Motion « voie professionnelle »

 

Depuis quelques années, les différents gouvernements mènent une politique libérale qui réduit la formation initiales des jeunes et tout particulièrement les formations professionnelles initiales. Il en découle une diminution des contenus de formation et la mise en place de validations réduites à leur plus simple expression.

 

Le SNUEP considère que l’on a imposé le concept « d’éducation tout au long de la vie » qui sous-tend la notion d’adaptabilité au changement et que, au droit à l’instruction, on substitue le devoir individuel de maintenir à niveau son employabilité et sa productivité.

 

Le SNUEP n’acceptera jamais que l’enseignement professionnel se réduise à une validation sommaire de compétences et à une remise en cause de la formation générale, citoyenne et professionnelle des jeunes.

 

Le SNUEP réaffirme les missions de l’enseignement professionnel public dans l’éducation nationale :

 

-         La formation professionnelle publique des jeunes à l’intérieur d’établissements spécifiques, les lycées professionnels et les sections d’enseignement professionnel, les SEGPA et les EREA.

-         L’enseignement est assuré par des enseignants titulaires formés à cet effet : les professeurs de lycée professionnel. Le SNUEP dénonce la précarité (contractuels, vacataires) largement organisée pour permettre la réduction des coûts et un futur transfert de compétences aux Régions.

-    Les missions assignées à ces personnels sont doubles :

-         former le futur salarié à un métier par l’acquisition de connaissances et de savoir-faire dans les disciplines générales et professionnelles,

-         former le futur citoyen.

 

Le Lycée professionnel doit rester un élément majeur au sein du service public et laïque d’éducation. Le SNUEP considère qu’il doit accueillir l’ensemble des publics à travers des parcours de formation cohérents et clairement identifiés. En conséquence, son rôle est d’accueillir les jeunes du CAP au Baccalauréat professionnel, en passant par le BEP. Il doit permettre des poursuites d’études à tous les niveaux ainsi que l’accès à l’enseignement supérieur pour des élèves motivés.

 

Le SNUEP constate que la voie professionnelle est attaquée de multiples façons.

L’action syndicale, depuis de longues années avait permis d’en limiter les effets et de sauvegarder une certaine conception de l’Enseignement Professionnel Public.

 

Les projets de décentralisation organisent de façon irréversible une destruction de cette voie de formation et une remise en cause des formations et des diplômes nationaux. L’application des lois de décentralisation a engendré depuis 1993 de nombreuses dérives. Les formations de l’Enseignement privé et de l’apprentissage patronal ont été largement financées et développées au détriment de l’enseignement public.

 

Aujourd’hui, l’apprentissage est partout mis en valeur : ses effectifs augmentent au détriment de ceux dispensés par les lycées professionnels. De trop nombreuses régions accroissent les moyens dévolus à la formation professionnelle privée et ignorent l’enseignement professionnel public. Le SNUEP n’est pas dupe : sous le bon aloi : « favoriser un développement cohérent de l’ensemble des formations » se cache une grave restriction des prérogatives du service public au profit du secteur privé. Certaines régions ne développent pas nécessairement les Lycées Professionnels.

Ces derniers ne doivent pas devenir de simples prestataires de service au sein desquels la liberté pédagogique des enseignants serait remise en cause.

 

Le SNUEP considère que le Lycée des Métiers est un élément de la décentralisation. Il ne doit ne doit pas devenir un outil au service d’un marché de la Formation Professionnelle, ce qui est susceptible de conduire à certaines dérives sous la pression des Régions et des branches professionnelles. La collaboration avec les entreprises ne peut se concevoir que dans le cadre d’actes de complémentarité au service des activités pédagogiques sous le contrôle de l’Education nationale. Le groupement d’intérêt public (GIP) introduit des logiques marchandes incompatibles avec notre conception du service public. Il ne doit pas être le creuset de la précarité ni marginaliser les formations qui n’existent pas sous forme de filière complète.

 

A l’intérieur même du système éducatif, de nouvelles mesures ont des effets négatifs sur le recrutement en LP.

L’orientation forcée vers la 2nde générale est loin de donner aux jeunes une chance de réussite supplémentaire, puisqu’elle s’est accompagnée d’un retour d’un grand nombre d’élèves vers le LP, après des échecs mal vécus au lycée, et la création corollaire de sections de BEP en un an. Si l’on doit convenir que les résultats au BEP de ces élèves sont satisfaisants, prouvant ainsi la capacité du LP à remédier aux situations des élèves en difficulté, il est à déplorer la diversité des situations selon les académies quant au contenu des enseignements fournis et le manque de professionnalisation dans les formations industrielles.

 

Le ministère tente de généraliser l’ouverture de baccalauréats professionnels en 3 ans. Le SNUEP a dénoncé en son temps la possibilité offerte par le ministre de l’époque, Jack Lang, à l’IUMM (Union des Industries Minières et Métallurgiques) d’ouvrir ce type de section voulu par le patronat.

Le SNUEP dénonce la publicité tapageuse, onéreuse et discutable au service de ces sections.

Le SNUEP n’est pas dupe, l’administration avancera un bilan positif, les élèves étant sélectionnés pour pouvoir absorber en trois ans un programme normalement réparti sur quatre années. Les ouvertures se sont multipliées de façon anarchique, et hors des formations autorisées par l’accord précité. On fait pression sur les collègues pour qu’ils acceptent ces ouvertures à travers le chantage aux fermetures de sections, donc de postes. Parfois le bac pro en 3 ans s’inscrit dans la logique d’un BEP 1 an et est réservé aux redoublants de 2nde générale ou de 1e. Ici, on demande aux collègues d’adapter eux-mêmes le programme pour ces classes, là on prétend réserver ces classes aux certifiés et en exclure les PLP !

