le 4 avril 2008
Le Congrès
National du SNUEP-FSU dénonce la baisse continue du pouvoir d’achat des
enseignants actifs et retraités : plus de 7% depuis 2000, plus de 20%
depuis 20 ans.
Le Congrès
National du SNUEP-FSU exige une véritable revalorisation de leurs salaires et
un rattrapage des pertes accumulées. Cela ne peut se faire par l’augmentation
des heures supplémentaires qui sont en fait génératrices de chômage.
Cela doit se faire
par une augmentation du point d’indice au moins égale à l’augmentation du coût
de la vie. Aussi le Congrès National du SNUEP-FSU considère que la proposition
d’augmentation de 0,5% en mars, et de 0,3% en octobre, soit 0,65% sur 12 mois,
formulée par le ministre de la Fonction Publique récemment, constitue une
véritable provocation. L’augmentation du point d’indice devrait, au minimum,
suivre la hausse des prix (environ 2 %).
Le
Congrès National du SNUEP-FSU refuse l’argument selon lequel il n’y aurait pas
d’argent dans les caisses de l’État alors que l’on sait qu’en 2008 dix huit
mille contribuables très fortunés se verront rembourser la somme de 536
millions d’euros, un chiffre supérieur à l’économie budgétaire qui devrait
résulter des 23 000 suppressions de postes programmées dans la Fonction
Publique.
Circulaire de rentrée
le SNUEP-FSU dénonce des
dispositifs scandaleux
et appelle à la poursuite de l’action |
COMMUNIQUE
DE PRESSE du 17 avril 2008
Le
SNUEP–FSU s’étonne de la parution de la circulaire de préparation de la rentrée
2008 au BOEN n°15 du 10/04/2008, sortie sans aucune concertation, et d’y
découvrir des dispositifs totalement scandaleux pour l’Enseignement
Professionnel Public :
- la relance du
Lycée des Métiers, dispositif fourre-tout, favorisant la mixité statutaire des
publics en formation (élèves, apprentis, adultes), la concurrence des
établissements, la distorsion géographique de l’offre de formation, et à plus
long terme la régionalisation des personnels de la formation professionnelle
initiale publique ;
- la relance de
l’apprentissage junior renommé DIMA qui renvoie les jeunes en difficulté vers
l’apprentissage à niveau V, ce qui amplifiera encore leur échec et les sorties
sans qualification du système scolaire ;
- l’entérinement
du bac pro 3 ans qui ambitionne « d’accroître le nombre de jeunes qui
accèdent au bac » « sans diminuer la qualité de la formation ni la
valeur du diplôme », alors qu’une année scolaire entière est supprimée, ce
qui correspond à la diminution de 800 à 900 heures de formation.
Le SNUEP–FSU
dénonce toutes ces annonces démagogiques qui participent d’un double langage
avec des affichages médiatiques totalement déconnectés des réalités.
Le SNUEP-FSU a
refusé de signer le protocole de discussion sur le bac pro 3 ans visant à
accompagner sa généralisation. Le SNUEP–FSU est conforté dans ses analyses sur
la « réforme » Darcos qui poursuit avant tout un objectif budgétaire,
pour économiser à terme environ 10 000 postes.
Le SNUEP-FSU
soutient et encourage la mobilisation lycéenne et entend participer à son
amplification pour exiger le refus de la généralisation du Bac Pro en 3 ans et
le rétablissement des postes supprimés. Si un premier recul du Ministre peut
être envisagé après son annonce aux lycéens de la possibilité de négocier
« filière par filière » sur la refonte de l’Enseignement
Professionnel, alors un second recul devient possible, celui du gel de la
réforme pour ouvrir de véritables discussions sur l’Enseignement Professionnel
Public.
Le
Secrétariat National.
|
Heures supplémentaires, postes, fonds
d’aide… ou comment certains sont un peu
moins égaux que d’autres |
Dans cette période
d’attaques frontales du service public d’éducation, tous les lycées, tous les
élèves ne sont pas considérés de façon identique.
