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Paris, le 18 juin 2008
Bureau National du
SNUEP-FSU du 12 juin 2008
Texte ACTION
Face aux réformes rétrogrades du gouvernement
qui a programmé dès la prochaine rentrée la suppression de
11 200 postes dans l’Éducation Nationale et qui en prévoit 20 000
pour la rentrée 2009, le BN du SNUEP-FSU réuni le 12 juin appelle à la
poursuite des actions.
Les suppressions massives de postes, la
généralisation du Baccalauréat professionnel 3 ans au détriment de l’intérêt
des élèves, ainsi que les divers procédés visant à favoriser insidieusement
l’enseignement privé aux dépens de l’enseignement public et laïque
sont autant de raisons qui motivent les collègues à poursuivre les actions
locales et nationales. (…)
Soyons nombreux dans
les manifestations. C’est ensemble qu’il faut lutter et ensemble que nous
devons dénoncer la dégradation des conditions de travail de tous les salariés.
Au niveau local, les
mobilisations sont diverses tant dans leurs formes que dans leur ampleur ;
c’est pourquoi le SNUEP-FSU réaffirme son soutien à tous les collègues en lutte
et appelle à amplifier tous les mouvements locaux pour la défense de
l’enseignement professionnel public laïc.
Grève des examens
Ce qu’il est bon de savoir
Dans le cadre de l’action, le
SNUEP-FSU rappelle ci dessous des points juridiques relatifs à la grève des
examens
Principes
généraux
La
grève est licite. Le droit de grève est inscrit dans la Constitution.
Un
chef d’établissement n’est pas habilité à réquisitionner.
Seule
une convocation, remise en main propre par les forces de l’ordre, après
décision du pouvoir exécutif (Décret en conseil des ministres), aurait valeur
de « réquisition ».
Mais comme aucune
limitation légale au droit de grève ne concerne les personnels de l'Education
Nationale, le SNUEP vous conseille, si vous êtes dans ce cas de réquisition
illégale, de déposer un recours en référé au tribunal administratif.
Grève des examens
1.
A l’occasion d’une surveillance, si un préavis a été déposé.
Attention : si ce jour est « isolé »,
le recteur pourra appliquer lourdement la règle de l’arrêt Omont en prélevant plusieurs trentièmes jusqu’à la
reprise effective du travail.
2.
Vous pouvez refuser de prendre vos copies ou de les rendre ou refuser de
communiquer les notes
La
rétention des notes des examens n'est pas illégale. Vous ne vous considérez pas
gréviste puisque vous avez corrigé les copies et vous voulez manifester votre
désapprobation de la politique gouvernementale mais, pour l’administration,
votre décision de rétention signifie « service non fait », et,
partant, vous serez considéré gréviste.
Le
rectorat pourra alors prélever autant de trentièmes jusqu’à la « reprise
du travail », c’est à dire jusqu’à l’accomplissement de la mission
indiquée sur la convocation.
Faut-il
rappeler qu’« en cas d'absence de service fait pendant plusieurs jours
consécutifs, le décompte des retenues à opérer sur le traitement mensuel d'un
agent public s'élève à autant de trentièmes qu'il y a de journées comprises du
premier jour inclus au dernier jour inclus où cette absence de service fait
a été constatée, même si, durant certaines de ces journées, cet agent
n'avait, pour quelque cause que ce soit, aucun service à accomplir ».
Les retenues pour fait
de grève s’opèrent alors du jour où l'intéressé a un service à assurer, non
fait, jusqu’au jour où il a été constaté que ce dernier n'a pas été effectué.
En clair, on peut penser, pour le baccalauréat, que le dernier jour où
« il a été constaté que le service n'a pas été effectué », est le
dernier jour de la session du bac, soit le 11/07/08 et non pas jusqu’au jour de
la pré-rentrée.
Si
nous devons faire tout pour développer les luttes contre la politique de
régression sociale mise en place pour le gouvernement, il faut s’assurer que
ces luttes soient le plus large possible (autres lycées, autres syndicats de la
FSU, parents d’élèves…) et éviter des actions par trop minoritaires que
l’administration essaiera encore de marginaliser et de réprimer durement. Nous
devons aussi nous préparer à des actions dès septembre.
N’hésitez pas à contacter les
responsables SNUEP de votre région, à consulter notre mémento du secrétaire
local qu’ils pourront vous donner, et à nous faire remonter l’information.
Vacances
Pour la défense des droits des personnels
Et pour nous les vacances commencent quand ?
« Les
enseignants appelés à participer aux opérations liées aux examens sont en
service jusqu'à la date fixée pour la clôture de ces examens par la note de
service établissant le calendrier de la session.