 

Le SNUEP constate que la mise en place de ce Bac se fait avec baisse de moyens. Le SNUEP ne saurait accepter une remise en cause du BEP car ces sections ne concernent pas les mêmes publics. Le SNUEP refuse que ce public soit délaissé et confié à d’autres dispositifs de formation que l’enseignement public. Pour ces multiples raisons, le SNUEP condamne l’implantation de ces sections. Cependant une réflexion s’impose sur les viviers de baccalauréats professionnels en envisageant la mise en place de passerelles à double sens avec la voie technologique.

 

Le SNUEP regrette la confusion savamment entretenue entre « enseignement professionnel » et « formation professionnelle ». Il considère que l’ensemble de la formation professionnelle initiale est du ressort d’un service public. Comme on l’a vu, l’enseignement professionnel offre beaucoup plus qu’une simple adaptation à l’emploi. Il doit impérativement relever du ministère de l’éducation nationale.

 

Dans les disciplines où cela est possible, pour donner les meilleures chances de réussites au CAP aux élèves issus de SEGPA, il conviendrait d’organiser la formation professionnelle et générale sur 5 années notamment avec :

 

-         deux années de formation professionnelle (4ème et 3ème ) en SEGPA.

-         trois années en Lycée Professionnel.

 

La loi d’orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975 a institué l’obligation éducative de tous les enfants et adolescents handicapés. Le SNUEP adhère à la mise en place des Unités Pédagogiques d’Intégration (UPI) en collège et L.P..

Il rappelle cependant la nécessité :

-         d’une large information à l’ensemble des personnels avant l’implantation.

-         d’une participation des réprésentatnts des personnels aux décisions d’implantation et de création.

Il revendique :

-         la stricte application de la circulaire

-         que les intrègrations individuelles entre l’UPI et l’établissement d’accueil ne se fassent  que sur la base du volontariat des personnels sollicités.

 

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Des propositions du SNUEP

 

Le collège unique connaît des difficultés évidentes que les réformes successives ne sont pas parvenues à surmonter. Ces jeunes arrivent au LP en grave situation d’échec ou vont grossir les rangs de l’apprentissage. Le SNUEP dénonce cette situation et souhaite qu’on ait le courage  et la volonté de reconnaître qu’il n’est pas satisfaisant de mettre tous les adolescents dans « un même moule ». L’égalité n’est elle pas de chercher la réussite de tous les élèves en tenant compte de leurs goûts, aptitudes, sensibilités dans des voies différentes et par des méthodes d’enseignement appropriées.

Le SNUEP demande le re-examen  de l’orientation au sein du collège en ouvrant la possibilité pour certains élèves de pouvoir choisir avant la troisième la voie professionnelle.

 

Le SNUEP condamne fermement les propositions du Ministre en matière d’alternance collège-entreprise. Ce n’est pas la meilleure manière d’acquérir les connaissances fondamentales de base. Ces dispositions risquent de définir un vivier pour des dispositions comme le contrat jeune du gouvernement et les formations patronales.

Il est par contre indispensable de faire des propositions relative à l’articulation collège-Lycée Professionnel. Cependant les conditions de mises en place des procédures d’alternance avec le L.P. sont loin de donner satisfaction. Aucun moyen n’est attribué aux établissements et l’imposition d’heures supplémentaires risque de réserver le dispositif aux personnels précaires et le contenu de l’information est à revoir.

 

Le SNUEP condamne absolument la mixité des publics dans les classes de formation professionnelle initiale (élèves sous statut scolaire et apprentis, publics jeunes et publics adultes). Il dénonce fermement le développement de différents types de formation dans un même établissement (GRETA, formation continue, formation en alternance, UFA…) sur le temps scolaire au détriment des formations professionnelles initiales et parfois en concurrence directe avec celles-ci.

 

Le SNUEP considère que les sections préparatoires à la voie professionnelle ont davantage leur place au sein des Lycées Professionnels que dans les collèges à la condition que des moyens spécifiques leur soient attribués.

 

Le SNUEP souhaite que des passerelles à double sens soient mises en place afin de traiter les voies avec égale dignité pour aboutir à une élévation du niveau de qualification.

 

La validation des acquis de l’expérience est un enjeu d’importance mais ne doit pas concerner la formation initiale. Le service public doit en être le maître d’œuvre. La VAE ne doit pas aboutir à une parodie de validation.

 

Le SNUEP affirme son attachement à une définition nationale en matière de structures pédagogiques et souhaite la mise en place d’un organisme régulateur pour éviter les disparités tant en termes d’orientation que de moyens.

 

Le SNUEP souhaite qu’une réflexion soit engagée pour la mise en place d’une allocation d’autonomie dans le cadre d’un véritable statut du lycéen.

 

La finalité du Baccalauréat professionnel a largement évolué depuis sa création. De plus en plus d’élèves souhaitent poursuivre des études dans l’enseignement supérieur. L’Education Nationale doit apporter des réponses adaptées à ces demandes.

 

Le SNUEP souhaite, qu’à partir des expériences déjà effectuées, la mise en place de sections d’adaptation au BTS au sein des Lycées Professionnels pouvant associer des PLP et des Professeurs des Lycées ou des modules de renforcement des connaissances.

 

Face aux nouveaux enjeux en matière de formation professionnelle, le SNUEP affirme son attachement à un véritable service public d’enseignement professionnel initial et continu, son opposition ferme à l’implantation du Lycée des Métiers, afin de permettre à tous les jeunes d’accéder à une formation de qualité permettant un réel épanouissement professionnel, culturel et humain.

 

 

 

 

Motion votée à l’unanimité moins 2 abstentions