Non seulement les
suppressions de postes sont très ciblées en fonction du type
d’établissement : 10 postes au lycée Blaise Cendrars à Sevran (93) et 2 à
Henri IV Paris, ou encore 10 sur 69 au LP Alfred Costes de Bobigny (93) alors
que Saint Louis-de-Gonzagues (Paris16ème) garde tous les siens. Et
le Canard Enchaîné (avril 2008) de poursuivre sur les collèges des quartiers
moins bourgeois de Paris qui perdent beaucoup plus de postes que ceux des
quartiers aisés.
Mais de plus, les
écoles privées profitent des mannes de l’Etat avec 3 millions d’euros
supplémentaires, qui s’ajoutent aux 148 000 HS pour financer les stages de
rattrapages à destination des élèves en difficulté ! Le Comité National
d’Action Laïque (CNAL) précise que les établissements privés sont déjà
largement surdotés en postes d’enseignants ou en moyens spécifiques, comme le
fond d’aide à l’implantation d’écoles
privées en banlieue, tout en ne pratiquant pas l’accueil de tous les élèves
comme seul le fait l’enseignement public.
Inégalité de
traitement, quartiers riches/quartiers pauvres, public/privé, qui ne peut
qu’exacerber et faire descendre dans la rue les élèves. Comment croire aux
discours du ministre pour les élèves des établissements les moins
favorisés ?
Seule une
politique de justice sociale, en plus d’une réhabilitation du service public
d’enseignement, peut répondre aux besoins d’une société moderne.
|
Intersyndicale
du second degré Amplifier l’action partout et au
plan national |

Le 21 avril 2008
La semaine qui vient de s’écouler a été
marquée par une amplification des mobilisations en région parisienne avec le
succès des manifestations des 15 et 17 avril à Paris.
Xavier Darcos, visiblement nerveux face à
cette situation, alterne déclarations provocatrices dans la presse et affichage
de dialogue social mais n’offre aucune réponse aux attentes des personnels et
des élèves. Il continue de minimiser le mouvement, tablant certainement sur le
départ en vacances de la zone C et prend la responsabilité d’une nouvelle
aggravation du conflit.
Les
organisations syndicales SNFOLC, SNEP-Fsu, SNUEP-Fsu, SNES-Fsu, SUD-Education,
UNSEN-Cgt appellent à la poursuite et au développement des actions dans les
zones A et B qui reprennent les cours (des premiers rendez-vous sont déjà décidés
le 28 avril en Guadeloupe, le 29 avril dans le Gard et en Lozère, le 30 dans
l’Hérault…).
Elles proposent en convergence avec les organisations lycéennes d’amplifier l’action au
plan national dès la semaine de rentrée de la dernière zone (le 5 mai).
D’ores
et déjà elles appellent à une journée nationale de grève le 15 mai dans les
collèges et les lycées dans le cadre d’une journée d’action de toute
l’éducation, de la maternelle à l’université, avec la fonction publique,
pour :
le
rétablissement des postes supprimés en particulier par la transformation des
heures supplémentaires en emplois, le maintien des enseignements dispensés aux
élèves, l’amélioration des conditions d’études.
la
consolidation des trois voies de formation au lycée, l’arrêt de la
généralisation des bacs professionnels en trois ans qui conduirait à la
disparition des sections de BEP.
l’ouverture
de véritables négociations sur la revalorisation des métiers de l’éducation (le
rapport Pochard ne pouvant en aucun cas constituer une base de discussion).
Les revendications
des personnels de l’Education rejoignent celles de tous les fonctionnaires,
mobilisés dans leurs différents secteurs.
L’ensemble des choix
gouvernementaux en matière éducative s’inscrit pleinement dans le cadre de la
réforme statutaire de la fonction publique etde
Action :
échos des académies Non au démantèlement des Greta ! |
Le service public
de formation continue des adultes, une des missions de l'Education Nationale, est assuré par les
réseaux des GRETA.
Différents
statuts existent pour le personnel permanent, un peu comme à la Poste : des « postes
gagés », personnel titulaire de
l’Education Nationale, appartenant donc à la Fonction Publique, côtoient des
agents recrutés sur des contrats de droit privé, en CDD ou en CDI.