Calendrier
des sessions 2008
Dans
toutes les académies les sessions se termineront, au plus tard :
-
le mardi 8 juillet 2008 pour ce qui concerne le diplôme national du brevet ;
- le vendredi 11 juillet 2008 pour ce qui
concerne le baccalauréat professionnel.
Tous
les personnels participant au bon fonctionnement de l’organisation des examens
devront assurer leurs fonctions jusqu’à cette date. » (BO du 20/12/07 et du 22/06/06)
En résumé, cela signifie que :
-
Pour
tous, les vacances débutent le jeudi 3
juillet, après la classe.
-
Seuls,
les enseignants convoqués pour les examens (surveillance, secrétariat,
correction, participation aux jurys, ….) peuvent travailler au plus tard jusqu’au 11 juillet.
Aucun
autre type de réunion relevant des « missions » des enseignants
(conseil d’enseignement, conseil de classe, etc.) ne peut donc avoir lieu après
le jeudi 3 juillet au soir.
Le SNUEP invite les
collègues à faire respecter ce calendrier, face à certains chefs
d’établissement qui convoquent hors de propos le vendredi 4 juillet.
Heures
supplémentaires
Pour le refus des
HSA qui
servent bien plus à supprimer des postes
qu’à augmenter notre pouvoir d’achat
Parallèlement
à la suppression de 11 200 postes à la rentrée 2008, le ministre a
considérablement augmenté le nombre d'heures supplémentaires pour éviter de
recruter et pallier le manque de postes.
Cette
mesure inspirée du « Travailler plus pour gagner plus » chère au
Président de la République est inadaptée pour des enseignants dont le salaire a
besoin d'être revalorisé (Rappelez-vous que les heures supplémentaires sont
souvent moins rémunérées qu'une heure de base).
Les conseils d’enseignement sont
l’occasion d’une action cohérente collective, par discipline.
Proposez une
répartition mettant en évidence la nécessité de créer un bloc horaire, en mettant ainsi
l’administration, chaque fois que c’est possible, devant ses
responsabilités !
Posez par écrit votre
refus de prendre des heures supplémentaires, et déposez un préavis de grève
pour la rentrée.
Le SNUEP privilégie la solidarité, et
affirme que la seule politique possible est celle de l’augmentation des
recrutements par concours de jeunes enseignants et la revalorisation des
salaires. Pour cela le SNUEP vous invite à refuser collectivement les heures
supplémentaires et à nous faire part de toutes vos actions locales.
Une seule HSA
(heure supplémentaire année) peut être imposée par l’administration, à
condition que les besoins du service l’exigent et qu’aucune autre répartition
ne soit possible entre les collègues.
Cas où l’administration ne peut
vous imposer cette HSA :
-
Raison
de santé, sur présentation d’un certificat médical
-
Décharges
de service (décharge syndicale, décharges pédagogique,…)
-
Enfants
en bas âge (mères de famille ayant des enfants en bas âge, pères de famille,
veufs ou divorcés ayant des enfants à charge)
-
Préparation
d’un concours de recrutement ou travaux de recherche
-
Temps
partiel ou CPA
-
Complément
de service dans une autre discipline
Promotion à la
Hors-Classe
Un succès syndical
|
|
PLP
|
CPE
|
||
|
|
Nombre
de Promus 2007 |
Contingent
de promotions pour 2008 |
Nombre
de Promus 2007 |
Contingent
de promotions pour 2008 |
|
AIX-MARSEILLE |
86 |
91 |
8 |
11 |
|
AMIENS |
83 |
84 |
5 |
8 |
|
BESANCON |
52 |
53 |
4 |
7 |
|
BORDEAUX |
112 |
116 |
8 |
14 |
|
CAEN |
60 |
61 |
4 |
9 |
|
CLERMOND-FERRAND |
49 |
50 |
4 |
5 |
|
CORSE |
11 |
11 |
1 |
1 |
|
CRETEIL |
119 |
119 |
10 |
12 |
|
DIJON |
55 |
57 |
6 |
10 |
|
GRENOBLE |
88 |
91 |
8 |
17 |
|
GUADELOUPE |
31 |
30 |
2 |
5 |
|
GUYANE |
10 |
11 |
|
|
|
LILLE |
207 |
208 |
13 |
16 |
|
LIMOGES |
30 |
30 |
3 |
5 |
|
LYON |
91 |
92 |
8 |
13 |
|
MARTINIQUE |
37 |
37 |
2 |
3 |
|
MAYOTTE |
9 |
10 |
|
|
|
MONTPELLIER |
79 |
82 |
7 |
8 |
|
NANCY-METZ |
125 |
112 |
6 |
10 |
|
NANTES |
93 |
96 |
8 |
16 |
|
NLE CALEDONIE |
10 |
12 |
|
1 |
|
NICE |
57 |
60 |
5 |
6 |
|
ORLEANS-TOURS |
74 |
75 |
7 |
14 |
|
PARIS |
61 |
62 |
6 |
10 |
|
POITIERS |
64 |
64 |
5 |
8 |
|
REIMS |
53 |
52 |
4 |
5 |
|
RENNES |
86 |
89 |
10 |
16 |
|
REUNION |
58 |
60 |
3 |
6 |
|
ROUEN |
72 |
73 |
5 |
6 |
|
STRASBOURG |
79 |
74 |
6 |
8 |
|
TOULOUSE |
95 |
98 |
9 |
16 |
|
VERSAILLES |
143 |
141 |
11 |
16 |
|
Hors académie |
34 |
38 |
4 |
7 |
|
Total |
2 313 |
2 338 |
182 |
288 |
L'augmentation
exceptionnelle de l'an passée est actée comme base de travail, mais
l’augmentation du nombre de promotion pour les PLP et les CPE, cette année, est
relative.
