DU
« DEFINANCEMENT »
PROGRAMMé DE L’ENSEIGNEMENT ET SES CONSEQUENCES A NOTRE REFUS DE BRADER L’EDUCATION NATIONALE
La totalité des jeunes a le droit à l’Education …. mais les politiques
des gouvernements, et particulièrement celles du gouvernement actuel, tendent vers une baisse constante des crédits alloués à l’Education (encore
Nationale ??) . Les besoins de flexibilité croissants du MEDEF, relayés par l’OCDE[1]
au prétexte d’aligner nos pays sur les pays émergeants (coût salarial trop
élevé dans nos économies alors qu’il s’agit d’une redistribution des richesses
de l’entreprise), induisent une baisse de la qualité de
l’enseignement afin d’obtenir une masse
croissante de main d’œuvre à tout faire,
bon marché et peu exigeante.
Cette volonté , relayée par
les politiques à coup de réformes
successives du système éducatif,
entraîne inévitablement, pour certains élèves un niveau insuffisant qui
a des répercussions car ils ne peuvent ainsi
accéder à un minimum de qualification professionnelle, les sorties
prématurées du système, aussi bien au collège en fin de 3ème qu’au
lycée, la stagnation, voire la régression, du taux d’accès au baccalauréat et à
l’enseignement supérieur.
La voie professionnelle est un outil essentiel de service public
au sein de l’Ecole de la République.
C’est pourquoi le SNUEP déplore la déprofessionnalisation
de notre enseignement à travers la mise en place de méthodes pédagogiques
socialement discriminatoires car faisant appel à des pré-requis
absents chez un grand nombre de jeunes :
·
Les PPCP[2]
souvent déstructurants pour les élèves car à la fois difficiles à mettre en
œuvre efficacement et qui viennent ponctionner les enseignements disciplinaires
de base
·
Les CCF[3]
qui se généralisent dans un souci d’économie (suppression des examens), qui
empiètent cependant sur les heures de cours, qui sont une surcharge de travail
disproportionnée pour les collègues chargés de les appliquer, et dont l’évaluation n’est pas sans ambiguïté
et met en cause la valeur des diplomes. Le SNUEP
condamne fermement ce système de validation.
·
Stages et PFE[4]
qui offrent, à un grand nombre d’entreprises, un vivier de main d’œuvre
gratuite. Les évaluations de ces périodes sont souvent source d’inégalités dans
l’obtention du diplôme.
Toutes ces méthodes et le manque de
repères induit par la société de consommation,
entraînent une dévalorisation de nos enseignements, et un manque de motivation des élèves (souvent en but à des difficultés sociales énormes) qui
s’exprime à travers un absentéisme accru, des incivilités, des actes
de violence verbale ou physique entre eux mêmes et tous ceux qui
représentent l’autorité. Cette démotivation est souvent aggravée par les
nouvelles orientations informatisées et dépersonnalisées, orientation à
l’aveugle (PAM).
Il est alors facile au gouvernement
actuel de proposer des contrats jeunes ou l’apprentissage comme solutions pour
remédier à l’échec vécu par nos
élèves ? La nouvelle mouture
de la VAE[5]
n’arrive –t-elle pas à point nommé pour débaucher nos élèves avant
l’obtention de leur diplôme ?
Pour le SNUEP l’enseignement doit tendre sans relâche à assurer
un bon niveau de culture des citoyens en redéfinissant les buts de
l’enseignement professionnel où les matières générales et professionnelles
trouvent un juste équilibre et où l’éducation citoyenne fondée sur le respect
des autres, du bien public, ainsi que sur des valeurs d’égalité, de solidarité,
de refus de l’intolérance et de laïcité est nécessaire.
Le SNUEP appelle une vraie réforme du collège où serait
considérée comme une chance la possibilité pour les élèves de choisir ou se remotiver par une (ré)orientation,
dès la fin de la 5ème, en
lycée professionnel.
Le SNUEP estime qu’une structure éducative adaptée pour répondre
aux problèmes d’absentéisme, de
violences, nécessite un
encadrement suffisant pour permettre une discipline ferme tout en instaurant un
climat d’écoute et de bienveillance, ce qui implique un plus grand nombre
d’enseignants, de CPE, de surveillants, et des personnels actuellement menacés
par la décentralisation (co-psy, atoss, infirmières,
médecins scolaires etc…).
Le SNUEP est favorable à la validation des acquis de
l’expérience sous réserve qu’elle ne remplace pas le mode habituel de
délivrance des diplomes nationaux. Cette validation
doit se faire sous la responsabilité des
enseignants de l’éducation nationale. Cela doit rester une possibilité en marge
d’un enseignement professionnel initial et ne pas laisser croire à l’obtention
ultérieure, facile, des diplômes
professionnels.. Le SNUEP déplore que les processus
actuels de validation ne permettent déjà
plus d’évaluer certaines disciplines fondamentales inscrites dans les
référentiels et donc de juger du niveau du candidat.
Le SNUEP exige de l’administration qu’elle accompagne les
personnels lorsqu’ils sont agressés ou
en difficulté. Il constate, également, un recours croissant, de la part
d’élèves et de leurs familles, à des procédures d’appels, voire judiciaires..
Devant ces dérives, le SNUEP appelle les
personnels à la plus grande vigilance dans la constitution de leurs dossiers.
Le
SNUEP met à la disposition des collègues une aide juridique.
Le SNUEP prône, d’une part, le retour à des heures
d’enseignement suffisantes permettant
des dédoublements pour lutter
contre l’hétérogénéité des classes et de
ne plus brader la transmission des savoirs. Il
réclame , d’autre part, le retour à des
examens ponctuels, garants de l’équité et la possibilité pour les élèves de LP
de poursuivre dans l’enseignement supérieur, principalement en BTS, IUP et IUT.
Afin de ne pas démanteler notre enseignement professionnel et ne
pas laisser l’école partir à la dérive d’une privatisation qui se dessine, le
SNUEP demande que les moyens nécessaires
et favorables au progrès social soient débloqués. Le SNUEP ne peut
accepter la logique de diminution des dépenses de fonctionnement et
d’investissement de l’école au prétexte de réduire les déficits budgétaires.
L e SNUEP réaffirme le principe
d’un
LYCEE PROFESSIONNEL DE LA
REUSSITE