La
volonté affichée du gouvernement est de se débarrasser du maximum de
fonctionnaires, dans l'Education Nationale, comme ailleurs. Les Greta, depuis
longtemps « laboratoires» de la déréglementation (cela fait par exemple plusieurs années que le personnel
est annualisé) sont aussi dans le collimateur !
Pour
pousser les postes gagés vers la sortie, il a été demandé aux Greta d'assurer
le financement complet de ces postes,
pensions civiles comprises, en invoquant une « distorsion de
concurrence » avec le secteur privé. La majeure partie des postes gagés a
ainsi été « rendue » à la formation initiale.
Après
le Greta du Havre, c'est la direction du Greta Rouen Multipôles qui a proposé
au Recteur de rendre 6 postes gagés à la
formation initiale. Ce faisant, on remplace du personnel titulaire de la
fonction publique par des contractuels, plus précaires, travaillant plus et
gagnant moins. Il s’agit en quelque sorte d’une « délocalisation »
sur place.
Le
Centre Permanent Génie Electrique est le plus touché : il perd ainsi la
moitié de son personnel permanent, dont son responsable.
Les personnels concernés revendiquent leur
attachement au service public de formation continue, ainsi qu’à la spécificité
de leur enseignement.
|
|
|
La chronologie des faits Le 29 février, il a été annoncé lors d'une commission
du personnel du Greta Rouen Multipôles, la décision de la suppression de 6
postes gagés, dont 4 à temps plein sur le Centre Permanent Génie Electrique,
et 2 en alternance avec le DPFI (Dispositif Permanent de Formation
Individualisée). Cette décision met à mal l'existence même du centre Génie
Electrique : 50 % des permanents disparaîtraient, soit
le tiers des heures de cours réalisé sur le centre. Le RTD (Responsable Technique de
Dispositif) serait remplacé par un
coordonnateur. Sur 4 accompagnateurs de VAE (Validation des Acquis et
de l’Expérience), 3 ne seraient plus là dont la coordinatrice ! Sur 2
formateurs aux habilitations électriques, il n’en resterait qu’un, soit une
perte de 15 000 € pour le GRETA. Le 3 mars,
les personnels se mettent en grève spontanément face à la brutalité de
ces six suppressions. L’assemblée
générale du personnel dénonce la logique purement comptable d’économies qui
prévaut à ces suppressions, et demande : - que l’intégralité des postes
permanents soit maintenue, tant gagés
que contractuels ; - que des moyens matériels et
humains soient alloués, afin d’assurer un développement en direction des
entreprises et des projets innovants. Un préavis de grève est déposé à
compter du 10 mars. Le 10 mars, ils se mettent en grève pour plusieurs
jours, organisant deux manifestations au rectorat, massivement suivis, avec
le soutien du SNUEP et de la CGT. Le chiffre atteint de 100 % de grévistes
exprime la cohésion et la motivation des personnels. Le droit de grève, seule arme face à
l’employeur, a été pourtant mis à mal par l'administration : remplacement au
pied levé d'un enseignant gréviste par un non-gréviste, annulation d'une
formation au dernier moment sans prévenir l'enseignant. Le 11 mars, une audience a lieu entre une délégation du Greta, incluant le SNUEP,
et le Secrétaire Général du Recteur accompagné du DAFPIC (Délégué Académique à la Formation
Professionnelle Initiale et Continue). La qualité et l’originalité du
fonctionnement du Centre Permanent sont
reconnues par les deux interlocuteurs.qui affirment que la suppression
des postes gagés n’est pas liée à son activité. Et que la situation sera
réexaminée d’ici le 20 mars, date de CTPA. Le 4
avril, l’administration recule et revient sur sa décision de supprimer
les six postes. |
|
Extrait
du communiqué du 7 avril Le SNUEP FSU prend acte de
cette décision. Il restera vigilant quant aux menaces futures pesant
sur les postes, notamment les projets de fusion entre les GRETA d'Elbeuf, de
Rouen-droite et Rouen-industries. Le SNUEP se félicite de cette
heureuse conclusion. Qu’elle redonne
le moral à tous ceux qui se battent pour le maintien de leurs postes ! C'est la preuve que la lutte,
dans l’unité des personnels et de leurs syndicats, peut payer ! |