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Paris, le 6 juin 2008
Communiqué
de l’Intersyndicale du second degré
Aucune
suspension de l’action en juin dans le second degré !
GRÈVE
LE 10 JUIN
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Après
le succès des puissantes actions menées ces dernières semaines, montrant
l’exaspération et la forte mobilisation des personnels, parents et élèves,
l’intersyndicale du second degré n’a jamais envisagé une suspension de l’action
: les revendications demeurent, le Ministre devra bien finir par négocier. Le
gouvernement s’entête à maintenir les suppressions de postes, à multiplier les
heures supplémentaires, il remet aujourd’hui
en cause le droit de grève dans l’éducation nationale à travers le «
service minimum d’accueil », propose de créer une agence pour les remplacements,
très inquiétante pour la continuité du service public et ses personnels,
envisage une réforme des lycées sur fond de réduction des horaires élèves. Ses
propositions d’ouverture de discussions, qui écartent les questions
budgétaires, en particulier les conditions de la rentrée 2008, sont inacceptables. Une négociation digne de
ce nom doit traiter les revendications des personnels et des usagers et non les seuls sujets choisis par le
gouvernement :
·
le
rétablissement des postes supprimés en particulier par la transformation des
heures supplémentaires en emplois,
·
le
maintien des enseignements dispensés aux élèves,
·
l’amélioration
des conditions d’études la consolidation des trois voies de formation au lycée,
·
l’arrêt
de la généralisation des bacs professionnels en trois ans qui conduirait à la
disparition des sections de BEP, et donc d’une offre de formation au niveau V,
·
l’ouverture
de véritables négociations sur la revalorisation des métiers de l’éducation (le
rapport Pochard ne pouvant en aucun cas constituer une base de discussion).
L’intersyndicale
du second degré appelle à la poursuite de la mobilisation par une nouvelle journée de grève le 10 juin.
Les revendications des personnels de l’éducation rejoignent celles de tous les
fonctionnaires, mobilisés dans les différents secteurs. L’ensemble des choix
gouvernementaux en matière éducative s’inscrit pleinement dans le cadre de la
réforme statutaire de la fonction publique et de la révision générale des
politiques publiques, qui menace 160.000 emplois dans les quatre prochaines
années dont 80.000 dans l’Education Nationale.
Paris, le 30 Mai 2008
Bac Pro 3 ans
« Rénovation » de
Un
relevé de conclusion en inadéquation avec les réalités !
Le
Ministère de l’Education Nationale a proposé à la signature de certaines
organisations syndicales, engagées dans le cadre
du protocole de discussion, sur la prétendue
rénovation de la voie professionnelle, un relevé
de conclusion.. Le SNUEP ne s’était
pas engagé dans cette discussion car il ne s’agissait que d’une caution de la
politique gouvernementale dans son aspect le plus politicien. La suppression
systématique des sections de BEP, la disparition de formation de niveau V et la
fermeture des postes d’enseignants n’étaient pas de nature à rassurer la
communauté éducative. Cette approche comptable et non pédagogique est une des
toiles de fond de la circulaire de Rentrée 2008 diffusée sans aucune
concertation. On comprend à sa lecture la stratégie du Ministre et le SNUEP ne peut que se satisfaire de ne
pas avoir avalisé un tel projet !
Des objectifs sans perspectives affichées :
S’il est
nécessaire de hausser le niveau général des formations, en engageant le plus
grand nombre d’élèves vers le baccalauréat professionnel, il faut mettre à
dispositions des élèves issus de la classe de troisième de collège des outils
pédagogiques permettant la réussite de tous en ne négligeant en aucune façon
les diplômes de niveau V qui devront être proposés aux élèves pour qui
l’orientation vers le baccalauréat professionnel ne sera pas toujours possible.
Le relevé de conclusion fait l’impasse sur tous ces dispositifs et aucun moyen
ne semble être mis à disposition.
Comment peut-on
accorder, comme l’écrit le Ministère,
une part essentielle à l’accompagnement pédagogique lorsqu’on supprime 25 % du
temps de formation pour les élèves ?