Deux
points essentiels apparaissent :
·
l'augmentation
EXCEPTIONNELLE de l'an passé est reconduite cette année. Il est donc fort
possible qu’elle devienne pour les années futures une vraie référence pour le
calcul du contingent des années futures et perd ainsi son caractère
exceptionnel.
·
cette
année, le Ministère a augmenté de façon importante :
o
le
contingent des CPE (+106 au niveau national)
o
encore plus le contingent pour les certifiés
(+1036)
o
et
agrégés (+200)
o
mais
très légèrement celui des PLP (+25).
|
|
2006 |
2007 |
2008 |
PLP
|
4,91% |
5,86% |
6,1% |
|
Certifiés |
4,23% |
5,41% |
6,2% |
|
Agrégés |
3,82% |
5,7% |
6,2% |
|
CPE |
2,53% |
2,53% |
3,88% |
Seuls les CPE
restent encore à la traîne, ce qui est totalement inadmissible.
Pour
bien saisir ces augmentations, il faut raisonner en pourcentage avec les
nécessaires et justes rééquilibrages entre les corps du second degré. Le nombre
de collègues pouvant accéder à la Hors-Classe est déterminé par un pourcentage
promus/promouvables. Sur l’ensemble de la France, nous parvenons ainsi aux
pourcentages suivants qui sont équilibrés autour de 6,2% second degré SAUF pour
les CPE :
De
sources académiques, il apparaît que :
• la distribution est différente d’une
académie à une autre parce qu’intervient l'âge (et donc l'échelon) des
professeur-e-s qui sont en activité dans l'académie considérée.
• le quota PLP a moins augmenté à cause
du rattrapage des contingents pour les certifiés et agrégés pour arriver au
même pourcentage.
L’augmentation
du contingent pour les PLP est moins forte que dans les autres corps cette
année mais chaque corps est à plus de 6% (sauf malheureusement les CPE). C’est
une victoire syndicale que d’avoir obtenu cette année l’augmentation du ratio
de l’an passé.
Plusieurs
remarques critiques cependant :
1.
Les
académies qui ont une pyramide des âges déséquilibrée vers le haut sont
défavorisées par le rééquilibrage ;
2.
La
détermination d’un barème au mérite pour certaines académies brouille les
cartes et remet en cause l’égalité de traitement sur le territoire national.
Cela a pour conséquence qu'un nombre non-négligeable de collègues partent à la
retraite plus tardivement et sans la HC ;
3.
Il
nous manque dans les règles actées cette année 49 passages PLP pour atteindre
le pourcentage des autres corps du second degré ;
4.
Le
SNUEP dénonce les avis défavorables des inspecteurs et des proviseurs qui
écartent de très nombreux collègues du passage à la HC, leurs avis étant
souvent non-motivés ou infondés.
Dans le contexte actuel, l’accès à la
hors-classe en fin de carrière doit rester ouvert à tous. Pour remplir cet
objectif, l’ancienneté de carrière doit être valorisée et rester déterminante.
La promotion au mérite exclut des collègues en fin de carrière et n’offre
aucune garantie de lisibilité et d’égalité de traitement. Le SNUEP-FSU rappelle
son attachement à des critères barèmés objectifs et transparents.
Le SNUEP-FSU réaffirme sa forte
revendication de refonte des deux grilles indiciaires, classe normale et hors
classe en une échelle unique sur 11 échelons et réévaluée à l’indice terminal
962 (plus fort indice de fin de Hors Classe des professeurs du second degré).