COMMISSION
« LA VOIE PROFESSIONNELLE
~ LE LYCÉE DES MÉTIERS »
èQuelle formation professionnelle
publique ?
Pour une conception humaniste, laïque et
citoyenne de l’école.
Le
SNUEP constate que les propositions de réforme de l’Enseignement Professionnel
correspondent pleinement à l’approche européenne développée depuis quelques
années. Il s’agit en effet d’aligner le modèle le plus performant sur d’autres
pays européens qui s’inscrivent pleinement dans une logique libérale.
Le SNUEP considère que la formation
professionnelle initiale ne peut se réduire à l’apprentissage d’un métier. Une
de ses fonctions est d’apprendre aux jeunes à vivre ensemble, à former des
citoyens, à leur donner les outils pour
être en capacité de comprendre le monde
dans lequel ils vivent, à porter des jugements critiques et à être des acteurs
de la transformation de la société.
Au
moment même où certains veulent brader les valeurs républicaines de l’Ecole, le
SNUEP affirme qu’il est nécessaire de rappeler ses fonctions humaines et
sociales. L’oublier, entraînerait l’affaiblissement de la construction de
l’individualité de chaque jeune et contribuerait à saper un peu plus les
fondements de la République.
Le
SNUEP rappelle que l’Enseignement Professionnel doit avoir l’ambition de donner
à tous les jeunes une culture commune, au moins égale au niveau du baccalauréat
et une formation professionnelle sanctionnée par un diplôme national reconnu.
Culture et formation
doivent permettre à tous les jeunes de trouver un emploi stable sur le marché
du travail et de s’adapter aux évolutions de leur métier.
è Le
SNUEP et le Lycée des Métiers
L’idée de regrouper
toute la formation professionnelle dans le service public pourrait séduire,
mais elle imposerait le respect de la laïcité et de l’indépendance. Or le lycée
des métiers est susceptible de conduire à d’inquiétantes dérives.
Le SNUEP considère
qu’à travers la labellisation, s’impose une hiérarchisation et une mise en
concurrence des établissements. Il serait inconcevable de voir se développer
une école à deux vitesses dont l’une serait réservée aux élèves les plus
défavorisés.
Le SNUEP dénonce le
fait que l’organisation d’un établissement autour d’une branche professionnelle
ne prenne pas en compte les souhaits
des familles et des jeunes et ne leur offrant pas un éventail correct de formations au sein du service public et ne
correspond pas à la nécessité des lieux de formation. La main mise des branches
professionnelles sur des établissements publics s’en trouve renforcée, elle est
contraire au principe d’indépendance et de laïcité.
Le SNUEP considère que
la collaboration avec les entreprises ne peut se concevoir que dans le cadre
d’actes de complémentarité au service des activités pédagogiques sous contrôle
de l’Education Nationale. La plate forme technologique doit être au service des
usagers avec une priorité pour la
formation initiale.
Le transfert de
technologie imposé par la présence de GIP risque d’introduire des logiques
marchandes incompatibles avec notre conception du service public.
Le SNUEP s’oppose à la
marchandisation de la formation. Le Lycée ne doit pas devenir un prestataire de
service.
Le SNUEP s’oppose à la
mixité des publics au sein d’une même section. Chaque type de formation ayant
sa spécificité et ses méthodes pédagogiques spécifiques. D’autre part elle aura
une incidence inévitablement sur les statuts des personnel et sur les
conditions de travail : globalisation, annualisation,…
Le SNUEP considère que
le Lycée des Métiers sera le creuset de la précarité par l’intermédiaire de la
voie des métiers telle qu’elle est présentée dans les propositions
ministérielles.
Le SNUEP n’acceptera
pas que l’on remplace les enseignants titulaires par des intervenants
extérieurs, des personnels précaires contractuels.
L’enseignement est un
métier qui n’a pas pour seule mission l’insertion.
Le SNUEP refuse la
régionalisation de l’Education dans le cadre des bassins de formation
assujettie aux demandes du patronat local qui a permis un développement de
l’apprentissage.
Le SNUEP ne s’inscrit
pas dans la nouvelle logique qui consiste à placer le Lycée des Métiers dans
les exigences des PRDF et des branches et exclu tout contrôle des personnels.
Le SNUEP rappelle que
le transfert du vieux modèle de l’apprentissage dans le Lycée des Métiers ne
correspond pas à notre conception de l’Education et de la Formation, et
n’apporte pas les réponses pédagogiques adaptées.
La mise en œuvre du
concept « formation tout au long de la vie » ne doit pas aboutir à
différer la formation initiale. Au contraire, c’est une formation initiale de
qualité qui permettra aux jeunes de bénéficier au mieux des dispositifs de
formation continue.
Le SNUEP est favorable
à la validation des acquis de l’expérience parce qu’elle implique une double
reconnaissance : celle de la valeur de l’expérience professionnelle d’une
part et celle de la capacité des diplômes à certifier savoirs et compétences
acquises dans le travail d’autre part.
Mais il estime que le
Service Public doit pleinement remplir sa mission en informant, en accompagnant
et en délivrant les diplômes et les certifications.
La référence aux diplômes nationaux est une
priorité !
Le SNUEP revendique la présence d’enseignants
représentatifs dans la Commission Nationale de Certification et d’enseignants
de LP lors de la mise en place des jurys de validation pour le niveau
d’intervention correspondant.
èNotre Conception de l’Enseignement
Professionnel dans un service public.
Le collège unique
connaît des difficultés évidentes que les réformes successives ne sont pas
parvenues à surmonter. Ces jeunes arrivent au LP en grave situation d’échec ou
vont grossir les rangs de l’apprentissage. Le SNUEP dénonce cette situation et
souhaite qu’on ait le courage et la
volonté de reconnaître que de mettre tous les adolescents dans « un même moule » ne donne pas
satisfaction. L’égalité n’est elle pas de chercher la réussite tous les élèves
en tenant compte de leurs goûts, aptitudes, sensibilités dans des voies
différentes et par des méthodes d’enseignement appropriées.
Le SNUEP demande le
re-examen de l’orientation au sein du
collège en ouvrant la possibilité pour certains élèves de pouvoir choisir avant
la troisième la voie professionnelle.
Le SNUEP souhaite que
des passerelles à double sens soient mises en place afin de traiter les voies
avec égale dignité pour aboutir à une élévation du niveau de qualification.
La validation des
acquis de l’expérience est un enjeu d’importance.
Le SNUEP ne peut que
se réjouir de son développement.
Il exige que le service public en reste le maître d’œuvre.
Le SNUEP affirme son
attachement à une définition nationale en matière de structures pédagogiques et
souhaite la mise en place d’un organisme régulateur pour éviter les disparités
tant en termes d’orientation que de moyens.
Le SNUEP souhaite
qu’une réflexion soit engagée pour la mise en place d’une allocation
d’autonomie dans le cadre d’un véritable statut du lycéen.
Face aux nouveaux
enjeux en matière de formation professionnelle, le SNUEP affirme son
attachement à un véritable service public d’enseignement professionnel initial
et continu, son opposition ferme à l’implantation du Lycée des Métiers, afin de
permettre à tous les jeunes d’accéder à une formation de qualité permettant un
réel épanouissement professionnel, culturel et humain.