Des constats réels voire évidents, mais une stratégie
dangereuse :
Tentant de
s’appuyer sur les conclusions des travaux du CEREQ (Centre
d'études et de recherches sur les qualifications) qui montre que le diplôme
permet de mieux résister au chômage, avec un avantage pour le baccalauréat
professionnel, le Ministère s’engage dans une réforme sans prendre les
dispositions pédagogiques indispensables qui assureraient la valeur de ce
diplôme. Ce n’est pas en limitant les processus d’acquisition des connaissances
que le diplôme gardera sa valeur actuelle surtout si la classe de seconde
correspond à une année de re-motivation ou de repositionnement pour des élèves
orientés trop tôt dans cette voie. Le choix d’orientation en fin de seconde
professionnelle engendrera une hétérogénéité des classes avec toutes les
incidences que nous pouvons prévoir. L’affirmation sur le secteur tertiaire
mérite une analyse plus fine. En effet si l’on recherche des diplômés d’un
niveau supérieur au Baccalauréat, les prévisions en matière d’emploi sont loin
d’être nulles dans les Régions pour les
années à venir. Les documents régionaux sont là pour l’attester.
Le texte rappelle
que les objectifs de la réforme sont en cohérence avec les « objectifs de
LISBONNE » en ce qui concerne les orientations 2010. Non seulement
LISBONNE n’est pas pour nous une référence, mais l’inquiétude est grande en ce
qui concerne les formations, les diplômes et les titres. Ces derniers doivent
assurer aux titulaires des qualifications reconnues ainsi qu’un haut niveau de
connaissance. Que devient le diplôme si ses référentiels ne proposent plus
d’ambitieux objectifs ?
La remise en cause
de la valeur d’un diplôme ne sera jamais de nature à aider les jeunes.
L’Ecole n’a jamais
été chargée de créer des emplois et rendre responsable du chômage les actuels
niveaux V de formation est absurde. Il faut cependant analyser filière par
filière la situation et les besoins professionnels.
Une réussite au CAP et au BEP plus que
problématique :
Pour justifier sa
réforme, le Ministère développe des affirmations qui correspondent à certaines
demandes actuelles : favoriser l’accès au CAP et au BEP, lutter contre les
sorties sans qualification, développer des démarches pédagogiques pour lutter
contre les décrochages,…
Les enseignants et
tous les partenaires engagés dans la voie professionnelle relèveront que ces
affirmations ne débouchent sur aucune proposition concrète, au contraire, à la
rentrée 2008, les sections seront fermées, les heures mises à dispositions des
professeurs dans le cadre de leur emploi du temps n’existent pas, des
enseignements fondamentaux comme en Français et en Mathématiques seront
supprimés. Si l’on souhaite traiter à égale dignité les trois voies de
formation, il n’est pas nécessaire de réduire ces enseignements fondamentaux.
Une lutte contre les sorties sans diplômes qui méritait
d’autres orientations :
Il ne suffit pas
d’afficher des objectifs mais il faut permettre sur le terrain une réelle
concrétisation. Comment affirmer la réussite au BEP alors que face à la
suppression des sections, le Ministère n’aura recours qu’à une « certification intermédiaire » intégrée éventuellement dans le
cursus scolaire et dont les modalités de certification seront mixtes (CCF et
Epreuves) ?
Le SNUEP a
toujours demandé une étude fine sur les quatre années (BEP + BAC) avec la mise
en place de passerelles vers les autres voies. Nous nourrissons cependant des
inquiétudes face à la situation actuelle de ces dispositifs. Il serait plus
judicieux d’ouvrir le débat sur des passerelles à double sens entre les voies
de formation.
Certes nous sommes
demandeurs de modalités pédagogiques adaptées aux élèves. Projets qui seraient portées par les enseignants
concernés or la réponse ministérielle s’apparente plus à un placebo qu’à un
vrai remède. Les conséquences des horaires proposés pour la classe de seconde
professionnelle à la rentrée 2008 ne résistent pas à un examen approfondi. D’ailleurs ces
derniers n’offrent plus que « quelques » modules pour
« quelques » élèves. Le Ministère annonce à l’opinion publique de
nouvelles modalités pédagogiques mais parallèlement il ferme les sections et
les postes et réduit le temps de formation.
Assurer des poursuites d’études :
L’orientation vers
les BTS doit être privilégiée. Il faut donc définir effectivement des modalités
pédagogiques pour les élèves concernés. Il est donc irrationnel de réduire les
enseignements en baccalauréats professionnels alors que nous constatons que les
difficultés rencontrées en BTS se retrouvent le plus souvent dans des disciplines générales. Certaines ont
d’ailleurs été abandonnées au cours de la première et de la terminale. Il est
donc urgent de mettre à la disposition des établissements des modules
complémentaires de formation qui doivent faire partie intégrante de l’emploi du
temps des enseignants.
Le relevé de
conclusion n’ouvre aucune piste dans ce domaine.
Assurer un autre avenir pour les personnels :
Les propositions
en matière de formation continue proposées pour les enseignants qui n’ont
enseignés qu’en CAP et BEP risque de subir les contingences budgétaires
actuelles surtout lorsque l’on examine le devenir de la formation des
enseignants au cours des dernières décennies. D’ailleurs le Ministère n’aborde
que la formation en milieu professionnelle. Curieuse orientation !
Le Ministère
propose de reconnaître la possibilité d’enseignement en post-baccalauréat et en
IUFM pour les PLP. Cette proposition mentionnée sans commentaire en bas de
page, et qui fait abstraction des problématiques
actuelles, ne concernera in-fine, si elle était réalisée, qu’une infime
minorité de collègues que l’on pourrait se charger de remplacer le plus vite
possible en fonction des nominations.
Le SNUEP a développé d’autres propositions
afin de permettre une évolution positive des enseignants de Lycée Professionnel
qui passe par une reconnaissance des qualifications et de réelles validations
en adéquation avec des échelles de rémunération.
En première lecture, ce relevé de conclusion semble pavé
de bonnes intentions mais le flou total des propositions montre qu’il ne s’agit
la que de légitimer une réforme qui accentuera certaines difficultés pour
l’ensemble des élèves. L’objectif est bien de passer en force et d’imposer une
généralisation sans prise en compte des réalités pédagogiques rencontrées dans
nos établissements.
Certaines organisations signataires du protocole
semblent se désengager. Quelle sera la pertinence d’un relevé signé par une
minorité ?
Il est temps d’engager une grande réflexion sur la voie
de l’enseignement professionnelle. Le Service Public doit assurer la plus haute
formation professionnelle possible pour l’ensemble des élèves issus du collège
et qui s’orientent vers nos établissements. L’avenir des jeunes, qui
rencontrent des difficultés ne se trouve pas dans des dispositifs précaires
régionaux de formation.
C’est ce que le SNUEP a défendu à plusieurs reprises
auprès du Ministre de l’Education.
mercredi
04 juin 2008
Comité
technique paritaire ministériel
Boycott
des organisations syndicales
Les
organisations FAEN, FSU, SGEN-CFDT, UNSA-EDUCATION, CGT-EDUCATION,
SUD-EDUCATION, dénoncent la méthode employée par le gouvernement qui consiste à
présenter la mise en place du droit d’accueil dans les écoles maternelles et
élémentaires comme seule réponse à la mobilisation des enseignants, parents,
lycéens, étudiants, militants des mouvements pédagogiques et des associations
complémentaires de l’école, pour défendre le droit à une éducation de qualité
pour tous.
Elles
constatent que la consultation du Conseil technique paritaire ministériel
constitue une véritable parodie de dialogue social, puisque le projet a été
présenté dès le 26 mai au Conseil d’Etat sans consultation des partenaires
sociaux.
Si
les organisations sont prêtes à discuter dans le cadre d’un véritable
dialogue social, elles sont totalement opposées à la mise en place d’une
déclaration individuelle des enseignants grévistes 48 heures avant la date
d’une journée de grève.
De
plus, le projet de loi introduit un dispositif de « négociation
préalable » qui restreint davantage encore l’exercice du droit de grève
des enseignants. Cette mesure est sans rapport avec la mise en place d’un
service d’accueil.
Elles
rappellent que les enseignants des écoles prennent systématiquement le soin
d’avertir les parents d’élèves en cas de mouvement social pour que ceux-ci
puissent anticiper les difficultés de garde d’enfants.
En
se déchargeant une nouvelle fois sur les collectivités locales, ce dispositif
correspond à un dévoiement de la mission première de l’école qui est de fournir
un enseignement et non une garderie.
Les
organisations syndicales signataires de ce texte représentent l’écrasante
majorité des personnels du ministère de l'Education Nationale. Elles vous
demandent, avec solennité, de renoncer au projet de loi annoncé et exigent dans
l’esprit du relevé de conclusions du protocole social, une concertation
approfondie avec l’ensemble des organisations représentatives.
Paris, le 04 juin 2008
SALAIRES
2008
0,5
+ 0,3 = 0,49
Le
compte n’est pas bon !
Vous avez pu ne
pas constater en mars sur votre bulletin de paie une modique augmentation de
votre traitement. C’est parce que c’est une augmentation de 0,5%. Une autre
mini-augmentation de 0,3% est prévue au 1er octobre.
Contrairement à ce
que la simplicité suggère, 0,5+0,3 n’égale pas 0,8 puisque les augmentations
interviennent en cours d’année : ce sont donc 0,49% d’augmentation (voir
notre tableau ci-après) du traitement qui nous sont octroyés pour l’année 2008
quand l’inflation galope à près de 3%. C’est une nouvelle perte de pouvoir
d’achat.
Non, le compte n’est pas bon.